Enfermé dans ma chambre, je découvris beaucoup de choses que jusqu’alors nul n’avait daigné m’apprendre. Je m’étais enfermé dans ma chambre pour lire mon livre volé chez Rocky. J’apprenais seul et je me sentais ainsi assez grand pour mener seul le gouvernail de ma vie. Mon livre secret m’apprenait l’amour sous ses formes les plus incongrues et les plus envoûtantes. Toutes ces histoires que je lisais étaient racontées par des hommes et des femmes faites de chair, et de sang comme moi. Je n’étais pas plus humain qu'eux et je n’avais pas à les juger. Tout en lisant ces interdits, je pensais à ma mère morte qui n'aurait peut-être pas eu le courage de me parler de ces chose de la vie. Je pensais à Rocky qui ne voulait pas de moi. Je pensais à tous ces jeunes que je voyais souvent si bons enfants mais qui n'hésitaient peut-être pas à se tripoter une fois seul à l’abri de tout regard accusateur. Je pensais à moi, à mon père qui polygame j’en suis sûr, avait déjà fait « ça » Je parle bien sûr de la m**********n.
Je découvrais alors les secrets de la jouissance. Je découvris même que je pouvais prendre une victoire sur Rocky. Je pouvais m’auto-satisfaire. La jouissance solitaire. Le mode d’emploi, était des plus simples. Il me suffisait d’avoir un peu de bonne volonté de me donner du plaisir. C’était pour moi, une grande découverte. J’adoptai illico ce poison qui devait me tuer à petit feu. J’en fis tout d'abord mon pain hebdomadaire puis quotidien. Je dépendais alors de cette d****e sexuelle et je pouvais me passer de Rocky que je ne pouvais cependant pas cesser d’aimer en silence. Le premier jour de ma découverte, je dois néanmoins l'avouer, je ne fis rien. Certes j’avais découvert la recette pour vivre une pleine et heureuse jouissance indépendante mais le refus de Rocky me pesait encore. Je devais lui refaire ma demande comme quoi je veux faire d’elle mon close friend. Peut être comprendrait-elle si j’avance de solides arguments, pensai-je de mon crâne d’adolescent ignorant. Ce qui me plaisait chez Rocky, c'est qu’elle n’était aucunement bavarde. Elle aurait pu colporter à qui veut l’entendre ce qui c’était passé chez elle entre elle et moi mais, elle avait opté garder le silence et je l’aimais encore plus pour ce respect morale qu’elle avait. Cependant, le courage me manquait de lui renouveler mes sentiments. L’année s’écoula ainsi avec une triste monotonie. J’étais réduit à aimer en silence sans être aimé et je n’avais que quatorze ans. Aujourd’hui encore, je me demande si se que je ressentais étais de l’amour ou une simple attirance tellement cette fille avait de la personnalité. Elle était plus que jolie et parlait toujours d’une voix détachée fleurant l’impertinence qui lui conférait l’allure d’une troublante masculinité manqué. Elle était forte ; gracieuse. Un contraste qui faisait dégager d’elle une douceur infinie. Toujours d’humeur radieuse, malgré sa timidité feinte, elle me souriait chaque fois que je la regardais. Moi, je n’avais qu'’une idée en tête. Le sexe. Je continuais par lire en cachette mon livre secret et le temps s’écoulait. A deux ou trois reprises, je me masturbais par jour mais, ce fut sans résultat encourageant. Le sperme ne sortait pas. Je passais des fois, plus d’une heure à le faire jusqu’à avoir mal au phallus mais toujours rien et je finis par me désintéresser de cette pratique et même de Rocky. Ce fut alors le tour de Charlotte de me mener la vie dure.
L’avocat Leroy interrompit la narration de l’histoire de son client puis à l’aide d’un kleenex, de marque, il s’épongea le visage. Le présentateur lui gracia un sourire aimable et dit :
- Voilà une belle histoire qui prend des proportions démesurées et la seule question que selon moi les téléspectateurs peuvent être entrain de se poser est où cette histoire nous mènera t-elle ? Je répondrai qu'il va falloir suivre jusqu'au bout pour le savoir.
Il se tourna ensuite face à l'avocat puis dit :
- Vous n’avez tout de même pas…
Devinant la question, Leroy coupa très rapidement.
- Bien sur que si. J’ai laissé Larry s’exprimer. J’avais compris qu’il avait besoin non seulement d’un avocat mais aussi d’un confident pour se vider. Le poids de son passé lui pesait. Même si je ne lui avais encore rien dit, ma décision était prise j’assurerai sa défense au barreau.
- Mais vous ne saviez même pas le pourquoi il disait être accusé !!!s'exclama le présentateur.
- Voila le pourquoi, il me fallait pénétrer le mystère qui avait conduit à l’assassinat d'Iréna Rocky. L’avant-veille, j’avais déjà lu cette tragique mort dans les colonnes d’une parution sans savoir que l’on ferait appelle à moi pour la défense contre ce crime. Larry Martin, n’était pas une personne très gaie. Il est assez renfermé avec un sourire narquois qui lui conférait un air mauvais. Cela cependant ne m’influença guère. J’avais aussi ma curiosité à satisfaire et je voulais pénétrer le secret de cet homme à l’air hostile que je sentais doux et aimant. Alors, je n’avais qu'une chose à faire. Je savais qu’il ne m’avait pas tout dis sur Rocky et il voulait déjà me parler de Charlotte mais je me résignai à son bon vouloir et il me dit alors...
- Charlotte est une fille joviale au visage ingrat. Elle était moche. Ses dents couleur de ciment n’étaient pas pour atténuer sa laideur. Rien en elle, ne m’attirait. Il m’arrivait des fois de me demander quel homme assez fou accepterait prendre cette chose comme femme. Cependant, cette chose humanisé dont je parle me portait dans son cœur et me montrait un amour manifeste. Charlotte était toujours encore plus heureuse quand je suis dans son environnement. Elle associait mon nom à tout ce qu'’elle disait. Elle trouvait que je suis beau et gentil et préférait ma compagnie à celle de n’importe qu'elle fille ou garçon. J’étais plus que dépassé. Je devais admettre toutefois mon ingratitude. Charlotte m’avait sorti de plus d’une situation périlleuse. Elle s’érigeait en mon sauveur et n’hésitait pas à riposter contre tous ceux qui s’aventuraient à me chercher problèmes. Elle veillait en quelque sorte à ce que rien ne me manque ou que rien de mal ne m’arrive. Mes amis riaient de moi ; de ma faiblesse. La plupart insinuaient que j’avais peur de charlotte et qu'’elle était plus qu'’une mère pour moi. Une vraie maman poule. L’on nous surnomma LA SORCIÈRE ET LE BEAU PRINCE. Cela m’excédait. Je présentais un visage garancé à tous ceux qui osaient m’appeler ainsi. Charlotte s’imposait à moi collante, aimante et je n’avais aucune autre option sinon l’accepter.