Il commençait à faire chaud, il ne devait pas être loin de midi, il fallait regagner le logis. Séraphine prit Rose par la main et, joignant le geste à la parole : — On va à la maison. Viens. Elle appela ses chèvres, Finaud courant après les plus capricieuses, et, le troupeau rassemblé, Séraphine quitta la friche. Séraphine Tinioux habitait la dernière maison, tout en haut du village, juste avant la côte qui grimpe vers le couvent, « l’école libre » comme disaient les habitants du bourg, pour la différencier de l’école publique laïque, celle de Jules Ferry. Elle n’avait rien d’un palace, la maisonnette de la gardienne de chèvres. Basse, couverte de lauzes, avec une ouverture servant à la fois de porte et de fenêtre et une sorte de lucarne fermée par un volet de bois, c’était le côté donn


