𝗕𝗼𝗻𝗷𝗼𝘂𝗿, 𝗠𝗯𝗼𝘁é à 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗷’𝗲𝘀𝗽è𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗮𝗹𝗹𝗲𝘇 𝗯𝗶𝗲𝗻. 𝗕𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗹𝗲𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲.
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- Je dois me ressaisir, murmura-t-elle pour elle-même, se frottant les mains nerveusement. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, espérant que quelqu’un viendrait lui dire que tout allait bien, que Lover serait prise en charge et qu’elle n’avait rien à craindre. Mais pour l’instant, tout ce qu’elle avait, c’était son inquiétude croissante et le poids des responsabilités qu’elle ressentait dans cette situation.
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Faith transpirait à grosses gouttes, son esprit encore hanté par la scène qu’elle avait vécue il y a des années, lorsque la mère d’une amie avait perdu la vie en accouchant. La peur l’envahissait pour Lover. Bien qu’elles se connaissaient à peine, Faith ressentait un profond besoin de s’inquiéter pour elle. Après tout, c’était elle qui avait emmené Lover à l’hôpital.
Deux heures s’étaient écoulées depuis que Lover avait été emmenée à l’intérieur. Faith, stressée à l’extrême, se sentait comme si c’était elle qui était sur le point d’accoucher. Elle se perdait dans ses pensées, une véritable conversation intérieure. Était-elle encore une fille ou déjà une femme? Les doutes la submergeaient, la poussant à remettre en question tout ce qui la définissait. Seule dans ce couloir, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si elle devenait folle.
“Pourquoi suis-je encore ici? Je pourrais partir, non?” pensait-elle, mais au fond d’elle, elle savait qu’elle ne partirait jamais, pas après tout ça.
Un peu plus tard, une infirmière s’approcha d’elle.
- Vous êtes bien la sœur de Mademoiselle Lover? Demanda t-elle incertaine
Faith, un peu confuse, hocha la tête.
- Euh… oui, c’est moi.
L’infirmière sourit.
- Vous pouvez aller les voir maintenant.
Faith plissa les yeux.
- Les? Comment ça ‘les’? Demanda faith en oubliant la raison de leurs venues à l’hôpital
L’infirmière lui rappela doucement la raison de sa présence : Lover venait d’accoucher d’une petite fille en bonne santé. Soulagement et confusion se disputaient dans l’esprit de Faith, mais elle suivit l’infirmière jusqu’à la chambre.
À l’intérieur, Lover reposait paisiblement, enveloppée dans une couverture. Faith, prise de panique, imagina immédiatement le pire.
"Non, ce n’est pas possible, elle ne peut pas être… morte!” pensa-t-elle.
Le médecin, qui venait d’entrer, la corrigea rapidement.
- Détrompez-vous, elle dort juste. La couverture sur son visage,C’était pour bloquer la lumière votre sœur n’arrivait pas à dormir avec cette lumière
Soulagée, Faith laissa échapper un rire nerveux avant de se tourner vers le berceau où dormait le bébé. Elle s’agenouilla à côté, touchée par la douceur et l’innocence de l’enfant.
Faith réalisa à cet instant que sa vie venait de changer. Elle ne savait pas encore comment, mais elle savait qu’elle resterait auprès de Lover et du bébé.
- Voilà des manières à ne pas adopter. Dit faith à la petite fille qui certainement ne l’écoutait pas
Faith se pencha doucement vers le berceau, le cœur battant, en proie à une grande émotion. Elle regardait la petite fille, si fragile, si minuscule, et l’envie de la prendre dans ses bras la submergea. Mais aussitôt, la peur s’insinua en elle. Et si elle la tenait mal? Si elle la blessait par maladresse? La petite avait l’air tellement frêle, comme un trésor qu’on pourrait briser d’un simple geste.
Faith se recula légèrement, hésitante, ses mains tremblant presque. Elle avait déjà vu des bébés, bien sûr, mais en porter un, si petit, lui semblait être une responsabilité immense. Elle ne voulait pas faire de mal à cette petite vie qui venait à peine de commencer.
