CRYSTAL Installée dans le lit, le dos calé contre des oreillers trop mous, je fais défiler mon téléphone sans réellement regarder ce qui s’affiche. L’écran projette une lumière froide qui me fatigue les yeux, mais je continue, par automatisme. Les nouvelles défilent, les messages aussi. Rien de très innovant. Mon entourage semble s’être donné le mot pour disparaître en même temps que moi. Ou peut-être est-ce simplement moi qui me suis mise hors de portée. New York continue d’exister sans moi. Cette pensée me traverse sans provoquer la moindre surprise, juste une pointe sourde, logée quelque part sous les côtes. Je fais défiler pour la énième fois une publicité pour du maquillage. Une bouche trop parfaite, un regard calculé. J’aimerais bien m’en procurer, moi aussi. Non pas pour séduire

