13. Rouen, vendredi 09 h 04

530 Words
13 Rouen, vendredi 09 h 04 DÈS QUE CYNTHIA ET LEBLANC eurent quitté le bureau, Beaulieu revint dans la salle de briefing. Schnarpel et ses acolytes fixaient avec crainte les enveloppes de Leblanc, sous le choc. Comment faire pour travailler avec un type pareil, qui débarque de nulle part et qui vous adresse à peine la parole ? Le commissaire fixait ses équipiers avec un rictus s*****e. Tout se passait à merveille. Il avait entendu parler des méthodes de Leblanc. En une seule réunion, il avait déjà réussi à se mettre toute son équipe sur le dos. Schnarpel se leva quand il s’approcha, en secouant son enveloppe, furieux : – Commissaire, c’est qui ce type ? Pourquoi vous l’avez fait venir ? C’est quoi ce coup tordu ? Vous voulez notre peau ? – Tu te calmes, Schnarpel, n’oublie pas à qui tu parles ! – Pardon, Commissaire, reprit Schnarpel sarcastique, Mais vous vous êtes bien foutu de notre gueule. Vous vous moquez que votre pote Antoine se soit fait descendre. La seule chose qui vous importe, c’est de vous en sortir blanc comme neige de cette affaire, pour quitter Rouen comme un héros. C’est dégueulasse. Beaulieu empoigna brutalement Schnarpel par le col : – Ta gueule, le scribouillard, sinon, ta retraite va te paraître bien maigre ! J’ai mes raisons. Il lâcha Schnarpel comme on jette un mouchoir et reprit : – Ce type est un raté ! Regardez-moi. On a le même âge, je suis Commissaire divisionnaire, lui n’est encore que capitaine. Il n’a même pas présenté l’École des commissaires. Si cette affaire foire, c’est lui qui en prendra pour son grade. Vous et moi, on s’en sortira indemnes. – Ouais, vous surtout. – Détrompe-toi, je l’ai fait pour vous aussi. Le lieutenant Jérôme Savarin intervint : – Pourquoi vous en veut-il autant ? Beaulieu éclata de rire en secouant la tête, ravi de voir que Leblanc n’avait pas changé. – On était de la même promotion à l’École des officiers. Déjà un glandeur. Pendant que je trimais pour être le premier, il passait son temps à flâner et à sortir avec les filles. Il ne bossait jamais, et pourtant il est sorti dans les dix premiers ! – Devant vous ? osa Dumont. – Ça va pas, non, je suis sorti major de ma promo ! – Pourquoi on l’appelle l’Artiste ? – Vous comprendrez vite par vous-même, sachez juste qu’il bosse à la DCRI, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur. – Il n’est même pas de la Criminelle ? Mais alors pourquoi vous l’avez appelé ? Il n’a rien à faire ici. Schnarpel lui posa la main sur l’épaule et fixa son supérieur. – T’as pas bien compris, Jérôme, notre commissaire divisionnaire profite de cette aubaine pour assouvir une vieille rancune. N’est-ce pas ? – Schnarpel, tu parles trop, répliqua Beaulieu impassible, fais gaffe à ton c*l. Ouvrez-moi ces enveloppes et au boulot ! Schnarpel sut alors qu’il avait raison. Le commissaire voulait la peau de Leblanc, et il avait trouvé une belle occasion pour le faire. Sans rien ajouter, il ouvrit la sienne pendant que les autres en faisaient autant. Les enveloppes contenaient des instructions claires et simples. Quatre lignes d’une écriture fine et belle : Pour Schnarpel : tout savoir sur la société financière Antoine. Pour Savarin : biographie complète de Marc Antoine. Pour Dumont : tout savoir sur Graciane Antoine, sa famille, ses amis. Et pour Terrier : Interpol et CTCIP1. Chercher si des meurtres identiques ont été commis, et trouver un lien éventuel avec le grand banditisme. 1. Cellule technique de Coopération internationale de la Police.
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