LEXIE
Je n’ai pas un très grand appartement. En passant ma porte d’entrée, il y a sur la gauche, un canapé blanc avec un plaid noir, une télévision que je n’allume presque jamais posée sur un petit meuble blanc verni, sur la droite le coin cuisine qui est séparé du salon par un bar assorti à la cuisine blanche avec trois tabouret noir, ce même bar qui me fait également office de table à manger. Près de la télévision, il y a une porte qui donne accès à ma chambre et juste à droite de celle-ci, la porte qui donne accès à la salle de bain. Tout l’appartement est blanc, avec des touches de couleurs comme les rideaux pourpre, les draps de mon lit rose pâle. Bref, un vrai appartement de fille. Dans ma chambre, j’ai juste un lit posé au fond avec sur la gauche une penderie et sur ma droite mon bureau. Je me lève et sors de ma penderie un jean et un tee-shirt tout simple.
Je sais ce qui me va, mais je n'ai pas les moyens de refaire ma garde-robe. L'année prochaine, si j'obtiens mon diplôme je serais la nouvelle infirmière de l'école et je pourrais me racheter des vêtement. J'ai encore quelques examens à réviser je pense que j'aurais fini demain.
Mon téléphone sonne.
- Docteur David ? M’étonne-je.
- Lexie, nous devons partir à l’orphelinat, un garçon est tombé dans les escaliers.
- J'arrive tout de suite.
- Nous arrivons en même temps, docteur David et moi à l'orphelinat. Les pompiers sont déjà là. Le docteur est un vieil homme, les cheveux blancs, dégarni, avec des lunettes rondes sur le bout du nez.
- Je te laisse faire, je ne suis pas là, me dit-il.
Le petit garçon est brun, les yeux noirs, avec des piques sur la tête, en regardant sa plaie, je vois des yeux verts me fixer d’effroi. Avant d’y toucher, je décide de lui parler un peu.
- Bonjour, je m'appelle Lexie. Comment tu t'appelles?
- Steven.
- Steven, tu as un prénom magnifique.
- C’est vrai, tu trouves ?
- Bien sûr, je n’ai rien à gagner en te mentant.
- Peut être tu dis ça juste pour être gentille.
- Certain déteste leur prénom, les complimenter dessus n’a rien de gentil. Si je te dis qu’il est beau, c’est parce qu’il me plaît énormément.
- Alors, merci.
- Tu as l'arcade ouverte, ça saigne beaucoup mais ne t'en fais pas.
Je tend une compresse imbibée de désinfectant pour enfant vers Steven.
- Tu vas prendre cette compresse et comme tu es un grand garçon, tu vas nettoyer ta plaie tout seul, OK ?
- Mais si je n’y arrive pas ?
- Tu es grand, tu vas y arriver et si vraiment je vois qu’il faut repasser dessus, je le ferais moi-même, ça te vas ?
- Deal.
Le jeune garçon nettoie son arcade avec la compresse puis me la tend. Je jette celle-ci et en prend une seconde pour nettoyer le sang qui a coulé.
- Tu as très bien nettoyer ta plaie mon grand, moi je prend celle-ci pour nettoyer le sang qui a coulé. Tu ne voudrais pas faire peur aux filles en allant rejoindre les pompiers, si ?
- Non.
- Parfait. Les pompiers vont t'emmener à l'hôpital pour qu'on te fasse des points.
Vous allez monter avec moi dans le camion des pompiers, Lexie?
- Oui, si tu veux. Docteur?
- Allez y, je vous suis.
- Qui va rejoindre Steven ? Demandé-je à un surveillant.
- C’est moi, répond Mélanie.
Cette Mélanie est la douceur incarnée, petite, rousse avec plein de tâches de rousseur sur les joues. Je connais beaucoup de monde ici. Avec le docteur, nous faisons régulièrement des visites ici.
- Ça ne vous dérangera pas de me ramener ici ensuite, pour que je récupère ma voiture ?
