Je veille

1206 Words

Norman Je ne dors jamais vraiment. Je ferme les yeux, oui. Je ralentis volontairement mon souffle. Je laisse mon corps glisser dans cet entre-deux précis où les muscles cèdent, où la vigilance ne disparaît pas mais se déplace, plus bas, plus ancien. Là où l’instinct prend le relais. Mais dormir ? Non. Pas depuis que le monde a décidé que je devais être vu, évalué, attendu. Le canapé est confortable. Presque trop. Le cuir épouse mon dos avec une complaisance calculée, comme s’il connaissait déjà mon poids, mes exigences, mes silences. Même ici , dans la maison de ma grand-mère , rien ne peut m’arriver. Les murs épais, chargés d’histoire, saturés de protections invisibles. Cette certitude ne me quitte pas. Elle m’enveloppe comme une seconde peau. Et au cœur de cette sécurité, il y

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