Dalida Carelle Diop
Déjà deux mois et je n'ai toujours pas décroché un boulot. Je fuis mon père comme la peste dans sa propre maison afin d'éviter ses questions. Je suis sorti des entreprises avec la fameuse phrase "on vous rappelle" mais l'appel n'arrive jamais. Le dernier entretien que j'ai effectué s'est soldé par un échec, car Mr le RH trouvait que j'avais un caractère puéril. Je le trouvais bien intransigeant moi avec sa cravate qui serrait son cou-là.
Avachis sur mon lit à cogiter sur ma vie professionnelle inexistante, une personne frappe à ma porte comme un fou. Facile de deviner qui c'est, le grand Madjid bien sûr, je me lève et vais lui ouvrir.
- Tant que tu n'auras pas cassé ma porte, tu ne vas pas arrêter. Que puis-je faire pour toi de si urgent mon tendre frère pour que tu veuilles ébrécher ma porte ? Demandé-je les bras croisés.
- Une porte ça se répare ma petite, ton grand frère préféré à une très bonne nouvelle pour toi ! Dit-il en se jetant sur mon lit .
- Haha ! Et qui t'a dit que tu es mon grand frère préféré ?
- Je le sais, pas besoin de t'entendre me le dire, mais attends, après ce que je suis venu t'annoncer, tu verras si j'ai tort de l'affirmer ou pas.
- Bon vas-y dis-moi tout s'il te plaît ! Répondis-je en m'affalant à ses côtés.
Je peux me permettre ce genre de proximité, car ça a toujours été comme cela entre nous deux. Étant petite, je passais des heures dans sa chambre. J'y créchais H 24, les bisous sur le front ne manquait jamais avec lui. Il me ramenait toujours un petit truc à grignoter après ses cours.
C'est mon frère, il est comme un second père pour moi. Avant toute cette histoire de divorce et son départ, il a toujours été au près de moi à m'épauler, me surprotéger, me dorloter, me défendre. Il lavait même mes vêtements quelques fois. Je ne sais pas pourquoi nous avons ce lien particulier, mais c'est ainsi et je ne souhaiterais changer cela pour rien au monde. Alors, oui, c'est mon grand frère préféré. C'est un amour et je sais qu'il fera un très bon père dans le futur.
- Je t'ai dégoté un entretien dans une importante entreprise de la place et j'...
Je ne le laisse même pas terminer que je saute dans ses bras en lui murmurant des merci.
- Mon amour de grand frère, tu me sauves la vie, c'est claire que tu es mon grand frère préféré, mais c'est un secret hein ! Comment tu t'es arrangé ? Voulu-je savoir.
- Fastoche ! Le DRH de cette entreprise est l'un de mes amis. Dans une conversation banale, il m'a dit qu'il cherchait un chargé de communication alors je t'ai proposé. Tu as donc un entretien demain dont je suis sûr se soldera par un succès... Enfin si tu fermes un peu ta bouche et que tu te concentres sur l'essentiel parce que c'est une entreprise sérieuse ils ne t'engageront pas juste parce que tu es là petite sœur de l'ami du DRH.
- Moi, je parle trop ? M'indigné-je.
Je sais que c'est vrai, mais l'avouer est une autre chose.
- Dali pas à moi s'il te plaît, je te connais comme ma poche.
- Bon ok, tu as gagné. Je saurai me tenir tranquille sinon je serai cuite avec la pression de papa.
- Je compte sur toi ! Allez ciao, je vais rejoindre ma déesse du saloum qui m'attend. Tu me tiendras informé demain.
Déesse du saloum pf !
Après un bisou sur mon front, il s'éclipsa de ma chambre.
***
Le lendemain, je me réveille très tôt. L'entretien débute à 9 heures, mais je serai là-bas à 7 heures.
Oui, c'est tôt, mais j'ai intérêt à ne pas me planter sur quoi que ce soit.
Après un bain, je me dirige vers mon placard. Il faut que je sois classe comme une femme d'affaires. J'opte pour un tailleur pantalon noir et blanc. Des escarpins noirs feront très bien l'affaire. Je me fais un chignon haut, porte un petit collier qui fera ressortir mon cou et mon caraco blanc. Je mets une montre très féminine me parfum et me voici prête sans oublier mon sac à main.
Je me place devant le miroir afin de m'admirer.
