chapitre 5

1051 Words
Je suis restée là, sur ce lit trop grand, trop froid, pendant des heures. Les poignets marqués par mes propres résistances. Le corps endolori. L’âme, en lambeaux. Derek n’est pas revenu tout de suite. Il m’a laissée là, seule, dans cette chambre saturée de son odeur, de sa présence. Il sait ce qu’il fait. Il veut que le silence me travaille, que je me décompose à petit feu. Je lutte pour ne pas sombrer. Je ne veux pas qu’il me voie brisée. Mais mes forces s’épuisent. La porte finit par s’ouvrir, doucement, dans un grincement maîtrisé. Chaque geste, chaque bruit chez lui est pesé. Il entre, sans se presser. Une chemise propre, sombre, le flanc encore bandé sous le tissu. Son regard est noir, dur, traversé par une lueur dangereuse. Il referme la porte derrière lui. Nos regards se croisent. Une déflagration silencieuse. Je me redresse sur les coudes. Je refuse de rester allongée devant lui. Il s’avance, lentement, ses pas résonnant sur le bois du plancher. — Tu pensais vraiment m’échapper, Juliette ? Je me tais. Son sourire est mince, cruel. — J’admire ton courage. Mais tu n’es pas encore prête à comprendre ce que cela implique. Il s’approche du lit, me surplombe de sa hauteur. — Ce soir, il n’y aura pas d’échappatoire. Pas de fuite. Pas de jeu. Juste toi… et moi. Il effleure ma joue du bout des doigts, lentement, comme pour savourer l’instant. Je retiens un frisson, mais mon corps me trahit. Ma peau réagit malgré moi. Il le sent. Ses lèvres esquissent un sourire. — Tu vois ? Même ton corps commence à comprendre. Je détourne la tête, écœurée. Il saisit ma mâchoire avec une poigne ferme, m’oblige à le regarder. Ses yeux brillent d’une intensité dévorante. — Regarde-moi. Ce soir, je vais t’enseigner ce que c’est… d’être mienne. Son souffle glisse sur ma peau, chaud, enivrant. Chaque mot s’insinue en moi comme un poison. Je lutte pour ne pas flancher. Il relâche doucement ma mâchoire, fait glisser lentement les draps. Je suis à moitié nue sous ses yeux, offerte malgré moi. Son regard me dévore, lentement, longuement. — Tu es magnifique, Juliette. Si belle dans cette fragilité. Il fait glisser sa chemise, dévoilant son torse puissant, marqué de cicatrices. Un corps sculpté par la violence et le contrôle. Un corps d’homme qui ne connaît ni pitié, ni limites. Il s’assoit sur le bord du lit, sa main glissant le long de ma cuisse nue, traçant un sillon brûlant. Sa paume est large, ferme, possessive. Chaque geste est maîtrisé, lent, calculé pour me troubler, me dominer. Je retiens un soupir. Il ne doit rien entendre. Mais c’est difficile. Il se penche, ses lèvres effleurent ma clavicule, descendent le long de ma gorge. Chaque b****r, chaque frôlement de sa bouche m’arrache un frisson que je tente de réprimer. — Tu peux lutter autant que tu veux, murmure-t-il contre ma peau. C’est ce qui me plaît. Ses mains se referment sur mes hanches, m’attirant contre lui. Je sens son souffle plus rauque, son désir v*****t. Je me débats, par réflexe, mais il m’immobilise sans effort. — Non, Juliette. Pas ce soir. Ce soir, tu vas apprendre à sentir. À céder. Sa voix est grave, plus basse, presque tendre dans sa cruauté. Il me fait glisser sous lui, son corps me couvrant, lourd, brûlant. Sa bouche s’empare de mes lèvres, me dévore avec une faim contenue. Je résiste, je tente de tourner la tête, mais ses mains maintiennent la mienne en place. Son b****r devient plus profond, plus exigeant. Il goûte ma bouche, m’explore avec une lenteur insupportable. — Ne me repousse pas. Plus tu luttes, plus je prendrai mon temps. Son regard s’assombrit encore. Je le connais maintenant : il est prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut. Ses doigts glissent sur ma peau nue, traçant des courbes, des lignes invisibles. Il explore chaque centimètre avec une patience de prédateur. Je ferme les yeux, mais ses caresses deviennent plus insistantes, plus intimes. Il murmure à mon oreille : — Ton corps me parle. Même si ta bouche se tait. Ma respiration s’accélère malgré moi. Il s’en nourrit. Ses lèvres reprennent leur danse, plus bas, plus profond. Il m’explore, me goûte, me revendique. Je serre les dents, retenant les gémissements. Mais le feu qu’il allume en moi est insidieux. Chaque b****r, chaque morsure, chaque frisson me fait vaciller. Je me déteste de sentir cette chaleur monter en moi. Ce n’est pas du désir. C’est son emprise. Une réaction physique, rien de plus. Mais il le sait, lui. Et il s’en sert. Il se redresse légèrement, son regard planté dans le mien. — Tu es prête. Même si tu refuses de l’admettre. Il écarte mes jambes avec lenteur, possessif, dominateur. Je tente de résister, mais ses mains sont implacables. Je le fixe, le souffle court. — Va au diable. Il sourit, sombre. — Je suis le diable, Juliette. Ses lèvres redescendent, sa langue glisse sur ma peau, explore mes courbes avec une lenteur sadique. Chaque sensation est exacerbée, chaque nerf à vif. Mon corps me trahit, malgré moi. Mes poings se crispent sur les draps. Je ne veux pas… je ne veux pas ressentir cela. Mais il sait trop bien jouer. Sa voix grave résonne tout contre ma chair. — C’est ici, entre ces murs… que je te ferai renaître. Brisée. Soumise. Mienne. Il reprend sa conquête, méthodique, inévitable. Mon souffle se brise. Ma volonté vacille. Mais je m’accroche. Il ne m’aura pas. Pas vraiment. Même si… Même si mon corps… Il le sent. Il le sait. Sa bouche remonte lentement, capture à nouveau mes lèvres. Plus possessif, plus dévorant. Il veut me consumer. — Ce n’est que le début, Juliette. Ce soir, je vais graver ma marque en toi. Je lutte encore. De toutes mes forces. Mais au fond, je le sens. Il gagne du terrain. Pas sur mon cœur. Mais sur ce corps qu’il malmène et qu’il éduque, lentement, perversément. Mes larmes coulent. Je les laisse couler. Il ne pourra jamais posséder cela. Ma peine. Ma haine. Mais il sourit contre ma bouche. — Oui. Pleure. Résiste. Ça rendra ta reddition plus amusante. La nuit est longue. Très longue. Et je comprends, dans le creux de cette obscurité : je n’ai pas fini de me battre.
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