Chapitre 6

3231 Words
Il faudra bien que vous me croyiez, et vous vous direz : — J'étais son premier amour, elle ne s’était pas disputée parce qu’elle m’aimait… elle m’aimait comme on rêve d’être aimé, avec tout son cœur, avec tout son être, et non seulement dans le présent, mais dans le passé ; et de cette femme qui m’aimait ainsi voilà ce que j’ai fait : une créature qui ne croit plus à rien, qui ne respecte plus rien, qui a pris un nouvel amant par caprice, qui en prendra un second, un troisième, une femme perdue. — Oui, encore une fois, c'est vous qui m’avez perdue, et je veux, je veux que vous le sachiez, et ce sera ma vengeance que vous ne puissiez plus en douter… Perdue ! perdue ! vous m’avez perdue, vous, vous, vous !… » Elle avait jeté toutes ces paroles d’une voix haletante, en se rapprochant d’Armand à mesure, avec son visage convulsé de fureur, et il y avait dans le ton de sa voix, dans ses regards, dans toute sa personne bouleversée, cette force terrassante de la vérité contre laquelle le doute essaie vainement de se dresser. L’espèce d’affreuse, de déshonorante preuve de sa pureté d'autrefois, appuyée sur l’aveu cynique de son infamie présente, devenait irréfutable, grâce à l’évidente exaltation qui la possédait et qui ne lui permettait pas de rien cacher de ses pensées. Mais ce qui rendit ce raisonnement plus décisif encore pour l'homme qui écoutait cette misérable confession avec un mélange de stupeur et d’épouvante, ce fut le subit passage d’émotion qui s’accomplit en elle après qu’elle eut parlé. La fureur, assouvie par ce frénétique discours, céda soudain la place au désespoir. Elle regarda tout d’un coup Armand avec des yeux où l’éclair de l'indignation se noyait dans les larmes, et jetant un cri, elle s’affaissa sur le plancher. Là, étendue de son long, elle commença de gémir. Ce fut un sanglot lent et continu, la plainte uniforme et sourde d’une bête qui râle. Cela montait, montait vers Armand, et cette suprême plainte ramassait en elle l’écho de toutes les plaintes qu’elle avait étouffées, de tous les soupirs qui s’étaient arrêtés au bord de son cœur. C’était une agonie de tant de jours exhalée dans un appel dernier. Si Armand avait subi, au contact de la souffrance d’Alfred, une irrésistible sensation d’humanité douloureuse, combien cette sensation s’abattait sur lui, plus forte maintenant, au contact de la souffrance de cette femme couchée à terre ! Le lien frêle et puissant qui l’avait uni à cet être ainsi vaincu, cet invincible lien de la volupté partagée, l'attachait de nouveau à elle, subitement. Il croyait l’avoir oubliée, mais sous la double influence d'une inconsciente jalousie et d’une pitié physique, voici qu’il retrouvait en lui pour elle des sentiments dont il ne se jugeait plus capable. Un entraînement passionné le fit se précipiter à genoux, et il essayait de la relever comme si elle eût été encore sa maîtresse… « Hélène, » disait-il : « Reviens à toi… Par pitié pour moi, ne pleure pas ainsi… Relève-toi… » Elle obéit, et lentement, elle tourna vers lui ses yeux fondus, sa bouche ouverte. Une expression d’ineffable reconnaissance passa sur ce douloureux visage. Il l’assit sur un fauteuil, puis il se mit à ses pieds pour essuyer ses larmes, et alors elle put parler de nouveau : — « Ah ! » disait-elle, « tout est fini, fini ! Ah! jamais plus !… Tu ne sais pas, Armand, comme je t’ai aimé, comme je t’aime… Ah ! pourquoi aije fait ce que j’ai fait ?… Vois-tu, j’ai été comme folle… Je ne savais rien, je ne savais que t’aimer… Tu étais toute ma vie, toute ma foi, tout ce que j’avais de bon et de noble… Et là, brusquement, tout m’a manqué !