Je me réveille en sursaut. J'ai fait un rêve étrange cette nuit mais quand j'essaie de m'en souvenir, ce qu'il en reste s'échappe de ma mémoire. Pas la peine de forcer. Je me redresse et m'étire. Tout mon corps est endolori parce que j'ai dormi par terre.
Soudain, je sens une pression maléfique derrière moi. Toute l'atmosphère de ma cellule a changé. J'ai l'impression d'être un lièvre observé par un loup.
- C'est elle la prisonnière qu'ont ramenée Itachi et Kisamé? demande un homme à la voix rauque.
L'entendre me donne des sueurs froides. Je suis paralysée. Je n'arrive pas à me tourner pour le voir ou plutôt je ne veux pas me retourner pour le voir.
- Oui, c'est elle.
Je reconnais la voix de Tobi, l'homme masqué.
- Qu'as-tu l'intention de faire d'elle?
- Je ne sais pas encore mais je doute qu'elle accepte de servir nos idéaux au sein de l'Akatsuki, déclare-t-il. Elle pourrait nous trahir. Et mettre fin à ses jours pourrait pousser Itachi à se retourner contre nous car il tient à elle.
Itachi... Encore une fois tu me sauve la vie même sans être là.
- Dans ce cas, on devrait s'en débarrasser de manière à ce que ça nous rapporte quelque chose.
- J'y ai aussi pensé. On devrait la vendre comme esclave ou comme homme de main à un de ces nobles, dit Tobi.
Là c'en est trop. Je me tourne et le fusille du regard. Je peux aussi voir l'autre. C'est un homme un peu plus âgé qu'Itachi. Il a les cheveux oranges et les yeux violets. Quand nos regards se croisent, je sens mon coeur manquer un battement.
- Tu as enfin le courage de nous affronter? me provoque-t-il
Il sait que je les écoutais.
- Je... Je ne suis pas une marchandise, parviens-je à articuler. Tout ce que je veux c'est que cet homme paye pour ce qu'il a fait à ma famille et qu'il me dise qui sont mes vrais parents, je pointe Tobi du doigt.
La colère a suffit à me faire parler. Mais Tobi s'en moque royalement. Il avance vers moi. Aussi étrange que ça puisse paraître, il passe à travers les barreaux. Comment il arrive à faire ça ? Il s'approche dangereusement de moi. Je vois son oeil par l'ouverture de son masque. Il... Il possède le Sharingan ?
- Écoutes ça, Pain, elle ose dire ce qu'elle pense, ce dont elle rêve, ce qu'elle veut, devant nous. rigole-t-il. Tu n'as pas encore compris que dès l'instant où tu as mis les pieds dans ce village tu es devenue mienne? Je peux donc faire ce que je veux de toi, me hurle-t-il dessus.
Sans comprendre comment, mon Sharingan s'active et je projette l'amateratsu sur lui. Encore la manipulation de Shisui, j'imagine. Tobi évite les flammes qui sont en fait passées à travers lui. Par contre elles brûlent les barreaux sans fin.
- Le kaléidoscope... murmure le dénommé Pain. Intéressant. La donner à un noble quelconque pourrait signer notre arrêt de mort. Il pourrait s'en servir pour nous nuire.
- Je devrais te faire payer cet affront. Mais je viens de trouver l'acheteur parfait. C'est un ancien membre de l'akatsuki. Il exècre Konoha tout comme moi. Il se fera un plaisir de t'arracher les yeux.
Ses paroles me laissent sans voix. Je me sens épuisée par l'utilisation de mes yeux. Je m'écroule au sol. Je respire difficilement. Que va-t-il m'arriver maintenant ?
- Oh, je vois de qui tu parles. Très bonne idée. En plus, il faisait parti de notre organisation. Ça devrait lui faire plaisir qu'on lui rende une petite visite. Mais en échange de quoi allons-nous lui offrir un tel présent?
- Il possède des plantes médicinales et des techniques secrètes en tout genre. Il pourrait nous en donner quelques unes en échange, dit Tobi. En plus, il semble qu'il a perdu l'usage de ses mains. Il a donc besoin d'hommes de main, rigole-t-il.
- Très bien. Allons le contacter.
J'ai juste le temps de les voir s'éloigner avant de sombrer dans l'inconscience. J'ai peur.
***
Quand je reprends conscience, ma tête tourne. J'ai aussi la vague impression d'avoir été déplacée. En ouvrant les yeux, je constate qu'en effet ce n'est plus la même cellule. Où est-ce qu'on m'a emmenée? Je préfère rester allongée jusqu'à ce qu'on vienne me chercher.
- Tu es enfin réveillée. C'est bien. Tu dois sûrement te demander où tu es et ce que tu fais ici, me surprend une voix d'homme.
En me retournant, j'aperçois un jeune homme d'à peu près mon âge je dirais. Il a les cheveux gris tenus en queue de cheval. Il porte aussi des lunettes. Son aura n'a rien de bon.
- Qui es-tu et que me veux-tu ?
- Ça dépendra de comment tu te comporteras dans les prochaines heures. Je pourrais être ton ami ou ton pire cauchemar, annonce-t-il d'une voix obscure. En attendant, je t'ai apportée à manger.
Il dépose un plateau devant les barreaux de ma cellule puis le fait passer de mon côté par une petite ouverture. J'y trouve un bol de soupe et une miche de pain. Je dois avouer que j'ai faim mais je me méfie de lui.
- Qui me dit qu'il n'y a pas de poison à l'intérieur?
- Mon maître a besoin de toi en vie alors je n'ai pas le droit de te tuer.
- Ton maître? Ce n'est pas à toi que ces deux malades m'ont vendue?
- Eh bien, non. Ils t'ont échangée contre quelques plantes médicinales. Pas grand chose, se moque-t-il.
Son sourire n'a rien de sincère. Quel sarcasme! Je vais devoir le croire. Je saisie la cuillère et commence à manger sans le quitter des yeux. Il ne bouge pas d'un pousse.
- Je peux savoir le nom de ton maître? demandai-je au bout de quelques minutes.
- Bien-sûr. Il s'agit de maître Oroshimaru.
Je recrache immédiatement le morceau de pain que j'avais en bouche.
- Oroshimaru comme Oroshimaru des trois guerriers légendaires de Konoha? Comme celui qui a éliminé le Hokagé ?
- Oh, je vois qu'on t'a tenue informée malgré toutes ces années enfermée sans être jugée.
C'est donc la même personne. Je me sens révoltée.
- Il est hors de question que je travaille pour lui, éructai-je.
- Je me disais bien qu'un tel cadeau...
- Kabuto? La marchandise a repris connaissance ? le coupe un homme plus âgé qui s'approche de lui.
Il me fait froid dans le dos. Il a de longs cheveux noirs et lisses. Il est maigre et porte un kimono dans les tons clair. Le dénommé Kabuto se prosterne littéralement devant lui. Je peux sentir sa puissance même à l'intérieur de ma cellule.
- Oui maître. Vous pouvez lui parler désormais.
Je n'aime pas la tournure que prend tout ça.
- Alors comme ça, Obito m'a ramené un des derniers membres du clan Uchiwa... J'ai hâte de mener quelques expériences sur toi et de m'approprier la puissance du Sharingan.
Je sens vraiment que ça va mal se terminer.