Un instant était venu où il avait constaté qu'Hélène commençait à l’aimer. Aurait-il pu s’effacer de sa vie, alors ? Oui, s’il avait cru être son premier amour. Mais est-ce qu’on s’ordonne de croire ceci ou cela, de penser d’une manière ou bien d’une autre ? Que n’eût-il pas donné aujourd’hui pour juger Hélène comme il faisait alors ! et cela était impossible, comme il avait été impossible qu’il la jugeât durant cette période, comme aujourd’hui ! La veille de leur premier rendez-vous, il se revoyait hésitant, sur le point de lui écrire une lettre de vérité, afin de rompre avant la minute irréparable. Mais pouvait-il empêcher que telle ou telle image ne vînt assiéger sa pensée et retenir sa plume ? Pendant les quelques mois de leur liaison, il ne l'avait pas aimée, et, par sa sécheresse, il l’avait martyrisée. Est-ce que l’émotion se commande, et la tendresse ? S’il avait rompu avec elle brutalement, c’était là encore un effet de la puissance des images sur la volonté humaine. La vision du chagrin de son ami avait été plus forte en lui que la vision du chagrin de sa maîtresse. Il saisissait, comme à la loupe, le mécanisme intérieur dont ses actes avaient été le signe visible, l’aboutissement dernier ; il s’abîmait dans cette contemplation minutieuse de son passé… N'importe ! le poids de son remords était toujours là. Il parvenait à convaincre son esprit, et cette conviction ne soulageait pas son cœur. C’était sa conscience, comme dit le langage vulgaire, qui le suppliciait. Mais la conscience, qu’est-ce d’autre qu’une illusion ? Une pierre lancée et qui se sentirait rouler sans même savoir qu’une main l’a lancée, se croirait, elle aussi, la cause de son mouvement. Sa conscience lui reprocherait l’écrasement des brins d’herbe sur son passage. Le remords naîtrait en elle. « Si j’avais un fantôme devant les yeux, par suite d’une hallucination, » concluait Armand, « en prendrais-je la foi aux revenants ?… Je me dirais que je vois un fantôme, une forme vaine, que l’état de mes organes m’inflige cette obsession, et ce serait tout. Souffrons de notre fantôme, s'il le faut, mais n’y croyons pas. » Soit, le bien, le mal, le remords, la conscience, la liberté, — autant d’apparences sans réalité, d’ombres sans corps ! Mais une réalité indiscutable, c’était la perte d’une âme, et qu’une redoutable destinée eût fait de lui l’instrument de cette perte. Une âme perdue ?… II y a donc une vie et une mort des âmes, quelque chose qui les nourrit et quelque chose qui les détruit, comme une damnation et comme un salut spirituels. Il pensait alors à l’âme d'Hélène avant ce désastre final, et tous les épisodes de leur commun passé lui revenant à la fois, il les interprétait et les comprenait. Maintenant qu'il savait la vérité sur elle et combien il l’avait mal jugée, les moindres faits de ce passé revêtaient une signification inattendue. Les passages de silence de sa triste amie, ses mélancolies, ses effusions, se représentaient à lui tour à tour, et chaque souvenir lui révélait à la fois et sa propre ingratitude et la force du sentiment qu’il avait inspiré. Que cette âme de femme était vivante alors ! Qu’elle était noble même dans la faute ! Quelle richesse dans cette sensibilité ! Quelle plénitude dans ces émotions ! Quelle profondeur dans ce chagrin, et quel magnifique élan vers un inaccessible bonheur ! Et aujourd’hui, sur cette même âme, quelle souillure ineffaçable !… Ses réflexions se portaient sur Alfred, il se rappelait son dernier entretien avec cet homme indignement trompé. Celui-là aussi possédait une âme vivante d'où jaillissaient, comme des sources bienfaisantes, la tendresse et la loyauté, toutes les puissances de croire et d’aimer. Armand ramenait alors sa pensée sur lui-même : « Ah ! c’est moi, » disait-il, « moi dont l’âme est morte !