Chapter 1
Compilation Erotique
Pauline Costa
Baisée dans l'Ascenseur
Jennifer est une femme magnifique : des cheveux dorés, souples et brillants qui encadrent à la perfection son visage aux traits fins et langoureux. Une bouche rouge et sensuelle, deux grands yeux verts. Les hommes se retournent sur elle dans la rue, elle est grande, a de belles formes et une démarche chaloupée qui la rend très sexy.
Jennifer est une belle femme mais elle n’y attache pas d’importance et c’est ce qui fait son charme. Elle ne regarde pas les hommes de haut, bien au contraire, elle garde une certaine réserve face à eux, et cela les rend fous. Jennifer n’a pas eu beaucoup d’aventures, trop occupée à construire sa vie comme ses parents l’attendaient.
Un lycée privé, une prépa, une excellente école de communication, pour ensuite obtenir un job de rêve dans une agence de publicité. Jennifer a passé tellement de temps à être parfaite qu’elle n’a pas pris le temps de s’amuser, de vivre des aventures.
A 28 ans elle a tout ce qu’elle pourrait désirer : un travail intéressant et bien payé, des amis sur qui compter, un appartement joliment décoré et bien situé, et un petit ami bien sous tous rapports.
Marc est avocat, il porte des chemises bien repassées, lui tient la porte au restaurant, et lui offre régulièrement des fleurs. Jennifer a tout pour être heureuse, elle le sait, mais depuis quelques temps elle sent qu’il lui manque quelque chose. Elle ne sait pas quoi, mais chaque soir quand elle prend le RER pour rentrer chez elle, elle sent une mélancolie l’envahir. La perspective de rentrer dans son bel appartement ne la rend plus aussi heureuse qu’avant, même si Marc a prévu de passer la soirée avec elle. Elle sait que la prochaine étape est d’épouser Marc.
Ses parents seraient ravis, Marc est un bon parti. Mais Jennifer a conscience qu’il manque quelque chose dans cette relation. Dans les films romantiques qu’elle affectionne tant il y a cette passion entre les amants qu’elle n’a encore jamais ressentie.
Jusqu’à ce fameux mardi, le soir qui va changer sa vie.
C’est la fin de la journée, Jennifer est dans le hall de son immeuble, elle attend l’ascenseur en tapant un message sur son téléphone. L’ascenseur arrive enfin, en même temps qu’un homme, deux gros cartons entre les bras. Elle lui tient la porte, il pose les deux cartons au sol, Jennifer se glisse à sa suite.
Son nouveau voisin se tourne vers elle, la remercie. Jennifer est muette, qu’il est beau !
Des cheveux bruns, un peu fous, une peau tannée par le soleil, un grand sourire, mais surtout de grands yeux bleus électriques. Jennifer le fixe pendant quelques secondes, avant de replonger dans son téléphone pour masquer sa gêne. Mais elle ne peut s’empêcher de lui jeter des coups d’œil. Il porte un vieux t-shirt blanc, et elle discerne sans peine ses muscles, remarque sa peau bronzée. Elle fixe sa nuque, et se surprend elle-même à penser que cette nuque est la plus érotique qu’elle ait jamais vue.
La curiosité est trop forte, elle a envie d’entendre sa voix, de revoir ses yeux. « Vous emménagez ? » La question sort de sa bouche sans même que son cerveau ne soit au courant, elle est en pilotage automatique. Le bel étalon se retourne vers elle, « oui ».
Sa voix est rauque, chaude, sensuelle. Il la regarde droit dans les yeux, puis ses yeux la détaillent de haut en bas, un demi sourire aux lèvres. Jennifer rougie, elle a toujours trouvé cette façon d’agir malpolie et machiste, mais là dans cet ascenseur il semble que tous ses principes s’envolent. Elle s’imagine toucher son bras musclé et bronzé, et elle se demande si sa peau est aussi douce qu’elle en a l’air. Elle voit sa bouche remuer.
Oh mince, il est en train de lui parler. De plus en plus rouge, elle bafouille « p..pardon ? ». Il la regarde d’un air goguenard, elle est sûre qu’il se moque d’elle.
Elle n’est pas consciente de l’effet qu’elle provoque sur les hommes, et le rouge qui lui monte aux joues ajoute une touche érotique à son visage poupin.
