Chapitre 8
Drôles de MessagesLorsque je me réveillai, une migraine infernale me mitraillait la tête. Je m’assis lentement et regardai autour de moi.
Je ne vis rien.
« Ah, quelqu’un a fermé mes volets, pensai-je à voix haute. »
Je levai mon bras lourd pour atteindre l’interrupteur et après quelques minutes, je réussis enfin à allumer la lumière. Elle m’éblouit et je dus clignoter des yeux pendant un bon moment.
« Mais c’est quelle heure ? J’entends personne. J’ai dormi si longtemps que ça ? me demandai-je, pas très bien réveillée. »
Une douleur aigüe au poignet droit me fit rappeler que je devais demander à Salomé si je pouvais passer les vacances et quelques jours en plus-chez elle.
Je cherchai mon portable des yeux partout dans ma chambre, jusqu’à ce que je me souvienne qu’il était dans ma poche étant donné que, trop fatiguée la veille, je ne m’étais pas changée en pyjama.
« Cc la philosophe es tu la pendan les vacs Si oui serait il possibl qe je les pass chez toi »
Et j’envoie. J’ai plus qu’à attendre qu’elle me réponde et ensuite j’irai me recoucher, me dis-je d’une petite voix.
Alors que je somnolais légèrement, j’obtins la réponse de Salomé :
« ?!!! Nan mais t’es malade ! Il est 4h du mat’ !! T’aurais pas pu me demander ça demain matin au lycée ?! »
Quatre heures du matin... Elle va m’assassiner demain, soupirai-je. Mais cela ne l’a pas empêchée de me répondre, et en général, que fait-on à quatre heures du matin ? On dort. Alors pourquoi elle ne dort pas à cette heure-ci ? me demandai-je.
Ce ne fut qu’à partir de ce moment que je commençai peu à peu à me réveiller.
Je ne lui ai jamais écrit à cette heure mais venant de Salomé cela m’étonne qu’elle ne dorme pas. Surtout que nous avons un contrôle de physique demain matin, murmurai-je pour moi-même.
Je m’imaginai plein de choses incroyables. Peut-être qu’elle était une sorte de « Superwoman », qui sauvait les gens... une héroïne.
Je ris à cette pensée. N’importe quoi. Je délirais totalement. Mais bon, je devais bien avouer qu’avec tout ce qu’il s’était passé en une journée, je saturais. Et une petite rigolade me faisait un très grand bien. Je répondis à son message :
« Dsl je ne m étais pas aperçue qu il faisait si tard. G plein de choses à te raconter 1si quà Léo. Néanmoins ne mattendez pas dem’ devant le lycée jarriverai très en retard en cours. »
Sa réponse ne se fit pas attendre :
« Oula t’es pas bien réveillée toi ! Pourquoi “très en retard’’ ? Tu veux dire plus que d’habitude ^^ ? »
Je souris.
« Je c ^^. Oui, + que d hab 1 : Je me suis faite une entorse à ma cheville gauche ; 2 : une foulure au poignet droit et 3 : Personne ne pourra m amener. Je serai donc condamnée de béquiller jusqu au lycée --‘.
- Wouaw, magnifique. Et je peux savoir comment tu as fait ?
- A cause du classeur de latin. Lana l’avait mis devant ma porte et quand je suis sortie, je ne l’ai pas vu... Je te laisse imaginer la suite.
- ...
- Tu l’as dit :/
- Bah franchement là tu bats tous les recc’ et puis c’est vraiment pas de chance pour le contrôle.
- C gentil de me le rappeler. Déjà que g du mal ds cette matière... A ce propos, pourras tu avertir le prof’ stp ?
- Oui tkt, no soucï ;)
- Merci. Au fait, comment se fait-il que tu ne dormes pas à 7 heure-là ?
- Je n’arrivais pas à dormir. Je te laisse, nous devons être en forme pour demain. Kiss
- Lol la marmotte qui n’arrive pas à s’endormir, je n’y crois pas trop x) quand on te dit avec Léo que tu ne sais pas mentir, ce n’est pas pour rien :p Je suis désolée de t’ennuyer à 4 heures du matin et puis si tu ne veux plus me parler... ^^ Bonne nuit et à demain alors . »
Je m’étirai et me glissai sous ma couette mais une demi-heure plus tard, alors que je commençais à trouver le sommeil, mon portable sonna.
Je sursautai et m’empressai de décrocher sans même regarder qui m’appelait, de peur de réveiller toute la maison.
« Allô ? demandai-je à voix basse. »
Aucune réponse, aucun bruit. Je jetai un coup d’œil au numéro et vis qu’il s’agissait de celui de Salomé.
« Youou, y a-t-il quelqu’un ? »
Toujours rien. Elle avait dû m’appeler sans le faire exprès.
Alors que je m’apprêtais à raccrocher, je perçus une voix. D’abord elle me parut presque imperceptible puis de plus en plus nette. Cette voix calme et masculine me sembla familière.
J’écoutai attentivement jusqu’à percevoir un mot...
Leïla.
Qui était-ce ? Je n’en avais aucune idée. Il continuait de murmurer et je ne saisis rien jusqu’à ce qu’un sanglot se fit entendre.
« Leïla, Leïla écoute-moi. »
L’homme parlait plus fort, mais toujours en chuchotant.
« Ne pleure pas, murmura l’inconnu avec une douceur exquise. Leïla, on va réussir. Ils nous font confiance. Tu sais très bien qu’ils n’auraient jamais donné une mission pareille à quelqu’un de faible ou d’inexpérimenté. D’accord ?! Tu es une professionnelle, ça fait dix ans qu’tu l’as intégrée, tu es l’une des plus fortes, alors c’est pas l’moment de te dégonfler ok ? Continua-t-il, d’un immense calme.
- Oui je vais... je... je te promets d’y arriver. »
Soudain un cri de douleur retentit, apparemment un peu plus loin d’eux.
« Tu crois que c’est Miendjinï ?
- Oui surement. Mais t’inquiète pas pour lui, quoi qu’il fasse, il ne fait que jouer le jeu, il a pris un calmant avant, la rassura-t-il. »
Puis d’autres cris déchirèrent mes tympans et je raccrochai brusquement.
Des perles de sueurs coulaient sur mon visage.
« Leïla, Salomé... elles ont la même voix et c’est bien le portable de Salomé, vérifiai-je à nouveau. Elle se fait appeler Leïla, dis-je, tremblante.
Mais pourquoi ? Et qui est Miendjinï ? C’est bizarre comme prénom. Et celui avec qui elle parlait ? Et ces cris de douleurs ?! »
Je me pris la tête dans les mains.
« Est-ce que tout cela a un lien ? me questionnai-je tout en regardant ma main, celle où un objet se serait enfoui dedans. Et si cela n’avait pas été une hallucination ? »
Non. Je m’interdisais de le penser.
« Il faut que je dorme. Je parlerai à Salomé demain. Je dois savoir ce qui se passe, murmurai-je. »
Je m’allongeai et fermai les yeux.
« Leïla... C’est joli, soufflai-je avant de m’endormir. »