… J’ai tant souffert ! Je t’entendais toujours me dire ces affreuses paroles. C’était comme un couteau qui se retournait dans mon cœur à chaque minute… J’ai voulu t’oublier, m’oublier, tout détruire… Malheureuse ! qu’aije fait ?… Pourquoi ne suis-je pas venue te supplier de me reprendre, de croire en moi ? J'aurais trouvé des mots qui t’auraient convaincu… Maintenant,c’est la fin de tout… Ne me touche pas, je me fais horreur… » Et elle se dégageait, elle le repoussait. Il devina qu’elle venait de voir l’autre, son nouvel amant ; puis avec fureur : « Non ! bourreau, bourreau ! c’est ta faute… Oui, c’est toi qui m’as jetée là. Est-ce que tu avais le droit de me traiter ainsi ? Réponds. Quels étaient mes torts ? Quand t’avais-je menti ? Pourquoi as-tu douté de moi ?… Non, mon ami. C’est toi qui es si bon, si doux, toi que j’aime tant… Pardon ! pardonne-moi… la douleur me tue !… » Elle se lamentait ainsi, trahissant par le vaet-vient de ses phrases tour à tour maudissantes et tendres l’incohérence des sentiments dont la tempête la secouait. Puis elle eut une détente de cette frénésie, elle dit : « Laissez-moi pleurer un peu. Cela me soulage. Ne me parlez pas… Tout à l'heure… » et il la quitta. Devant cette explosion de désespoir, comme il se trouvait impuissant ! Il se mit à marcher de long en large dans la chambre, qu’envahissait la mélancolie du crépuscule, et le sanglot d’Hélène s’était fait tout humble maintenant, tout bas, presque pareil à celui d’une petite fille. Au lieu de la révolte frénétique du commencement, c’était un long soupir, sans cesse interrompu et repris sans cesse, qui achevait de bouleverser le jeune homme. Il ne tentait plus de la consoler et il ne tentait pas davantage de combattre la cruelle évidence qui venait de s’installer en lui, pour n’en jamais sortir. La pitié pour cette agonie, le frisson d’horreur devant une ineffaçable souillure et la vue de l’atroce injustice qu’il avait commise se mélangeaient pour le torturer. Mais par-dessus tout, ce qui l’accablait, ce qui mettait sur son cœur un poids qu’il sentait dès lors insoulevable, c’était l’impression de la terrible responsabilité qu’il avait dans la perte de cette femme. Hé quoi ! c’était pour l’avoir connu, pour l’avoir aimé, que la malheureuse en était descendue là ! L'instinct d'Hélène ne l'avait pas trompée. Il ne pouvait plus douter. Il la croyait, et sur tous les points. Il croyait qu’elle l’avait véritablement aimé. Il croyait qu’avant leur rencontre, elle était pure. Il croyait que le délire d’un inique abandon l’avait égarée jusqu’à la jeter aux bras d’un autre, et qu’il en était, lui, Armand, la cause, la seule cause ! Il continuait de marcher, et à chaque fois qu’il se retournait pour revenir sur ses pas, il apercevait entre les fenêtres lugubrement éclairées cette forme affaissée, ce visage qui se détachait sur le fond d’ombre, si pâle ! Qu’était devenue son indifférence d’avant l’entrée d’Hélène ? Et sa puissance de négation, qu’en avait-il fait ? On ne discute pas avec un râle de mort, et il avait assisté à la mort d’une âme. C’était trop vrai qu’elle ne demandait rien, qu’elle ne voulait rien, sinon qu’il vît son cœur à nu ; il l’avait vu, il le voyait et le sang qui coulait de la blessure infligée par lui. Combien de temps demeurèrent-ils ainsi, sans se parler, lui marchant toujours et elle toujours pleurant ? Il finit par se rapprocher et il lui prit la main avec un frémissement à sentir cette main toute molle, humide et froide, qu’il souleva pour la porter à ses lèvres, et il y laissa tomber des larmes, les premières qu’il eût versées depuis des années. Du fond de l’abîme de désespoir où elle gisait, elle trouva encore une pitié pour ces larmes de son bourreau. Elle dit : « Ne pleure pas, » et, l’attirant à elle, passionnément, elle couvrit son visage de baisers. Il sentit