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Quand la terre embrasse le ciel

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Quand Gabriel lui propose un contrat pour avoir sa virginité Sarah est choquée et croit à une blague... Mais la situation de Sarah dû aux mauvaises décisions de son père la pousserons revoir ses priorités.

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Episode 1
Dans moins d'une heure, mon téléphone va sonner. Une heure qui me semble à la fois interminable et trop courte. Une heure, et j'aurai enfin la réponse que j'attends. Ce n'est pas une question de vie ou de mort, du moins pas au sens littéral. C'est une question de dignité. Dans quelques jours, je serai à la rue, avec pour seul filet de sécurité ce RSA qu'on m’a rappelé devoir "mériter", comme aime me le répéter ma conseillère. Ou plutôt ma "déconseillère", comme je l'appelle en silence, derrière ses sourires condescendants et ses conseils qui sonnent comme des ordres. Je n'ai pas ménagé mes efforts. Des CV envoyés à la pelle, des annonces épluchées jusqu'à l'épuisement, mais les temps sont durs, la crise n’en finit pas de creuser ses sillons, et mon profil n’a rien d’attirant : des études inachevées, une série de petits boulots sans lendemain, et ce long séjour à l’hôpital qui a tout interrompu. Mon CV n'est qu'une page de vide masqué par des mots. Assise sur mon vieux canapé élimé, je regarde le téléphone posé sur la table basse. Sa présence est oppressante. Les secondes s’égrènent lentement, chaque tic-tac de l’horloge semblant résonner plus fort dans l’appartement vide. Mon cœur bat à un rythme irrégulier, pris dans un mélange de peur et d’espoir. J’essaie de m’occuper, de plier les quelques vêtements qui traînent, mais rien n’y fait. Mon esprit reste rivé sur cet appel. Est-ce que ma vie va enfin prendre un tournant ? Ou vais-je m’effondrer un peu plus ? Et puis, mon téléphone vibre soudain. Ce n'est pas encore l'heure, mais une bouffée de panique m’envahit. Serait-ce eux ? Ont-ils pris leur décision plus tôt ? Mes mains deviennent moites. Je saisis l'appareil d'un geste brusque, sans même regarder l'écran, et décroche. — Sarah, c’est moi. La voix, grave, légèrement rauque, me coupe le souffle. — Papa ? dis-je, la gorge nouée. — Comment vas-tu ? Pardonne-moi, je ne voulais pas te déranger, mais… Je ferme les yeux, une boule de colère et de fatigue montant en moi. Je sais où cette conversation va mener. Je le sais toujours. — Que veux-tu encore ? Son silence en dit long. Ce n’est qu’une question de secondes avant qu’il demande de l’argent, ou un "service". — Juste un dernier service, je te le promets. Je ris, un rire bref, acide. — Non, papa. C’est fini. Ne m’appelle plus jamais. Je raccroche d’un geste sec, la respiration saccadée. Ma main tremble. Une douleur sourde grandit dans ma poitrine, un mélange de culpabilité et de rage. Qu’est-ce qu’il me veut, encore ? Combien de fois faudra-t-il que je lui dise non avant qu’il comprenne ? Un autre coup de fil. Une autre demande. Une autre déception. Comme toujours. Quelques secondes plus tard, le téléphone vibre de nouveau. Mon cœur se serre : c'est encore lui. J’appuie sur "refuser l’appel", les mâchoires serrées. Mais il insiste. Une fois. Deux fois. Puis, enfin, l’écran affiche un autre nom : Le Château des Tulipes. Mon souffle se suspend. Je prends une grande inspiration. Je dois paraître professionnelle, calme. Pourtant, mon cœur tambourine si fort que je crains que ma voix ne tremble. — Bonjour ? dis-je, d’un ton que j’essaie de rendre joyeux, presque léger. — Bonjour, je suis Mme de