James DUBOIS
Dire que je suis choqué serait un doux euphémisme. Mon cœur tambourinait tellement fort dans ma poitrine qu'à un moment donné j'ai bien cru qu'il allait sortir de ma cage thoracique. Croyez moi, je suis tombé des nues. Cependant, malgré l'afflux de sang qui arrivait à mon cerveau suite au choc que je venais de recevoir il y a une minute à peine, je tardais à comprendre la chose. Il faut croire que mon cerveau est resté bloqué sur l'information qu'il a reçu des instants plus tôt et n'arrivait pas à l'intégrer convenablement.
Je suis resté scotché là tel un idiot incapable d'avoir une seule pensée cohérente. Je continuais de fixer le gamin me demandant ce que j'ai bien pu rater en 7 ans. Après tout, je n'ai jamais eu de nouvelles d'elle après ce qui s'est passé ce soir là. J'ai préféré rester à l'écart de sa vie pour ne plus avoir à me ronger les sangs en me demandant si j'avais bien agi ou pas envers elle. J'ai tout fait pour l'eloigner de moi. Allant jusqu'à l'agresser verbalement.
Quelques minutes plus tard alors que le petit s’agissait encore, j'ai pu alors retrouver mes sens petit à petit. Je m'adressais donc à Keysha. Je n'en revenais toujours pas.
- Pourquoi ? Pourquoi Keysha ? Pourquoi tu m'as fait ça ? Pourquoi tu NOUS as fait ça ?
Elle m'a répondu en faisant semblant de n'avoir pas compris où je voulais en venir alors qu'elle sait parfaitement que je déteste ça. Elle cherche clairement à m'agacer.
- Pourquoi quoi ? Elle me sort mine de rien.
A cet instant, j'ai senti la colère m'envahir. Mon sang bouillonnait et ne fit qu'un tour. Toutefois je me suis démené à garder mon sang froid face aux petit qui nous fixait tous les deux sans rien comprendre.
Mon Dieu j'ai un fils ! J'ai un fils et je n'etais même pas au courant. Seigneur ! Pas besoin de sa confirmation je le sens, je le sais que c'est le mien. Les liens du sang ne se trahissent jamais. Au fond de moi je sais que c'est le mien. Il n' y a qu'à voir le petit pour me comprendre. On dirait que c'est mon double mais, en plus jeune. De plus Keysha n'est pas de ces filles qui trompent. Si l'on regarde bien le petit, je dirais qu'il a 6 ans ou presque. Cela correspondra bien à nos derniers moments ensemble elle et moi.
Elle n'a pas osé. Oh non ! Je ne crois pas. Ce n'est pas vrai, j'hallucine. Donc tout ce temps passé à l'étranger c'était pour ça en fait. Elle a eu le temps d'accoucher et de m'éloigner de mon bébé. La méchanceté de la femme peut aller loin. Je ne comprends plus rien. Ok j'ai fait le con. Mais de là à m'éloigner de mon enfant... non Keysha n'est pas comme ça.
- Pourquoi tu m'as fait ça Keysha ? Tu voulais te venger c'est ça ?
Je lui ai crié dessus.
- Tu ne me feras pas croire que tu voulais de ce gosse James. J'ai pris la meilleure des décisions pour tous les trois.
Je n'arrivais plus à me contrôler. A la limite je criais presque sur elle à chaque phrase que j'arrivais à prononcer. Elle me regarda avec tout les ressentiments du monde puis me lança avec rage
- Tu ne vas pas me faire une scène devant mon fils James. Je suis sûre que non. Tu n'es pas aussi sauvage pour en arriver là. Quoique ça ne m’étonnerait même pas de toi.
- Notre fils Keysha. Notre fils bordel de merde, je lui rappelle en hurlant.
Keysha réplique du tac au tac.
- C'est qui le père ? Celui qui le met ou celui qui s'en occupe ? Quand tu sauras répondre à cette question, tu viendras me parler d’enfant.
- C'est mon fils Keysha. C'est mon fils.
Keysha arqua les sourcils.
- Ton fils ! Je ne remarque rien d'un père en face de moi. Crois tu que c'est ainsi qu'un père réagit alors qu'il y a son fils à côté ? Ou dans le manuel de bordellerie que tu lis d'habitude c'est ce qui y est écrit dans le module comment se comporter face à son fils ?
