ÉPISODE 5

2671 Words
Je venais de lui annoncer que ma maman était morte, et il était resté là, impassible, peu ébahi, comme si je venais de lui annoncer une mauvaise nouvelle comme les autres, il s’était juste écrié : -Mon père : Ohlala ! Ma femme ! Une si bonne femme, oh mon DIEU, quel dommage… Pour un homme qui venait de perdre sa femme, avec qui il était marié depuis plusieurs années, alors c’était juste ca, sa réaction vis-à-vis d’une telle nouvelle ? Et le pire c’est que sa maitresse, cette folle a commencé à le consoler : -La folle : Mon chéri ca va aller, moi je suis là désormais, ne t’inquiètes pas -Mon père : Vraiment ma chérie, heureusement que tu es là Et ils ont continué tout simplement de prendre leur repas comme si de rien n’était : -Mon père : Ma fille tu peux venir manger, ne restes pas planté là, il y’a du « ndolè » ici pour toi Le « ndolè » est un plat Africain fait à base de légumes et de pate d’arachide bouillie, on peut y mettre généralement de la viande ou du poisson fumé, et on le mange avec des tubercules. -La folle : Non la nourriture est même finie, ohlala on l’a oubliée  -Mon père : Ah bon ? écoutes ma fille ce n’est pas grave tu veux manger quoi ? Je pars t’acheter ca tout de suite. J’étais dégoûté par eux deux, je venais de perdre ma mère et eux ils croyaient sérieusement que mon problème à cette heure là était de manger ? je n’avais rien répondu et j’étais juste allée me coucher dans la chambre -Mon père : Mais enfin ma fille ! Sylvie… reviens… -La folle : Laisse là mon chéri, elle doit être un peu triste à cause de sa mère, avec du temps ca va lui passer, elle s’en remettre… -Mon père : Oui chérie, tu dois probablement avoir raison Ca allait « me passer ? », vous vous rendez compte ? J’étais une petite fille de 08 ans qui venait de perdre sa mère du jour au lendemain, pour une raison même farfelue jusqu’ici, et ce qu’on trouvait à dire c’est que ca allait me passer ? Mais quelle blague ! Ils n’imaginaient même pas la douleur que je ressentais, et moi non plus je ne savais pas que ce n’était en réalité que le commencement… Toute cette nuit là j’avais difficilement trouvé le sommeil, je n’arrêtais pas de pleurer ma mère, de penser à elle. Oui je vous l’avoue j’attendais, j’espérais que mon père vienne me consoler, me prendre dans ses bras et essuyer mes larmes, mais il n’est jamais venu, il était trop occupé avec sa nouvelle famille. Alors je suis restée là, seule, pratiquement toute la nuit à pleurer, pleurer encore et c’est même par épuisement à force de pleurer que je finis par trouver le sommeil cette nuit là, mais pour combien de temps ? Cette folle, cette sorcière, maintenant que ma mère n’était plus là, elle régnait désormais en maitresse sur la maison, alors elle ne s’était pas faite attendre pour commencer à me montrer alors son vrai visage, qui elle était réellement. Je m’étais endormie aux environs de 04h par là, mais des 06h, voilà la méchante dame qui était venue me réveiller : -La folle : Hé toi, réveilles toi, tu as assez dormi comme ca -MOI : qu’y a-t-il ? laisses moi dormir, j’ai sommeil -La folle : Et tu penses que la maison va se nettoyer toute seule ? Allez lève toi de ce lis et tu pars me faire la propreté dans cette maison. Si ta mère te dorlotait, avec moi ce n’est pas comme ca, au plus tard à 6h du matin tu dois déjà être debout pour faire tout ce qu’il y’a à faire comme travail dans la maison. Je commencais à voir son vrai visage, et honnêtement j’avais déjà compris la situation dans laquelle je me trouvais. Ah oui ces films qu’on a l’habitude de voir à la télévision, le genre où une petite fille perd sa mère et sa belle-mère, la nouvelle compagne de son père, reste désormais la maltraiter, le classique, alors c’est donc ca qui m’attendait… Moi j’avais encore très sommeil, donc malgré ce qu’elle avait dit, moi j’étais tout de même restée couchée, pendant qu’elle était là en train de crier sur moi, de faire du bruit, au point où mon père est aussi venu se mêler à ca : -Mon père : Mais c’est quoi tout ce bruit ? il se passe quoi ici ? -La folle : C’est ta fille qui fait la paresseuse, elle refuse de se lever pour aller travailler -Mon père : Mais enfin, tu ne vois pas qu’elle est encore sous le choc suite à la perte de sa mère qui était tout juste hier ? Allez sors de sa chambre et laisse là tranquille ! -La folle : Mais… -Mon père : Je t’ai demandé de sortir de sa chambre ! Cette sorcière m’a lancé un regard noir, un regard qui disait « tu as gagné cette fois ci mais on n’en restera pas là », avant de sortir de ma chambre pleine de colère et de rage. -Mon père : Ma fille, ca va aller t’inquiète pas, papa est là. Et il était venu me prendre dans ses bras pour me réconforter. Wouaw, quel ouf de soulagement, je ne pensais pas que mon père serait encore là pour moi un jour, mais là il venait de prendre ma défense devant cette sorcière. Je me sentais maintenant un peu rassurée, que même si ma mère était partie mon père était encore là pour me protéger et prendre soin de moi.  