Il est juste là bon sang! Il me suffirait de l'attaquer en premier pour mettre le plus de chance de mon côté. Je pourrais enfin me venger. Alors pourquoi mon corps refuse d'avancer? Je tremble... J'ai peur. La pression qu'il y'a autour de nous m'angoisse. Les deux mercenaires sont crispés, ce qui ne me rassure pas du tout.
- Est-ce à cause d'elle que vous avez mis si long à accomplir votre mission? demande l'homme masqué en me pointant du doigt.
- Pas vraiment. Elle nous a même aidés si on peut dire ça comme ça, répond vaguement Kisamé.
J'ai un tas de questions à leur poser mais la peur me paralyse. Son aura englobe l'atmosphère, m'empêchant de respirer normalement.
- Je croyais avoir mis un terme à tes jours il y'a longtemps. À ce que je vois, tu as la peau dure.
Ses paroles sont dénuées d'émotions. Les deux autres se contentent d'un silence de mort. Ils n'ont pas l'intention de lui donner des explications. Cet homme m'énerve. C'est suffisant pour me pousser à répondre.
- Que ce soit le destin ou les dieux qui ont voulu que nos routes se croisent de nouveau, peu importe, éructai-je. J'ai bien l'intention de venger le meurtre de mes parents.
Je l'entends ricaner.
- N'essaie même pas, m'empêche Itachi.
Il s'est placé devant moi ainsi que Kisamé. Ils ont l'intention de me barrer la route. Kisamé saisit mon bras pour m'interdire d'aller où que ce soit.
- Si tu veux t'en prendre à lui, faudra d'abord nous passer sur le corps, annonce Kisamé.
Il m'énerve lui aussi. Ça fait un moment que j'ai envie de lui donner un coup dans le visage.
- Que Kisamé lui soit fidèle, je ne comprends pas mais l'accepte. Mais toi Itachi, pourquoi es-tu de son côté ?
Il ne prend pas la peine de me répondre et va vers leur chef. Il lui donne une espèce de gourde ornée de symboles.
- Voici ce que tu nous a demandé. La mission s'est passée sans accroche et Onohana a un peu contribué à son accomplissement. Ne lui en veux pas d'être rancunière.
- Qu'est-ce que c'est? murmurai-je.
- Ils ne t'ont rien dit? demande l'homme masqué.
Je le sens poser un regard lourd sur ses deux souffifres. Je ne sais pas pourquoi mais son attitude ressemble à celle d'un déluré. Il gigote quand il parle, on dirait un clown.
- Leur mission était de capturer le démon que ces idiots avaient invoqué et de me l'apporter.
- Quoi?!
- Nous avons l'intention de le vendre au plus offrant, termine-t-il
Itachi évite mon regard. Je lâche un rire crispé.
- Je croyais que vous étiez le genre d'organisation qui aide les gens en détresse mais en fait vous êtes de ceux qui pient et volent ces gens... J'arrive pas à y croire, soufflai-je. Et dire que je vous ai aidés.
Le coin de mes yeux commencent à me piquer. Je suis dégoûtée.
- Maintenant, que vais-je faire de toi? lâche soudainement l'homme masqué.
- Ne lui fais aucun mal, Tobi. Elle n'est pas une Uchiwa et donc ce n'est pas la peine d'essayer de la tuer à nouveau, intervient Itachi.
Il s'appelle donc Tobi. Enfin je peux coller un nom sur ce masque. Et Itachi, qu'est-ce qu'il croit faire en voulant me défendre?
- Arrêtes de faire semblant de te préoccuper de moi, salle traître! Laisse-le faire ce qu'il veut, après tout c'est ton chef, non. Je ne veux plus te voir ni te parler. T'as pas idée comme tu me dégoûte, grondai-je.
Je suis déçue par eux tous et par la vie elle-même. Je suis en colère mais je sais que je n'ai aucune chance face à eux trois. Je pourrais toujours tenter de m'enfuir mais pour aller où ? Seul cet homme diabolique sait quelles sont mes origines. Cependant, je me refuse de travailler pour lui encore moins de devenir son souffifre. Que faire ?
- Ramenons la au quartier général. Je trouverai bien une idée entre temps, déclare l'homme masqué. Assurez-vous qu'elle ne s'échappe pas. Vous l'enfermerez dans une prison une fois à destination.
Kisamé m'attache les bras dans le dos puis m'oblige à les suivre. Je suis désespérée au point où je me laisse aller.
Nous marchons des jours et des nuits. Nous traversons des montagnes, des prairies et des rivières. Au bout de quelques jours, nous arrivons au village d'Ame et il pleut des cordes. Durant tout le trajet je n'ai dit un mot. Je n'en ai plus la force. Qu'ils fassent de moi ce qu'ils veulent. Ils me confient à des ninjas qui m'emmènent dans la plus haute tour.
Sans ménagement, on m'enferme dans une cellule. Avant, il a pris soin de défaire mes liens.
- Tu resteras ici jusqu'à nouvel ordre. T'inquiètes pas, on n'est pas des monstres. Quelqu'un se chargera de te nourrir nuit et jour jusqu'à ce que le chef décide de ton sort, m'explique-t-il.
Je ne réponds rien puis il s'en va. On sent que cet endroit est vide depuis des années. C'est assez propre quand-même. Je pourrais m'y faire.
