Épisode 7

2426 Words
Une nuit d’amour sans lendemain Le matin même, très tôt, Erwan avait réclamé son biberon. Tout en le lui donnant, je me suis convaincue que André ne reviendrait pas. A 6 heures, angie était arrivée, titubant de fatigue, et je lui ai alors tout raconté. Le visage de mon amie s’était aussitôt illuminé. — Liya , c’est génial ! s’était-elle écriée. Tu dois accepter ! Tu vas partir, n’est-ce pas ? — Je n’en suis pas sûre,. Hier, je l’étais, mais… comment pourrais-je t’abandonner ? Et comment avoir de nouveau affaire à cet homme ? Il n’a rien d’un chic type, angi. Il est égoïste, arrogant, il ne pense qu’au profit, et il… — … est beau comme un dieu, avait achevé angie . En plus, il est le père de ton fils. — C’est ce qui m’inquiète le plus. Angi s’est assise et m’a pris affectueusement la main. — C’est une occasion unique, Liya , Tu dois la saisir. Si elle se présente à ce moment de ta vie, ce n’est sûrement pas un hasard. Tu dois suivre ton destin. au bout du compte. André s’ést présenté à 8 heures, alors que j’avais déjà réuni toutes mes affaires dans trois valises que le chauffeur avait descendues dans le coffre de sa voiture . J’ai étreint angi, les larmes aux yeux, me promettant de donner des nouvelles, inquiète à l’idée de la laisser seule. Mais André avait remis à mon amie une épaisse enveloppe, en lui recommandant de faire bon usage de son contenu. Je suis arrivé à Abidjan et une heure après, je me suis retrouvée là. Je ne m’était pas attendue à séjourner chez André ! — Il serait absurde que tu ailles à l’hôtel avec un bébé, avait-il fait valoir en devançant mes protestations. Ce n’est quand même pas la place qui manque dans cette maison. Erwan est installé dans la pièce voisine. Il avait un beau berceau, un parc de jeux avec une multitude de jouets d’éveil. Après l’avoir couché pour sa sieste, je me suis allongée pour prendre aussi du repos. En général, mon fils me réveillait avant que je N’aille plus loin dans mon sommeil . Soudain alarmée, je consulte l’écran de mon téléphone. J’ai dormi trois heures d’affilée ! Je saute du lit et cours dans la pièce voisine. Erwan n’était plus dans son berceau ! Paniquée, je vais dans le couloir, puis dans l’immense salon . Une femme était avec Erwan . Allongé par terre, mon fils tripotait un jouet d’éveil, et l’inconnue l’encourageait avec de petits murmures. — Qui êtes-vous ? Me raison me souffle de ne pas affoler Erwan , qui s’amusait manifestement et ne semblait courir aucun risque. Mais j’avais toutes les peines du monde à ne pas arracher mon bébé à cette inconnue. Celle-ci se releve en souriant. Plus âgée que moi , d’apparence simple et ordinaire, elle était en jean et T-shirt. — Je m’appelle Sylvia. M. Néves m’a engagée pour vous aider à vous occuper de votre bébé. Je n’avais pas la moindre envie que André se mêle de l’éducation de Erwan ! — Je n’ai pas besoin d’assistance. Il a fait une erreur. Veuillez m’excuser, mademoiselle, mais M. Néves pensait qu’il vous fallait de l’aide. — Je verrai ça avec lui. — Tu verras quoi ? Je fais volte-face en entendant la voix de André , et le vois sur le seuil du séjour. Je ne peux m’empêcher d’avoir un coup au cœur. Il était si beau ! Comment cet homme splendide avait-il pu s’intéresser à moi, même pour un soir ? Comment avons -nous pu faire un enfant ? Je n’étais pas du tout le genre de femme qu’il fréquentait d’habitude… Il portait un jean artistement délavé et non déteint par l’usure et sa chemise noire épousait les lignes de son large torse musclé. Mon cœur se met à battre plus vite lorsque je remarque qu’il est pieds nus. — Tu fais perdre son temps à cette femme. Je n’ai pas besoin qu’on m’aide à m’occuper de Erwan … Il s’avance en jetant sur la table, au passage, le journal qu’il tenait à la main. Dédaigneux et arrogant une fois de plus, il déclare : — Navré de te démentir, mais c’est tout le contraire. Tu en as besoin. Parvenu près de moi , il me releve le menton, en l’examinant d’un côté, puis de l’autre, tandis que je tressaillis à son contact. — Je vais investir beaucoup d’argent pour que ton visage orne mes panneaux publicitaires. Je préférerais t’afficher fraîche et dispose, et pas avec ce teint de papier mâché. Je m’écarte aussitôt en lui lançant un regard noir. Il ne se préoccupait donc que de sa campagne ! Qu’est ce que j’ai imaginé ? Qu’il avait engagé une nounou parce qu’il se souciait de moi ? Je ne comptais pas le moins du monde, en