des lèvres brûlantes courir sur ses yeux, son front, sa bouche. Puis elle se détacha de lui. Elle se releva. Elle venait encore une fois de voir l'autre. — « Ah ! » s’écria-t-elle avec déchirement, « je ne peux même plus te consoler… Adieu, adieu, » dit-elle encore, « et, cette fois, c’est l’adieu pour toujours. » Elle passa les mains sur les cheveux du jeune homme, sur ses traits, comme pour se convaincre de la réalité de l’existence de cette figure qu’elle avait tant chérie, et elle s’échappa en courant du côté de la porte. — « Où vas-tu ? » lui demanda-t-il. — « Je te fuis, » dit-elle avec égarement, et déjà elle était hors de la chambre. La porte de l’appartement s’était refermée sur elle qu’il n’avait pas trouvé l’énergie de la suivre. Il restait debout, à la place où elle l’avait laissé, comme s’il eût été frappé d’un coup de paralysie. Une terreur affreuse fit soudain courir un frisson glacé par tout son corps… Si Hélène, dans le délire de son désespoir, s’était échappée de chez lui pour aller se tuer ? Durant une seconde il eut devant les yeux cette horrible hallucination : l’ombre d’un quai, la grande nappe obscure et mouvante du fleuve, et un corps de femme roulé par cette eau glacée. A son tour, il s’élança. Il descendit l’escalier quatre marches par quatre marches. Une femme était sur le trottoir, qui s’en allait vers les Champs-Elysées. Il se précipita. Ce n'était pas elle. Il gagna l’avenue, pleine d’un fourmillement de passants et de voitures. Comment la retrouver dans cette foule ? Comment deviner de quel côté la malheureuse s’était enfuie? Une bruine tombait. Il héla vainement plusieurs voitures, et seulement au rond-point il put en arrêter une. Il donna l’adresse de la rue de La Rochefoucauld et, le long du chemin, il connut, lui aussi, une angoisse poussée jusqu’à la folie. Mais déjà il était au bas de la rue, et devant le petit hôtel. Ce fut avec un tremblement de tout son cœur qu’il tira la sonnette de la porte et qu’il demanda au domestique si Mme Chazel était rentrée. Sur la réponse affirmative de cet homme, il faillit tomber à terre par l’excès de son émotion. Et tout de suite, car le jeu des passions nous fait sans cesse nous heurter à ces mille riens de l’existence, il se trouva comme sot devant cet homme qui s’effaçait pour le laisser passer. Comment supporter la présence d’Hélène à cette minute, et surtout celle d’Alfred ? Il balbutia une phrase, prétextant une course oubliée et disant qu’il reviendrait dans la soirée. Il se rejeta dans son fiacre : « La pensée de son fils l’aura sauvée !… » se dit-il, « du moins je ne suis pas un meurtrier ! » Quelques jours après cette scène, Armand envoyait à Chazel une lettre datée de Londres où il s’excusait de n’avoir pu serrer la main à ses amis avant son départ définitif. Remettre les pieds dans le petit hôtel de la rue de La Rochefoucauld, revoir les deux êtres dont il avait brisé la vie, sans que ni l'un ni l'autre eussent trouvé pour lui autre chose que des paroles de confiance ou de pardon, assister de nouveau à ces agonies morales dont chaque soupir lui retentissait jusqu’au fond de l’âme d’une manière intolérable, cet effort avait été au-dessus de son énergie actuelle. Il s’était dit, en pensant d’une part aux mélancolies probables d’Alfred, à Hélène de l’autre et à la vie qu’elle allait mener, dans cette banqueroute de toutes les pudeurs et de tous les sentiments : « Cela est horrible, mais je n’y peux rien. Il faut oublier… » Et pour mettre des petits faits entre son chagrin et lui, suivant une de ses maximes favorites, il avait hâté son voyage en Angleterre. Durant les années de sa jeunesse, cruellement désœuvrée et vide, il avait de son mieux trompé l’ennui par un vagabondage cosmopolite. Il