“Peut-être plus tard,” se dit-elle en s’essuyant les mains moites sur ses vêtements.
Soudain, un bruit étrange interrompit le silence. Faith se retourna brusquement et vit Lover en train de s’étirer lentement sur le lit. Elle resta figée, observant la scène avec des yeux ronds. Le corps de Lover, encore faible, se mouvait sur le matelas d’une manière désordonnée, rappelant à Faith l’image d’un ver de terre sur lequel on aurait versé du sel.
Lover gémissait doucement, tentant de retrouver ses esprits, mais la vision étrange et quelque peu maladroite de son amie en train de s’étirer fit frémir Faith, qui ne put s’empêcher de sourire, légèrement soulagée de voir qu’elle allait mieux.
— Non mais ça ne va pas, toi ? J’ai failli faire une crise cardiaque avec ton bruit de groupe électrogène ! Réveille-toi, t’as pas honte ?
— De quoi tu parles ? Laisse-moi émerger de mon sommeil, s’il te
Faith observa Lover, un sourire en coin, mais ses yeux trahissaient son amusement.
— T’as une idée de comment tu t’étires ? demanda-t-elle en la fixant. On dirait une vieille machine rouillée. J’ai même cru être propulsée en pleine guerre mondiale avec tout ce boucan ! Sérieusement, ta fille n’a vraiment pas de chance avec toi comme mère. Tu sais au moins dans quoi tu t’es embarquée ?
Lover éclata de rire, visiblement "habituée" à l’humour acerbe de Faith.
— Pourquoi t’es toujours dans l’excès ? souffla-t-elle avant de reprendre. Hum, tu pourrais me rendre un petit service ?
Faith fronça les sourcils, toujours sur ses gardes.
— Vas-y, parle. Mais je te préviens, je ne vais tuer personne.
— Pour qui me prends-tu ? répondit Lover, faussement offusquée.
— C’est toi qui vois, insista Faith, un sourire narquois au coin des lèvres.
Lover soupira.
— Bon, laisse tomber, je vais me débrouiller.
— Non, parle ! Je n’ai pas toute la journée, tu sais ?
Lover leva les yeux au ciel, agacée par le ton brusque de Faith.
— Tchipp, tu pourrais être un peu moins agressive, parfois ?
Faith haussa les épaules, l’air indifférent.
— C’est ton problème, ça. Dis donc, ta fille passe son temps à dormir ? C’est normal ? Elle n’est pas morte, au moins ?
Elle s’approcha doucement du berceau et observa la petite qui suçait son pouce.
— Oh, elle est trop mignonne, sourit-elle, son ton devenant plus doux. Faith sortit rapidement son téléphone. Je vais prendre une photo, elle est tellement photogénique !
Lover, un peu agacée par l’attitude de Faith, reprit :
— C’est bon, j’ai compris. Sinon, pour le service, tu pourrais aller chez moi prendre un sac, s’il te plaît ?
Faith s’arrêta net, ses sourcils se froncèrent de nouveau.
— Attends, tu ne penses pas que tu prends un peu trop confiance là ? On se connaît à peine 24 heures, et tu me traites déjà comme ta meilleure amie. Où est ta famille ? Le père de ton enfant ? Tes amis ? Tu crois vraiment que j’ai que ça à faire ?
À cet instant, une infirmière entra dans la pièce et s’approcha du berceau pour prendre la petite dans ses bras. Le visage de Lover changea immédiatement, les larmes se formant dans ses yeux.
— Toi aussi, tu ne prends pas trop la confiance, répondit-elle, la voix tremblante. Tu crois que parce que tu m’as aidée, tu peux me parler comme ça ? Tu sais quoi ? Pars, DÉGAGE D’ICI !
L’infirmière, surprise par la montée de tension, intervint rapidement.
— Que se passe-t-il ici ?
