ÉPISODE 1
MOI : Mon père pardonnez moi, car j’ai péché
Père Dimitri : DIEU te pardonne ma fille
MOI : Mon père, croyez vous en l’existence des fantômes ?
Père Dimitri : Ta question est très complexe ma fille. Mais venons en à ta confession, qu’as-tu fait ?
MOI : Ce que j’ai fait ? Ah mon père si seulement vous saviez ! Ce que j’ai fait ne pourrait être résumé en un mot, ni en une phrase, ni même en un bouquin. Tout de même, si je pourrais donner un titre à tout cela, c’est que mon père, LA VENGEANCE A BON GOUT
Père Dimitri : vengeance ?
MOI : Je vais tout vous raconter…
Et je vais tout vous raconter à vous aussi qui lisez cette histoire, soyez attentifs. Je m’appelle Sylvie, orpheline, j’ai 28 ans d’existence, et ah si vous saviez tout ce par quoi j’ai pu passer dans ma vie ! Vous n’auriez pas aimé être à ma place.
Tout a commencé depuis que j’étais toute petite, à cette époque là tout allait bien, j’étais né dans une famille modeste, nous n’étions ni trop riches, ni pauvres. On vivait à Douala, mes parents formaient plutôt un beau couple, et je voulais tellement leur ressembler plus tard dans la vie.
Mais DIEU, ou alors dirais je, le diable, avait d’autres projets pour moi, et il a fini par m’avoir dans ses filets ; ah quelle triste existence !
Les choses déraillent lorsque mon père a trompé ma mère, je n’avais que 07 ans. Ma mère lui avait pardonné, même si difficilement, car c’est lui-même qui était venu avouer son forfait, parce qu’il s’en voulait énormément. Il disait que c’était juste une erreur de passage ; il était en voyage pour le travail quelque part à l’Est du pays. Il avait fait une petite virée entre collègues, l’alcool était beaucoup monté et il est tombée dans l’erreur avec une fille de là bas.
Mais comme je vous le disais, mes parents formaient vraiment le couple parfait, alors avec leur amour ils ont réussi à traverser cette période sombre sans que cela ne déteigne sur notre vie de famille.
Pourtant, cet incident n’allait pas être comme ca sans conséquence. La dame avec qui mon père avait trompé ma mère était tombée enceinte ; mon père l’avait fait sans se protéger. Ma mère l’avait appris d’une façon si violente… Moi je n’avais que 07 ans et à cette époque je ne comprenais rien, mais maintenant que j’y pense j’ai tellement de peine pour ma mère qui avait dû passer par une situation pareille.
Nous étions le week-end à la maison, papa était sorti faire des courses pour la maison ; maman et moi nous étions restés faire la propreté à la maison. On venait de terminer et lorsque nous nous sommes un peu assise pour nous reposer, voilà qu’on cognait à la porte, très fortement :
Ma mère : Ekier, mais la personne qui cogne ci ne sait pas qu’il y’a la sonnette ?
Moi : Et elle cogne très fort mama.
Ma mère : Reste ici je pars voir
J’étais restée assise au salon et ma mère était partie ouvrir la porte. Un petit moment est passé puis j’ai entendu ma mère crier :
Ma mère : QUOI ?!
Dans mon insouciance, je m’étais aussi précipitée à la porte pour voir ce qui se passait, et voici, il y’avait une femme à la porte, vêtue assez modestement pour ne pas dire bizarrement, on pouvait qualifier ses habits d’haillons ; elle avait des allures de villageoises, et par-dessus tout elle avait un gros ventre, elle était enceinte, c’était la femme avec qui mon père avait trompé ma mère, son erreur disait-il. Aujourd’hui cette femme m’évoque tellement de mauvais souvenirs, que même mentionner son nom je ne veux pas, alors pour mon histoire, disons que je l’appellerai « la folle »
Ma mère : Quoi ? Qu’avez-vous dit ?
La folle : Je cherche votre mari, il est le père de mon enfant
Je pouvais le voir sur le visage de ma mère, elle était abasourdie, une rage était en train de monter en elle. Elle n’a plus rien répondu à cette folle, elle lui a claqué la porte au visage, et est repartie s’asseoir au salon.
Au fond, je pense qu’à ce moment là ma mère au fond d’elle-même se disait que ca pouvait être vrai toute cette histoire, car elle s’était assise sur le canapé du salon et avait commencé à pleurer, vraiment pleurer.
Moi avec ma délicatesse d’enfant j’étais venue pour la consoler, je ne comprenais rien à la situation mais je lui disais seulement aussi « mama ne pleures plus, mama ne pleures plus ».
Mais nous les femmes vous savez mon père, c’est tellement difficile pour nous de nous contenir lorsqu’on a mal, on a toujours besoin d’en parler à quelqu’un, c’est comme ca on y peut rien.