réalité ! Une seule personne avait de l’importance aux yeux d’André : lui-même. — Tu aurais pu me consulter ! Ça m’a affolée de voir que mon bébé n’était plus dans sa chambre… — Eh bien, j’en suis désolé. J’avais recommandé à Sylvia de l’éloigner s’il pleurait. Je te savais en manque de sommeil. Il ne cherchait qu’à protéger son « investissement ». Mais il y avait longtemps qu’on ne s’était pas soucié de mon bien-être, et j’en éprouve une étrange émotion. Angi aurait pu se rendre compte de ma fatigue, si elle n’avait pas été embarquée dans la même galère. Ma grand-mère aussi y aurait pris garde. Elle l’aurait mise au lit et se serait chargée de Erwan … J’ai faillis laisser échapper un gémissement de détresse. Il y avait un an et demi que ma grand-mère était morte. Il m’arrivait encore d’être terrassée par le chagrin aux moments les plus inattendus. Je regarde Sylvia, accroupie près de Erwan. . J’éprouve évidemment de la reconnaissance pour ma voisine, qui se montrait douce et attentionnée ; mais je suis certaine qu’elle avait passé plus de temps devant la télévision qu’à jouer avec le bébé. Sylvia, elle, paraissait être à son affaire. Elle semblait d’ailleurs plus compétente qu’elle-même en matière d’éducation des enfants, à en juger par la manière dont elle s’occupait de ewran . — Tu as besoin de manger me dit André . — Je n’ai pas faim. Un gargouillis de mon estomac me démentit, et André hausse les sourcils. — Viens donc dans la cuisine, que le chef te prépare quelque chose. hésitante, je regarde mon bébé et Sylvia. Je ne demandais pas mieux que de faire confiance à cette femme, mais… je ne la connaissais pas. Et tous ces changements me rendaient nerveuse. — Je préfère rester. — ewran est en sûreté, Liya . Il sera très bien ici. Je me dis alors que je suis déraisonnable. Je confiais ewran à ma voisine alors que je travaillais à l’autre bout de la ville. Et aujourd’hui, je me rends simplement dans la pièce voisine ! Je n’allais tout de même pas en faire un drame. Mieux valait s’incliner. André m’emmene sur le vaste balcon , où des tables et des chaises étaient environnées de verdure. Il y avait de l’herbe ! Le balcon bordé d’arbres en pots regorgeait de fleurs. On ne voyait que le ciel. Le spectacle était étonnant, et d’une surprenante beauté. — Ce n’est pas la cuisine André se met à rire. — Non, j’ai pensé qu’ici, ce serait mieux. Nous nous asseyons , et une domestique apporte un plateau de préparations salées : olives, tranches de rôti, petits croques en bouche au fromage, sandwichs au jambon, chocolats fins pour le dessert. Exactement la collation dont j’ai besoin Je charge son assiette, piochant dans les divers amuse-gueules, mais je mange avec délicatesse. Ma grand-mère m’a appris à se tenir avec grâce. Quand la domestique reparaît avec une bouteille de vin, André verse dans nos verres le liquide couleur de rubis. — Château-margaux, dit-il. D’un excellent millésime. Tu devrais aimer. Je n’avais même pas idée de ce qu’était un château-margaux ! En revanche, je m’y connais en senteurs et en saveurs. Je leve mon verre, fait un peu tourner le vin, puis je le sens . Je le goûte et le trouve parfait. Mais je n’avais évidemment jamais eu les moyens de m’offrir ce genre de bouteille. Comme je levais les yeux, je vois que André m’observait, de son regard gris perçant, que je soutiens sans ciller. Je n’étais plus la Liya de l’année précédente, qui était presque paralysée en sa présence. J’ai fait des progrès, depuis. — Décris-moi ce vin, dit-il, en homme habitué à s’imposer . Cette exigence impérieuse m’énerve . — Goûte-le toi-même ! Je suis surprise de le voir éclater de rire. — Tu t’es apparemment donné pour but de me contrarier ! — Sûrement pas. Si tu t’imagines que je te consacre une grande part de mes pensées, tu te trompes. Et je ne suis plus celle que tu as régentée l’an dernier. Alors, n’escompte pas que je me plie à tes volontés. — Je ne t’ai forcée à rien, observa-t-il. Si j’ai bonne mémoire, tu voulais la même chose que moi. Tu la voulais même terriblement… — Le vin est délicieux. Les notes de tête sont la mûre et le cassis. La note de cœur, la rose, il me semble. Et la note de fond évoque le chêne et le café. André fronça légèrement les sourcils. — Oh ! je vois…, dit-il, manifestement impressionné. Tu me parles du vin parce que la tournure de la conversation commence à te gêner. — Je ne suis pas gênée ! Mais je ne vois pas la nécessité de discuter du