- « J’ai dit, comment tu t’appelles ? »
- « Oh, euh, Jennifer. Et vous ? enfin, toi ? »
Il a apparemment des manières bien différentes de celles qu’on lui a inculquées à Notre-Dame-de-France. Il lui tend la main, « moi c’est Liam ». Elle hésite un instant, puis elle lui tend sa main. Lorsque leurs mains s’empoignent, elle sent sa peau chaude, un peu rugueuse.
Elle les regarde, sa main à elle parait toute petite, blanche comme de la porcelaine. Cette poignée de main dure quelques secondes de trop. Elle retire la sienne, lève les yeux vers son visage, il n’a pas cessé de la regarder. Mais déjà l’ascenseur s’arrête, c’est son étage. Elle sort, encore troublée. « A bientôt Jennifer... » Elle lui sourit, les portes se ferment. Elle redescend doucement sur terre. Les 5 minutes dans cet ascenseur lui ont parues être des heures, elle a chaud, et se sent troublée. Par cet homme ? C’est vrai qu’il est beau, mais ce n’est pas la première fois qu’elle rencontre un bel homme quand même.
Non c’est autre chose, la façon qu’il a eu de la regarder, de la jauger. Jennifer pénètre dans son appartement. Elle pose son sac, retire ses chaussures et sa veste, se dirige vers sa chambre. Elle a besoin d’une bonne douche avant l’arrivée de Marc, elle doit se remettre les idées en place. Elle se déshabille, et pendant quelques instants elle imagine d’autres mains que les siennes en train de dégrafer son corsage.
Des mains brunes, puissantes, chaudes. Gênée par ses propres pensées elle rit, mais même sous le jet brulant de la douche, elle n’arrive pas à oublier l’image de ces mains en train de la caresser. Jennifer se rend compte qu’elle est excitée, elle sent une chaleur montée de son sexe, et bien que ce soit contre ses principes, elle ressent l’envie de se caresser. Les yeux fermés, elle commence à doucement passer ses mains sur ses seins, passant ses tétons entre ses doigts.
Sa main droite descend plus bas, lorsqu’une voix interrompt ses pensées. Oh mon dieu, Marc est là. Rouge comme une pivoine, elle arrête l’eau, saisie sa serviette. Tout au long de la soirée elle ne peut pas empêcher ses pensées de revenir vers ce moment dans l’ascenseur, sans comprendre pourquoi.
Le lendemain matin au moment de s’habiller, elle choisit une de ses robes les plus affriolante au lieu d’une de ses tenues sages habituelle. Elle sait pourquoi elle met cette robe, même si elle ne l’avouerait : elle espère croiser de nouveau Liam dans l’ascenseur... L’ascenseur est vide, et toute la journée l’excitation de peut-être le recroiser le soir lui met le rouge aux joues, et des pensées plus qu’osées lui tournent dans la tête. Elle imagine des choses qu’elle n’oserait jamais faire, des phrases qu’elle n’oserait jamais prononcer. En entrant dans son immeuble, l’ascenseur est déjà au rez-de-chaussée, le hall est vide.
Elle sent la déception l’envahir, elle pleurerait presque. Elle rentre dans l’ascenseur, appuie sur le huitième étage, et au moment où les portes se ferment, une main se glisse dans l’ouverture, retenant les portes. Elle lève un regard rempli d’espoir, et c’est avec délice qu’elle croise les yeux bleus de Liam. Un grand sourire aux lèvres, elle lui demande son étage avant d’appuyer sur le 10ème. Ils sont l’un en face de l’autre, ils se regardent. Il la détaille de son regard perçant, elle sent ses yeux sur son décolleté.
Elle rougit. Au fond, elle aimerait qu’il la touche, mais elle n’osera jamais, elle ne le connait pas, elle ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Liam la détaille, remarque la courbe appétissante de ses hanches, la rondeur de ses seins qui pointent sous son corsage. Il voit son trouble, il le sent, et cela l’excite encore plus.
Mais il voit aussi que Jennifer est une jeune femme bien, et sage, s’il tentait quelque chose maintenant elle s’offusquerait, peut-être même lui mettrait-elle une claque... Un frisson d’excitation le parcourt. Et l’ascenseur s’arrête. Lorsqu’elle sort il lui saisit la main, elle le regarde, surprise, « Bonne nuit Jennifer » murmure-t-il.
