Un frère trop bavard

1338 Words
Maria Deux jours, c'est le temps qu'a duré mon hibernation. J'étais épuisé, et j'ai refusé de sortir. Hillary est passée me voir ce matin pour me proposer une sortie sportive, mais j'étais bien trop fatigué. Nous sommes tout de même restés parler plus de 3H avant qu'elle ne me laisse, et on s'est promis de se faire un restaurant. Après avoir dormi tout l'après-midi, je suis installé sur mon canapé, devant une série Netflix avec un bol de nouille instantanée goût crevettes parce que j'ai eu la flemme de cuisiner. J'ai à peine pris une gorgée de mon coca que la sonnerie retentit. C'est avec une paresse extrême que je me lève pour ouvrir, tout en gardant mon bol de nouilles en main. - Ciao bella mia. ( Hello ma belle). - Giovani ? Je pensais que tu étais pris ce soir. - C'est le cas, toi et moi, on sort danser, ce soir, c'est Rumba et Mambo. Il me regarde de la tête aux pieds, et ses yeux fixent mon plat hyper nutritif. Une grimace se forme sur son visage. - Mais qu'est-ce que tu manges là, tu n' es pas sérieuse ? - C'est bon et très rapide à préparer quand tu n'as pas envie de faire la cuisine. - Une assiette de salade, c'est aussi bon et rapide, non ? - Tu veux me faire manger à moi de la salade. - Tu n'as pas oublié dans quoi tu travailles, rassure-moi. - Je ne vais pas le faire toute ma vie, tu sais. - Ce n'est pas bon de te laisser seule trop longtemps, ta réflexion te fait perdre la tête. - Je suis sérieuse Giovani, j'ai bientôt 25 ans, et que je le veuille ou non je vais devoir penser à la suite de ma carrière, mon corps va changer. - Aucune femme dans le métier n'a ton potentiel, et tu as un corps parfait. Que t'arrive t-il Maria ? - J'ai eu un appel de maman il y a 3 jours, et je dois admettre que ça m'a un peu alarmé. Du coup, je me pose beaucoup de questions. - Pourquoi tu ne m'as rien dit avant ? - Je voulais faire un peu le point, évaluer mes options... - Et ça a donné quoi ? - Je ne sais pas, je pense rester dans le domaine de la mode en créant ma propre marque. J'y réfléchis encore. Je pense cibler une catégorie de femme comme moi... - Comme toi ? Des Cubaines ? - Mais non, je pense surtout à toutes ses femmes voluptueuses, ces femmes pulpeuses qui ont du mal à trouver des vêtements à cause de leurs formes. - Ce n'est pas une si mauvaise idée finalement. Et vu les croquis que j'ai déjà vus, tu feras un tabac... Dit, ce coup de téléphone... - Je n'ai pas beaucoup d'informations, mais maman semblait angoissée.Elle m'a juste dit que dans trois semaines nous devons tous nous réunir pour parler. - Effectivement, c'est assez vague. - ... - Raison de plus pour sortir cette nuit. Tu te douches, laves toi les cheveux, je m'occupe de ta coiffure. On prendra ta voiture puisque je dors ici ! - Que ferai-je sans toi ? - Tu t'ennuierais, et tes soirées seraient monotones. Nous partons dans un fou rire, puis je termine mon repas avant de me préparer pour une soirée, qui je le sens, sera explosive, et j'espère bien me défouler. Travis Déplacements, réunions, et rendez-vous. Voilà à quoi se résume ma vie depuis deux jours. J'ai bouclé tous mes dossiers importants et me suis avancé sur ceux à venir pour pouvoir prendre trois jours de repos, si on peut dire. Disons que je n'aurais pas à me déplacer de chez moi pour travailler. J'ai tellement été pris par le travail, que je n'ai pas eu l'occasion de retourner au club, et je dois avouer que je brûle d'envie de danser avec ma bombe latine, de sentir son corps vibrer dans