Faith et Lover répondirent simultanément :
— Rien.
L’infirmière hocha la tête, apparemment peu convaincue, mais continua sur un ton professionnel.
— Bien. Nous avons besoin de quelques affaires pour le bébé.
Lover se redressa, déterminée à agir malgré sa faiblesse.
— Laissez-moi quelques minutes pour m’habiller et aller les chercher chez moi, dit-elle.
Mais l’infirmière secoua la tête.
— Ce n’est pas possible, mademoiselle. Vous n’êtes pas encore en état de sortir.
Lover, visiblement épuisée mais obstinée, tenta de se lever, vacilla, puis se rattrapa au lit. L’infirmière, rapide, la rattrapa et l’aida à se rassoir, tandis que Faith, légèrement exaspérée mais toujours présente, soupirait en silence
Faith, un peu agacée par la tournure des événements, croisa les bras et soupira bruyamment avant de lancer d’une voix pleine de sarcasme :
— Quoi, j’ai commis un crime pour que tu me fixes comme ça ?
Lover, la gorge serrée par les larmes qu’elle retenait depuis des heures, murmura à peine audible :
— Sœur, tu parles…
L’infirmière, toujours affairée avec la petite, se redressa et, d’un ton ferme mais non dénué de douceur, s’adressa à Lover :
— Et le père ? Quelqu’un d’autre pourrait aller chercher les affaires, mais pas vous dans votre état.
Lover baissa la tête, sa voix tremblant sous l’émotion. Chaque mot semblait plus difficile que le précédent.
— Vous… vous ne comprenez pas, je n’ai PERSONNE. Plus de famille… Il est parti, nous a abandonnées, mort pour un pays qui ne nous a jamais aidées.
Les larmes qu’elle retenait éclatèrent enfin, et elle laissa échapper un sanglot désespéré. Faith, profondément mal à l’aise devant tant de souffrance, s’approcha, luttant avec ses propres émotions. Elle posa doucement une main sur l’épaule de Lover, cherchant à la réconforter malgré son manque d’habileté pour ce genre de moment.
— Hé… ne pleure plus, ma chérie. Regarde, il t’a laissée avec une magnifique petite fille. Elle a besoin d’une maman forte, comme… comme un viaduc ! Oui, un viaduc du Congo. Et puis, tata Faith est là pour casser la figure à tous les types louches qui voudraient s’approcher d’elle. Mais attention, je ne change pas de couches, ok ?
Un éclat de rire sincère fendit les larmes de Lover, illuminant son visage d’une lueur fragile.
— T’es vraiment bête… souffla-t-elle entre deux sanglots.
Faith esquissa un sourire, soulagée d’avoir brisé la tension.
— Voilà, c’est mieux. Arrête de pleurer, sérieux, t’es vraiment moche avec toute cette morve et tes larmes. Glamour, zéro.
Lover rit à nouveau, cette fois avec un peu plus de force. Faith lui tendit un mouchoir avec une grimace exagérée.
— Bon, passe-moi tes clés, dit-elle en prenant le téléphone de Lover et y entrant son numéro. Envoie-moi ton adresse par message.
Lover laissa un léger soupir de soulagement échapper avant de lui envoyer l’adresse. Faith attrapa le sac posé à côté du lit, prête à partir.
— Eh, Faith ?
Elle se retourna, un peu surprise par le ton plus doux de Lover.
— Tu connais le prénom de la petite ?
Faith haussa un sourcil, intriguée.
— Non, mais tu vas me le dire, non ?
Un sourire timide éclaira le visage fatigué de Lover.
— Elle s’appelle Love… Love Faith-Inaya Kimi.
Faith resta un instant interdite, son regard oscillant entre la petite et sa mère. Elle tenta de cacher l’émotion qui montait en elle, mais ses lèvres trahirent un sourire amusé.
— Non mais sérieusement ? Tu vas donner du fil à retordre à ta fille avec ce nom ! Enfin, je plaisante. Mais pourquoi ce nom-là ?