- Bien sûr que non.
Une fois dans le camion.
- Waouh, c'est trop cool, vous allez mettre la sirène ?
- Oui mon grand, répond gentiment un pompier.
- C'est trop cool, je vais tomber plus souvent dans les escaliers.
On rigole, les pompiers, Steven et moi. Une fois à l'hôpital.
- C'est vous qui allez me faire les points ?
- Non, c'est le docteur David. Je n'ai pas mon diplôme d'infirmière encore.
- Je vais avoir une cicatrice? Me demande-il tout content.
- Oui, je pense, mais une petite.
- Trop cool ! Vous restez quand même?
- Si tu veux.
- Il pourra me faire un éclair, comme Harry Potter ?
J’éclate de rire.
Après avoir fait ses points, le docteur me prend à part.
- Vous avez fait un travail remarquable sur cet enfant. Rentrez chez vous, il vous faut réviser vos examens.
Nous entendons une urgence.
- Monsieur, monsieur calmez-vous. Supplie une infirmière.
- Où es ma femme? Mon fils? Hurle l’homme.
- Monsieur, votre femme part au bloc et votre fils va bien. Explique l’infirmière.
- J'y vais, dis-je.
- Allez réviser, ordonne le docteur David.
- Certainement pas, on a besoin de moi ici.
- Comme vous voudrez. Allez voir le fils.
- Très bien.
Je me dirige vers l’homme, grand, les cheveux blond mis-long, musclé.
- Monsieur, je vais m'occuper de votre fils, son prénom, son âge, des problèmes?
Il s'appelle Teddy il a 4 ans, son doudou Pikou et sa sucette son dans le sac. Il n’a aucune allergie ni problème.
- Merci.
Je m'approche vers le fils, il hurle, pleure.
- Je n'arrive pas à le calmer. Me dit l'infirmière complètement affolée.
- Sortez! Tous!
- Quoi?
- Sortez, vous lui faites peur. Il y a trop de monde. S'il vous plaît.
Cette infirmière sait que je ne reviendrais pas sur ma décision, ni une ni deux, tout le monde sort de la pièce.
- Bonjour, tiens, ta sucette.
Le petit se calme et reste silencieux. L’enfant est aussi blond que son père est à les yeux bleus.
- Tu t'appelles comment?
Toujours aucune réponse. Je prend son doudou.
- Bonjour moi c'est Pikou et toi ?... Bonjour, moi c'est Lexie... Tu vois se beau garçon, il s'appelle Teddy... Teddy, quel jolie prénom !...
Teddy éclate de rire.
- Et il a quel âge ce beau jeune homme?... - Trois ans... Tout ça... Oui, oui... Qu'est ce qu'il est grand, dis moi, est-ce que tu penses que Teddy me laisserai l'examiner...
Je regarde Teddy.
- D'accord, me dit-il timidement.
- Tu vois, ça c'est un stéthoscope, c'est pour écouter battre ton cœur, regarde.
Je soulève mon tee-shirt, lui met le stéthoscope dans les oreilles puis l'autre côté sur mon cœur.
- C'est rigolo.
- A toi de me faire écouter ton cœur.
Il me laisse écouter son cœur.
- Tu as un cœur robuste dis donc, bravo.
- Bravo, répète-il en s’applaudissant.
- Dis moi, est-ce que tu as mal quelques pars?
- Oui, là.
- Il me montre son front.
Je vais nettoyer ta plaie et te mettre un petit pansement.
Je fais ce que j'ai dis, puis j'appelle une infirmière. Lorsque celle-ci arrive, je me retourne vers Teddy je lui explique.
- Je vais te demander de rester avec cette infirmière, je vais voir le docteur OK?
- D'accord.
Je croise le docteur David.
- Docteur, comment va le papa ?
- Très bien et le fils.
