14En dépit de ce que son existence se déroulait souvent en marge de la légalité, Ronnie Tugdal n’avait jamais eu affaire à la police. Très poliment, il avait convié à s’asseoir les deux hommes qui s’étaient présentés à lui comme des lieutenants de gendarmerie enquêtant sur la mort d’Annie Morel. Il songeait que, comme dans les romans, il avait en face de lui le gentil et le méchant. Le doux, le petit replet dont le rôle serait de le mettre en confiance avant que le grand maigre, le dur, ne vienne lui poser la question vacharde pour le déstabiliser. Il chassa cette idée de son esprit. Il n’avait aucune raison de se mettre dans la peau d’un suspect. Ces deux gendarmes ne lui rendaient visite qu’à titre de témoin, de même qu’ils interrogeraient les différentes connaissances d’Annie. Il se dem

