Chapitre 6 – Folie ou Réalité ?

1591 Words
Chapitre 6 Folie ou Réalité ?Salomé eut à peine le temps de sonner à la porte d’entrée que celle-ci s’ouvrit d’un coup, laissant apparaître Lana, son nez recouvert de chocolat et le sourire aux lèvres. « Coucou toi, lui adressa Salomé. Je ramène le classeur de Latin de ta sœur. Je l’avais rangé dans mon sac sans le faire exprès. - Ok je lui donnerai, lui promit Lana en prenant le classeur. Rentre... Roxanne a fait des trop bonnes crêpes, annonça-t-elle en s’écartant pour laisser passer Salomé. - Oui je vois ça, se moqua gentiment Salomé en désignant le nez de Lana. » Celle-ci rigola et s’enleva le chocolat. « Heureusement que c’était pas du miel ! plaisanta Lana. - J’aimerais bien rester mais j’ai un devoir de physique très compliqué à travailler, soupira Salomé. - Oh..., fit Lana, déçue. - Ce n’est pas grave, je viendrai un autre jour. Et puis ça te fera plus de crêpes à manger, la consola Salomé en souriant. » Lana lui sourit en retour. Elles se dirent au revoir puis Lana referma la porte. Elle prit le classeur et monta les escaliers. Une fois arrivée en haut, elle toqua à la porte de Roxanne mais aucune réponse ne lui parvint. « Roxie !!! J’ai ton classeur de Latin ! C’est Salomé qui t’l’avait prit sans faire attention. » Elle frappa à nouveau. Et puisque sa grande sœur ne répondait toujours pas, Lana essaya d’ouvrir la porte mais celle-ci était fermée à clé. Elle soupira. « Je le mets devant ta porte alors évite de marcher dessus quand tu l’ouvriras. » Lana descendit et alla dans la cuisine pour se resservir des crêpes. * * * Des points bleus et noirs constituèrent ma seule vision lorsque j’ouvris les yeux. Je sentis mon cœur cogner contre ma poitrine, et des nausées me parvinrent. Je glissai sur le côté pour pouvoir m’asseoir. Alors je m’aperçus que j’étais allongée. Pourtant il me semblait être tombée... et je ne pouvais pas m’allonger sur mon lit puisque j’étais inconsciente ! Je me souvenais de tout mais ce petit détail me troubla, d’autant plus que cette chose était maintenant dans ma main et qu’à moins de prendre un scalpel et de la déchiqueter, je ne voyais pas d’autre solution pour la retirer ! Je ne pouvais pas non plus en parler à mes parents, ils me prendraient pour une folle. Je sentis la panique venir peu à peu. Qu’allais-je faire ? A qui pourrais-je demander de l’aide ? Et cet objet mystérieux, allait-t-il m’empoisonner, m’endormir, me tuer... ? Maintenant que l’angoisse régnait bien en moi, je devais lui faire face tout de suite. C’était ce que je faisais tout le temps, jamais je n’essayais d’ignorer les inquiétudes, le stress... Je me posais toujours les questions les plus affolantes pour me prouver que le pire n’était pas encore arrivé. Tout d’abord, j’établis un plan. Pour commencer, j’essaierais de trouver un lien. « Un lien entre des faits étranges, que je trouverai j’en suis sûre, et ce qui m’est arrivé, pensai-je. » Mais avant tout, je me levai et me dirigeai doucement vers mon bureau. Je me sentais vaciller par moment, surement à cause de l’évanouissement. Enfin je m’assis précautionneusement sur ma chaise, en face de mon ordinateur. Là, je me mis à chercher la boîte qui contenait la chose. Je ne la trouvai pas. Pourtant cette boîte ne pouvait pas avoir disparu toute seule ! Déçue mais pas découragée pour autant, j’allai vers la porte de ma chambre. Lorsque j’essayai de l’ouvrir, je m’aperçus qu’elle était fermée à clé ! Tiens, encore un mystère. Il faudrait que je fasse une liste de tous ces incidents étranges. Je pris la