- Un peu choqué, une plaie bénigne sur le front. Je pense que ça les rassurerais à tous les deux d'être ensemble.
- Vous avez raison Lexie, amener le fils à son père.
Je retourne voir Teddy.
- Viens, je vais t'emmener à quelqu'un.
- D'accord.
J'emmène Teddy voir son père. Il a seulement une jambe fracturée.
- Papa !
- Teddy ! Mon grand ça va ?
- Oui, Lexie s'est occupée de moi.
- Je vous laisse tous les deux.
- Lexie attend, intervient Teddy.
Il m'enlace.
- Merci.
- C'est normal mon grand. Prend soin de toi. - Prenez soin de vous aussi monsieur.
Je sors de la chambre et croise le docteur David.
- Je vais y aller, docteur.
- Merci de ton aide, révise bien, même si ça ne t’ai pas nécessaire il ne faut...
- Rien laisser aux hasards. Je sais, ricané-je.
Le docteur David ricane à son tour. Je pars chez moi pour réviser. Il est déjà 14heures quand j'arrive chez moi. Je grignote un bout. Puis me lance dans mes révisions. Je finis mes révisions à 22h26.
25 JUIN 2013.
Une jeune femme brune, que je suis sûre d'avoir déjà vue, est à la terrasse du café de Lolita ma meilleure amie. Bien qu’elle essaie de se cacher derrière de grosse lunette de soleil noire, on sent qu’elle n’est pas à son aise. Ce café est splendide, dans un style cabaret, les murs rouge, les tables avec des nappes blanches, des chaises grises et rouges. Un bar centrale rouge avec plein de miroir et également des tabourets rouge et gris. Des luminaires et des lampes noirs, un plancher blanc. Lolita a un goût très sûre et sa détermination est sans faille, un jour, elle a décidé d’ouvrir se restaurant, elle s’en ai donné les moyens et a réussit haut la main. Elle est ma meilleure amie depuis aussi loin que je me souviens. Nous sommes très différente, dans tous les domaines, émotionnellement et physiquement aussi. Moi qui suis petite, brune les yeux foncés, elle est grande, blonde avec les yeux verts. Je me réfugie toujours ici pour réviser, ça me donne l’occasion de changer d’air, d’environnement.
La jeune femme brune est très jolie, comme tout droit sortie d’un magasine de mode.
D'un coup, des paparazzis mitraille la jeune femme, l'un d'entre eux, qui ressemble à un porc, veut prendre des photos sous sa jupe, la jeune femme est en pleurs, elle est paniquée, personne ne fait rien.
- Arrêtez, s’il vous plaît, supplie-elle.
La jeune femme essaie de repousser l’appareil photo qui mitraille sous sa jupe, mais sans y parvenir. Je suis choquée, mais il faut intervenir, donc, j’interviens.
- Laissez cette femme tranquille.
- Jessica ? Jessica ? Une photo s'il vous plaît ! S'écrit le porc.
- Ici mademoiselle. Lui dis-je en l’entraînant dans la salle de sport de mon père qui se trouve juste à côté.
Lorsque le photographe – pervers – continue à nous suivre pour prendre des photos sous sa jupe, je donne un grand coup de poing dans son appareil et celui-ci tombe au sol. Je me blesse à la main droit.
- Bordel !
Une fois dans la salle de sport, je verrouille la porte.
- Merci. Me dit-elle
- C'est normal, voyons.
Je pars chercher un verre d'eau et un sucre.
- Tenez, prenez ça.
En lui tendant le verre, je remarque la couleur magnifique de ses yeux, gris-verts. Elle est grande et mince, maigrichonne presque, mais bien proportionnée, une vraie femme, elle doit être à peine plus âgée que moi, vingt-cinq ans je dirais.
- Merci, Oh Seigneur, ces gens sont cruels. Dit Jessica (si j'ai bien compris) visiblement secouée.
- Ça va aller ne vous en faites pas, j'ai verrouillé la porte est les stores sont fermés, ils ne peuvent pas rentrer.