Mais comme je me leurrais… car au final mon père ne fut lui-même qu’une pauvre victime dans cette tragique et funeste histoire. Cette sorcière ne comptait pas en rester là, et j’avais vu dans son regard de l’étonnement lorsque mon père s’était opposé à elle. C’est à croire qu’elle était sûre qu’il marcherait comme elle voulait et qu’elle était étonnée que le contraire se produisait. Qu’avait fait cette folle à mon père ? Je ne le savais pas encore, mais plus tard j’en vivrai les conséquences. Les jours qui ont suivis, pleurer, tristesse, refus de manger, c’était mon quotidien tellement la perte de ma mère m’affectait, mais je vous assure cette sorcière ne comptait pas me laisser en paix. Elle était revenue à la charge et cette fois ci elle avait mon père dans son sac, pour mon grand malheur. Toujours tôt le matin, elle était venue me réveiller avec tellement de brutalité, et vous savez pourquoi ? Pour aller laver les habits et les couches pleines de caca de son bébé. -La folle : Hé toi, lèves toi ! tu t’es déjà assez reposée comme ca. Je m’étais réveillée et en l’apercevant, je savais que les problèmes étaient arrivés, mais naïve, je ne craignais rien car je me disais que mon père allait une fois de plus venir pour prendre ma défense. La folle continuait de crier sur moi, et moi je restais là, refusant de lui obéir, et appelant mon père à l’aide : -Moi : Papaaa -La folle : Ah ! alors tu appelles ton père ? Tu crois qu’il va encore te défendre ? Très bien, alors attendons le ici, on verra ce qu’il dira Elle était sûre d’elle désormais, car elle savait avoir fait quelque chose à mon père, de telle sorte que maintenant il allait toujours lui être favorable ; voila mon père qui était arrivé : -Mon père : Mais qu’est ce qui se passe encore ici le matin comme ca enfin ? Pourquoi vous vous quereller ? -MOI : elle ne veut pas me laisser dormir papa -La folle : Elle doit dormir jusqu’à quelle heure ? Elle refuse de travailler et de laver les habits de son petit frère. -Mon père : Quoi, qu’est ce que j’entends ? Sylvie tu refuses de travailler ? Est-ce là ce que moi je t’ai appris Sylvie ? Allez, lève-toi tout de suite de ce lit et va faire ce qu’on te demande ! tu crois que juste parce que ta mère est morte tu es devenue une princesse ? Que je te reprenne encore en train de vouloir désobéir et je t’assure que tu auras une bonne correction À ce moment-là je n’avais plus eu le choix, j’avais dû me lever et obéir, si mon père ne me défendait plus, qui le ferais encore ? J’avais aperçu le petit sourire mesquin et narquois de cette folle, qui se satisfaisait de la situation. Mon père continuait de me gronder, me disant comment la prochaine fois qu’il entendrait une histoire pareille il me battrait lui-même, que je devais rester une petite fille sage, polie, et obéissante. Je me suis donc mise à la tâche et je vous assure mon père, depuis ce jour-là je suis devenue pire qu’une esclave dans cette maison, moi qui n’avais que 08 ans ! J’étais totalement à la merci de cette folle qui vraisemblablement avait mis mon père de son côté car il ne prenait plus jamais ma défense, il écoutait tout ce qu’elle disait, et faisait tout ce qu’elle voulait qu’il fasse, c’était incroyable, mon père était devenue une vraie marionnette.   En réalité, cette femme avait ensorcelé mon père, elle l’avait « mis dans la bouteille » comme on dit souvent, et elle comptait l’utiliser ainsi, jusqu’à ce qu’elle soit lassée et décide de se débarrasser de lui, ah mon pauvre père. C’est un autre phénomène de sorcellerie en Afrique, très récurrent d’ailleurs, et celui-ci vise à la soumission et à l’asservissement de ceux qui en sont victimes. Généralement cela est possible grâce à un objet, ou toute chose en lien avec la victime, qu’on emmène chez un pratiquant occultiste, afin que par des rites et de la magie noire, l’âme de la victime soit désormais capturée et asservie à la personne qui a voulu lui jeter ce sort.  