… » Il remontait le cours de sa jeunesse. Il se voyait jeune et incapable de dévouer son activité à une foi idéale, libertin et incapable de fixer son cœur dans un sentiment, — impuissant, lui, à se donner, à croire, à aimer ! Il repassait la liste fatale que sa vanité de séducteur avait dressée, au moins autant que sa curiosité de débauché. Il recherchait le nom et le visage des femmes qui s’étaient données à lui, depuis celles qui lui avaient appartenu dans ces chambres infâmes où les glaces de l’alcôve et du plafond multiplient la blancheur des nudités, jusqu’à celles qu’il avait possédées pudiquement et qui réclamaient autour des caresses l’ombre des rideaux baissés. Qu’avait-il fait des unes et des autres, des passionnées et des vénales, des romanesques et des dépravées, d’Aline et de Juliette, de Mme de Rugle et d’Hélène ? Des instruments de sensation, et rien de plus. Se souvenait-il d’une seule à laquelle il eût été bon, secourable, et qui valût mieux après l’avoir connu ? Aux prostituées, il avait fait commettre un acte de prostitution entre mille autres. Les adultères avaient menti une fois encore, à cause de lui. Son âme n'était pas seulement morte, elle avait répandu autour d'elle la contagion de sa mort intime. Avec son intelligence aiguë, avec son imagination rare, avec tous les outils de supériorité que la fortune lui avait mis aux mains, quelle besogne accomplissait-il depuis sa jeunesse ? Et tout cela pour finir par l'assassinat moral d’une femme qui avait cru en lui !… Le poids augmentait de lourdeur alors, et il se débattait de nouveau. « La vie et la mort de l’âme ! Des mots ! des mots !… Une légère altération cérébrale, et l’âme est changée… Au microscope, on découvrirait la petite disposition de cellules qui veut que je n’aie jamais aimé… Mais pourquoi, » ajoutait-il, « cette âme vit-elle par certaines idées et meurt-elle par d’autres ? Pourquoi ? Je n’en sais rien ; il y a tant d’autres choses que je ne sais pas. Je parle du cerveau. Qu’est-ce que le cerveau ? C’est de la matière. Et qu’est-ce que la matière ?… On ne connaît rien, on ne comprend rien. A quoi bon demander : Pourquoi ceci, et pourquoi cela ? Il n’y a qu’une seule question : Pourquoi tout ? Et la seule chose que nous sachions véritablement, c’est que nous ne saurons jamais la réponse à cette question-là… » Il apercevait le gouffre de mystère, l’abîme d’inconnaissable que la science constate à la base de toute pensée et de toute existence. Par-dessous le problème de sa destinée particulière, il touchait au problème de toute destinée, et sa douleur morale était si intense qu’il éprouvait la tentation d’interpréter dans un sens consolateur ce mystère où il se sentait noyé. Pourquoi le mot de cette énigme de la vie, indéchiffrable par la raison, de l’aveu même de cette raison, ne serait-il pas un mot sauveur, un mot qui réparerait l’universelle détresse d’ici-bas, qui rendrait la vie aux âmes mortes, comme son âme, la paix profonde aux consciences bourrelées, comme sa conscience ? Pourquoi n’y aurait-il pas un cœur pareil à notre cœur et capable de nous plaindre au centre de cette nature, qui nous a produits cependant, nous, avec notre façon amère ou tendre de sentir, nous, avec notre appétit d’idéal et nos défaillances, avec notre grandeur et notre bassesse ?… « Mais alors, » songeait-il, « Dieu existerait !… Je pourrais me jeter à genoux â cette heure où je souffre, et dire : Notre Père qui êtes aux cieux… Notre Père !