Mhhh, il manque un truc. Ah oui des lunettes de soleil. Arrivée au bureau je les enleverai, mais pour l'heure, j'ai besoin de ça pour compléter mon look.
L'image que le miroir me renvoie me convainc sur le choix de la tenue.
Parfait je me sens belle ! Des lunettes de soleil le matin non mais franchement Dali. Mais je m'en fou.
Je suis tellement sapée qu'on croirait que je suis là propriétaire de l'entreprise alors que mon compte en banque crie famine rire.
Je n'ai pas besoin de jeter un coup d'œil sur mon CV ou sur l'exemple de questionnaire que j'avais préparé, car après avoir foiré vingt-deux entretiens en l'espace de deux mois, je les maîtrise parfaitement.
Allez Dieu est avec moi ! Positive attitude !
***
Je suis arrivée à 7 heures 30, j'ai dépensé mon temps en papotant avec les agents de sécurité. Je ne me suis pas du tout ennuyée. Ils m'ont renseigné un peu sur le propriétaire des lieux et apparemment il fait parties des plus riches de ce pays. Pas étonnant avec cette immense bâtisse vitrée que j'ai devant moi avec une inscription en grand caractère
"SARR CORPORATION".
Il doit être pleins aux astres ce mec, peut-être même plus riche que mon père celui-là ! Je m'attends sûrement à un vieux ridé, les dents décorés de tartre et surtout un pervers. Il doit être hautain vu la façon dont les agents me l'on décris à croire qu'il ne chie pas. Dieu merci ce n'est pas avec lui que j'aurai cet entretien sinon moi la fille aux attitudes puériles face à un vielle homme taciturne, je n'imagine même pas le scénario.
Je regarde ma montre, il est à présent 8 heures 40. L'heure pour moi d'entrer dans ces lieux. Je me dirige vers l'accueil d'où je trouve une petite dame très souriante.
- Bonjour bienvenue à Sarr corporation ! Comment puis-je vous aider ? M'accueille-t-elle.
- Bonjour ! J'ai un entretien avec M. Kader Diop, j'aimerais être guidé à son bureau s'il vous plaît !
- Oh oui, il vous attend ! Prenez l'ascenseur, son bureau se trouve au neuvième étage tout au bout du couloir vous verrez la plaque sur la porte. Tenez votre badge, vous le déposerez ici à l'accueil avant de partir.
- Neuvième étage hein ! Combien d'étage compte cette entreprise ?
- 12, me répond-elle toujours avec son sourire. Le dernier étage est occupé par le président et ses associés.
- Ah, je vois ! Merci Madame... Euh...je jette un coup d'œil sur son badge pour connaître son nom. Madame N'doye, me repris-je, vous êtes très aimable ! Sur ce, je me dirige vers l'ascenseur.
Je retrouve rapidement le bureau. Je toque et un entré se fit entendre derrière la porte.
La classe, c'est un bureau vitré qui donne une vue sur l'extérieur. Je pose mes yeux sur celui que je suppose être l'ami de mon frère. Il se lève pour m'accueillir. C'est un charmant jeune homme très élégant dans son costume.
Après quelques mots de civilités, je prends place et l'entretien débuta.
J'en ressors avec une promesse d'être rappelé. J'ai suivi le conseil de Madjid en me concentrant sur l'essentiel car souvent ma bouche parle un peu de tout. Je sais que je lui ai fait bonne impression pour une fois, j'ai su me tenir de manière posée et professionnel. J'ai répondu à toutes ses questions avec une telle assurance. Je croise les doigts pour le reste, vu l'image de cette entreprise, je crois qu'il est fort probable que nous soyons des centaines à convoiter ce poste.
Dieu aide ta fille !
***
Il m'a fallu une semaine d'attente avant d'être rappelé. J'angoissais à l'idée de ne pas avoir été retenue, mais toutes ces craintes son désormais du passé finalement, j'ai un boulot. Je ne remercierai jamais assez mon frère, mon père était très content surtout quand j'ai mentionné le nom de l'entreprise.
Aujourd'hui, c'est mon premier jour de boulot, j'arrive à l'entreprise, salue les agents avec gaieté et je me dirige vers l'accueil ou je retrouve Madame N'doye toujours avec ce sourire qu'elle m'avait servie l'autre fois.
