6Par temps couvert, ils allaient au wharf. L’hiver, les dépressions poussaient jusque là-bas leurs grands nuages et couvraient l’océan d’un voile de touffeur en camaïeu de gris. Le vent autorisait les promenades emmitouflées, bras dessus bras dessous, au milieu des pêcheurs à la ligne et des femmes qui, accroupies autour des feux de bois sur le rivage, les regardaient passer, en leur criant les mots que les gens du pays disaient aux amoureux. Quelle que soit la saison, d’ailleurs, le vent de sable noyait les couleurs et les formes dans la poussière jaune et blanche qui estompait tout, donnant à ce vaste chantier de fer tordu et de pierres écroulées la lumière qui convenait à son état d’abandon. Là-bas, on pouvait écouter le fracas sourd du passage du temps, observer l’égarement des for