Le résultat ici est que désormais la victime obéit au doigt et à l’œil à son bourreau, et chose plus vicieuse encore, c’est fait de telle façon que la victime pense que c’est tout à fait normal, elle pense qu’elle agit toujours d’elle-même, pourtant non, ses pensées et actions sont déjà contrôlées par une autre personne. Voilà, ce que cette femme avait fait à mon père. Vous savez, de tout mon vécu il y’a une chose que j’ai clairement constaté, nous les femmes, pour certaines d’entre nous, nous sommes cruelles, tellement cruelles, que je me demande parfois s’il y’a un être sur cette terre capable de plus de méchanceté que nous, j’en arrive même souvent à la conclusion que ce n’est pas par hasard que le diable était passé par la femme, c’est parce qu’il a vu la personne qui lui ressemblait, et qui était à même de l’aider à répandre le chaos et la pagaille sur la terre. Alors voilà, c’était mon quotidien désormais, entre esclavage, maltraitance de la part de la compagne de mon père, abandon à mon sort, j’essayais de survivre, à tel point qu’une fois même, ne supportant plus tout ca j’avais décidé de m’enfuir de la maison, mais malheureusement ils m’avaient retrouvée et ramenée à la maison, ce qui m’avait valu une bonne bastonnade de la part de mon père, oui, l’enfer forcé, dont je n’avais ni le droit, ni la possibilité désormais de m’échapper. Les années passaient, j’avais désormais 13 ans, le fils de mon père quant à lui avait déjà 5 ans. Il était le petit bout de chou choyé dans la maison, et moi j’étais là comme la servante de la maison, oui, c’est clairement comme ca que le tableau était peint. Je me fiche que ce gamin était innocent de la cruauté de sa mère, je le détestais tout autant qu’elle.  De toute façon, il est bien dit que les bénédictions, comme les malédictions des parents retombent sur les enfants, alors il était bien normal que la haine que je portais à sa mère retombe sur lui, n’est ce pas Père Dimitri ? -Père Dimitri :… (Silence) Ha ha, Je peux comprendre que vous ne répondiez pas, mais de toute façon vous savez, ce qui est fait est déjà fait, et j’ai impliqué ce gamin dans ma vengeance, et il en a d’ailleurs payé le prix fort, il le méritait pour avoir été le fruit de l’infidélité de mon père envers ma mère, en en plus de ca d’être venu prendre ma place dans la maison, au point où je passais désormais comme une vulgaire servante dans la maison. Peut-être est ce mal, peut-être ai-je péché, mais alors tant pis, je n’en ai plus rien à faire, que le diable m’emporte. J’avais donc désormais 13 ans, moi la servante de la maison, je ne sais même plus si je peux dire que j’étais élève car j’avais désormais de si piètres résultats à l’école, ceci dû à ma situation à la maison ; et tout le monde s’en fichait pas mal. Ma vie à la maison se limitait à travailler, travailler encore, être la servante de la maison, je n’avais plus de temps pour bien étudier.  Mon père quant à lui c’était comme si il avait tout simplement oublié que j’étais sa fille ; je vivais donc ma vie seule dans ma bulle, accumulant dans mon cœur haine et colère, que je finirais par faire ressortir au moment opportun, afin de faire payer tous ceux qui les avaient causés. Cependant voilà, il arriva une fois qu’un jeudi à l’école, on nous avait fait rentrer plus tôt que prévu, car il y’avait une réunion entre enseignants et personnel du lycée. À cette heure-là mon père était encore au travail.  Je suis donc rentré en avance à la maison, et comme j’avais mes clés j’ai ouvert la porte du salon qui était fermée à clé, et qu’est ce que je vois ? Je n’en revenais pas ; j’avais trouvé cette folle, sur le canapé avec un autre homme, tout nus en train de faire l’amour. Je suis resté scandalisée à les regarder et eux, en s’apercevant que j’étais là furent pris de panique. Ils se rhabillèrent et là cette folle sans vergogne dit carrément à son amant de se tranquilliser, qu’il n’y a même rien à craindre venant de moi de toute façon, elle le disait car elle savait que de toute façon elle manipulait mon père ; alors je vis son amant, un autre grand acteur de mon malheur dans cette histoire, se tranquilliser et reprendre ses aises. Ils finirent de se rhabiller devant moi et firent même encore sous mon regard quelques coquetteries, ils s’embrassaient, tout en se fixant une prochaine rencontre pour continuer ce que j’avais interrompu ; et en guise d’au revoir cet idiot que cette méchante femme avait ramené dans la maison pour tromper mon père, lui a donnée une paire de claque sur son postérieur charnu, et elle était là adorant ca. Il est tranquillement sorti, gaillardement sans une once de gêne, ils se sont même dits à la prochaine, tout ca devant moi.  Je suis donc restée là seule avec cette folle, et au fond de moi, j’étais très contente d’avoir un dossier aussi lourd contre elle, que je me serais fait une joie de dévoiler à mon père, afin qu’il la mette à la porte. Je me disais tout cela, car ignorant qu’elle avait jeté un maléfice sur mon père, et qu’elle n’en était pas à son premier coup d’ailleurs -MOI : Tu vas voir, mon père te mettra à la porte, toi et ton fils, car je vais tout lui raconter, et dans les moindres détails ! -La folle : Voyons donc, réellement ? Eh bien essayes, oses juste un peu ouvrir ta bouche à propos de ce que tu as vu, et tu vas comprendre… tu vas comprendre pourquoi et comment ta pauvre mère est morte…
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