- Bonjour, vous avez été retenu à ce que je vois, mes félicitations !
- Merci ! On peut se tutoyer vous savez, j'ai l'impression d'être une grande dame-là ! Je m'appelle Dalida, mes proches m'appelle tout simplement Dali, Enchantée !
- J'ai vu votre prénom sur votre nouveau badge d'employé. Moi, c'est Awa N'Doye, je suis chargée de te montrer ton bureau. Elle échange quelques mots avec sa collègue et me demande de la suivre.
- Ça fait combien de temps que tu travailles ici ? Lui demandé-je dans l'optique de faire la conversation et pourquoi pas en apprendre un peu plus sur elle.
- À peine 2 mois. Celle que j'ai eue la chance de remplacer devait quitter le pays avec son mari d'après les ragots dont j'ai eu vent, répond-elle.
- Ah ! Les ragots existent partout à ce que je vois. J'espère juste ne pas me faire d'ennemis professionnels.
- Tu auras le temps de découvrir tout le monde. Moi, je papote juste avec ma collègue, c'est elle qui me met au parfum de tous les derniers ragots.
Nous arrivons au neuvième étage. Nous arpentons la même allée que celle du RH. Elle s'arrête devant la porte de ce que je devine être mon bureau qui se trouve juste à côté de celle du RH . Nous entrons et je découvre un espace tout blanc avec quelques tableaux rouge et un bureau au centre doté de tout ce qu'il faut.
- Voici ton bureau, tu peux le redécorer à ton goût si cette décoration ne te convient pas. Me dis Awa.
- J'aime bien les tons rouges, ce n'est pas totalement opposé à mes goûts. Je jette un regard un peu partout et murmure un, j'aime bien !
- Tant mieux alors, M. Diop souhaiterai te voir donc va le voir après t'être installée. Je te laisse bisous ! On se retrouve au réfectoire de l'entreprise si tu veux.
- Ok pas de soucis à plus ma chérie ! Je crois que je me suis déjà fait une amie au moins, je ne me sentirai pas perdue.
Je vais dans le bureau de M. Diop. Je le trouve en communication et il me demande par un signe de tête de m'installer.
Chose que je fais.
- Ah Mlle Dalida, Bienvenue parmi le personnel de SARr corporation. J'espère qu'on vous à montré votre bureau et tout ce qu'il faut ? Me demande-t-il après avoir raccroché.
- Oui merci ! La demoiselle de l'accueil a été très aimable et le bureau me convient parfaitement.
- Super ! Si vous avez besoin de quelques choses qui concernant votre intégration, vous savez où me trouver. Bref, je dois vous conduire chez le PDG afin de lui présenter la nouvelle chargée de notre communication. C'était lui au téléphone, il nous attend.
Je le suis jusqu'au douzième étage. Ici, on sent que c'est pour la haute hiérarchie. Il parle à celle que je suppose être la secrétaire de son excellence qui nous autorise à entrer.
Ce bureau sent la luxure. Les vitres qui offrent une vue panoramique sur la ville, la décoration moderne et high-tech, le petit salon à gauche. Wahou ! Je me rends compte que je me suis perdu dans ma contemplation quand je tourne et que je croise de grand orbes noir, ses yeux à lui, lui le djinn.
Je recule d'un pas totalement abasourdi, la main sur le cœur.
C'est une blague ? C'est lui le patron ? Il est réel ? C'est lui mon employeur ? Il va me virer ça, c'est sûr, l'autre fois, je me suis enfuie comme une détraquée. Mon Dieu, quelle honte !
Je continue de le fixer pétrifiée pendant je ne sais combien de minutes, les pensées virevoltant dans ma tête quand un raclement de gorge me sort de ma stupeur.
- Vous perdez toujours votre langue ainsi ? Me demande-t-il de sa voix rauque.
- Euh... Désolée ! J'ai... Mhh... Disons que j'ai froid ! Voilà c'est ça.
Quelle excuse pathétique !
Seigneur ! Ce mec me fait perdre toute mon assurance, me voici qui bafouille comme une débutante, bon même si je suis débutante.
- Kader laisse nous seuls s'il te plaît ! Ordonne-t-il à son DRH.
Hein !? Non-non, ne nous laisse pas seuls surtout pas.
Je regarde le susnommé kader comme pour le supplier de rester, mais il me lance un courage et sort.
