CHAPITRE 1 : Au milieu de nulle part
Me voilà partie sur les routes pour rejoindre ma nouvelle vie, dans une petite ville paumée au beau milieu de nulle part. De plus en plein milieu d'une tempête de neige. Ne me demandez pas pourquoi, j'ai décidé de tout abandonner pour vivre en Russie. Étant française et plus précisément du nord de la France, j'ai vendu mon petit appartement et fais mes valises il y a 1 semaine pour m'expatrier au pays des Matriochka. J'avais besoin d'air, de changer radicalement d'horizon.
Cela fait maintenant plus de 3 heures que je roule avec ma voiture de location au beau milieu de la tempête et la visibilité est de plus en plus mauvaise.
Maintenant, c'est certain, je me suis paumé !
J'essaie d'attraper mon portable dans mon sac pour regarder le GPS, mais cette saloperie est coincée entre mon portefeuille et mon paquet de chewing-gum à la menthe. Je perds le contrôle de ma voiture et percute un mur de pierres. Ma tête heurte violemment la vitre et je perds connaissance.
***
Ma tête me fait terriblement souffrir, j'ai du mal à ouvrir les yeux, je me réveille enfin. J'aperçois une silhouette floue pencher au-dessus de moi. Et j'attends des personnes discutées entre elles.
Albert : Mademoiselle, vous allez bien ?
Albert : Monsieur, venez vite, elle se réveille enfin.
Je regarde rapidement autour de moi et je vois deux hommes, un d'un certain âge, je dirais 70 ans et l'autre bien plus jeune, dans la trentaine. Je suis allongée sur un canapé recouvert de couvertures chaudes, une cheminée illuminant et réchauffant la pièce sombre.
Lena : Où suis-je ? Que... que c'est-il passé ?
Je me tiens la tête à deux mains, puis frotte mon visage quand vient enfin une réponse, émit par une voix à la fois grave et suave.
Gaspard : Vous avez eu un accident de voiture, je vous ai trouvé inconsciente et en hypothermie. Je vous ai ramené dans mon manoir pour vous soigner, je suis médecin.
Je regarde rapidement le soi-disant médecin, qui je dois avouer, est un très bel homme. Il est assez grand, a une belle carrure, les cheveux châtain clair, une mâchoire carrée et des yeux bleus sombre à tomber par terre.
Albert : Monsieur Gaspard vous a veillé toute la nuit, nous avons eu très peur pour vous, mais grasse à Dieu vous allez mieux.
Lena : D'accord, merci beaucoup. Je ne sais pas quoi dire, c'est très altruiste de votre part.
Albert : Oh, mais c'est tout à fait normal mademoiselle.
Albert : Mon Dieu, mon Dieu, je manque à toutes politesses. Je me présente, je m'appelle Albert, je suis l'homme à tous faire de cette maison.
Cet homme a l'air vraiment très gentil et il n'a pas arrêté de me sourire depuis mon réveille.
Lena : Enchanté Albert, je m'appelle Léna.
Je me redresse et j'aperçois le fameux docteur les bras croisés, se tenant près de la porte. Il me fixe, le regard intense et les lèvres entrouvertes.
On dirait qu'il veut me manger où c'est moi ?
Lena : Et vous… Docteur ?
Son visage se ferme, ses sourcils se fronsent et il prend un air pas du tout accueillant.
Gaspard : Je suis le docteur Gaspard, il n'y a rien de plus à ajouter. Je suis très heureux que vous alliez mieux, mais il va maintenant falloir songer à partir. Je vous laisse 3 jours, le temps de vous remettre et je ne veux plus vous voir ici.
Il me regarde à peine et sort du salon.
Eh bien... Au moins c'est clair, je ne suis pas du tout la bienvenue apparemment.
Je regarde Albert avec gêne.
Lena : J'ai fait quelque chose de mal ?
Il soupire puis me rassure.
Albert : Oh non mademoiselle, ne vous inquiétez pas. Monsieur Gaspard n'a pas l'habitude de recevoir des invités, mais c'est un homme très gentil, quand il veut bien le montrer.
Oui... Eh bien on ne dirait pas pourtant !
J'ai plutôt eu l'impression qu'il voulait me tuer.
Albert : Si vous voulez bien me suivre mademoiselle Lena, je vais vous conduire à votre chambre. Vous n'allez pas rester campé sur le canapé, cela n'est pas du tout approprié dans votre état.
Je me lève doucement, puis une fois debout, je prends un petit moment pour retrouver mon équilibre. Le temps que ma tête arrête de tourner et que le sol cesse de me donner l'impression qu'il se dérobe sous mes pieds.
Lena : Merci Albert. J'apprécie vraiment tout ce que vous faites pour moi.
Je me demande vraiment ce qui ne tourne pas rond chez ce Gaspard ? Et cette façon de me regarder, comme s'il avait vu la chose la plus repoussante au monde. Je ne me sens pas du tout à l’aise en sa présence. Heureusement Albert est une crème avec moi.
Après avoir traversé le hall d'entrée, nous voilà arrivée devant une porte. Albert l'ouvert puis s'écarte légèrement pour me laisser y entrer.
Albert : Voilà votre chambre mademoiselle. Elle n'est pas très grande et la douche est hors service, mais le lit est très confortable.
Il enchaîne ses phrases tellement vite que je n'ai même pas le temps de répondre.
Albert : Je vous laisse en prendre possession et surtout reposez-vous. Je viendrai vous chercher pour le déjeuner.
Lena : Merci Albert, vous êtes adorable.
Albert : Mais c'est normal mademoiselle Léna. Oh mon Dieu, avec toute cette agitation, j'ai complètement oublié de mettre le rôti au four ! Veuillez m'excuser, mais je dois faire vite. À plus tard mademoiselle.
Lena : À plus tard.
Il est vraiment adorable cet homme, il sait mettre à l’aise ces invités. Le pauvre est parti paniquer.
Ihihih... J'espère que son rôti survivra ?
Je me plante au milieu de la chambre puis fait un tour sur moi-même.
Lena : Petite chambre hein ?
Je me demande alors quelles tailles font les autres ? Elles doivent êtres immenses. Je décide de m'allonger sur le lit. Mon crâne cogne toujours autant et je ressens une immense fatigue. À peine ai-je posé ma tête sur l'oreiller, que mes yeux se ferment tout seul. Et me voilà déjà parti au pays des rêves.