L’hiver s’était installé avec une autorité silencieuse sur Versailles. Les bassins gelés reflétaient un ciel de plomb, et les statues des jardins semblaient figées dans une attente sépulcrale. Le palais, pourtant éclatant de lumières et d’apparats, vibrait d’une tension que nul décor ne pouvait dissiper. Françoise vivait désormais dans un état de vigilance constante. Chaque sourire reçu lui paraissait trop étudié, chaque révérence trop appuyée. Elle sentait, comme une brûlure invisible, le regard de la cour posé sur elle. Le moindre de ses gestes devenait une performance maîtrisée. Elle avait appris à sourire sans chaleur excessive, à détourner les yeux au moment précis où ils risquaient de trahir son trouble, à ne jamais se retrouver seule trop longtemps dans les lieux où Philippe pouvai

