15La soirée était douce et incitait à la flânerie. Marie Sterne s’était rendue à pied depuis son domicile jusqu’à la place Hoche où étaient dressés les stands des Nocturnes littéraires, autour de deux très longs tréteaux couverts d’ouvrages aussi divers que les maisons d’édition qui leur donnaient vie. David Bonsergent était déjà arrivé. S’il compulsait un livre, ce n’était que pour se donner une contenance car, dès qu’il aperçut Marie, il le lâcha pour venir à sa rencontre. Son regard enveloppa la jeune femme. — Heu… on se fait la bise ? Nous ne sommes pas à Saint-Yves. — Mais oui, dit Marie, tendant le visage tout en se demandant en quoi le fait d’être à la maison de retraite constituerait un obstacle à cette manifestation d’amitié. — Par quoi commençons-nous ? — Je vous suis, David.