Je soupire profondément. Encore une fois, je me retrouve coincée entre quatre murs sans personne avec qui parler. J'ai l'impression que ma liberté n'était qu'un rêve. J'ai même déjà oublié le goût que ça avait. Sans prévenir, des larmes coulent doucement de mes yeux.
Oui, je suis triste et à bout de forces. Je ne supporte pas l'idée qu'Itachi m'ait trahi. Je ne supporte pas le fait de n'avoir même pas pu me venger. Lentement, je m'allonge sur le sol. Il est froid. C'est la seule chose qui me fait me sentir vivante.
Est-ce un rêve ou la réalité? J'entends le bruit que font des couverts qu'on dépose par terre. Je me redresse pour le vérifier et apperçoit une assiette et un verre près des barreaux de ma cellule.
- Qu'est-ce que... soufflai-je.
L'odeur de la soupe me parvient aux narrines. Je dois avouer que je meurs de faim. Alors je me dirige vers le plat. Il fait déjà sombre, enfin plus qu'en journée. Ça doit être la nuit déjà. Je saisis le plat et entame de le manger.
- Je suis ravi de voir que ça te plaît, j'entends.
En relevant la tête, je tombe nez-à-nez avec Itachi. Le fait de découvrir sa présence me fait sursauter. Je lâche l'assiette.
- Qu'est-ce que tu fais ici? Dois-je te rappeler que je te considère à présent comme mon ennemi?
- Je n'ai pas oublié. Le repas est un peu comme un présent me permettant d'engager des négociations.
- Je ne veux rien négocier avec toi, dis-je en me le levant.
Je ne suis pas sûre mais je crois que lui aussi est debout. Il me surplombe de toute sa hauteur. Je crois voir qu'il ne porte plus son manteau noir.
- Écoutes, je ferai en sorte d'éviter que Tobi ne te tue mais tu dois me promettre de rester tranquille, commence-t-il.
- Et comment je peux te faire confiance si tu évite mes questions et me livre à l'ennemi? Donnes-moi ta main, ordonnai-je.
Il s'exécute en passant une main à travers les barreaux. Je la saisis et le regarde droit dans les yeux.
- Dis-moi pourquoi as-tu décimé notre famille?
- Notre famille?
- Exactement. Mes parents m'aimaient plus que tout au monde. Et les Uchiwa m'ont accueillie et traitée comme une des leurs. Alors oui, c'était ma famille. Une famille que tu as éliminé avec l'aide de ce fou. Pourquoi?
- Je ne sais pas si tu te souviens mais ils avaient l'intention de mener un coup d'état contre le Hokagé. Shisui voulait y mettre un terme en se servant de son Sharingan pour les manipuler hélas, Danzo s'en est pris à lui.
- Attends, c'est Danzo, cet être sans coeur qui a tué Shisui? le coupai-je.
Mes larmes font leur retour.
- Il y a contribué en tout cas. Shisui a préféré se suicider pour qu'il ne puisse pas s'accaparer de son oeil restant. J'étais donc seul avec une décision importante à prendre. Soit je soutenais les miens et laissais éclater une nouvelle guerre soit je protégeais le village et évitais un m******e.
De tout son récit, pas une seule fois son aura n'a vascillé. Il dit donc la vérité.
- Alors tu as fait ce qui te semblait être le plus juste? sanglotai-je. Je te comprends un peu mieux maintenant. Moi non plus, je ne voulais pas que ce coup d'état ait lieu. Même si ta méthode était drastique. Et cet homme, Tobi, pourquoi tu le suis?
- Je ne veux pas qu'il s'approche de Sasuké. Alors on peut dire que je le tiens à l'oeil.
- Sasuké est toujours en vie? dis-je, soulagée.
Je serre la main d'Itachi. Il ne ment toujours pas.
- Oui. J'ai signé un pacte avec l'Hokagé et les dirigeants du village. Celui de passer pour un desserteur en échange de la sécurité de mon petit frère. Je ne pouvais me résoudre à le tuer de même que toi. Je suis vraiment navré que Tobi ait tué tes parents. Mais, Tu auras l'occasion de te venger si tu restes en vie.
J'acquiesce et cesse de pleurer.
- On va dire qu'on fait une trêve en attendant que je sorte d'ici. Je ne te déteste plus et je vais terminer le repas que tu m'as servi, annonçai-je.
- Tu en auras besoin pour avoir des forces. Ça me rassure que tu me pardonnes. Je dois partir en mission mais saches que je garderai un œil sur toi. Si tu savais comme ça me fait de la peine de te voir derrière les barreaux et de savoir que tu dormiras par terre, s'énerve-t-il.
- Ce n'est rien, le rassurai-je. J'ai vécu dans des conditions pires que ça. Au-moins ma cellule est propre, rigolai-je.
Nos visages sont si proches qu'il en profite pour m'embrasser sur le front. J'ai des frissons dans tout le corps. Le contact humain m'a tant manqué durant mon séjour en prison. L'amour plus que tout.
- Je vais rester près de toi jusqu'à ce tu t'endormes, d'accord?
J'accepte car rien ne me fait plus plaisir. Je suis heureuse en fait. Ses réponses sincères ont éloigné les nuages gris qui hantaient mon coeur. Au-moins je sais qu'il est mon allié.
Je sortirai d'ici coûte que coûte.