… » Quand le jeune homme en arrivait à ce point de son raisonnement, les larmes lui montaient aux yeux. Lui qui n’avait connu ni son père, ni sa mère, cette seule phrase de la sublime oraison lui causait une émotion inexprimable… Puis il se raidissait aussitôt. Des idées lui venaient, plus fortes que cette mystique effusion. Il discutait contre son cœur avec son esprit, et son esprit l’emportait toujours. Les objections contre Dieu, tirées de l’existence du mal, prenaient corps devant lui. Comment concilier une bonté de père avec cette loi de réversibilité qui veut que les fautes des uns retombent sans cesse sur les autres ? Entre Hélène et lui, lequel était coupable ? Lui… Lequel des deux avait commis un crime d'amour ? Lui, en séduisant cette femme sans l’aimer, uniquement pour satisfaire un caprice d’orgueil, d’ennui et de sensualité… Qui était puni ? Hélène. Entre cette dernière et Alfred, qui était coupable ? Hélène. Qui souffrait ? Alfred. Ainsi le péché de chacun, s’il y a péché, porte son fruit empoisonné dans l’âme d’un autre, et la même solidarité gouverne tous les rapports des hommes entre eux. Les fils expient pour les pères, les justes pour les méchants, les innocents pour les coupables ! Ah ! comment croire, en présence de cette transmission ininterrompue de misères, à l’existence d’un principe de justice et de bonté dans cet obscur au-delà des jours ? « Non, » se disait Armand, « de même que les fautes sont produites par les nécessités combinées des circonstances et des tempéraments, les conséquences des actes sont distribuées au hasard, — du moins ici-bas… » L’effusion mystique reprenait alors : « Ici-bas ? Y aurait-il donc un autre monde dont celui-ci ne serait que la figure ou la préparation ? Mais comment aucun lien entre celui-ci et l’autre ? Comment aucun secours aux heures de détresse ? Ah ! s’il était un Père céleste, toute souffrance ne serait-elle pas pour lui une prière ?… » A travers le tumulte de tant d’idées contradictoires, cet homme malheureux apercevait le grand, l’unique problème de la vie humaine, et que la religion seule résout, celui de savoir s’il y a par delà nos jours bornés, nos sensations courtes, nos actions passagères, quelque chose qui ne passe pas et qui puisse contenter notre faim et notre soif d’infini. Armand devait peut-être redevenir religieux un jour ; à l’heure présente il ne l’était pas, et il se répondait à lui-même : « S’il n’y a rien, pourquoi ces affreux remords ? S’il y a quelque chose, pourquoi ne puis-je ni le concevoir avec mon esprit, ni le ressentir avec mon cœur ? Comment finir cette intolérable angoisse ? Comment soulever ce poids dont j’étouffe ?… » Les faits principaux de ces mornes journées furent quelques lettres d’Alfred, toutes remplies d’affection et de plaintes sur la santé de sa femme, la tristesse de son intérieur, les inquiétudes de l'avenir. Ainsi Hélène continuait d’être malheureuse. « Ah ! » songeait Armand, « il est possible que ces mots, le bien et le mal, l’âme et Dieu, n’aient aucune espèce de sens. Voilà des milliers d’années que les philosophes disputent à leur sujet, sans conclure ; que les religions se succèdent et s’écroulent. J’ai mesuré l’impuissance de la raison, et je n’ai pas la foi. Mais il n’y a besoin ni de raison ni de foi pour savoir qu’il existe de la misère humaine et que nous devons tout faire pour n’être pas la cause de cette misère… » Que nous devons ?