XXIIIUn jour j’entrai dans la bibliothèque (de ma vie je n’oublierai tous les détails de cette aventure) ; je pris un roman de Walter Scott : Les Vœux de saint Ronan, le seul ouvrage de cet auteur que je n’eusse pas encore lu. Je me rappelle que j’avais le cœur serré ; j’étais comme tourmentée d’un pressentiment. La pièce était éclairée par les rayons obliques du soleil couchant, dont les ondes lumineuses coulaient à travers les hautes fenêtres et s’étalaient sur le parquet luisant. Le silence était complet. Pas une âme ne se trouvait dans les pièces voisines : Peter Alexandrowitch était sorti, et Alexandra Michaïlowna, malade, gardait le lit. Je me mis à pleurer, ne pouvant plus résister à mon agitation intérieure. Ayant ouvert la seconde partie du livre, je la feuilletais distraitement,

