Les jours qui suivirent leur première transgression se chargèrent d’une tension presque irréelle, comme si le monde lui-même retenait son souffle autour d’eux. Françoise poursuivait son existence avec une maîtrise que Versailles admirait sans la comprendre. Elle apparaissait auprès du Roi avec cette sérénité grave qui faisait d’elle un havre de repos dans l’ouragan perpétuel du pouvoir. Elle veillait sur Saint-Cyr avec une ferveur intacte. Elle priait avec une rigueur presque ascétique. Mais derrière cette façade, son âme s’était fissurée. Le souvenir de Philippe s’était infiltré dans chacune de ses pensées, dans chaque silence, dans chaque respiration solitaire. Elle revoyait la chaleur de son étreinte, la manière dont sa voix semblait l’appeler au-delà de toute prudence, au-delà de tou

