Épisode 5

1662 Words
Une nuit d’amour sans lendemain Épisode 5 L’homme qui se tenait en cet instant devant moi m’avait brutalement rejetée. Et il ignorait l’existence de son propre fils parce que, dans son infatuation, il n’avait pas envisagé que je cherchais à le joindre pour lui annoncer une nouvelle importante… — Je veux un contrat. Je veux que tout soit couché par écrit, légalement. Alors, j’accepterai. J’Avais le choix? cela dit , je n’allais pas refuser une opportunité qui pouvait transformer la vie de mon petit garçon. — ok, il sera fait . Son acquiescement immédiat me surprit. Et si je commettais une erreur en acceptant cette proposition ? — J’espère que tu sais ce que tu fais. Je ne suis pas mannequin de profession. — C’est justement pour ça que tu corresponds à cette campagne publicitaire. Audacieuse est destiné à une femme qui a quelque chose à reconquérir. Sa jeunesse, son innocence, son s*x-appeal… — Je connais audacieuse Ce n’est pas un mauvais parfum, mais il n’exprime pas tout cela. Je sens aussitôt que ces réserves l’irritaient. Pourquoi j’éprouve le besoin de s’opposer à lui ? « Prends l’argent et tais-toi » c’est ce que je dois faire André finit par lâcher d’un ton sarcastique : — C’est vrai, j’oubliais, tu es experte en parfums. La remarque m’exaspére mais je sens que je devais éviter de pousser André à bout. — Tu n’en sais rien ! Si j’ai bonne mémoire tu m’as jetée dehors avant que je puisse faire mes preuves… Il se laisse aller sur son siège, adoptant une attitude détendue. Je ne suis pas dupe. J’ai l’impression d’avoir affaire à un jaguar qui fait mine de sommeiller alors qu’il s’apprête à bondir sur sa proie. — Il faut, dit-il, des années d’apprentissage pour savoir mélanger des essences. Et un odorat très développé. Tu as peut-être pris plaisir à assembler des essences pour tes amies, mais cela n’a rien à voir avec les qualités nécessaires pour créer un parfum de renommée internationale. En ce moment j’éprouve une vive colère, pourtant mêlée d’incertitude. Je me sais douée dans ma partie. Mais il fallait reconnaître que j’ai un profil atypique. Comment j’aurais pu convaincre quelqu’un que je méritais d’avoir ma chance, sans présenter mes échantillons ? Je me tourne vers André en me retenant de l’envoyer au diable. — Je constate avec plaisir que tu es bien informé sur moi. Mais tu ignores eut-être que ma grand-mère a été formée en parfumerie avant de suivre son mari à bonoua . Elle a renoncé à son rêve pour s’occuper de leur maison, mais elle n’a jamais renoncé à son art. Et elle me l’a enseigné. Ma grand-mère avait excellé dans son domaine. Et je me savais à la hauteur. — Cela se peut…, soupira André . Mais cela ne fait pas de toi une experte, ma belle — Comment le saurais-tu sans avoir senti mes fragrances ? Après tout, pourquoi ne pas y aller carrément ? J’avais quoi à perdre ? — En fait, je veux que ça figure dans le contrat. Si je pose pour ta campagne, tu me permettras de te présenter mon travail. Il laisse échapper un rire qui me porte sur les nerfs. Mais ce n’était pas désagréable, cette fois. J’ai l’impression que des doigts légers effleuraient ma chair ultrasensible… — Tu sais que je vais accepter, bien sûr, répondit-il. Et pourquoi pas ? Même si je consens à tester tes parfums, je peux les refuser. — J’en suis consciente. Je pense , en fait, qu’il est un homme d’affaires trop avisé pour les rejeter par simple dépit. Et je misais là-dessus. L’enjeu allait bien au-delà, cela dit. Car j’ai un bébé dont André est le père… Cependant, pourquoi cet élément aurait-il eu de l’importance ? André n’était que le donneur de sperme, au fond. C’ést moi qui ai tout sacrifié pour Erwan . Moi qui l’ai porté et mis au monde cet enfant. Moi qui me levait la nuit pour le nourrir, m’inquiétait pour lui, l’aimait d’un amour inconditionnel. André , lui, ne s’était pas soucié des conséquences possibles de notre rencontre. Il m’a rejetée, continuant à mener sa vie comme si je n’existais pas. Et cette vie avait comporté plusieurs idylles avec des actrices et des top models, qui s’étaient étalées à la une des journaux à scandale. Pendant que je gagnais à grand-peine de quoi subsister, il invitait des maîtresses à Dubai , Paris et Maldives ! J’ai un enfant de lui, mais je sentais qu’il accueillerait sans plaisir une tel nouvelle Je ne ne lui dirais donc rien. Il ne méritait pas d’être mis au courant. Certes, tout homme devait savoir qu’il était père. Mais je ne pouvais pas me résoudre à le révéler à André , qui n’était pas un homme comme les autres. Il conclurait que je cherche de nouveau à l’abuser, et toutes mes chances de gagner plus d’argent pour élever