Chapitre 6

1672 Words
Chapitre 6 De noir je suis passée à une sorte de brouillard rougeâtre. Je ne distingue pas les visages mais je perçois des ombres et des dialogues, je reconnais des voix, celle de ma mère, qui me dit de m’accrocher, de tenir le coup, qu’on va y arriver. Les bruits sont étouffés comme par une sorte de brume dans laquelle je flotte agréablement. Ma mère me répète de ne pas m’inquiéter. Je ne suis pas inquiète. Pourquoi serai-je inquiète? Puis le brouillard se dissipe. Ou alors est-ce moi qui suis dans un déni ? Yacine me réveille de mon cauchemar en claquant la porte. Yacine : maman on a faim. **** LE LENDEMAIN Moi (assise devant elle) : j’ai juste besoin de fonds pour commencer un commerce que je veux développer. La dame (sur son téléphone) : désolée mais on ne peut pas vous prêter de l’argent sans garantie, juste comme ça ne fait pas partie du règlement. Moi (surprise) : mais n’est-ce pas vous êtes un groupement ? La dame (levant les yeux) : oui mais on a nos règles. Qu’est-ce qui nous prouve que vous nous rembourserez la somme comme convenu ? Moi (me relevant) : désolée j’avais cru que je pouvais venir vous solliciter comme vous parlez de développement pour les femmes qui en veulent. La dame (levant la main en l’air ) : hum Je quitte chez elle aussi vite que j’y suis entrée. J’avais cru pouvoir avoir un fond pour développer mon commerce mais bon on dirait bien que ce pas n’est aujourd’hui que ce rêve deviendra réalité. Je cherche de l’aide depuis le début, pas en mendiant mais en voulant juste un coup de main pour y arriver. C’est devant les obstacles qu’on reconnait sa famille, pas juste ses ami(e)s. Depuis là, j’ai vu le vrai visage de certains qui se disaient être amis, parents etc De retour chez moi, je trouve maman avec bébé Khadija à ses côtés entrain de dormir. Maman (impatiente ) : alors comment ça s’est passé ? Je hausse les épaules avant de venir m’asseoir auprès d’elle. Un nouvel échec Moi (caressant les cheveux de ma fille) : hum Elle : dis moi Moi : elle a refusé. Maman (écarquillant les yeux) : comme ça ? Pourquoi ? Moi (rire nerveux) : sous prétexte que je n’ai pas de garantie. Maman : what ? Depuis quand les groupements demandent de garantie ? Moi : c’est ce que je me suis demandée, je crois que c’est juste un prétexte pour me refuser le prêt. Elle se lève à la hâte en cherchant ses chaussures qui se trouvent juste derrière elle, mais dans sa précipitation, elle les a même pas remarquées. Maman (marmonnant) : je vais voir Adja Fatou, elle me dira depuis quand les choses se passent ainsi. Moi (déçue) : ce n’est pas la peine. Elle (hors d'elle) : si bien sûr que si. Moi : maman écoutes. Elle lève les yeux vers moi en secouant la tête. Maman : inutile d’essayer de me faire changer d’avis . Moi : je n’essaie pas, laisses les choses suivrent leur cours. Déjà des mois depuis que je suis partie de chez mon mari et depuis on se débrouille et ce n’est sûrement pas ce refus qui me fera baisser les bras. Maman : mais… Moi : s’il te plaît, ça va on est pas dans une situation de détresse, pas encore en tout cas. ***** Papa : alors tu as l’extrait de naissance des filles ? Moi : oui papa, j’ai des copies avec moi. Lui : il faut en faire des nouveaux pour leur inscription, l’école ouvre ses portes très bientôt. Moi : oui je sais, j’en discutais avec maman tout à l’heure. Je pense les inscrire à l’école publique qui se trouve tout près d’ici. Mon père : quoi ? Une école publique avec toutes ces grèves ? Moi : je sais papa mais pour le moment, je ne peux pas les inscrire au privé. *****Point de vue de Lysa ****** C’est avec le sourire aux lèvres que je regarde chaque personne qui se touve là en ce moment. Je souris mais ne ris pas. En fait c’est juste de la comédie toute cette scène qui est entrain de se dérouler sous mes yeux, juste une scène. Il n’en faut pas plus pour apercevoir ma belle famille qui passe la porte, la mère accompagnée de sa chère et tendre fille. Comme le mariage vient juste d’être célébré, on me recommande de rester assise sur le lit. Comme quoi mon mariage sera plus solide, mais qui leur dit même que c’est ce que je veux ? Belle-maman (venant à ma rencontre) : al hamdoulilah ma fille chérie, mon rêve s’est enfin réalisé. Moi (souriante) : Astou (toute fière) : ahh belle sœur Moi (émue) : mon amour Elle vient se coller à moi en m’entourant de ses bras, j’ai juste envie de décaler mais bon comme le veut la convenance de la bonne société, je répond à son étreinte avec un sourire bien à moi. Astou : enfin une belle sœur méritée et toute