Cinq minutes plus tard, elle s’installait à une table près d’une des fenêtres et alluma son ordinateur.
Poussant un soupir, elle ouvrit le premier dossier.
Après une bonne heure de lecture, elle avait déjà une idée de ce qui arrivait à son oncle et se rendait bien compte que cela était bien grave. Son oncle risquait de perdre son bar et par ricochet sa maison. Il subissait comme bien des gens les contrecoups de la crise financière mondiale.
Sa mère avait bien eut raison de l’avoir demandé de venir ici. Son oncle, lui, ne l’aurait jamais fait. La fierté des Flynn.
- Pauvre oncle Patrick ! Soupira-t-elle.
Il fallait qu’elle trouve un moyen de l’aider. Il devait à la banque une belle petite somme. Et même s’il était fier et têtu, elle comptait l’aider. Financièrement parlant également. Elle avait une assez belle somme dans son compte en banque. Mais le gros problème, c’était le bar. Il n’était plus assez rentable. Avec l’ouverture des autres bars dans le coin, "Le Hill" avait un peu perdu de son charme. Il fallait y remédier et le rendre plus compétitive et attractive. Cela tombait bien car c’est dans ses cordes. Un bar, c’est également une petite entreprise. Elle n’aurait donc rien à faire de différent que d’habitude.
Se tournant vers son ordinateur, elle commença à travailler avec une frénésie nouvelle comme à chaque fois qu’elle devait régler un nouveau défi et des problèmes.
Au milieu des conversations et du bruit ambiant, on pourrait croire qu’elle aurait dû mal à se concentrer mais elle avait toujours beaucoup apprécié l’atmosphère qui régnait dans cet endroit. En plus cela l’aidait à mieux planifier son plan. S’imprégner de l’atmosphère de son lieu de travail.
De temps en temps, elle levait la tête et observait ce qui composait la clientèle. Sa première remarque est qu’il y avait très peu de jeunes branchés. En plus le décor du bar était un peu vieillot et rustique. Il fallait donner un coup de jeune sans perdre le style d’oncle Patrick. Elle avait déjà une idée de comment procéder ou plutôt de qui allait procéder.
Levant à nouveau la tête, elle aperçut un homme, une casquette enfoncée sur la tête cachant une partie de son visage, assit seul à une table où trônaient quelques bouteilles de bières. Il griffonnait quelque chose dans un cahier, elle pensait de dessin, et elle aurait juré qu’il l’observait. Ou peut-être s’imaginait-elle des choses ?
Replongeant son nez dans son ordinateur, elle reprit son travail. Elle était complètement concentrée depuis quelques minutes lorsque quelqu’un posa un verre de cocktail devant elle.
Levant les yeux, elle tomba sur deux jeunes hommes, vêtus de vêtements élégants et riches, qui la regardaient avec un regard qui en disant long sur leur intention.
- Merci mais je ne bois pas de cocktail, dit-elle d’un ton sec.
- Waouh ! Même pas de bonjour, dit-il dans un rire.
- Bonjour messieurs et veuillez m’excusez mais j’ai beaucoup de travail.
Elle replongea le nez dans son travail. Elle n’avait aucune envie de discuter avec eux.
- Je m’appelle Sean Gray. Mon père est le célèbre homme d’affaire Tom Gray. Ce soir, on organise une petite fête sur mon yacht et avec mon ami on se disait que ce serait cool qu’une aussi jolie fille que toi y vienne.
Amusée plus que surprise, elle leur jeta un regard avant de partir d’un rire. Elle n’y croyait pas, il s’était présenté à elle avec tout son pédigrée sans doute pour l’impressionner mais elle en avait cure de ses jeunes prétentieux. Comme si cela pouvait l’impressionner
- Je ne pense pas que notre invitation ait quelque chose de drôle, lança l’ami de Sean l’air vexé.
- Oh que si ! Vous vous présentez à moi en parlant de votre illustre père, de votre yacht et vous pensez que je vais accepter de venir à une fête avec vous. Vous me prenez pour une gourde ! Je suis peut-être blonde mais pas idiote. Excusez-moi mais j’ai du travail, moi, messieurs.
Les deux hommes la scrutèrent abasourdir puis murmurant quelque chose s’éloignèrent. Étouffant un rire, elle les observa sortir du bar et tomba sur l’homme à la casquette et cette fois elle fut certaine qu’il l’observait. Il lui lança même un sourire et elle eut l’impression de l’avoir déjà vu quelque part mais de sa place elle avait du mal à le distinguer parfaitement. Mais peu importait, elle pouvait reprendre son travail.
Lorsque Lilah se décida à rentrer à la maison, la nuit était déjà tombée. Le bar ouvrant jusqu’à très tard la nuit, son oncle risquait d’être très occupé. De toute façon, elle n’avait pas besoin de quelqu’un pour la raccompagner.