passé. J’aimerais autant l’oublier. — L’oublier ? . Pourquoi voudrais-tu oublier une chose aussi magnifique ? — Pourquoi pas ? Tu l’as bien fait, toi. Tu as refusé de m’entendre et tu m’as jetée dehors. Et tu m’as vite oubliée, après mon départ. — Cela ne signifie pas que je n’ai pas pris plaisir à notre nuit commune. — Je ne tiens pas du tout à en parler. Parce que ce souvenir me faisait terriblement mal. Parce que aussitôt, je pensais à mon fils innocent, et au fait que l’homme en face de moi ignorait qu’il en était le père. Il n’avait même pas envisagé cette éventualité ! En fait, il pensait que j’ai couché avec lui dans le seul but de vendre mes parfums. Et qu’après avoir échoué, je suis repartie chez moi pour m’empresser de faire un enfant. Comme si j’avais une cervelle de moineau et la morale d’une chatte en chaleur ! Je peux révéler la vérité certes. Mais je ne connais pas réellement André , et je ne lui fais pas confiance. Ewran était trop précieux à mes yeux pour que je prenne un tel risque. — Ce que tu vois autour de toi, dit-il en désignant le balcon-jardin, n’a pas toujours été mon ordinaire. Je donne peut-être l’impression d’être né riche, mais il n’en est rien. Je sais ce que c’est, de travailler dur, et de vouloir quelque chose au point d’être prêt à vendre son âme pour l’obtenir. J’ai soudain la bouche sèche. Etait-il en train de… lever le voile sur un passé douloureux ? — Néves Cosmetics existe depuis plus d’un demi-siècle. Et tu es un Néves . — En effet. Cela ne signifie pas que je suis né avec une petite cuillère d’argent dans la bouche. Loin de là.Mais aujourd’hui, ceci est ma vie. Et je n’apprécie pas ceux qui veulent profiter de moi pour parvenir à leurs fins. J’accuse le coup. Je comprend parfaitement le message ! J’ai envie de lui crier qu’il se trompait sur toute la ligne. Au lieu de quoi, je repousse ma chaise et me leve . Je ne supportais décidément plus la morgue de cet individu. — J’ai terminé Je comprenais bien qu’en réalité, il ne voulait rien me confier du tout. Il n’était pas né dans l’opulence, disait-il. Et alors ? C’était tout de même un individu imbu de sa personne, qui ne voyait que ce qu’il voulait voir. Si je n’avais pas eu à ce point besoin d’argent, je l’aurais planté là.n’importe quoi ! Mais serait-il réellement affecté, si je refusais d’être l’égérie de audacieuse? Il trouverait quelqu’un d’autre. Et il finirait par se dire que je n’aurais pas convenu à sa campagne publicitaire. Si je pars , ewran serait le seul à en pâtir. Je ne m’en irait donc pas. Mais je ne tolérerais pas non plus l’attitude d’André . Pour le lui signifier, je passerais le reste de la journée dans ma chambre. Je n’ai pas le temps d’esquisser un mouvement. André venait d’emprisonner mon poignet entre ses doigts. J’ai l’impression de recevoir une décharge qui se propageait dans toutes les fibres de mon être. Quand il me touchait, mon corps tout entier s’enflammait. Pourquoi je n’ai pas éprouvé de telles sensations avec mon ex ? Pourquoi je ne l’ai pas désiré comme je désire andre ? Ma vie aurait été plus simple. Cette g***e ne serait jamais entrée en scène. Ewran aurait été le fils de mon salop d’ex. — Du moment que nous savons où nous en sommes, il n’y a pas lieu de se mettre dans un tel état Assieds-toi et mange. Tu as besoin de forces. Je ne peux pas accepter que tu tombes malade. Je sens sous son étreinte, comme une brûlure sur ma peau. J’ai à la fois envie de me libérer et de nouer mes bras autour de son cou. Décidément, je divaguais! Je n’ai donc rien appris ? Je déteste , je méprise André Néves ..Mais… j’éprouve aussi du désir pour lui. C’était insensé ! — J’ai fini. Et j’apprécierais que tu me lâches. — Rassieds-toi, dit-il enfin. Nous devons discuter. — Pas maintenant. Il serre mon poignet encore plus fort, puis me libére tout à coup en lâchant une imprécation étouffée. — Va donc, fuis comme une gamine ! Mais nous aurons une discussion sur ce que j’attends de toi. Et au plus vite ! Je regarde les baies ouvertes sur la vaste terrasse. Je n’avais qu’à les franchir, prendre ewran , me réfugier dans la chambre. Mais à quoi bon repousser l’inévitable ? Je devais lutter pour obtenir ce contrat avant que André ne change d’avis. Je me rassois dans une attitude hautaine, même si mon cœur battait la chamade. — ok . Tu n’as qu’à parler, je t’écoute. A suivre .... Aimez, commentez et partagez ❤️?
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