Lover leva les yeux vers elle, son expression adoucie par la tendresse.
— Parce que t’es comme un super-héros pour nous.
Faith cligna des yeux, touchée plus qu’elle ne l’aurait admis. Elle s’approcha doucement, serrant Lover dans ses bras, un geste rare pour elle.
— Merci… merci pour cet hommage. Je peux mourir en paix maintenant, lança-t-elle dans un mélange de plaisanterie et de sincérité.
— Dis pas de bêtises, répliqua Lover. Tu trouveras le sac dans la chambre de la petite.
— Ok, répondit Faith en commençant à s’éloigner. Y a quelqu’un chez toi ? ajouta-t-elle soudain, suspicieuse.
— Rooo, non ! Allez, sors d’ici ! plaisanta Lover en secouant la tête.
Sur le chemin vers la maison de Lover, Faith, toujours un peu déstabilisée par l’émotion de leur échange, mit ses écouteurs et se perdit dans la musique. Mais une main sur son épaule la ramena brutalement à la réalité. Elle se retourna d’un coup, prête à répliquer violemment, avant de reconnaître Steven.
— Non mais tu m’as fait peur là, grogna-t-elle.
Steven, amusé, leva les mains en signe d’innocence.
— Je suis étonné que tu ne m’aies pas frappé direct. Désolé, tu vas où comme ça ?
— Chez une pote, répliqua Faith sèchement.
— Depuis quand t’as des potes chez qui tu vas ? Il est déjà 22h, t’es pas censée finir à 13h toi ? demanda Steven, visiblement irrité.
— Pour me marier avec elle, maintenant j’ai des potes, répondit-elle, le sarcasme coulant de sa voix.
— Parle-moi bien, Faith. Je ne plaisante pas, rétorqua Steven avec un regard perçant.
— Moi non plus, répondit-elle, gardant son ton imperturbable.
Steven serra les dents, visiblement à bout de patience.
— Arrête de me chercher. Réponds-moi.
— Et toi, pour qui tu te prends ? Un flic ? Sherlock Holmes ? Je n’ai pas de temps à perdre avec toi, conclut Faith en tournant les talons.
— Mon Dieu, tenez-moi, parce qu’un jour je vais la broyer, siffla Steven, frustré.
Faith, imperturbable, lui jeta un dernier regard par-dessus son épaule.
— Tu n’as pas le courage, murmura-t-elle en continuant de marcher.
Steven fulmina, mais ne dit rien de plus. Faith arriva finalement devant la maison de Lover, une petite maisonnette coquette qui respirait la simplicité. Elle observa un instant les meubles modestes mais bien agencés, la petite télévision et la moquette légèrement usée. Une grande photo de Lover avec un homme en uniforme militaire attira son regard. Elle soupira en silence.
— Pauvre Lover, elle ne peut pas l’oublier…
Elle traversa le couloir, ouvrit la porte de la chambre du bébé et resta figée un instant.
— Mon Dieu… cette chambre est un véritable petit paradis, murmura-t-elle, admirative devant tout ce qui semblait flambant neuf.
Elle attrapa le sac derrière la porte et sortit rapidement. En chemin, elle croisa une voisine, une femme âgée avec un balai à la main
elle fait quoi avec son balai à 22h?
— Bonsoir ma fille, Lover est de retour ? demanda-t-elle d’un ton curieux.
— Bonjour. Non, elle n’est pas là, répondit Faith, méfiante.
La voisine la scruta de haut en bas avant de demander avec suspicion :
— Qui êtes-vous pour elle ? Et que faites-vous avec ses clés ?
Faith roula des yeux, exaspérée.
— Vous n’allez pas me croire, mais je suis tombée sur un trousseau de clés dans la rue et je me suis dit, tiens, pourquoi ne pas cambrioler cette maison ?
La voisine la fixa, bouche bée. Faith, amusée par sa propre provocation, soupira.