… Comme si nous étions libres ! Mais libres ou non, laissons-nous aller à sentir cette misère et à la plaindre ! Quand le jeune homme s’engageait sur ce chemin nouveau de la pitié, il éprouvait, non pas un soulagement absolu de son remords, mais une sorte de tendresse désespérée qui lui humectait enfin le cœur. Il se représentait Hélène dans son passé, tel que ses confidences le lui avaient révélé, toute petite fille, et il la plaignait de sa triste enfance et de sa jeunesse opprimée. Il la plaignait de son mariage et du divorce moral qui l’avait séparée d’Alfred. Il la plaignait de l’avoir connu, lui, Armand, des paroles qu’il lui avait dites et auxquelles elle avait cru, des baisers qu’il lui avait demandés et qu’elle lui avait donnés. Mais de cette seconde chute surtout, de cette frénésie qui l’avait jetée aux bras de Varades, il la plaignait, passionnément, et de toutes les fautes auxquelles cette première faute l’entraînerait. Il la plaignait d’être née, de respirer, de subir une inéluctable fatalité. Il la sentait vivante maintenant, plus qu’aux jours où il l’avait à lui, perdue d’émotion, sur sa poitrine. Par une sorte d’étrange transposition d’âme, il souffrait les douleurs de la maîtresse dont il n’avait pu partager les joies. Il habitait en pensée ce cœur malade et l’impression de pitié devenait si forte, si pleine, qu’elle débordait de lui sur toute la vie. Le soir, lorsqu’il se promenait à pied le long des rues et qu’il arrivait aux sinistres carrefours de Haymarket et de Regent’s Street, la vue des filles des divers pays qui erraient là par tous les temps le remuait jusqu'au fond de l’âme. Elles marchaient dans leurs toilettes sombres, et interpellaient les passants en toute espèce d’idiomes. Il y avait là de grandes et lourdes Allemandes, de fines Françaises et des Anglaises reconnaissables à leurs visages restés souvent candides. La plupart étaient vieilles, avec des lueurs féroces dans le regard. Quelles lamentables aventures, criminelles peut-être, avaient jeté ces étrangères loin de leur patrie sous un ciel toujours brouillé, sur le pavé de ces rues implacablement traversées par l’affairement du négoce ? Et les jeunes, au profil d’ange, — car il y en avait ainsi, — quelle mélancolie de les voir qui poussaient la porte des marchands de liqueurs et buvaient d'un trait de grands verres d’eau-de-vie ! Elles sortaient, avec un peu de rose aux pommettes, et recommençaient leur pèlerinage d’infamie, réchauffées par cette gorgée d’alcool contre le rude climat, les ondées subites, l’âcre brouillard. Armand les regardait aller, venir, aborder celui-ci, injurier celui-là, causer entre elles, et c’était tout un peuple de ces damnées qui se pressait dans ces rues. Oui, des damnées, car rien ne les sauverait, non plus que les prostituées du luxe, qui vont à la chasse de l'homme avec des diamants et des chevaux, non plus que les adultères, perdus par la recherche toujours déçue des sensations nouvelles. Rien ne les sauverait, car il n’y a rien qui sauve ! Cependant il arrivait au jeune homme de passer devant des temples et de se souvenir que des milliers de créatures croient à un sauveur. « Mais si je n’y crois pas, » se demandait-il, « est-ce ma faute ? Le vrai sauveur serait celui qui sauverait même les incrédules, même les renégats, même les révoltés, même ceux qui ne se repentent pas, — puisque ce sont les plus à plaindre !… — Non, il n’y a pas de rédemption, et le Christ est mort vainement… » Il apercevait alors la vie comme l’œuvre d’une nécessité aveugle et destructrice, d’une force mauvaise qui pousse les êtres à se perdre les uns les autres. La prostitution en bas, l’adultère en haut, voilà ce qu’a produit le plus noble des sentiments humains, l’amour. La civilisation lui apparaissait comme une immense orgie où les mets sont plus nombreux, les vins plus chauds, les convives en plus grande foule; mais le pain du rachat, sur quel plat mystique le trouveront les affamés de pardon ? Cependant l’orgie ronfle et gronde, les femmes offrent le fruit de leur bouche rouge, un hymne colossal d’allégresse enveloppe les enivrements, de seconde en seconde un des assistants roule sous la table, foudroyé par la mort qui prend ses victimes au hasard ; il est remplacé par un autre, et si vite qu’on ne remarque même pas cette disparition, et c’est la joie qui passe sur tous ces fronts, qui rit dans tous ces yeux. La joie ? pourvu qu’on ne pense pas à sa propre détresse, et encore avec du courage on supporte ses misères, à soi ; mais la misère d’un autre, où trouver le courage de la supporter quand on l’a soi-même causée ? Et subitement les visions s'effaçaient, et les théories, et les rêveries, pour laisser la place à la seule image d’Hélène agonisante, ou bien d’Hélène dépravée, et de ces deux images Armand n’aurait su dire laquelle torturait le plus sa pensée. — « Est-ce que je l’aimerais, » se demandait-il un matin en se levant, « et ce que je prends pour du remords serait-il simplement de l’amour ? » Il lui fut impossible de répondre à cette question. Quand on aime, on conçoit le bonheur par la femme qu’on aime, et comment imaginer une seule minute de bonheur par Hélène, maintenant ? Il pouvait revenir à Paris, tenter de renouer avec elle, l’enlever, l'emmener dans un pays où tout serait étranger, où ils oublieraient ! Il sentait que les pires folies, commises pour elle, n’effaceraient rien de son angoisse présente. Il ne l’aimait donc pas. Mais alors, pourquoi ce cruel battement du cœur à la seule idée de l’action où le désespoir l'avait entraînée ? Pourquoi cette anxiété continuelle qui le faisait s’arrêter, les mains tremblantes, devant les lettres de Chazel, avant de les ouvrir, comme s’il allait y lire l’annonce de quelque aventure nouvelle, enfin découverte par ce malheureux homme ? Pourquoi ne pouvait-il ni prendre un livre, ni s’asseoir à table, ni sortir, ni entrer, sans que le spectre de cette femme fût auprès de lui ? Il ne l’avait pas tuée, pourtant, il n’avait pas versé ce sang avec ses mains… Pourquoi cet infatigable retour vers leurs relations communes, avec cette réflexion éternelle, pour fond désespéré : « Si j’avais su ? » S'il avait su le prix de ce qu’elle lui donnait quand elle le lui donnait, s’il avait senti comme il sentait, à l’époque où elle venait s’abattre si tendrement, si sincèrement sur son cœur, s’il avait eu dans le cœur pour elle ce qu’il y avait maintenant, alors… alors, il l’aurait aimée… Il l’aurait aimée !… Cette impuissance de parvenir à l’émotion pleine, le martyre de l’égoïsme dont il avait été la victime, ses sécheresses, ses rancœurs stériles, son rongement d’esprit dans la solitude et la détresse, toutes ces misères morales auraient pris fin, s'il avait eu le cœur plus simple, s’il avait compris, s’il avait cru ! Il croyait en elle maintenant, et c’était trop tard. Il la comprenait quand elle avait cessé d’être pure. Il l’aimait quand elle avait subi la souillure des caresses d’un autre. Il découvrait qu'il avait passé à côté du bonheur, quand le palais enchanté qu'il avait traversé sans le voir lui était fermé pour toujours. Il se prenait à la chérir, comme une morte à laquelle il ne pourrait plus jamais parler… Mais une morte demeure à l’abri des souillures, et Hélène ? — « Tous les parfums de l’Arabie… » se répétait-il en se frottant la main comme la reine sanglante. Le poids était de nouveau sur son cœur… Comment jamais l’ôter ?… Si cependant ce remords n’était qu'un mirage nourri par l’absence ! Quand les enfants ont peur d’une forme vague dans la nuit, quel remède emploie leur père ? Il les mène à l’objet de leur épouvante, et de toucher cet objet guérit cette panique. S’il essayait, lui aussi, de ce remède ? S’il revoyait Hélène et mesurait de ses yeux le mal qu'il lui avait fait ? « Il n’y a plus que ce procédé à tenter, » se dit-il un jour, et il se décida brusquement à regagner Paris. Il avait passé plus de six semaines à se manger ainsi le cœur.