- Comme on se retrouve, le monde est bien petit ! Ce ne serait pas le début d'un harcèlement ? Enfin, je veux dire, je vous croise dans une ruelle ou plutôt vous me tombez dessus et comme par magie aujourd'hui, vous êtes ma nouvelle employée.
Moi ? Le harceler ? Il se prend deh !
- Désolée pour la dernière fois. Mais détrompez vous monsieur je ne savais même pas que vous étiez un humain à plus forte raison vous harceler.
- Comment ça, je ne suis pas humain ?
- Euh, non-non, je ne parlais pas de vous.
- Ok vous aviez l'habitude de parler seule en plus de courir comme une furie, le combo parfait ! J'espère que vous ne prendrez pas la fuite face à mes associés.
- Non aucun risque ! Répliqué-je avec véhémence. Je sais faire preuve de professionnalisme.
- Soit ! On verra bien si vous saurez faire vos preuves car chez nous la rigueur est de mise. Voyez-vous, je ne badine pas avec mon travail donc je souhaite que mes employés soient sur la même longueur d'onde où c'est simplement la porte, somme-t-il en se levant.
- Je saurai répondre à vos attentes monsieur.
Maintenant, qu'il est debout, je prends le temps de le regarder, il est beau, c'est indéniable ! Il pue la virilité à des kilomètres. Son corps massif, ses larges épaules et son teint noir le rendent diaboliquement beau.
J'ai envie de lui faire un bisous.
- Je l'espère mademoiselle Diop ! Et soyez un peu plus discrete la prochaine fois que vous me materiez. Sur ce, je vous laisse vaquer à vos occupations. Bonne journée et Bienvenue !
Ne rajoute rien Dali !
- Merci, Mr dis-je en sortant du bureau de cet Américain.
***
El'hadj Nabil Sarr
Dans les locaux de Sarr corporation
Qui aurait pu y croire. Cette femme qui perturbe mon sommeil depuis maintenant deux mois s'avère être ma nouvelle chargée de communication, le monde est vraiment petit. Cette fille est devenue une sorte d'obsession au point où je ne fais que penser à son beau visage. Tout son corps est un appel à la tentation. A-t-elle vu cette jupe qu'elle à mise ? Si c'était ma femme, elle n'aurait même pas mis pied au salon avec ça.
Mon meilleur ami, qui entre dans mon bureau bien sûr sans frapper, me sort de mes réflexions.
- Tu connais Mlle Diop ?
- C'est elle, la fille de la ruelle, annoncé-je dans un murmure.
- C'est une sacrée chance mon frère. Le hasard fait bien les choses à toi d'en tirer profit.
- Elle m'obsède certes, mais je ne ferai rien ça me passera Cupidon ne risque pas de me flécher maintenant !
- C'est que tu appelles obsession bro peut-être le début d'un amour et je t'assure qu'avec tout ses requins ici, tu risques de te faire devancer, tu as vu la bombe qu'elle est ?
- Je ne suis pas aveugle, répondis-je froidement. Je n'aime pas ce que j'entends. Je ne sors pas avec mes employés Kader, tu devrais le savoir, repris-je
- L'amour ne se contrôle pas bro. De plus, on peut trouver l'amour partout que ce soit au marché, à la boutique, à la plage... Peu importe l'essentiel, c'est d'aimer !
- Ma belle Thiaba t'a changé mon gar de là à me sortir des discours sur l'amour, je n'y crois pas !
- Ce sont les revers du mariage, ma Thiaba m'a fait découvrir l'amour. Mais, parlons sérieusement, tu as 32 ans, les femmes te courent après comme des mouches sur un nid de miel. Tu ne penses pas qu'il est temps pour toi de te caser ? Cette fille-là, peut-être que c'est elle ta perle rare. Je veux dire le destin vous a réunis deux fois. Cela, n'est-il pas un signe ?
- Kader, va travailler ! Je sais ce que je fais. Je te rappelle qu'on parle d'une fille dont je ne sais strictement rien et...
- Rhoorr arrête ! Si tu le souhaites tu peux en apprendre plus sur elle si elle t'en donne l'opportunité bien évidemment, dit-il en me coupant la parole.
- Ok, j'ai compris !
Si je ne tempère pas la conversation, il risque de me gonfler avec cette histoire toute la journée.
