4. L’oiseau de feu : origine des métaux

480 Words
4. L’oiseau de feu : origine des métauxJadis, le hameau de Katsuno, au fond de la vallée de Okiruzawa, se trouvait dans une grande forêt. Les chaînes de montagne où poussaient ces arbres étaient couvertes d’épais brouillards, et de brumes sous lesquelles dormaient ces forêts. Néanmoins, des hommes défrichèrent ces bois, et s’installèrent dans des clairières. On n’entendait de vallée en vallée que le cri des chasseurs et du gibier, et le grincement des arbres qu’abattaient les bûcherons. Une nuit, on entendit soudain un vacarme épouvantable. On vit en pleine forêt une lumière avec des rayons dorés qui envahissaient le ciel de tous côtés. En regardant bien, c’était un oiseau de feu, qui volait dans le ciel en ébranlant les montagnes. De son bec, il crachait un feu d’or ; ses ailes avaient une dimension énorme. À chaque battement d’ailes, un arc-en-ciel de sept couleurs apparaissait, illuminant la nuit transfigurée. Depuis lors, l’oiseau de feu se montrait, nuit et jour, aux hommes travaillant dans les champs secs et les rizières, les remplissant de peur, leur ôtant toutes leurs forces. Ils se mirent à prier leurs ancêtres et tous les dieux, afin d’échapper au danger. Ils pensaient que c’était la fin du monde. Finalement, les hurlements de l’oiseau de feu cessèrent. Les montagnes se calmèrent. Une brume épaisse recouvrait les forêts. Le chef du village convoqua les braves hommes du pays : – L’oiseau de feu est mort. Que les plus hardis du village m’accompagnent dans la montagne ! Des jeunes audacieux, et même des hommes plus âgés partirent avec lui en expédition, portant du gibier. Ils traversèrent un, deux marais, et tombèrent sur un torrent rougi. Ils remontèrent le cours du torrent, passant par des falaises très abruptes, et parvinrent à un endroit caché par une brume épaisse. Ils perdirent la direction. Ils se frayèrent un chemin à travers d’épais buissons de bambous nains à feuilles larges, et trouvèrent des rochers tout rouges, lançant des rayons dorés. – C’est là que réside notre divinité tutélaire. C’est lui qui a vaincu l’oiseau de feu, dirent les jeunes accompagnant le chef du village, en brandissant le gibier apporté. Ils s’approchèrent d’une cascade, et y virent la dépouille de l’oiseau de feu. Son sang coulait sans discontinuer, rougissant l’eau du torrent. Ses ailes avaient treize fois huit pieds de longueur, sa tête était celle d’un dragon, ses pattes semblaient des bœufs, ses plumes étaient rouge semé de blanc ; il avait aussi des plumes dorées et argentées. En examinant son ventre crevé, ils y découvrirent toutes sortes de métaux éblouissants : notamment de l’or, de l’argent, du cuivre, du plomb. Le chef du village dit : – Voilà la solution d’un rêve énigmatique que j’ai fait parfois. Un vieillard chenu venait, près de mon oreiller, me dire d’explorer la forêt, et qu’un oiseau de feu s’y nourrissait d’or et d’argent. Voilà bien l’explication de cet oracle. Il emmena les jeunes et les vieux au sommet de la montagne, et leur dit d’une voix forte : – Cette montagne est pour nous un trésor. Les pépites d’or et d’argent qui s’égouttent de la peau de la montagne, étaient l’origine des arcs-en-ciel que voyaient les habitants.
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