39

2024 Words
Partie 39 : - Pitié docteur, pitié, ne me dites pas cela, non, mon Dieu, non… Dis-je en pleurant. - Mademoiselle Yessi, votre bébé montre des anomalies cardiaques, et il a des forts risques qu’il cède d’ici douze à quinze jours. - Non docteur, sniif, non par pitié, n y a-t-il pas d’autres solutions, ne… il pas me laisser, il ne le peut pas… Sniif. - Vous êtes enceinte d’une fille mademoiselle Yessi. Je sursautais en portant ma main sur ma bouche afin d’étouffer mes cris qui sont suivis de torrents de larmes. - Mon Dieu une fille, sniiif une petite fille, sniiif. En l’espace de quelque secondes, je m’imaginais tresser de belles couettes à ma petite fille, je nous imaginais en grande complicité, toujours habillées pareillement, la prenant dans mes bras, faire d’elle ma meilleure amie, ma complice réciproquement, je me voyais créé un lien très fort avec mon bébé. Mais la seconde d’après comme en voler, mes rêves s'en allèrent en me laissant face à la réalité, l’IMG. Dieu après tous ce que j’ai eu à subir, avant et durant cette grossesse, c’est pour me l’arracher ? Tu sais combien ma fille compte pour moi, combien elle a été ma force, pour elle j’ai appris à résister, à sécher mes larmes, à me battre. Ne me l’arrache pas je t’en prie, ne me l’arrache pas… - Docteur n’a-t-il pas une autre solution ? Je refuse de perdre mon enfant, je vous en prie, il doit y avoir une autre solution… Demandais-je en pleurant. - Oui il y en a bien une… Me répondit-il. J’eus une lueur d’espoir en entendant cela, mon Dieu ne m’abandonne pas je t’en prie, je sauverai mon enfant quoi qu’il arrive, je la sauverai. - Mais cela vous coûtera vingt-six mille euro… Répondit-elle à mon interrogation muette. Je vis à nouveau mon monde s’écrouler. NON ! M’écriais-je intérieurement. Où trouverais-je vingt-six mille euro ?! Même les aides sociales ne pourront pas m’aider, mais je refuse de perdre mon enfant ! Mais vers qui me tourner ? Vers qui ?! - Je… Je… Balbutiais-je. - Vous avez le droit d’accepter ou de refuser, mais si vous choisissez la deuxième option, c’est-à-dire le déclenchement, nous devrions y procéder dès lors, sans plus attendre. Votre bébé devra être placé sous couveuse et nous devions par la suite procéder à une surveillance continuelle de son état. - Je… Mais… Vingt-six mille euro dites-vous ? - Oui. - Oh seigneur ! - je vais vous laissez réfléchir mademoiselle Yessi, je serai de retour dans une heure pour savoir qu’elle sera votre décision. Dit-elle en sortant de la chambre. Vingt-six mille euro… Vingt-six mille… Où trouverais-je tout cet argent !? Où !? Mon Dieu comment en suis-je arrivée là ? Comment !? Qu’ai-je donc fait !? Ne sachant plus où donner la tête et sentant que j’étais contrainte à accepter l’IMG je décidais d’appeler maman, j’avais besoin d’entendre sa voix, de sentir qu’elle était là. DOUX JESUS ! J’avais besoin de ma mère comme cette enfant aurait besoin de moi, et me voilà, me voilà entrain de la perdre, l’abandonner. Au ciel qu’ai-je fais !? Qu’ai-je fait ! Pourquoi oh, Seigneur ? Oh, Dis moi donc ! Dis le moi je t’en prie ! Quel mal est donc commis pour devoir subir tout cela ! Ne suis-je donc pas ton enfant !? Je t’implore mon Dieu viens à mon secours ! - Allô ?? Allô ??? Chanci, Chanci hé ! S’écria maman à l’autre bout du fil. J’avais lancé l’appel sans m’en rendre compte tellement j’étais perdue dans mes triste pensées. - Maman… Dis-je en pleurant, maman, je dois l’enlever, les médecins veulent procéder à une IMG, l’enfant présente des problèmes… - OH ! SEIGNEUR ! Raconte-moi ma tout, que ce passe-t-il. Je débutais mon récit en pleur, je ne savais plus comment cesser mes larmes, je portais un dernier regard sur mon ventre, en le caressant tendrement, j’envoyais là toutes pensées positives à mon bébé. « Aide maman mon trésor, sniif aide maman et survit ». - Vingt-six mille euro ! Mon Dieu ma pauvre fille ! Ne désespère pas, on va trouver une solution, sa tombe bien je suis au village avec ta grand-mère. Attends, peut-être qu’elle peut t’aider, tu sais au temps de nos parents il n’y avait pas de couveuse, même s’il faut que tu retournes à l’âge de pierre pour sauver ton enfant on le fera. Attends je te la passe. Mam keki ! Mam keki ! S’écria-t-elle en appelant ma grand-mère. Prends mam, Yessi a besoin de toi. - Ayo ! Fit ma grand-mère. Mon Dieu ce que sa voix m’avait manquée ! Je me mis à pleurer de plus belle, quand j’entendis maman derrière s’écrier « ahh maboule arrête de pleurer expose ton problème ! Mam, Yessi en France là-bas c’est dur, le pays d’Ibambe (l’homme blanc) apporte beaucoup de soucis à Yessi. » - oh ! Dyambu yi! (qu’est-ce qui se passe ?) - Ah mam, ulabe, (voilà) depuis que ta petite fille… Elle se mit à lui faire un résumé en langue