Sous les regards de Charles et Peter, Diego usait de son charme et bravait sa timidité. Il était déterminé et bien lancé, plus rien ne pouvait désormais l’arrêter.
- Je me présente. Je m’appelle Diego et je suis en Terminale scientifique dit-il après lui avoir rendu ses effets et aidé à les ranger.
- Enchantée Diego ! Joli comme prénom. Moi c’est Blandine, Terminale littéraire répondit-elle avec un sourire.
- Ravi de faire ta connaissance. Toi aussi, tu as un joli prénom en plus d’être canon. Et puis, je ne sais pas si tu le fais exprès ce truc.
- Quel truc ? demanda-t-elle.
- En fait, en plus d’avoir un joli sourire, j’ai remarqué que tu ne cesses de te mordre les lèvres à chaque fois.
- Oh, tu l’as remarqué aussi ? C’est vrai qu’on ne me le dit pas assez souvent, encore moins au premier contact, mais plusieurs personnes m’ont déjà fait la remarque. C’est une mauvaise habitude que j’ai développé sans le vouloir.
- Mauvaise habitude ? Oh mais non, je ne pense pas. Ce n’est pas une mauvaise habitude, bien au contraire, cela te rend irrésistiblement charmante complimenta-t-il.
- Waouh, c’est mignon dit-elle avec sourire. Tu es décidément un charmeur toi répondit-elle, toujours avec sourire, en donnant une tape amicale sur les épaules de Diego.
Comme deux fouineurs, ce geste n’échappa pas à la vigilance de Charles et Peter qui observaient tout ce qui se passait.
- Mais tu as vu ça ? Questionna Peter.
- Bien sûr que j’ai vu ça. Elle vient de lui toucher l’épaule en souriant. Selon toi, il est entrain de lui dire quoi ? C’est le même Diego qu’on connait là ? s’étonna-t-il.
- C’est juste incroyable. Je peux t’assurer que la fille là est déjà tombée sous son charme. Je n’ai aucun doute.
Après encore quelques minutes de discussion, Diego décida finalement de la laisser partir.
- Loin de donner l’impression de vouloir me débarrasser de toi, je crois qu’il est temps pour moi de te laisser partir. Une fois encore, je suis désolé pour ma maladresse.
- De toutes les façons, j’allais demander à partir. Si ta maladresse te fait croiser mon chemin tous les jours, tu dois plutôt en être ravi que désolé. Tu ne trouves pas ?
- Eh bien, tu l’as dit. A vrai dire, je ne suis pas vraiment désolé pour tout dire mais ça vaut ce que ça vaut.
Ils se séparèrent et Diego rejoignit sa b***e qui l’attendait.
- Mais qui voilà ? demandait Charles sur un ton moqueur.
- Monsieur le charmeur est dans la place se moqua également Peter. On n’a pas sorti nos calepins mais je peux t’assurer qu’on a pris des notes. D’où t’es venu toute cette assurance ? chercha-t-il à savoir.
- Vous allez arrêter avec vos conneries ? répondit Diego tout souriant. Je garde mes cartes en main et je vous l’avais dit. Désormais, vous n’allez plus jamais douter de mes paroles, b***e de plaisantins.
- Arrête de te la raconter comme si tu venais de franchir le Mont Everest. Tu n’as fait que discuter avec une fille, du lycée. Ça n’a rien d’un exploit recadra amicalement Peter.
- Je peux t’assurer que c’est la même sensation répondit-il.
- Alors, tu nous raconte ? questionna Peter, tout excité et impatient.
- Vous voudriez savoir quoi ? Elle s’appelle Blandine, elle fait la terminale littéraire donc la salle d’Eddy. Elle a un joli sourire et elle se mordille de temps à autre les lèvres résuma Diego, expressément.
- Wow, Wow. Vas-y doucement champion, ce n’est pas la guerre. Et puis c’est tout ? Tu n’as pas pris son numéro, tu ne l’as pas invité quelque part pour le week-end ? demanda Charles.
- Euh non répondit Diego.
- Quel c*n ! Et dire que j’ai pensé une seconde que tu avais passé un cap dans l’art de la drague s’exprima Charles. Donc en fait, tu es en train de prendre cet air hautain alors que tu n’as même pas réussi à prendre son numéro ?
- Vas-y ferme ta gueule Charles répondit amicalement Peter. Je n’ai pas essayé de l’avoir sinon, je l’aurais eu.
Ils secouèrent la tête pour manifester leur déception mais Diego avait disparu. Et oui, Diego n’était plus là. S’ayant rendu compte que Charles avait raison, il se mit dans une folle course pour rattraper Blandine.
Après quelques minutes de grandes enjambades, il aperçut à quelques mètres de lui, Blandine qui était sur le point de monter sur son scooter.
- B-L-A-N-D-I-N-E s’écria-t-il soufflant comme un asthmatique.
- Oui ? répondit-elle étonnée de le voir ainsi essoufflé. Tu as quoi ?
- Est-ce-que je peux avoir ton numéro de téléphone, j’avais oublié de te le demander tout à l’heure réussit-il à dire difficilement toujours essoufflé.
- Mais c’est juste pour ça que tu as couru comme si tu étais en compétition avec Usain Bolt, à en juger le rythme de ta respiration ? lui demanda-elle un peu intriguée. Et ça ne pouvait pas attendre lundi ?
- Non pas vraiment. Peut-être que oui, en fait je ne sais pas trop.
- Tu es stupide et ça te rend charmant. Passe-moi ton téléphone.
