Versailles s’éveillait sous une lumière blafarde, filtrée par les nuages lourds d’un ciel d’hiver qui semblait prêt à s’effondrer sur les toits du palais. La neige avait cessé, mais le froid persistait, dur, mordant, s’insinuant jusque dans les galeries pourtant saturées d’encens et de parfums précieux. Françoise n’avait presque pas dormi. La rumeur liant Philippe à l’empoisonnement du marquis s’était répandue avec une rapidité terrifiante. Elle comprenait désormais que la mort n’était qu’un prétexte, une pièce déplacée sur l’échiquier cruel de la cour. Derrière ce tumulte, elle sentait une intelligence à l’œuvre, une volonté patiente et méthodique. Et elle connaissait le visage de cette volonté. La duchesse de Montchevreuil. Depuis plusieurs jours, cette dernière multipliait les appa