clé, posée sur un tas de livres aussi intéressants les uns que les autres, à côté de moi. Soudain, une pensée me traversa l’esprit. Lana. Vite je déverrouillai la porte, l’ouvris et appelai ma sœur. « Lana !! Est-ce que tout va bien ??? Aaaaaaaah ! » Ce fut le cri que je poussai alors que je tombai en cascade dans l’escalier. Une fois arrivée en bas, j’entendis ma sœur accourir vers moi tout en m’appelant : « Roxie ?! Mais..., elle m’aida à me relever avec un regard complètement affolé. - Aïe ! Ma cheville ! » Celle-ci me faisait atrocement souffrir et sans le soutien de Lana, je ne serais pas parvenue toute seule jusqu’à la table du salon. « J’espère que c’est pas trop grave, paniqua ma sœur. - J’ai dû me faire une entorse et un peu plus... » Je grimaçai en me massant le poignet droit quand un bruit parvint des escaliers. Un cahier arriva sur la dernière marche. Je vis Lana se raidir et mettre une main devant sa bouche pour ensuite me regarder, toute horrifiée. « Je suis désolée !! Je t’avais mis le cahier de Salomé devant ta porte parce que tu ne répondais pas quand je t’appelais, donc je pensais que... - Ne t’en fais pas, la coupai-je. Va prendre le téléphone et donne-le-moi s’il te plaît. Je vais appeler maman. » Je la vis quitter le salon pour aller dans la cuisine. Alors je jetai un coup d’œil rapide à ma main gauche. Aucune cicatrice n’apparaissait. Pourtant, j’avais bien vu ce que faisaient ces lames et cette chose était bel et bien dans ma main ! Ou alors avais-je rêvé ? Ma main semblait totalement normale et je ne sentais rien quand je la bougeais. Des hallucinations me montaient peut-être à la tête ? Cette pensée me fit frissonner. Non je n’étais pas folle. J’ai vu ce que j’ai vu. Et si j’avais rêvé, pourquoi étais-je allongée, un mardi après les cours, alors qu’énormément de devoirs m’attendaient paresseusement dans mon sac ? Pourquoi la porte était-elle fermée à clé alors que jamais je ne me servais de cette clé ?? Mais une autre pensée jaillit soudainement. Je n’avais pas trouvé la boîte en question. Et même si j’essayais de me rassurer, je savais bien qu’au fond de moi toutes ces raisons ne signifiaient pas que cette scène avec l’objet s’était forcément passée. Justement, peut-être que la fatigue me surmenait donc j’ai fermé la porte à clé pour que l’on ne puisse pas me déranger pendant que je me reposais. Non cela ne tenait pas non plus debout. Je regardai encore une fois ma main et éclatai de rire. Je commençais vraiment à perdre la tête. Rien, à part d’étranges « souvenirs », n’indiquait quelque chose de bizarre. « Faire une liste de tous les incidents étranges..., chuchotai-je pour moi-même. » Je devais être en quête d’anormalité. Je souris à cette pensée. Toutes les journées étaient les mêmes. Tout le monde avait ses mêmes habitudes, ses mêmes choses dans son sac à tel jour et à telle heure. Je me sentais surement lasse de cette monotonie et je m’étais mise à inventer toute cette histoire. Maintenant que je repensai à ce qu’il s’était passé, ou plutôt à ce que j’avais rêvé, je trouvais cela plutôt drôle. Lana apparut subitement, le téléphone à la main. « Tiens, me dit-elle en me tendant le téléphone. Essaye d’abord d’appeler Papa, je sais que maman a un rendez-vous chez le dentiste vers dix-sept heures trente. - D’accord... Et arrête de t’inquiéter, lui exprimai-je d’un ton rassurant. Je ne vais pas mourir, lui fis-je avec un clin d’œil. » Elle me sourit. « Mais c’est où que t’as mal ? - A la cheville gauche et à mon poignet droit, mais ne t’inquiètes pas, répétai-je précipitamment