Il la lâche, les portes se referment. Cela a duré quelques secondes à peine. Jennifer reste sur le pallier, elle regarde sa main, la porte à ses lèvres. Ce soir-là alors que Marc lui fait l’amour, c’est Liam qu’elle imagine au-dessus d’elle. L’image de son voisin amène un peu de passion à ce rapport sans étincelles. Jennifer l’imagine en train de l’embrasser, ses mains en train de la caresser, elle sent un plaisir intense monter dans ses reins, elle ouvre les yeux de surprise lorsque l’o*****e la submerge, et elle est presque surprise de voir Marc entre ses cuisses.
Pendant quelques jours ils ne se croisent pas. Toutes ses pensées sont tournées vers lui, elle a du mal à se concentrer, et ne pense qu’à une chose, le revoir. Marc lui reproche d’être ailleurs, elle accuse le travail. Que ressentirait-il s’il savait qu’elle fantasmait sur son beau voisin ? Que chaque matin elle s’habillait de façon sexy dans l’espoir de le revoir ?
Samedi elle est allée dans un magasin de lingerie, et émoustillée par l’idée qu’il puisse la voir dans ses plus simples apparats, elle a acheté des ensembles très osés, des bas, des portes jarretelles blancs, noirs avec sous-vêtements assortis, mais surtout, un ensemble rouge digne du Moulin Rouge. Pour la première fois de sa vie elle s’est sentie sexy devant le miroir, elle eut envie d’attirer l’homme, de le rendre fou de son corps. Elle était troublée par ces pensées que cet inconnu créait en elle, à son insu. Elle avait envie de lui, de l’embrasser, de sentir ses lèvres sur sa peau. Mais elle savait qu’elle n’oserait jamais, ce n’était pas son genre.
Une nouvelle semaine commençait, Jennifer essayait de se raisonner, de se forcer à penser à autre chose. Mais ce soir-là, Liam était enfin dans le hall de l’immeuble. En une seconde Jennifer se sentie excitée, troublée et tremblante. Il se retourna vers elle, un sourire aux lèvres. « Bonsoir Jennifer. » Son prénom lui paraissait complètement différent lorsqu’il le prononçait.
Il lui demanda ce qu’elle faisait dans la vie. Lui travaillait dans une galerie d’art. Dans l’ascenseur elle s’adossa au mur, juste à côté de lui. Leurs mains se touchaient presque, posées sur la rambarde. Il lui parlait de son métier, de sa galerie. Tout son esprit était concentré sur la sensation de sa main près de la sienne, et prise d’audace, elle bougea sa main de façon à toucher la sienne. Jennifer gardait ses yeux rivés aux siens, et elle ne cilla pas lorsqu’il se mis à la caresser avec son petit doigt. Elle sentait une envie physique de l’embrasser monter en elle. Jamais auparavant elle n’avait voulu un homme comme elle le voulait lui.
Leurs corps étaient comme électrisés, attirés l’un vers l’autre comme des aimants. Elle fut presque soulagée quand l’ascenseur s’arrêta, elle n’était pas sûre de se contrôler, cette passion qu’elle sentait en elle lui faisait peur. Que lui arrivait-il ?
Rentrée chez elle, elle ne pouvait se calmer. Tout son corps était comme en chaleur, elle s’imaginait monter chez lui, sonner, et… elle ne savait même pas comment imaginer la suite, elle n’avait jamais connu une telle attirance, une telle excitation.
Occupée par son fantasme, Jennifer ne s’était pas sentie nostalgique depuis des semaines, toutes ses pensées tournaient autour de Liam. Ses mains chaudes, ses lèvres, sa barbe de 3 jours, ses yeux bleus, … Et son corps. Rien que d’y penser elle sentait une vague de chaleur l’envahir, elle pressa ses cuisses l’une contre l’autre. Elle était trempée. « Allez, ça suffit, il faut te reprendre ma vieille » se dit-elle à voix haute. Elle allait voir des amis, se changer les idées. Mais tout au long de sa soirée dehors, elle ne pouvait ignorer l’impatience d’être au lendemain qui l’étreignait. L’impatience de le revoir.