de tout ce qui m’arrivait, ma grand-mère ne cessait de s’écrier et je l’entendais taper des mains depuis ici. - ohhhh Yessi ohhh ! MAAMBU (les problèmes) HEEEE ! S’écria ma grand-mère. Wu ghe gharu na bitoli (tu aimes les embrouilles) ohhhh ! - non mam. Intervenait maman. Non tu n’as pas bien compris, c’est la faute à Ibambe, puis elle reprit à nouveau son récit afin de mieux expliquer à ma grand-mère. -maman ça va bientôt couper. Dis-je après le signalement du crédit bientôt épuisé. - Oui, attends je te rappelle, ça coutera moins cher. - Ok. Elle raccrocha et me rappela la minute d’après. - Ayo… - oui. Répondis-je. - Hum Yessi cé moi. - Oui mamai je sais. - ah mwane ami (mon enfant) ti problème ya y grave hein ! - mami je ne veux pas perdre mon enfant. Pleurais-je à nouveau. - Ahh botuvane ! (quitte là) Tu pleuré quoi !? On té dis que l’enfant ya va partir !? Qué ya quoi, à mon temps nous y avais pas lé technopologie ya hein… - Technologie mami. Reprenais-je. - ahh fou moi le c*n ! Yé té parle ! Tchuip tu fais fionfion avec la langue de Ibambe cé si même ibambe ya qui ta vioyé non, ulabe maintenant tu te retroulle seule, faut pas m’éyervé toi ya ! - ah mam aide là d’abord tu as une solution ? Demanda ma mère. - Yine (oui). Yessi, ti cé ké ti vé faire ? - non mam. - Faut tu vas garder l’enfant ya. Parce qé tu dois nous emmener le n’enfant blanc, ya couveuse là nous on y’avait pas ça, cé que tu vas faire c’est quoi, cé que tu vas garder ton enfant après avoir accouché ti comprends ? - Mais mami, il a besoin de… - Yé sais ! Ché quoi yé né pas fini. Donc yé disé, tu vas garder le n’enfant ya avec toi, tu vas prendre une chambre, nous en fermé partout partout pour que yé chambre soit chaude, il faut qe ce soit chaudddd fort, fort qé quand toi-même tu rentres ti transpire, ensuite tu dois rester dans ya chambre là avec l’enfant tu dois te mettre nu et porté le n’enfant sur ton cœur, après ti te couvre bien, lui et toi tu couvres bien jusqu’à ti transpire même. - Oui mam. - faut pas le n’enfant va te quitter une seule seconde, fo il doit sentir ton yeur battre fort fort, faut ti va poser sa tête là sur ton cœur. L’enfant doit toujours être en contact avec toi et ti verras qu’il sera même mieux que vos enfants qui sont dans les couveuses ya. - oui mami. - quand il sera un pé bien ya, tu pourras maintenant le détaché dé toi. Mais faudra touyour les mettre dans un berceau bien chaud, ti comprends ? Faut bien lé couvrir. - oui mami. - Pardyon on veut le bébé blanc donc fait bien lé chose. - oui oh mam. - Ya plus lo crédit yé vé t’appelé de temps à temps pour té demandé si cava et le n’enfant aussi. Mais les enfants dit ci là né veut pas me montrer comment on manipule le téléphone, taty, taty vient il faut ti me montré parce que je vais appeler ma fille yen fronche (France) ! - Oh la grande c’est toi ? Demanda mon cousin du village. - Oui taty c’est moi, ça va ? - Oui la grande ça va, toi tu as trouvé le boy blanc là-bas hein, ah ça trouve moi aussi une blanche. - pardon taty ne me fais pas rire. Répondis-je. - Taty y fo ti mé montre d’abord oh ! S’écria mami. - mais la vieille toi tu as toujours les unités mais tu ne call personne avec. Ajouta taty - ti né comprend pas qué j’appelle lé Fronche avec. - ohhhla vieille today seulement, tu parles comme si c’était tous les jours. Je ne pus m’empêcher de rire en les entendant parler ainsi. Mon Dieu qu'est-ce que je donnerai pour rentrer chez moi. J’ai perdu une année d’étude, je reprends la première année, je n’arrivais pas à me concentrer avec tous ce qui m’arrivait. Mieux je rentre continuer chez moi. - Raccroche déya mes unités oh ! S’écria mam keki. - bon la grande à bientôt ohh. Ajouta taty. - Faut pas oublyé de gradé le nenfant sur toi. Repris mam. - oui, ne t’en fais pas. Au revoir ohh. - attends Chancie, Chancia ! S’écria maman. - Oui maman ? - Chancia ton père vient de m’appeler il est dans tous ces états ! - comment ça !? - Apparemment la nouvelle du père de ta copine a été publier dans tout Libreville jusqu’à ces arrivées à lui. - Rahanne… Laissais-je tombé. - Chancia. Ajouta maman - Oui répondis-je. - Ton père a dit qu’il ne veut plus rien savoir de toi et que si cela n’avait tenu qu’à lui il t’aurait reniée, il ne veut plus que tu essayes de l’appeler. - QUOI ! M’écriais-je. Maman que me dis-tu là ?! - il vient de m’appeler pour me le dire. - Pas ça maman, non… Ajoutais-je avant de porter un regard mon téléphone qui signale que je recevais un autre appel. « Dady Love » C’est ainsi que j’ai toujours enregistré le numéro de mon père, à cet instant mon cœur se serra mon Dieu, que va-t-il encore m’arriver ? - Chancia… Ajouta maman. Je sais qui est derrière tout cela…
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