En regardant le casier vide, en ne retrouvant pas la silhouette de l’enveloppe posée debout, en diagonale, dans la cavité sombre, Viviane prit conscience, tout à coup, que n’importe quel employé indiscret, ou n’importe quelle employée indiscrète, avait facilement accès aux lettres qu’il ou elle distribuait. En restant à la poste, les messages dormaient jusqu’à ce que, peut-être, un(e) postièr(e), dont la curiosité aurait été alertée par quelque manoeuvre inhabituelle, quelque comportement inédit, ouvre la lettre - il existait de nombreuses méthodes pour décacheter les enveloppes sans laisser de trace - et lise un message qui ne lui était pas adressé ! Cette lettre-ci, la dernière en fait, n’était pas très osée, bien moins que certaines lettres qui dataient d’une époque déjà ancienne où il