C’est dans cette lancée là que ma mère, même si sachant que je ne devais rien comprendre de son histoire, se mit à se plaindre auprès de moi, en pleurant :
Ma mère : Ma fille tu vois ce que ton père me fait ? Je ne lui donne pas quoi ici ? Regarde les problèmes qu’il veut m’apporter. Ma fille je te jure que si cette histoire ci est vraie ton père va me sentir dans cette maison
Lorsqu’elle a fini de parler ainsi et a réalisé que je ne comprenais rien parce que moi j’avais seulement les yeux grandement écarquillés, elle m’a prise dans ses bras et m’a serré très fort contre elle, en continuant de pleurer.
Près d’une heure plus tard, voila mon père qui revient des courses, on entend le bruit de sa voiture qui venait de garer. Ma mère s’est levée comme une lionne vers la porte pour obtenir des explications de la part de mon père, je l’ai suivie.
Lorsqu’elle a ouvert la porte, on a trouvé mon père debout devant la porte, comme tétanisé, et ca se voyait, il était totalement lui-même dans le désarroi de voir cette femme, mais que dis je, cette folle assise là devant notre porte. Désemparé, il balbutiait :
Mon père (s’adressant à la folle) : T… Toi… Toi ici ?
La folle : Oui, et je suis venue avec ton enfant dans le ventre
Ma mère : Donc c’est vrai ? Albert tu vois ce que tu nous ramènes à la maison ? Je t’ai fait quoi pour mériter ca ? Regardes la femme avec qui tu es partie me tromper au point de lui faire un enfant !
Mon père : chérie calme toi stp
Ma mère : Me calmer ? Albert je ne veux plus voir cette guenon devant ma porte, donc prends là et emmène la d’abord loin d’ici avec sa malchance là avant que je ne lui fasse du mal ici elle et le bâtard qu’elle porte, Albert tu ne me connais pas bien
Je le savais, même mon père le savait, quand ma mère était en colère, il ne fallait surtout pas la contrarier encore plus, sinon ca devenait la vraie folie. Elle savait par moment avoir un sang très chaud, elle devait tenir ca de sa mère à elle qui était bassa’a, et de son père qui était étôn, un sacré mélange me direz vous n’est ce pas ? (rires).
Mon père ne voulant donc pas empirer la situation, il prit cette folle et il l’emmena d’abord on ne savait où, à l’hôtel, peut être dans un motel ou une auberge du coin, peu nous importait tant qu’elle disparaissait d’abord de notre vue.
Mon père rentra à la maison, la queue entre les jambes, il n’osait même pas regarder ma mère dans les yeux, la culpabilité se lisait sur son visage.
Mon père (à ma mère) : Chéri je…
Ma mère : Stp je ne veux rien savoir. Je vais faire comme si rien de ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui n’est arrivé, et on va recommencer au début. Albert qui est cette femme ?
Mon père : C’est elle ?
Ma mère : Elle qui ?! je la connais où ?
Mon père : La femme avec qui je t’ai trompé.
Ma mère donna une gifle à mon père. Vous vous demandez peut-être comment des parents responsables peuvent se disputer ainsi devant leur enfant… Mon père m’avait envoyé dans la chambre, mais curieuse de nature, j’étais sortie en douce pour avoir la suite de la situation.
Ma mère : Avec toutes les femmes qu’il y’a dans le pays ci c’est avec une villageoise comme celle là que tu as vu que tu pouvais me tromper ?
Mon père : Chérie je suis désolé.
Ah vraiment nous les femmes… vous savez parfois une des choses qui nous fait mal dans l’infidélité, c’est avec qui on nous trompe, et ma mère m’en avait montré le parfait exemple ce jour là. Si on nous trompe au moins avec une fille qui est mieux que nous parce que oui il y’a toujours mieux que soi même, ce n’est pas que ca atténue la douleur où que ca justifie l’acte, mais en tant que femme je peux le dire c’est mille fois mieux que de réaliser que la femme avec qui on vous trompe ne vous atteint même pas à la cheville ; c’est tellement rabaissant et humiliant ! Parfois les hommes on se demande ce qu’ils veulent.
Mon père : Je suis désolé chérie
Ma mère : et tu as couché avec elle sans te protéger ?
Mon père : …
Ma mère : Parles je t’écoute
Mon père : Oui… écoutes j’étais saoul et je ne…
Et bamm, ma mère venait de lui donner une autre claque…
Ma mère : et tu vois maintenant la poisse que tu nous ramènes à la maison ? Comment tu as pu me faire ca Albert comment tu as pu ? Avec une villageoise comme ca, comment tu as pu ?
Mon père : Chérie stp ne me quittes pas, on va trouver une solution.
Ma mère : Heureusement je suis une femme qui craint DIEU, donc le divorce est inenvisageable. En raison de cela arranges toi pour que cette folle ne vienne pas et plus jamais perturber ma maison
Mon père (voulant prendre ma mère dans ses bras) : Merci chéri
Ma mère : Ne me touche pas ! Tu crois que ca va passer aussi facilement ?
Ma mère était très remontée, mais tellement elle aimait mon père, et voulait qu’on reste une famille, que même ca au final ca avait fini par lui passer. Maintenant quand j’y repense, ma mère avait vraiment un cœur en or, moi à sa place je ne crois pas que j’aurais pu tolérer une telle situation, et le temps a fini par me donner raison, car c’est cet excès de pardon qui l’a tuée…