mes bras au rythme de la musique. Je rêve aussi d'autre chose, mais je vais devoir trouver le moyen de me faire accepter dans sa vie. Je relis une dernière fois mes mails quand Elliot et William entrent dans mon bureau. - Bonjour chef ! - Bien le bonjour bourreau des cœurs ! - Vous, vous êtes passés le mot ? À peine entré que j'ai déjà envie que vous repartiez. - Il est de mauvaise humeur ton frère ? - Peu être à cause d'une.... - Ne continue pas ta phrase Elliot. - Vous me cachez quelque chose les gars ? - Et que veux-tu que ce soit William ? - C'est la question que je te pose, Travis. Un sourire narquois se dessine sur son visage, et là, je comprends que mon très cher frère n'a pas pu garder sa bouche fermée. - Tu n'as pas pu t'empêcher de parler à ce que je vois Elliot. Il place sa main sur son cœur et feint une douleur en plissant les yeux comme si des larmes en coulaient. - Tu me blesses Travis, comment peux-tu penser une chose pareille de moi. - William n'est pas doué pour dissimuler les choses. - Là, c'est moi qui suis blessé ! - Arrêtez vos singeries, vous m'épuisez. - Je ne comprenait tout simplement pas pourquoi tu voulais retourner dans ce club. Il m'a donné une réponse évasive, mais j'ai vite compris que ta partenaire de danse pouvait en être la cause. Je te comprends totalement, j'aurais eu entre mes mains une femme pareille, je retournerais danser tous les soirs. Il faut aussi avouer que Maria est magnifique... - Il t'a dit de qui il s'agit ! Il faut vraiment que je me rappelle de ne rien raconter à mon frère. Pourquoi il a fallu qu'il parle. - Heu... - Oui, il m'a aussi parlé du défilé. - Elliot, sérieusement ! Qui d'autre ? - ... - Elliot ? Il baisse la tête et se gratte la nuque. À ce stade, je sais qu'il a parlé plus qu'il n'aurait dû. - Pour sa défense, on l'avait fait boire. Comme il ne voulait rien nous dire, on a trouvé une façon de l'aider à se soulager. - Donc, qui d'autre est au courant ? - Julian. Je suis désolé Travis, ils m'ont piégé. - Il t'a fallu combien de verres pour déballer ma vie. - Deux bouteilles de scotch, enfin, je crois. - Au moins, tu n'as pas craqué au bout du troisième verre. Pour me venger, je vais devoir divulguer un ou deux passages que tu leur avais caché. Tu sais, avec Jennifer et sa copine, ou devrais-je dire..... - NON ! Tu ne peux pas faire ça ! - Et pourquoi pas, tu donnes bien des informations sur moi. - Mais j'avais bu. - Je ferais la même chose, comme ça, nous serons quitte. - NON, non, s'il te plaît. Je me ferais pardonner, je te le jure. - Alors là, je veux tout savoir, je vais envoyer un message à Julian. - Tu n'as pas besoin de lui envoyer de message parce que Travis ne dira rien ! - Je suis le seul à en décider. - Épargne-moi pour cette fois, je t'en prie. Je promets de ne plus boire une goutte d'alcool. Son visage se décompose tellement, il a peur que j'expose à nos amis cette anecdote. C'est le plus gros squelette qu'il ait dans son placard, et je suis le seul à le connaître. Lors d'une soirée, il avait dragué une blonde nommée Jennifer. Il avait tellement abusé de l'alcool qu'il s'était réveillé le lendemain menotté au lit. Le hic, c'est qu'il avait à sa droite la blonde, et à sa gauche... Une certaine Olga qui n'était pas vraiment une femme. Il n'a jamais pu se rappeler de ce qui s'était passé. - Je déciderai de tout ça sur le trajet . Pour le moment, on y va, je dois me préparer. C'est le temps que tu as pour me convaincre...
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