aussi belle. (Hum bien méritée ma chérie) Belle-maman : oh ton mari s’impatiente trop de te voir. (Ooh il n’a qu’à bien se poser parce que je suis bien en route.) Ma mère (bien fière) : en tout cas c’est un trésor que je vous donne prenez bien soin d’elle. Belle-maman : ne vous inquiétez pas là-dessus. Ma mère : j’espère . Cette femme est bien ma génitrice sous ses airs de femme respectueuse se cache une vraie tigresse qui ne recule devant aucun obstacle. Maman (à moi) : viens voir ma fille, (aux invités) excusez nous un instant. Je souris aux autres avant de descendre lentement du lit. Derrière elle, je marche avec une allure fière, le corps bien droit et la tête haute. J’aimerais bien voir celles qui disaient que jamais je ne trouverais de mari ? Ou bien mon père qui jurait que avec ma mère on finirait mal, en tout cas en ce moment nous venons de remporter une victoire comme à chaque fois. Dès que nous nous trouvons assez loin des regards indiscrets, ma mère jette des coups d’œil un peu partout pour voir si personne ne se trouve aux alentours avant d’ouvrir la bouche. Ma mère : alors ? Moi (levant les yeux) : hum Elle : tu as suivi toutes les instructions ? Moi : comme d'hab Elle : c’est bien (sortant un papier blanc recouvert de fil rouge dans son soutif) voilà la seconde étape. Demain à la première heure dans ton nouveau chez toi, tu devras pisser dans un gobelet et te verser l’urine sur le corps en piétinant ce bout de papier. Moi (prenant le papier) : comme si c’était fait. Elle : j’ai confiance en toi. Moi (le sourire en coin) : et tu ne le regretteras pas ma maman chérie. Elle (rire) : tu es bien ma fille. C’est avec le sourire aux lèvres qu’on rejoint les autres bien installés entrain de déguster les nourritures qui viennent d’être servies. Je n’en touche pas une bouchée, ni ma chère mère d’ailleurs. *****Rabya****** Gora : Je peux vous aider à sortir votre colis mais il me faudra votre photocopie d’identité ainsi que votre signature attestant. . Moi : est-ce sûr monsieur ? Lui : oui madame, vous devez juste me fournir les papiers nécessaires et d’ici une semaine vous aurais votre colis . Moi : on ne se connaît pas monsieur, c’est grâce à Nogaye si on se rencontre aujourd’hui mais laissez moi vous dire que votre affaire semble un peu louche. Lui : si vous n’avez pas confiance en moi madame, je crois que c’est le moment de se dire au revoir. Moi : ce n’est pas ce que je dis, mais c’est ma survie que je dois remettre entre vos mains. Lui : je fais cela depuis des années déjà et j’ai un nom renommé dans ce milieu. Et c’est parce que Nogaye m’a expliqué votre situation que je veux vous aider. Moi : ok mais j’aimerais avoir des garanties. Lui : comme vous voulez. ÉCLIPSE DU TEMPS Trois jours déjà que je devais recevoir mes marchandises, enfin si vous vous rappelez bien de Nogaye, c’est la dame qui m’avait aidé durant mon premier achat de marchandises au marché Sandika. On a gardé contact et depuis, elle m’a bien aidé et on a un peu progressé. Et grâce aux tontines dont elle gère le budget, j’ai pu collecter un peu de fond me permettant de commencer un petit commerce avec les tissus et les accessoires. Le monsieur est un de ses nombreux cousins qu’elle a eu à me présenter depuis qu’on se connaît. Alors avec l’aide d’une ancienne amie, j’ai fait des commandes qui étaient retenues par la douane depuis plusieurs jours. Au bout du fil : désolé votre correspondant est injoignable pour le moment, veuillez laisser un message après le bip sono… C’est quoi cette farce ? Depuis avant-hier le numéro du gars refuse de passer, je ne comprend plus rien là. Pour ne pas exploser, j’essaie de joindre Nogaye. Moi : allô Nogaye. Elle (au bout du fil) : oui Rabya comment vas-tu ? Moi : ça va mais tu as des nouvelles de Gora depuis ? Elle : Gora ? Moi : ton cousin là, le grand commerçant. Elle : ah lui ? Non, pourquoi ? Moi : bah il devait me remettre ma marchandise depuis trois jours déjà. Elle : marchandise de quoi ? Moi : il devait me faire sortir mon contenaire de « feug diayy »(friperie) Elle : quoi ?  Mais ce n’est pas son domaine. Moi : qu’es ce que tu racontes ? Elle : expliques moi, je ne comprend pas. Je lui raconte du début à la fin, ce qu’il s’est réellement passé et au final sa réponse me laisse toute étourdie. Elle : hum Gora, ma puce je ne veux pas t’inquiéter mais je vais faire mes recherches. Moi : j’espère qu’il n’est pas un arnaqueur. Elle : laisses moi voir. Oh mon dieu pas ça encore. Bonne lecture mes cocos bisou de moi
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