mon bébé seraient anéanties. André me rejetterait sans pitié, ainsi que mon fils. Non, il n’était décidément pas possible de lui avouer la vérité. Je ne pouvais courir un tel risque au moment où j’entrevois enfin le bout du tunnel. La voiture s’arrête devant mon immeuble. André regarde à travers la vitre, et il se raidit. — Tu ne peux pas rester ici, dit-il d’une voix horrifiée. L’immeuble ne payait pas de mine, c’était vrai. Mais les gens qui y habitaient étaient bons et honnêtes. Il n’y avait pas de trafic de drogue, par ici. Vu les maigres moyens dont je dispose , c’était le lieu le plus sûr que je pouvais m’offrir. — C’est ici que j’habite. Merci de m’avoir raccompagnée. — Cet endroit n’est pas sûr, ma belle — J’y ai vécu sans problème ces sept derniers mois. Je ne peux pas me permettre de payer un loyer plus élevé. Et tu ignores complètement ce que ça signifie, un « endroit sûr ». Tu supposes que celui-ci ne l’est pas parce qu’il ne se trouve pas dans un des quartiers chic que tu fréquentes à Abidjan . Il me scrute en silence pendant quelques secondes. Puis, ayant appuyé sur le bouton de l’Interphone, il s’adresse à son chauffeur. Il ouvre ensuite la portière et descends — Viens. Je t’accompagne jusqu’à ton appartement. — Tu n’y es pas obligé.La porte est à deux pas. L’immeuble avait trois entrées en façade. Mon logement, au deuxième, était desservi par l’escalier central, et le chauffeur s’était garé juste devant la porte qui y donnait accès. — J’y tiens, . J’ai eu un coup au cœur. Je dois déposer chez moi mon sac, puis passer chez la voisine , pour récupérer mon fils. — ok ( je sais qu’il insisteras à venir ) Il valait mieux ne pas créer de difficultés. Même s’il m’accompagnait jusqu’à l’étage, il n’y aurait pas de problème, vu que Erwan se trouvait chez la voisine . Je le précéde jusqu’à l’entrée, mais il me devança lorsque je voulais pousser la porte, et il l’ouvre toute grande avant de me livrer passage. Je grimpe l’escalier sans faire de bruit pour ne pas alerter la voisine. Si celle-ci n’entendait arriver, elle viendrait à ma rencontre avec Erwan dans les bras. Il me suit en silence. — Me voici arrivée. Tu peux repartir. — Ouvre la porte, Liya . Je veux m’assurer que tu rentres sans souci. Je jette un coup d’œil vers la porte de la voisine . On entendait la télévision. — Parle bas. Les gens dorment. Ces murs sont minces. Tu ne connais pas ce genre de désagrément, mais… Je n’ai pas le temps de finir ma phrase ; il bondit sur le palier et m’enlève ma clé des mains. — Tu serais surprise de savoir ce que j’ai pu connaître, chérie … Bon, si tu me disais quelle porte je dois ouvrir ? Je la lui désigne et attend en silence. Lorsqu’il pénétre à l’intérieur, j’éprouve un regain d’humiliation. Un an plus tôt, il m’avait menée dans son étourdissant appartement avec une superbe vue . Rien de commun avec ce logement !Quand il revient vers moi, son regard gris était toujours aussi indéchiffrable. — Rien à craindre, dit-il en s’écartant pour que j’entre. Je referme discrètement la porte. Bouillant de colère, je lui arrache les clés — De quel droit supposes-tu, sous prétexte que cet endroit te déplaît, que j’aie besoin d’être accompagnée jusque chez moi ? — Même si tu es jusqu’ici rentrée sans encombre, il reste possible que quelqu’un force ta porte une nuit et s’introduise chez toi pour guetter ton arrivée. Tu es belle, tu vis seule, tu es une proie toute désignée… Alors, excuse-moi si j’ai voulu m’assurer que tu ne risquais rien ! — Premièrement, je ne vois pas pourquoi tu te soucies de ça. Deuxièmement, je ne vis pas seule. . — Tu as un petit ami ? — Une meilleure amie. Elle est au travail. De nouveau, il regarde autour de lui. Angie avait laissé une lampe allumée avec une ampoule de faible voltage, par économie. André actionne l’interrupteur, et le plafonnier éclaire la pièce. L’appartement était propre, mais défraîchi et vétuste. Le regard d’André , survolant la pièce, se posa sur le paquet de couches et les petits pots pour bébé posés dans le coin-repas. Je me maudit de ne pas avoir tout rangé avant de partir. J’ai été trop accaparée par mes parfums, pendant le bref moment dont j’ai disposé à mon retour du supermarché. André fronce les sourcils : — Il y a un bébé, dans cet appartement ? Avant que je ne puisse répondre pour prétexter que je faisais une collecte pour un organisme de charité ou quelque chose de ce genre, on frappe à la porte. — Liya ? lança tantie Hélène (la voisine ? depuis le palier. Vous êtes rentrée, ma chérie ?... Putain voilà les problèmes ??? A suivre ..... Aimez , commentez et partagez ❤️?
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