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Rouen, 16 h 45
GLADYS LEGENDRE se retourna et lui envoya une claque sur la tempe. John Marcoule avait à peine eu le temps de préparer sa parade amoureuse. Elle tira sur son tee-shirt mauve étriqué qui bandait sa généreuse poitrine, révélant un piercing au nombril sous la blouse blanche de rigueur, mais largement ouverte. Sans se démonter, John tendit les échantillons d’un air innocent.
– Je n’ai rien fait, fit-il remarquer.
– Tu avais les yeux enfoncés si loin dans mon décolleté que tu n’arrivais pas à marcher droit.
Vraiment une femme comme il les aimait. Dominatrice, directe, sûre d’elle, jeune et affolante. Même sans Cynthia, ses nuits risquaient d’être longtemps peuplées de rêves érotiques.
– On ne touche à rien, même avec les yeux, sans ma permission…
– C’était juste une prise de contact. J’aimerais t’inviter à dîner tout à l’heure. Désolé, je vais être banal, mais je te trouve très séduisante, et comme on va passer plusieurs mois ensemble dans ces locaux, autant qu’on fasse connaissance rapidement.
Elle le fixa en hochant la tête, puis elle le dévisagea entièrement. Il se soumit avec grâce à ce déshabillage en règle, il venait juste de faire la même chose. Il espéra juste qu’il serait à son goût. Sans répondre, elle lui prit les échantillons des mains :
– J’ai dit, pas touche sans ma permission. On est supposés travailler sur l’affaire Antoine. Je viens de lire la note de service du commissaire.
– Justement, j’ai des résidus de produits qu’il faut identifier. Tu peux t’en occuper pendant que je passe les traces au fichier national des empreintes digitales. J’ai de beaux spécimens.
– D’accord. À tout de suite.