La femme jeune se ressaisie un peu.
- Est-ce que je peux prendre votre téléphone s'il vous plaît, je voudrais juste appeler mon frère pour qu'il vienne me chercher. Mon téléphone est déchargé.
- Tenez. Lui dis-je en le tendant mon portable.
Je m’éloigne pour lui laisser passer son appel mais reste tout de même assez proche en cas de malaise.
- Salut Morgan.
Je n'entends pas ce que lui dis.
- Il y avait des paparazzis et un qui a essayer de...
- …
- T'en fais pas ça va, une jeune femme m'a aidé, je suis avec elle, enfermée dans une salle de sport. “Sport et plaisir.” Tu peux venir me chercher s'il te plaît?
- …
- Merci. Dit-elle en me rendant mon téléphone.
- Comment se fait-il qu'ils vous poursuive comme ça ?
- Vous ne me reconnaissez pas ? Elle semble étonnée.
- Excusez-moi, je devrais ? Je lui répond encore plus étonnée.
- Non, vous avez raison. Ricane-elle.
- Ils sont partis, je vais déverrouiller la porte pour que votre frère puisse rentrer.
Cinq minutes après, quelqu'un entre comme un fou dans la salle. Jessica et moi sommes dans le bureau.
- Restez-là, je vais voir qui c’est.
- Oui, merci.
En arrivant dans la salle, je vois un jeune homme, grand, brun, sûr de lui. Bien qu'il soit en costard, je le sais musclé, sportif. J'avance vers lui, il a un air impassible, il regarde tout autour de lui, comme si il notait la salle de sport.
Non mais franchement, il regarde ça comme si c'était un trou à rat.
La salle de sport de mon père est très modeste, il a un ring sur la droite à l’entrée, des sacs pour la boxe juste à côté, deux machines de courses, deux vélos d’appartement et deux banc de musculation au fond de la salle. Juste en face de l’entrée, il y a le bureau et un peu avant celui-ci, les vestiaires sur la gauche, avec des douches au fond de la pièce. Lorsqu'il se retourne vers moi, je remarque immédiatement ses yeux, un bleu azur.
Ils sont d'un bleu, on dirait l'océan qu'il y a sur une carte postale. Bon sang !
- Bonjour, je suis le frère de Jessica, Morgan Kolman.
La voix de cet homme est grave, basse et envoûtante. Remplit d’assurance et calme.
Bordel ! Même sa voix est sexy. Non mais qu'est ce qui me prend ?
- Bonjour, Lexie Torn, la fille du propriétaire de cette salle de sport. Lui dis-je sans trop d'assurance.
- Morgan ! Crie Jessica en lui sautant au coup.
Morgan prend le visage de sa sœur pour examiner si elle est blessée, il l’a caresse en essayant de la rassurer, je pense.
- Tu es sûre que tu vas bien ?
- Oui ne t'en fais pas, heureusement que Lexie était là... Ils ont essayé de prendre des photos sous ma jupe...
- Quoi ? Hurle-il.
Il fait peur quand il s'énerve.
Effrayé par tant de venin, je sursaute.
- Lexie a donné un coup de point dans l'appareil et...
Comme un seul, leurs regards se portent sur ma main.Il y a un peu de sang mais ce n'ai rien.
- Ne vous en faites pas, ce n'est pas grand chose, je dois avoir une petite entorse et je vais me faire faire deux points de suture, rien de grave.
- Vous êtes certaine de ne pas vouloir voir un médecin? Me demande Morgan droit dans les yeux.
Bon sang, ses yeux ! Il est tellement beau, sûre de lui, est tellement, tellement Sexy, ce que j'aimerais... Et moi qui te croyais être une vierge honorable !
S'écrie ma conscience.
- Ne vous en faites pas je suis étudiante infirmière de dernière année, je pense savoir ce que j'ai.