- Penses-y, je rejoins mon bureau ce soir tu dîne chez moi ! M'ordonne-t-il avant de sortir.
Je n'ai pas eu le temps de penser à autre chose que mon assistante m'informe que madame pot de colle est là . Pire qu'une sangsue, tu meurs! Je l'autorise à la faire entrer parce que même si j'invente l'excuse d'une réunion, elle sera capable de patienter jusqu'à ce que cette soi-disante réunion prenne fin alors je préfère en finir maintenant.
- Anta, dit moi, tu veux habiter dans mon entreprise ? J'ai l'impression que tu y passes plus de temps que chez-toi. Toutefois désolé mais je ne pense pas que tu aies les compétences requises pour travailler ici.
- Tu ne décroches pas mes appels donc si la montagne ne vient pas à moi, j'irai à la montagne mon chou !
Je me passe les mains sur le visage las.
- Que puis-je faire pour toi ? Lui demandé-je.
- Pas grand-chose je voulais juste te voir. Tu m'as affreusement manqué ! Pourquoi me rejettes-tu ? Je meurs d'amour pour toi ne le vois tu pas ? Qu'est-ce que tu cherches que je n'ai pas ? Dis-moi ! Je suis même prête à subir une chirurgie juste pour être celle qui te plaît. Tu veux de gros seins, de grosse fesses ? Dis-moi tout mon chéri.
Cette fille est folle ! Je n'ai pas d'autres mots pour la qualifier. Elle est devenue un réel problème pour ma santé mentale. Comment lui faire comprendre que je ne l'aime pas ? Je devrais faire des recherches sur internet sur "comment se débarrasser d'une folle harceleuse" peut-être que le résultat pourra m'aider.
- Anta tu es une très belle femme...
- Arrête de me faire sortir ce discours à chaque fois que j'évoque mes sentiments, tu me fais chier à la fin ! Si je suis belle comme tu le dis pourquoi tu ne me laisses pas une chance ?
- Je...ne...t'aime...pas! Prononcé-je en monosyllabes.
- Ce n'est pas grave mon chou, j'ai assez d'amour pour nous deux !
- Tu n'aimes pas la manière douce à ce que je vois. Sors de mon bureau ou la sécurité s'en chargera !
On ne traite pas une femme ainsi, mais je perds la tête avec elle. J'ai essayé de lui faire comprendre par un nombre incalculable de douceur que je ne voulais pas d'elle, mais elle persiste. Suis-je le seul homme à Dakar ? C'est quoi cette fixette sur moi ? Elle me fait flipper des fois.
- Je pars de moi-même ! Mais, juste une dernière chose, je n'abandonne jamais et si tu m'interdis l'accès de ton entreprise, je te taperai un scandale. Sur ce, elle quitte mon bureau. Je reste stoïque face à ce comportement. Je croyais que ce genre de demeuré n'existait seulement que dans les films, mais je me suis gouré. Le pire, c'est qu'elle persistera dans sa quête de me reconquérir. On aura tout vu !
J'essaie de me concentrer sur mes documents, mais ma nouvelle employée ne quitte pas mon esprit. Je demande à Kader de me faire parvenir son CV afin d'en apprendre un peu plus sur elle.
Dalida Carelle Diop 23 ans, selon ce que je lis. Ce nom lui va à merveille. Mais plus si au lieu de Diop ça aurait été Sarr. Non mais qu'est-ce je raconte encore ! Je ne sais rien d'elle et je l'imagine déjà porter mon nom, je deviens fou, c'est indéniable !
Aussi bizarre que cela puisse paraître, cette idée me plaît. Je ne peux pas laisser ce sentiment m'échapper en utilisant le prétexte comme quoi, c'est mon employé. Je n'ai jamais crû au coup de foudre toutefois, cette fille ne quitte pas mon esprit depuis l'épisode de la ruelle.
Je me suis même confié à ma mère tellement ça me pesais. Elle m'avait juste dit que ceux qui sont faits pour être ensemble se retrouveront. Coup du destin, elle travaille désormais pour moi. Après tout Kader a raison, je dois songer à ma vie amoureuse. J'ai longtemps cherché la perle rare et je crois que Dieu me l'a envoyé. Il faut que j'approfondisse.
C'est décidé, Dalida sera mienne !