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899 Words
Kimberley - Je vous retrouve en bas, les gars. La voix de Bradley est calme, presque indifférente, mais l'intention est limpide : il les chasse. Alexander esquisse un sourire en coin, puis se détourne, entraînant les autres vers la sortie. Il s'interrompt soudain, se retournant vers Jordan, un éclat malicieux dans le regard. - Tu viens ? lance-t-il avec un amusement à peine voilé. On va laisser les tourtereaux s'expliquer. - Ouais, j'arrive. Jordan hésite un instant, puis emboîte le pas au groupe. Sa silhouette se découpe un bref moment dans la pénombre de la chambre, avant que la porte ne se referme, étouffant le bruit de leurs pas et laissant derrière eux un silence épais. Je reste immobile, les bras croisés, le regard fixé sur Bradley. - C'est quoi cette connerie... Ma voix est plus sèche que je ne le voudrais. Pourquoi tu m'as dit que Jordan voulait me voir, alors que c'était faux ? Il ne sourcille pas. - Parce que si je t'avais demandé de venir sans prétexte, tu aurais refusé. Je pousse un soupir. Il n'a pas tort. - Donc si tu m'as fait venir, c'est que tu avais quelque chose à dire. Ses doigts quittent ma taille lentement. Je n'avais même pas réalisé qu'il me tenait encore. Et, plus troublant encore, qu'une part de moi ne s'en était pas formalisée. - Oui, murmure-t-il. Je voulais qu'on parle de ce qui s'est passé hier soir. Éviter les malentendus. Il marque une pause. Le genre de silence qu'on utilise pour contrôler ce qui suit. - Et puis, je voulais que Jordan te voie ici. - Pourquoi ? - Tu fais exprès de ne pas comprendre ? Son sourire est presque cruel. Il sait que tu es intéressée par lui. Te voir ici, à cette heure, le fera douter. Je croise les bras un peu plus fort, cherchant à contenir l'agitation intérieure. - Et alors ? - La prochaine fois qu'il nous surprend dans une situation ambiguë, ne te justifie pas. Sa voix baisse, devient un murmure. Tu l'as bien vu avec cette fille, à sa fête. Ils ne sortent pas ensemble, mais ils couchent ensemble. Et pourtant, tu ne lui as jamais demandé d'explications. - Qu'est-ce que tu me suggères, alors ? - Quand je t'ai dit de l'ignorer, je le pensais. Il fait un pas vers moi, réduisant la distance entre nos corps. Tu peux lui parler, si tu veux, mais fais-lui sentir qu'il n'est qu'un parmi d'autres. Mon esprit enregistre ses mots, mais ma concentration vacille. Vingt-quatre heures plus tôt, il m'embrassait dans cette même pièce. L'ironie de la situation est presque insultante. - Laisse entendre qu'on sort ensemble. Nos regards s'accrochent, plus intenses, plus dangereux. Bradley ferme la distance d'un mouvement lent, calculé. - Ce que je te propose, c'est de lui faire croire qu'il y a quelque chose entre nous. Mon cœur cogne plus fort. - Je ne te fais pas assez confiance pour jouer à ça. Un silence tendu s'installe. Il me scrute, comme s'il cherchait à lire au-delà de mes mots. - Tu ne me fais pas confiance sur quoi, exactement ? - Je ne sais pas... Je soutiens son regard. Mais je ne vais pas prétendre qu'il ne s'est rien passé. Tu veux m'aider à le rendre jaloux ? D'accord. Mais tu m'as doigtée il y a moins de vingt-quatre heures. Alors je te repose la question, Bradley : maintenant, on fait quoi avec ça ? Un sourire carnassier étire ses lèvres. Le genre de sourire qui dit qu'il vient de tomber sur une adversaire digne de lui. - Je pourrais faire semblant de croire à ta soudaine générosité... mais ni toi ni moi ne sommes si naïfs. - Je ne t'ai jamais demandé de prétendre quoi que ce soit, Kimberly. Son ton est presque doux, trop doux. Oui, il y a eu un truc entre nous. Mais on n'a pas couché ensemble. Inutile d'en faire tout un plat. La remarque me fait ravaler un sursaut. Mon ego en prend un coup, mais je hoche la tête, feignant l'indifférence. - D'accord. Je veux bien jouer le jeu. Mais à une condition. Il penche légèrement la tête en arrière, un rire étouffé lui échappant. - Kimberly, c'est moi qui te propose mon aide. Alors, qui devrait imposer des conditions ici ? - Si tu veux que les gens croient qu'on sort ensemble, il faudra du contact, ajoute-t-il, son regard se teintant d'une nuance indéchiffrable. Je lève un sourcil, méfiante. - Justement. C'est pour ça que j'impose mes règles. Pas de b****r. On se tient la main, rien de plus. - On n'est pas au collège, rétorque-t-il. Ça ne sera pas crédible. Mais je comprends... Tu as peur que je te fasse de l'effet. Mes yeux roulent avec exagération. - Pour ça, il faudrait que tu m'intéresses. Et ce n'est pas le cas. - Je n'ai pas envie de revenir sur hier soir, Kimberly, murmure-t-il, se penchant légèrement. Mais je ne laisserai pas une fille qui ne m'intéresse pas me tailler une pipe. Je manque de m'étouffer. La porte s'ouvre brusquement. Jordan apparaît dans l'encadrement, le visage fermé. - J'ai oublié mon portable. Il traverse la pièce sans un mot, saisit l'objet, puis s'immobilise un instant. L'air entre nous est épais, presque électrique. Finalement, sans nous accorder un regard, il fait volte-face et quitte la pièce. La porte claque derrière lui.
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