- Vous en êtes sûre?
Oh il s''inquiète pour moi, c'est chou, je fond. Il est tellement protecteur envers sa sœur, qu'est ce que j'aimerais qu'il soit comme ça avec moi. Pense à autre chose, tu vas rougir !
- Oui, merci monsieur Kolman.
- Appelle le Morgan, intervient sa sœur.
- Je préfère m'en tenir au Monsieur Kolman, Jessica. Soutient son frère.
C'est d'un guindé.
- Merci Lex...
Non mais je rêve, je dois l'appeler “Monsieur Kolman” et il pense pouvoir m'appeler par mon prénom. Tu rêves en couleurs Kolman !
- Mademoiselle Torn, dis-je en le coupant.
Il me regarde, presque choqué on dirait. Je me retourne vers Jessica.
- Jessica.
Elle se jette sur moi pour me prendre dans ses bras.
- Merci encore Lexie.
- C'est normal, prend soin de toi.
- Tiens c'est pour mon film en avant-première, vient ça me ferait très plaisir.
Voilà où je l'ai vue, elle est actrice. Bon sang je suis pas fan de télévision, et ça se voit.
- Euh.... OK.
Morgan et Jessica partent.
Bon sang, ses yeux, sa bouche, son sourire, j'aimerais bien savoir si son corps est aussi beau que le reste. Merde, mais qu'est ce que je dis encore? Bordel, il m'a fait de l'effet certes mais je dois redescendre, de toute évidence je ne l'intéresse pas et je ne le reverrais sans doute jamais.
Mon père me sort de ma rêverie.
- Hé Lexie ! Tu rêvasses, petit cœur ?
- Non, pas du tout. Dis-je en rougissant.
Mon père sait lire en moi comme dans un livre ouvert. Il a la cinquantaine, les cheveux châtains ternis par son âge, les yeux marrons et aussi grand que mon frère.
- Les clients vont arriver.
- Je repars, il faut que je révise.
- Vas ma fille, même si tu n'en as pas besoin, tu es la première de classe.
J'éclate de rire. Il me prend dans ses bras. Et je file. Deux heures après, alors que je suis chez moi, toujours entrain de réviser, je ne cesse de penser à Morgan Kolman, ses yeux, sa bouche, il a l'air si mystérieux...
Tu ne le reverras jamais, fais toi une raison et révise. Hurle ma conscience.
28 JUIN 2013.
Il est 9 heures de soir, lorsque mon téléphone sonne.
- Allô?
- Lexie, il faut que tu viennes me donner un coup de main je t'en prie. Une de mes serveuse vient de m'appeler, elle a eu un accident de voiture en venant. Elle n’a rien mais elle doit faire des examens à l’hôpital et partir à la gendarmerie porter plainte parce qu’un...
- Attend, je ne peux pas venir, je viens à peine de finir mes examens et mes valises.
- Je t'en prie... Mikey!!!
Quand elle m'appelle par mon surnom, je fond, elle le sait... C’était le surnom qu’elle me donnais enfant.
- Je te déteste.
- Merci.
30 minutes après, je suis au bar. Elle ne me laisse pas le temps d'arriver qu'elle me jette le tablier.
- Tu t'occuperas des tables 3, 4 et 5.
- OK, j'y vais de suite.
Armée de mon calepin et de mon stylo, je me dirige vers les tables... 1 heure après, je suis à fond, je repars à la table, les yeux rivés sur mon carnet.
- Bonsoir, qu'est ce que je peux vous servir ?
- Bonsoir, mademoiselle Torn.
Merde! Cette voix! Je relève les yeux.
Il est accompagné d'un jeune homme noir, chauve, les yeux foncés, très séduisant.
Pas autant que lui, mais bon...
- Monsieur Kolman.
Reprends toi sinon ferme la bouche !
- Que puis-je pour vous servir?
Il prend un air arrogant et me sort un sourire qui fait trembler la terre.