- Pour quoi faire ?
- Pour te le voler. c*****d, y mettre mon numéro bien sûr. Sauf si (...)
Elle n’eût pas le temps d’aller au bout de sa phrase.
- Sauf si rien (…) coupa-t-il en lui tendant le portable. Je ne sais pas si je dois mal le prendre, mais tu viens de me traiter de stupide et de c*n en moins d’une minute.
- Tu as oublié que j’ai aussi dit que cela te rendait charmant. Allez, tiens ton téléphone. Le dernier numéro composé, c’est le mien. De grâce, ne m’appelle pas. Je t’ai donné le numéro par politesse et parce que te voir dans cet état, m’a fait de la peine. Ciao.
Elle monta sur son scooter et s’en alla.
- Enfin, vous voilà. Je n’aurais pas eu la force de revenir en arrière dit-il en voyant ses deux amis.
- Alors, tu t’es rattrapé ? Tu t’es défilé comme un guetteur devant la police. J’espère que ça en valait la peine lança Charles sans faire attention à ce que Diego vient de dire.
- Et comment que ça en valait la peine ? Elle m’a donné son numéro mais m’a interdit de la contacter.
- Toujours aussi naïf. Ça se voit que tu lui plais bien. Si elle ne voulait pas que tu la contacte, elle ne t’aurait pas filé son numéro répliqua Peter. Essaie de trouver un bon plan pour l’inviter ce week-end. Tu vas marquer des points décisifs.
- Marquer des points ? Il ne s’agit pas d’un match mon frère.
- Et tu veux recommencer à philosopher. Je retire ce que je viens de dire
Charles prit congé d’eux. Peter et Diego continuèrent leur chemin à pied.
En effet, même si Diego avait la possibilité de prendre l’une des voitures de son père pour se rendre à l’école, il ne le fait quasiment jamais. Pourquoi ? Il n’est qu’à quelques quinze minutes de marche du Lycée.
- Quel soleil aujourd’hui ? Tout ça c’est de ta faute accusa Peter.
- Qu’il fasse trop chaud ou que le soleil soit au zénith c’est de ma faute ?
- Bien sûr. A cause de toi, je ne garde pas ma moto. Toi, tu fais le c*n en refusant de rouler la caisse que ton père t’a laissé. Alors, oui, c’est de ta faute.
- Je n’aime pas m’afficher et tu le sais. En plus, nous ne sommes pas trop loin du Lycée. A quoi bon ? Tout ça c’est du sport, flemmard.
- Si non, Blandine, c’est bien le prénom de la fille non ?
- Oui, c’est exactement ça. Pourquoi subitement, tu veux reparler d’elle.
- C’est quoi la suite ? Tu veux vraiment sortir avec elle ?
- Je crois que oui. Je te l’ai dit, soit je suis complètement timbré, soit juste absolument amoureux. Depuis hier, elle est constamment dans mes pensées. Après, vaut mieux essayer que ne pas le faire.
- Tu as raison. Tente ta chance. De toutes les façons, tu n’as rien à perdre.
- Merci Peter.
Ils passèrent encore quelques minutes de marche ensemble avant de se séparer. Arrivé à la maison et après avoir posé son sac, Diego prit son téléphone et décida d’envoyer un message à Blandine. C’est à ce moment qu’il fut agréablement surpris par ce qu’il a vu. En effet, Blandine n’a pas fait que composer son propre numéro sur le téléphone de Diego ; elle l’a enregistré. Elle l’a enregistré sous : Dine avec un cœur et une fleur devant. Il lâcha un gros sourire au risque même d’attirer l’attention de la femme de ménage qui passait devant sa chambre.
- Vous êtes avec quelqu’un demanda la femme de ménage derrière la porte de sa chambre.
- Non ! Je suis seule Madame Tiffany. Toutes mes excuses si je vous importune. Je n’ai pas fait attention, ça m’a échappé.
- Non Diego. Vous ne m’importunez pas. J’étais juste étonnée que vous riez si fort en étant tout seul.
- Je suis tout seul, je suis juste heureux.
- Vous êtes amoureux, c’est ça ? Il n’y a que ça qui puisse vous rendre heureux en ce moment.
Diego se leva de son lit, se dirigea vers la porte et l’ouvrit.
- Comment l’avez-vous deviné ? Oui, je suis amoureux, Madame Tiffany lui dit-elle en l’enlaçant. Ou du moins, c’est ce que je crois. Selon, vous c’est quoi l’amour ? est-ce que c’est possible de tomber amoureux au premier regard ? questionna-t-il.
Vu les voyages répétés de ses parents, Tiffany est bien plus qu’une simple femme de ménage aux yeux de Diego. C’est sa deuxième maman, sa tuteure, sa conseillère.
- L’amour, n’a pas de définition fixe. D’ailleurs, je crois qu’elle ne peut se définir réellement. Si tu le ressens au fond de toi sans savoir pourquoi et comment, c’est bien de l’amour. Mais attention, l’amour peut être éphémère. A toi de savoir si tu veux entretenir ce sentiment ou non. L’amour est inné et inconscient, mais le nourrir est conscient. Il n’y a pas de meilleur moment pour tomber amoureux. Ça peut être au premier regard, après un b****r ou je ne sais quoi d’autres. Si vous pensez que vous êtes amoureux, il faut en parler à la personne. Les non-dits peuvent faire plus de mal que, la non réciprocité. Dites-le à la fille, si elle ressent la même chose, tant mieux.
- Merci beaucoup, Madame Tiffany.