la Croix, du Château des Tulipes. Puis-je parler à Mademoiselle Sarah Belgrave ? — Oui, c’est moi, répondis-je, la gorge serrée. — Eh bien, permettez-moi de vous annoncer que vous êtes prise pour le poste d’aide-ménagère. Vous pourrez emménager dès demain dans le logement réservé au personnel. Un instant, je reste sans voix. L’information met quelques secondes à se frayer un chemin jusqu’à ma conscience. — Oh, merci, merci infiniment, madame. Je passerai demain matin. À peine ai-je raccroché que je m’effondre sur la chaise, comme si toute la tension accumulée au fil des jours venait de s’évaporer d’un seul coup. Les larmes montent, incontrôlables, et je me laisse aller à ce soulagement si longtemps attendu. — Je suis sauvée… Lorsque mes émotions s’apaisent, la première chose que je fais est d’appeler Eleonora, ma meilleure amie. Elle, c’est mon roc. Petite, brune, pleine d’énergie, elle porte en elle une lumière qui m’a maintenue debout plus d’une fois, même maintenant qu’elle porte un bébé de cinq mois dans son ventre. — Allô, ma belle ? — Salut, ma bichette. Alors ? Des nouvelles ? — Oui, je l’ai eu ! Je suis tellement soulagée ! — Ah ! Je suis trop contente pour toi ! lâche-t-elle dans un rire nerveux. Et du coup, ça y est, tu pars déjà ? — Oui. Le logement est compris. Une vraie aubaine. Je laisserai les clés de l’appartement chez Mme Juliana, tu pourras venir récupérer mes meubles. — Parfait, Serge et moi viendrons ce week-end avec un camion. Elle marque une pause, sa voix se fait plus douce. — Je suis fière de toi, Sarah. Ces mots simples, prononcés avec tant de sincérité, me serrent le cœur. Le lendemain matin, après avoir bouclé mes maigres affaires, je laisse les clés chez Mme Juliana, ma vieille voisine. Elle m’accueille dans son petit appartement toujours embaumé de l’odeur de ses plats italiens. — Ma petite, prend soin de toi, me dit-elle en me tendant une boîte soigneusement enveloppée. — C’est quoi ? — Des spaghetti bolognaise. Pour le voyage. Je la remercie d’un sourire tremblant et m’éclipse avant que les larmes ne coulent à nouveau. Le trajet en bus me paraît interminable. La campagne défile sous mes yeux, et à mesure que les forêts remplacent les maisons, une étrange appréhension monte en moi. Lorsque je descends au milieu de nulle part, valise à la main, je réalise l’isolement des lieux. À l’horizon, le Château des Tulipes se dresse majestueux, une silhouette de pierre ancienne auréolée par la lumière dorée du matin. Alors que je m’engage sur le sentier boisé, une voiture s’arrête à ma hauteur. Un homme en descend : grand, élégant, avec des yeux d’un bleu perçant. — Bonjour ! Besoin d’aide ? Sa voix est chaleureuse, mais quelque chose dans son regard me déstabilise. — Oui… merci beaucoup, dis-je, presque à bout de souffle. Il s’approche avec assurance, soulève ma valise comme si elle ne pesait rien, et me fait signe de monter. — Vous allez au Château des Tulipes ? — Oui, je commence aujourd’hui. — Félicitations, dit-il en souriant. Moi, c’est Gabriel de la Croix. Je ravale ma surprise. Le fils de Mme de la Croix. Quelques minutes plus tard, nous pénétrons dans le parc du château. L’endroit est somptueux : terrasses impeccables, statues élégantes, fontaines qui scintillent sous la lumière. Mon souffle se coupe face à cette splendeur. — Alors, prête pour une nouvelle vie ? me demande Gabriel, un léger sourire en coin. Je hoche la tête, incapable de répondre. Une nouvelle vie commence, mais avec elle, une foule de questions, de mystères, et peut-être même, de dangers.

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