- Vous !
Oui ! Non ! Il se croit irrésistible? Je suis pas une « Marie couche toi là ! » Quoi que je commence à douter de ma résistance lorsqu’il est dans les barages.
Je soupire, tourne les talons et pars, de toute façon, j'ai finis mon service. Je m'élance vers Lolita, lui rend son calepin et stylo.
- J'y vais.
- Quoi ? Tu ne t'es pas occuper de cette table.
- Je sais, quand je lui ai demander ce qu'il voulait il m'a répondu “Vous”.
- Ah ouais, p****n Torn... Pourquoi tu lui a pas dis oui ? Il est canon, j'ai vu ses yeux et...
- Ça ne fait pas tout et puis je dois rentrer.
- Mademoiselle Torn ?
Je me retourne, il y a Morgan derrière moi.
- Monsieur Kolman, je suis désolée, j'ai finis mon service, mademoiselle DeSousa va s'occuper de vous.
- Non, je voudrais m'excuser de mon attitude c'était déplacé et...
- Ne vous inquiétez pas, c'est déjà oublié. Je dois vraiment y aller. Au revoir, monsieur Kolman, passez le “Bonjour” à votre sœur.
Je pars, avant de changer d'avis et de lui dire que je veux bien être son repas, apéritif, entrée, plat, dessert et digestif. Qu’est-ce qu’il me fait ?
Une fois dans mon lit, je commence à rêvasser de cet homme qui me chamboule depuis plus de trois jours.
Ses yeux... ils étaient encore plus beaux aujourd’hui que dans mon souvenir. Je me demande à quoi il joue, pourquoi il n'y va pas franchement ? Me dire ce qu'il attend de moi...
Je m'endors sur ces questions sans réponses.
29 JUIN 2013.
Comme tous les matins, je révise une heure, prend une douche et me vêtis d’un tee-shirt et d’un jean. Il est 10 heures lorsque mon téléphone sonne, je ne reconnais pas le numéro.
Je n’ai pas envie de répondre, mais c’est peut être important. Même si le docteur David m’a dit qu’il n’aurait plus besoin de moi jusqu’à mes examens finis, on ne sait jamais.
- Allô ?
- Bonjour, c'est Morgan Kolman.
Oh p****n !
- Bonjour, comment avez eu ce numéro ?
- Mardi, ma sœur m'a appeler avec ce numéro et j'espérais que ce soit le vôtre.
Ça aussi, c'est sexy !
- Ah OK. Que puis-je pour vous, monsieur Kolman?
- Rien, je voudrais m'excuser pour hier, je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, c'était très déplacé, normalement je ne suis pas comme ça, je vous assure. Je sais me tenir.
Quoi?
- Vous l'avez déjà fait. Ne vous en faites pas, je ne doute pas de votre savoir vivre.
- Oui, mais je voudrais vous inviter à déjeuner.
OUAIS ! hurle ma conscience.
- Ce n'est vraiment pas nécessaire, c'est oublié.
- J'insiste.
- Très bien, quand est-ce que ça vous conviendrez ?
- Aujourd’hui vers 12h30 ?
Dans deux heures ?
- Euh, d'accord.
- Je vous rejoins en bas de chez vous vers 12h15. A tout à l'heure.
Sur ce il raccroche. Il ne sait même pas où j'habite. Ça se trouve facilement sur les pages jaunes ! Je cours regarder dans mon placard, je trouve une jolie robe bleue. La couleur des yeux de cet homme qui me fait tant rêver.
Des talons blancs. À 12h15 tapante, il sonne à ma porte. J'ouvre.
- Bonjour, mademoiselle Torn.
- Bonjour, monsieur Kolman.
Je suis si nerveuse.
- Je vous trouve ravissante.
- Merci, dis-je timidement, en rougissant.
- Ne soyez pas timide, on y va ?
- Oui.