— Non, plus sérieusement, je suis une amie de Lover. Je suis venue prendre des affaires parce qu’elle est à l’hôpital.
— Elle va bien ? Et le bébé ? demanda la voisine, soudain inquiète.
— Elles vont bien, ne vous en faites pas. Bon, je dois y aller. Au revoir, lança Faith en s’éloignant avant que la voisine ne l’assaille de nouvelles questions.
De retour à l’hôpital, Faith trouva Lover toujours allongée, la petite blottie à ses côtés.
— Déjà de retour ? demanda Lover avec surprise.
— Ouais, pourquoi ?
— T’as pas croisé ma voisine ? Crois-moi, elle sait bien bavarder, répondit Lover en riant faiblement.
Faith leva les yeux au ciel.
— J’avais envie de l’étrangler, répondit-elle avec une grimace.
Elle prit délicatement la main minuscule de la petite entre ses doigts, un sourire presque attendri se dessinant sur son visage.
— Bon, je vais rentrer. Mon père va me tuer si je tarde.
Lover sourit faiblement.
— Merci pour tout. Tu pourras venir nous chercher demain ?
— Je vais voir. Sinon, je te laisserai un message.
Lover hocha la tête avant de tendre les bras.
— Tu peux me passer la petite ?
Faith se raidit, un brin nerveuse.
— Euh, t’as des pieds, non ? En plus, c’est TA fille et elle dort.
— La grande Faith aurait peur de porter un bébé ? Tu me fais rire, répondit Lover en souriant malicieusement.
— Même pas vrai ! se défendit Faith, bien que son cœur battait à tout rompre à l’idée de manipuler ce petit être si fragile.
Prenant une grande inspiration, Faith souleva doucement la petite Love Faith-Inaya et la déposa délicatement dans les bras de sa mère. Elle poussa un soupir de soulagement à peine perceptible avant de reculer.
— Bon, bisous à vous deux, je dois vraiment filer
Je sors et rentre directement chez moi il était déjà 0h10 Dieu merci pour elle qui vivait dans un quartier populaire et vivant à ces heures.
Faith entra dans la maison, un air de fatigue sur le visage après une longue journée. Elle ne s’attendait pas à ce que son père, Baba comme elle aimait bien l’appeler soit encore debout. Lorsqu’elle ferma la porte derrière elle, sa voix résonna dans le silence de la pièce.
— Où étais-tu pour rentrer à cette heure-ci ? lança-t-il, d’un ton qui trahissait à la fois l’inquiétude et l’irritation.
Faith leva les yeux au ciel, un soupir à peine retenu sur ses lèvres. Elle répondit d’un ton légèrement ironique, sans cacher son agacement :
— Eh bien, salut la politesse… Bref.
Elle se lança dans une explication rapide de sa journée, détaillant son passage à l’hôpital pour voir Lover et la petite Faith-Inaya. Mais son père restait silencieux, la regardant avec un mélange d’incompréhension et de méfiance. Ce silence pesant ne faisait qu’aggraver son agacement. Sans un mot de plus, elle tourna les talons et se dirigea vers sa chambre, espérant échapper à l’ambiance tendue.
Une fois dans sa chambre, Faith déposa lourdement son sac, retira son pull avec un geste brusque, et se jeta sur son lit. Elle attrapa son téléphone pour se distraire, son doigt glissant sur l’écran jusqu’à tomber sur les photos de la petite Faith. À chaque image, son cœur se réchauffait un peu. La douceur du visage de la petite fille effaçait doucement le stress de la journée. Mais à peine quelques instants plus tard, la porte de sa chambre s’ouvrit doucement. Elle sentit la présence de son père derrière elle.
— J’ai quelque chose à te dire, annonça-t-il, d’une voix plus calme.
— Je t’écoute, répondit Faith, toujours allongée, son regard fixé sur son téléphone, refusant de se retourner.
Un silence plana dans la pièce, créant une tension palpable. Baba finit par briser ce moment hésitant.