Lorsqu’elle rangea ses affaires, son regard se dirigea malgré elle vers l’endroit où était assis l’homme à la casquette mais il n’était plus là. Elle ne l’avait pas vu se lever. Ce n’était pas aussi comme si elle l’espionnait.
Après un au revoir à son oncle et à Rod, elle quitta le bar chargé de son mac et des dossiers de son oncle.
Il ne lui fallut que quelques minutes pour rentrer à la maison, rangé ses affaires puis prendre une bonne douche revigorante. Comme elle avait la flegme de cuisiner, elle décida d'aller faire un tour dans le coin et de manger quelque part. Si elle n'était pas tentée d'aller au bar s’empiffrer d'hamburger. Heureusement pour elle, elle n'avait pas à surveiller sa ligne.
Deux heures plus tard, elle quitta un petit restaurant près de Southampton et rentrait chez elle.
Dehors, l’air était toujours aussi chaud mais la brise marine atténuait un peu cette chaleur. Une nuit idéale pour une petite balade. Elle décida d’aller faire un tour vers la flotte de pêche et d’observer les bateaux.
Une bonne dizaine de minutes plus tard, marchant le long du quai, elle observait les bateaux, lisant les noms et imaginant ce qui avait poussé les propriétaires à donner tel ou tel nom à leurs bateaux. Ce jeu, elle le faisait déjà gamine et souvent avec Sarah. Le souvenir de la jeune fille lui revint. Elle avait encore du mal à croire qu’elle était morte. Si seulement elle avait gardé le contact avec elle… Cela n’aurait rien changé. Lorsqu’elles avaient démangé avec sa mère pour San Diego après le divorce, elle avait tiré un trait sur ses vacances passés sur la côte est.
Après le divorce, son père passait par une période assez difficile et avait quitté Seattle également. Elle avait donc dû rester vivre avec sa mère. Heureusement que quelques années plus tard, son père avait su se remettre su pied et avait même créée une petite entreprise qu’il dirigeait toujours.
Elle avait été peu surprise lorsque ceux-ci l'avait appelé tout à l'heure. Un appel vidéo. Ses parents étaient inquiets mais tout aussi curieux de savoir ce qui s'était passé mais elle avait sur leur faim en disant qu'elle n'avait pas encore parlé avec son oncle. Elle ne savait pas encore vraiment quoi faire. Il lui faudrait un certain temps pour mettre en place la stratégie la plus adéquat.
Étrangement, discuter avec ses parents lui avait fait vraiment plaisir. C'était si rare en fait de discuter ainsi avec eux et de les entendre s’enquérir de sa santé. Elle eut un sourire.
- Tiens, tiens mais qui va l’a !
Se retournant en entendant cette soudaine voix, Lilah aperçut les deux jeunes hommes qui l’avaient abordé l’après-midi et qui se tenaient à quelques mètres d’elle. m***e ! Encore ses deux importuns ! Elle ne les avait pas entendus approchés et elle détestait ainsi être surprise.
Elle jura entre ses dents.
Cette fois, elle sentit la colère lui monter. Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien lui vouloir encore?
- C’est notre belle blonde qui se balade seule. Ne me dis pas que tu cherches notre bateau, continua celui qui avait dit s’appeler Sean.
Enfin, elle pensait. Elle ne savait plus vraiment si s’était son prénom.
- Ne me dis pas que tu cherches notre bateau ? Si c’est le cas, plus la peine on t’y emmène. Ce n’est pas très loin d’ici.
- Vous rêvez là les mecs ! dit-elle retenant difficilement son ton excédé. Je me promenais simplement mais votre arrivée ne me donne plus trop envie de continuer ma balade. Et, je pensais avoir été clair avec vous tout à l’heure. Je n’ai aucun intention maintenant ni plus tard de me rendre nulle part avec vous.
Sur ses mots, elle rebroussa chemin mais elle avait à peine faire quelques mètres qu’un bras la retint. Lorsqu’elle se tourna, elle vit que c’était Sean qui l’avait attrapé.
- Lâchez-moi !
- Et si je ne veux pas, dit-il avec un sourire.
Lilah inspira lentement s’exhortant au calme. Elle était vraiment sur le point de perdre son calme. Sean la scrutait avec un petit sourire au coin. Elle serait bien heureuse de le voir disparaître lorsqu’elle le frapperait là où ça fait mal. Sur l’insistance de sa mère, elle avait pris des cours de self-défense et était même très douée. Comme aimait le dire sa mère une femme doit savoir toujours se défendre. Alors qu’elle s’apprêtait à le frapper d’un grand coup de genou, là où cela lui fera le plus mal, une voix freina son élan :
- Eh messieurs ! Veuillez lâcher la demoiselle.