Morgan m’emmène jusqu'à sa voiture, m'ouvre la portière. Un vrai gentleman. Il a du fric à se balader dans un engin pareil ! Il est riche, ça lui plaît, il s’en vente, moi, je suis juste super mal à l’aise. Non mais franchement, qu’est ce qu’il me veut ?
- Merci. Dis-je en montant dans la voiture.
Dans la voiture, je ne dis rien, je suis vraiment trop timide.
- Vous êtes nerveuse?
- Un peu, je ne comprend pas pourquoi vous m'avez invitée à déjeuner. Vous vous étiez déjà excusez hier et je vous ai dit qu'il n'y avait pas de problème, il ne fallait pas vous sentir obligez.
- Je ne me sentais pas obligé de le faire et je ne me sens toujours pas obligé de le faire. Je le fais parce que ça me fait plaisir. Je vous assure.
Nous sommes arrêtés à un feu rouge, il me regarde droit dans les yeux, et je sais qu'il ne ment pas. Juste après, il se gare et m'aide à descendre. Nous arrivons dans un restaurant-hôtel magnifique, notre table est prête. Le serveur arrive et nous tend les cartes. Morgan le foudroie du regard. Je regarde le serveur à mon tour et je me rend compte qu'il me regarde d'un peu trop prêt. Nous prenons notre commande.
- Qu’est-ce qui vous tente ?
- Je vais prendre la salade Gascogne, merci.
- Pour moi ce sera la même chose, merci, poursuit sèchement Morgan.
- Bien monsieur, mademoiselle.
Morgan fusille toujours du regard le serveur qui s'en va. Le serveur revient peut de temps après, mal à l'aise à cause du regard glacial que lui fait Morgan.
- Vous êtes obligé d’être aussi désagréable ? Lui fais-je remarquer.
- Vous me trouvez désagréable envers vous ?
- Non, vous l’auriez été envers moi, voilà longtemps que je vous aurez laissé seul. Je vous parle du serveur.
- Je n’aime pas la façon dont il vous regarde, comme près à vous manger.
- Il est jeune, je l’ai déjà croisé à l’hôpital me semble-t-il. Il y fait des études pour être médecin.
Son ricanement est plein de jugement.
- Vous êtes mal élevé !
- Ne me jugez pas, me dit-il d’un calme sous-jacent.
- Pourquoi ? Vous vous permettez bien de le faire. Laissez moi vous dire une chose, je suis étudiante infirmière, je bosse à l’hôpital, au bar de ma meilleure amie et à la salle de sport de mon père. Je ne cumul pas tous ces emplois pour le plaisir mais pour pouvoir poursuivre et atteindre mes rêves. Vous, vous êtes riche, tout le monde n’a pas cette chance et je trouve ça honteux.
- Mais je ne vous ai rien dit !
- Quelle différence y a-t-il entre lui et moi ?
Il ne répond pas, hébété par ma façon hargneuse de réagir, aussi, je reprends.
- Aucune, tout bien réfléchis si. Je cumul mes emplois et quand j’ai du temps de libre, au lieu de réviser je le perd avec un parfait crétin.
Je me lève, remonté à bloc, Morgan pose sa main sur la mienne pour me demander en silence de me remettre à table.
- Vous avez raison, excusez-moi. On peut reprendre du début ?
Je vois dans son regard qu’il est sincèrement désolé, aussi je me rassois sur ma chaise. Pendant le repas, il entame la discussion.
- Parlez moi de vous. Me demande-il tout à coup en me regardant droit dans les yeux.
Il est déstabilisant quand il me regarde comme ça.
- Euh ma mère est décédée, mon père Marc est le propriétaire de la salle où vous nous avez retrouvé il y a 4 jours. J'ai un grand frère, Joshua, il est actuellement en vacance avec sa petite amie.
- C'est tout?
- Euh... Oui.
- Vous êtes très secrète.
- Non, vous savez déjà que je cumul des emplois pour mes études d’infirmière et voilà. Et vous ?