en voyant son petit air inquiet. Je vais rester assise jusqu’au retour de papa et maman. Et en attendant, si on faisait un jeu de société ? lui proposai-je. Ou alors tu as des devoirs pour demain ? Je peux t’aider tu sais. Je ne me sens pas de faire les miens maintenant. - Eh ben nan j’ai pas de devoirs demain puisque j’ai pas cours le mercredi matin MOI, rigola-t-elle. - Hahaha très drôle, lui fis-je. Choisis ce que tu veux faire. - D’accord, me répondit-elle, plein d’entrain. » Pendant qu’elle allait chercher un jeu, je contactai mon père. Une fois l’appel terminé, Lana revint avec seulement une petite feuille et un crayon dans les mains. « Alors, qu’est-ce qu’il t’a dit ? - Que je devais mettre de la pommade en attendant qu’il arrive. Ensuite il m’amènera chez le médecin. - De l’hôpital ? - Oui c’est le plus proche. Euh, c’est pour quoi ça ? questionnai-je en désignant de la tête ce qu’elle tenait entre les mains. - Euh... eh bien comme on se voit pas tellement à cause des cours, je voulais te poser quelques questions... » Je souris. Lana avait toujours souhaité devenir journaliste et ce n’était pas la première fois qu’elle me faisait une interview flash de deux minutes. Pour une raison que j’ignorais, elle ne voulait pas le révéler à mes parents. Et par conséquent, j’étais la seule qui participais et qui l’aidais à ses petits reporters. Je me souvins de l’an dernier, où nous avions dû traverser au moins une dizaine de champs à la poursuite d’un jeune et très mignon lémurien que Lana désirait prendre en photo. Finalement l’histoire s’était assez bien finie. Nous étions tombées, dans le sens propre du terme, à côté de la « maison » de ces petites bêtes. En effet mes pieds avaient eu la formidable idée de se prendre les seules racines qui dépassaient de tous les champs que nous avions parcourus jusque-là. Toutes les photos effectuées se situaient maintenant dans un album, décoré par Lana et moi, dont l’emplacement secret n’était connu que de nous deux. « Alors je vais vous poser la première question, êtes-vous prêtes Mademoiselle Roxie ? - Oui Madame la Journaliste. » Elle grimaça. Lana ne supportait pas qu’on l’appelle « Madame ». Et tout comme moi, elle trouvait totalement stupide de supprimer le mot « mademoiselle » de la langue courante. « Parfait. Quel changement s’est dernièrement produit en vous ? Euh qu’elle est la cause de ce gloussement Mademoiselle ? me demanda-telle, surprise, dès qu’elle eut fini de poser sa question. - Non rien, lui assurai-je. » En réalité, la majorité deces questions avait été élaborée par moi-même, sur demande de Lana en raison de « mon niveau de langage réfléchi ». Elle aimait bien s’exprimer comme une « grande ». Et comme cela n’apparaissait que dans ces interviews, il était assez amusant de l’entendre parler ainsi. « Non rien ?! s’indigna-t-elle en répétant ma réponse. Tel que j’te connais t’aurais pu trouver quelque chose de plus argu... argumenteux ! » Cette fois je ne pus m’empêcher de rire. A dire vrai, elle avait bien raison. « Non rien » était une façon grossière de dire, pour Lana, « Je ne veux pas t’en parler » et pour moi « J’ai la paresse de t’expliquer ». Nous aimions bien définir ce genre d’expressions pour éviter de les utiliser. « Argumentatif, la corrigeai-je gentiment. Oui, tu n’as pas tort, je ferai plus attention la prochaine fois, lui promis-je. » Eh oui dur dur d’avoir une petite sœur qui posait plein de questions sur la grammaire. Lana s’apprêtait à me répondre quand mon père arriva.
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