— Demain, tu devras aller chez ta tante. Elle veut te parler.
Ces quelques mots suffirent à adoucir Faith. Sa tante… Son cœur se réchauffa instantanément. Sa tante n’était pas seulement une figure maternelle, elle était son refuge. Elle ne faisait jamais de différence entre ses propres enfants et elle. Chez elle, Faith se sentait aimée, comprise.
— Bien reçu, répondit-elle, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres.
La pensée de passer la journée chez sa tante changea totalement son humeur. Faith se redressa dans son lit et commença à préparer son sac pour le lendemain. La soirée s’écoula paisiblement après cela, sans incident notable.
Le lendemain matin, à 7h00 précises, Faith bondit hors de son lit, pleine d’énergie. Aujourd’hui allait être une bonne journée, elle le sentait. Elle prit une douche rapide, se brossa les dents, puis passa de longues minutes à coiffer ses cheveux, cherchant une coiffure à la fois simple et soignée. Après avoir appliqué un peu de vaseline sur ses lèvres, elle se tourna vers son miroir et choisit une tenue : un jean bleu parfaitement ajusté, un top rouge vibrant, une paire de Jordan rouges, noires et blanches, et enfin, une veste en jean. Pas de maquillage pour elle. Elle se préférait naturelle, toujours prête à affronter la journée avec assurance.
— Baba, je suis prête, lança-t-elle en sortant de sa chambre, prête à partir.
— Ok, à plus. Va prendre ton transport alors, lui répondit-il avec un sourire léger, sentant son excitation.
Faith, toujours soucieuse de son budget, opta pour le bus. Elle adorait cette petite escapade, qui lui permettait de réfléchir et de profiter du paysage en chemin. Une fois arrivée chez sa tante, elle n’eut même pas le temps de frapper à la porte que ses cousines lui sautèrent littéralement dessus.
— Faith ! Tu vas bien ? Ça fait des lustres qu’on ne t’a pas vue, on dirait que tu nous as fui ! s’exclamèrent-elles avec une exubérance joyeuse.
Faith éclata de rire, enroulant ses bras autour d’elles.
— Vous exagérez toujours, mais je vous ai manqué, c’est ça, avouez !
Elles se laissèrent toutes emporter par les rires, la complicité retrouvée instantanément, comme si elles ne s’étaient jamais quittées. Pendant qu’elles bavardaient joyeusement, une voix forte s’éleva depuis la cuisine.
Jojo, avec son sourire charmeur, pointa ses sœurs du doigt tout en fixant Faith avec une lueur espiègle dans les yeux.
— Je te porte dans mon estomac, Faith. Dieu sait que pour m’avoir, il faut séduire mon estomac. Elles, dit-il en désignant ses sœurs d’un geste nonchalant, ne sont qu’un passe-temps. Sans vous vexer, les filles. Toi et moi, c’est jusqu’au terminus. Si je te donne mon pied, Faith, c’est jusqu’au pont du Djoué toi et moi, jusqu’au terminus.
Faith échangea un regard perplexe avec ses cousines, le rire dansant au coin de ses lèvres, incertaine de la direction que prenait cette conversation.
Lola, sa cousine aînée, secoua la tête en souriant.
— Eh oui, il a cinq ans, dit-elle en haussant les épaules, l’air faussement résignée.
Jojo protesta immédiatement, croisant les bras d’un air faussement outré.
— Non, il ne faut pas dire ça devant elle ! C’est pas vrai, ma chérie ! J’ai… euh… 20 ans, pas cinq. Tu vois, je suis grand maintenant. J’ai déjà eu quatre ex, annonça-t-il fièrement avant de bomber le torse. Et regarde mon corps, continua-t-il en riant, un vrai dieu grec devant vous !
À ces mots, Faith et ses cousines éclatèrent de rire, incapables de se contenir face à cette performance théâtrale. Jojo se joignit à elles, satisfait d’avoir réussi à les faire rire encore une fois.