- Quoi, moi ?
- Parlez moi de vous.
- Mon père est décédé, ma mère est merveilleuse et ma sœur jumelle Jessica est exubérante, mais c'est comme ça que je l'aime.
- Vous êtes très secret vous aussi, monsieur Kolman.
- Morgan, s'il vous plaît.
- Morgan. Moi, c'est Lexie. Vous faites quoi dans la vie ?
Il se tait un moment, puis détourne la conversation.
- Alors votre main ?
- Je n’ai déjà plus rien.
- Une chance pour vos examens.
- Je suis gauchère.
- Vous avez des passions ?
- Oui, j'adore le sport individuel, boxe, course à pied mais par dessus tout, la moto. J’ai passé mon permis mais je n’ai pas assez d’argent pour m’en acheter une. Je met l’argent de côté, j’aurais réunis les fonds en fin d’année, si je n’ai pas d’imprévu.
- Des imprévus ?
- Oui, ça peut vous paraître bizarre, mais si ma voiture tombe en panne, je n’en ai pas d’autre sous la main. Si mon canapé prend feu, je devrais m’en racheter un.
- Pourquoi votre canapé prendrait feu ?
- On ne sait jamais, ricané-je.
- En effet, ça peut être un problème, répond-il d’un ricanement à son tour.
- Et vous ? Vos passions.
- L’art, musique, cinéma, le sport également, j'aime la moto bien qu'il faut savoir en faire prudemment, sans excès.
Il me fait la leçon ou je rêve ? Je fronce les sourcils.
- J'adore la boxe, je prends des cours particulier et j'aime beaucoup le saut à l'élastique tout ça. Reprend-il.
- Moi j'aimerais faire ce genre de chose mais j'ai le vertige alors...
- En effet ça peu enlever du charme à ce sport. Ricane-il.
Je rigole. Une fois le repas terminé, il règle l'addition, bien que j'ai insisté pour en payer la moitié, son regard était si effrayant que je n'ai pas osé le contrarier. Une fois devant chez moi.
- Merci pour le repas Morgan.
- Merci à vous Lexie.
Avant que je n'ai eu le temps de réfléchir au fameux « Allons-nous nous embrasser ? », il m'embrasse. Lorsqu'on se sépare, nous sommes à bout de souffle. C'était un baiser... Parfait. Je n'ai jamais été embrassé, par personne donc je n’ai pas de point de comparaison. Il a dû se douter de mon manque de pratique.
- Au revoir mademoiselle Torn.
- Au revoir monsieur Kolman.
À peine a-t-il refermé la porte que j'appelle Lolita.
- Salut.
- Salut Lolita.
- Ça va? Tu as une voix bizarre. S'inquiète-elle.
- Oui, c'est juste que.... euh...
- Tu m'inquiètes, accouche Torn.
- Y’a cet homme ...
- Waouh, un homme te trouble? Raconte !
- Il m'a invité à déjeuner et on s'est embrassés.
- Bordel t'as plein de chose à rattraper mais doucement quand même. Tu ne le connais pas.
- Je ne sais pas comment t'expliquer mais ses yeux, son sourire, ses mystères.
- OK je vois, tu le revois quand ?
- Je ne sais pas. Bref je ne sais pas ce qui m'arrive, je pense tout le temps à lui. Je rêve de lui, je... C'est ridicule, je te laisse j'ai les examens lundi.
- Ridicule mais très mignon. Je t'embrasse Torn.
- Moi aussi Lolita.
Du lundi au vendredi, je passe mes examens, orales et écrits. Morgan ne m'écrit pas, il ne m'appelle pas. J’ai son numéro puisqu’il m’a appelé, mais je veux qu’il fasse le premier pas. Je ne veux pas me faire passer pour les nanas qui le poursuis. Je ne cesse de penser à lui, sauf quand je me concentre sur autre chose.