s’était fait ainsi à travers l’Europe trois ou quatre centres de société. A Londres surtout, il avait une vie toute préparée : un appartement dans Bolton-street à côté de Piccadilly, deux clubs où trouver l’hospitalité, vingt maisons où être reçu comme un ami. Mais cette année-là, quand il se fut installé, comme d’habitude, dans les trois chambres meublées qui lui étaient réservées, il se sentit incapable de s’engager tout de suite parmi le tourbillon du monde. Il se dit : « Je porterai mes cartes dans quelques jours… » Les quelques jours se passèrent et sa répugnance fut la même à revoir des personnes connues. Il laissa une semaine s’écouler ainsi, deux semaines, trois semaines, et il continuait d’éprouver une invincible aversion pour toute causerie et pour toute réunion, pour toute chose et pour tout être. Il en vint à ne se promener que le soir, afin d’éviter plus sûrement la face humaine. S’il sortait en plein jour, c’était pour prendre une de ces voitures à deux roues dont le cocher est juché haut par derrière, et dont le cheval trotte si vite. Sans but, indéfiniment, il se faisait conduire à travers les interminables rues de l'énorme ville. Les petites maisons noires succédaient aux petites maisons noires, de loin en loin s’ouvraient des squares avec une grille et des arbres pauvres, une place avec quelque statue aux teintes salies, un parc démesuré avec des gazons broutés par des troupeaux. Sur la monstrueuse fourmilière s’étendait la voûte d’un ciel de suie ; quelquefois un brouillard jaune noyait tout ce ciel, d’autres fois la brume crevait en une pluie battante, ou bien c’était un vague et froid azur où semblait flotter de la poussière de charbon. Un peuple se pressait dans ces rues, mais Armand ne reconnaissait pas un visage, et il allait ainsi des heures entières, seul avec sa pensée, comme il se réveillait, comme il s’habillait, comme il mangeait, — avec cette pensée toujours présente, et toujours pareille à elle-même. Que lui montrait-elle donc, cette torturante et fixe pensée ? Sans cesse et sans cesse Hélène, et la confession affreuse de leur dernière entrevue se représentait en tous ses détails, et il voyait l’action, qu’elle avait avouée en des termes si implacablement précis et nets. Elle s’évoquait devant lui, entre les bras de Varades ; car il se disait qu’après cette première crise de désespoir elle y serait retombée, et la vision lui infligeait un sentiment qu’il comparait de nouveau à un poids sur son cœur qui l’écrasait de tristesse. Ce morne poids s’y était abattu, le jour où elle s’était lamentée si tragiquement dans le salon de la rue Lincoln. Et comme alors il éprouvait une oppression intolérable à se savoir la cause de la misère de cette femme. Sans doute, après cette intrigue avec Varades, elle en aurait d’autres. Est-ce qu’on s’arrête jamais sur cette pente glissante, qui va du second amant au dixième ? Quand on a perdu l'habitude et la force de s’honorer soi-même, principe unique de toute dignité, quelle digue opposer au flot envahissant des tentations et des curiosités ? Hélène était belle, on la courtiserait. Ces chutes successives s’accomplissaient là, sous ses yeux, par avance, et il ne pouvait rien pour les empêcher, et c’était lui, comme elle l’avait crié à travers ses larmes, lui qui l’avait perdue. Devant l’image de la vie de cette femme, il se trouvait placé comme devant un être auquel il aurait de ses mains versé du poison. La mortelle décomposition de la face, la froide sueur, les effrayantes convulsions, comment les empêcher, lorsque la funeste drogue roule dans le sang ? Ce venin de l'adultère, dont il avait infecté cette créature, accomplirait son œuvre de destruction. Quelle excuse avait-il d’avoir fait cela ? Aucune, puisqu’il