Je l'ai ignoré car sinon j'allais cogner sa tête quelques part. Je me suis abaissé aux niveaux de mon fils essayant de lui faire la conversation et aussi éviter de le traumatiser en continuant cette scène publique avec sa folle de mère. Cela devrait m'aider à me calmer de lui parler.
- Salut champion ! Finis-je par me calmer. Je... je... euh... je suis un ami de ta maman.
J'essayais de sourire.
- Je m'appelle James DUBOIS. Et toi ?
Je ne trouvais pas grand chose à dire. Il a jeté un coup d'œil furtif à sa mère pour, à mon avis, avoir son feu vert. Elle a secoué la tête en signe d'un oui. Puis le petit m'a répondu tout juste après.
- Bonsoir monsieur ! Je m'appelle James Alexander BROWN, j'ai 6 ans. Mes oncles et mes grands parents m'appelle Xander et maman m'appelle Jamie. Dit monsieur, pourquoi tu as aussi le même prénom que moi ?
Je suis encore plus étonné en entendant le prénom du petit. Comme ça elle lui a donné mon prénom ! C'est encore plus surprenant sachant à quel point elle doit me détester. Je suis là à sourire bêtement à Jamie ne sachant pas comment répondre à sa question. Et lui, il continue de me regarder, une façon pour lui de me dire qu'il n'est pas prêt d'abandonner. J'ai donc essayé de répondre tant bien que mal à sa question. A cet âge les enfants sont très curieux. Trop curieux même.
- C'est parce que je...
Elle me coupa -je ne sais pas si c'est parce qu'elle avait peur que je dise à Jamie que je suis son père- en me lancant un regard noir lorsque je m'apprêtais à répondre et me dit :
- Choisis bien tes mots James pour parler à MON FILS.
C'est devenu encore plus difficile pour moi de trouver quelques chose à répondre. Alors je me suis tu. Ce n'était pas vraiment le bon moment pour cela de toute façon. Cela pourrait le perturber.
- Viens, on y va chercher ta glace Xander. Dis aurevoir au MONSIEUR.
Elle faisait exprès de s'accentuer sur le "monsieur" de quoi m'agacer encore plus que je ne l'étais déjà. Une façon pour elle de me signifier que je ne suis qu'un étranger dans la vie de mon fils. Elle sait où toucher pour me mettre en rogne cette fille. Elle me connait trop pour cela.
- D'accord maman.
Il obéit à sa maman. Mais au moment de partir il me propose une chose que je n'avais pas vraiment espéré venant de lui.
- Comme on a le même prénom tous les deux, tu pourrais être mon ami, pas vrai ? Tu veux bien être mon ami ?
- Bien sur mon champion. Je serai tout ce que tu voudras.
- Il peut être mon ami maman ?
- On s'en va mon chéri. Il ne faut pas trop fatiguer le monsieur.
Et ils sont partis en me laissant planté là comme l'idiot que je suis.
Un fils ! Dieu du ciel, j'ai un fils ! Je suis trop content de l'apprendre. Je ne savais même pas que je pouvais être aussi heureux d'avoir mon propre enfant. Normalement j'etais juste venu récupérer ma sœur et son fils qui étaient venu au parc. Sa voiture est restée au garage. Donc, j'ai attendu que Sophia (ma sœur) puisse sortir, elle et Jephté Anthony (son fils). Je les ai déposés chez eux et je suis rentré chez moi.
En arrivant là bas, je remarque que Gladys, avec qui je suis en couple depuis environ 2 ans maintenant, était à la maison. Tout comme moi, elle est française à 100%. Elle était super bien installée dans mon salon. Télécommande en main, elle était calée sur novelas tv à regarder je ne sais quelle bête feuilleton comme ça.
- Bonne arrivée mon cœur ! M'accueille Gladys sans se retourner.
- Merci ma puce.
Juste ça et elle s'est reconcentrée sur son émission. Pfff ! A son âge elle est là à regarder ses trucs de petites filles débiles. Mais bon, c'est juste Gladys. On ne peut rien y faire. Je suis allé l'embrasser sur le front et je suis monté prendre ma douche par la suite. Je l'ai attendu dans la chambre afin que l'on puisse discuter de nos journées respectives. Mais madame a préféré continuer de regarder sa telenovela de rien du tout. J'ai dû m'endormir espérant pouvoir avoir cette conversation avec elle demain à notre reveil au calme.