l’avait prise sans l’aimer. Oui, si seulement il l’avait aimée, s'il lui avait rendu un peu de bonheur en échange du don de sa personne ! Mais à l’abaissement inévitable de la faute il avait joint cet autre principe d'abaissement, la plus cruelle désillusion. D'une enfant riche d’espérances, égarée par une recherche généreuse de ce qu’il y a de plus haut dans le sentiment, qu’avait-il fait ? Une désabusée en quête d'oubli. Comment serait-elle dans une année, et puis dans une autre et une autre année ? Il se répétait la phrase célèbre : « All the perfumes of Arabia will not sweeten this little hand… Tous les parfums de l’Arabie ne laveront pas cette petite main… » Et il pliait sous le poids du remords, — si lourd, ah ! si cruellement lourd qu’il ne pouvait plus rien éprouver que cet accablant, ce continu écrasement sous l’idée de l’action commise. « L’absurde machine que l’homme, » songeait-il, « et la méprisable faiblesse que cette angoisse ! Pour que ce remords fût justifié, il faudrait que je fusse coupable, c’est-à-dire responsable et libre. Est-ce que la liberté n’est pas un vain mot, et par suite le bien et le mal, la vertu et le vice ?… » Il avait dans sa jeunesse beaucoup pensé à ces questions et admis comme exacts les principaux arguments modernes contre le libre arbitre. Il s’étudiait à détruire, en appliquant ces arguments à lui-même, le malaise moral dont il était atteint : « Qui suis-je ? » reprenait-il ; « le produit d’une certaine hérédité, placé dans de certains milieux. Les circonstances une fois données, je devais sentir comme j’ai senti, penser comme j’ai pensé, vouloir comme j’ai voulu… » Et il décomposait sa propre personne en ses éléments, ainsi que cela lui était arrivé trop souvent dans ses périodes d'Hamlétisme, comme il appelait ses crises de paralysie intime à force d’analyse. Il reconnaissait dans l’absence de la vie de famille l’origine première de son égoïsme ; il se rendait compte que le collège avait sali trop tôt son imagination, la vue des tueries de la guerre civile éveillé trop tôt sa misanthropie. Il se voyait perdant sa foi religieuse par de précoces lectures, se désintéressant de toute ambition faute d’une cause à laquelle il crût, et parce qu’il était assez riche pour vivre hors de métier. Puis il regardait se dérouler la longue, l’inutile et fatale série de ses expériences amoureuses jusqu’à l’heure où il avait rencontré Mme: Chazel. « Comment l'aurais-je jugée autrement que je l’ai jugée ? » continua-t-il. « Elle s’est quasi jetée à ma tête. Pouvais-je comprendre que c’était la folie d’une nature romanesque, déraisonnable, mais sincère ? J'ai cru qu'elle était une femme comme les autres. Je l’ai cru et je devais le croire… » Il s'enfonçait ce mot de nécessité : « je devais » dans le cœur, comme un levier avec lequel il soulèverait le poids de son remords, et le poids était là, toujours. Il avait beau lutter ; quelque chose en lui de plus fort que lui-même le contraignait à se considérer comme l’auteur de la perte de cette femme. Il s’évertuait alors à inventer un autre procédé d’allégement. Il revenait en imagination vers toutes les étapes de leur commune aventure, et, sur ce chemin de perdition, il allait recherchant les carrefours, les moments où il aurait pu s’engager et l’engager sur une autre route. Durant les premières semaines du séjour des Chazel à Paris, pourquoi, se promenant avec Hélène, avait-il eu le soin de se donner auprès d’elle une attitude sentimentale ? Afin de parler à sa rêverie, et de l’induire en curiosité. Aurait-il pu s’en empêcher ? « Non, » répondait-il avec colère, « la séduction est dans ma nature, comme la chasse dans la nature du lévrier…
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