Après avoir été sur les lieux des incidents, Karl et ses troupes devaient maintenant retourner au palais royal pour faire le compte rendu de la situation. Là bas, tout le monde les attendait, dans un état d’anxiété, et chacun cherchait à se faire une idée sur qui pouvait bien être responsable de ca.
Le roi César O’Brien et le Général Arethur O’connor se concertaient
-Mon roi, et si c’était eux ? –demanda le général ?
-De qui veux-tu parler mon général ? –répliqua le roi
-Je veux parler des Tchiskar, mon intuition me dit qu’ils peuvent être derrière ca
-Mais enfin mon général nous en avons fini avec les Tchiskar il y’a bien des années déjà
-Mon roi, j’ai bien peur que votre mémoire vous fasse quelque peu défaut. Souvenez-vous que vous aviez autrefois épargné le prince Tchiskar, bien que je vous aie suggéré de l’éliminer aussi sans pitié
En écoutant cela le roi fut quelque peu secoué ; en effet sa mémoire n’était plus aussi fraîche que ca au vu de son âge avancé, et il avait oublié ce détail.
S’en rappelant maintenant, il commença aussi à craindre qu’effectivement cela puisse être un acte de vengeance de la part du prince Tchiskar, probablement déjà roi étant donné que ses parents étaient morts.
Mais parlant de leurs morts justement, et de quelles façons ? Ses deux parents furent tués devant lui, alors il avait dû grandir avec cette haine et un désir ardent de se venger. Toutefois jusqu’ici ce n’étaient que des spéculations, il fallait attendre que Karl rentre avant de commencer à envisager quoi que ce soit
-Mon général, peut-être avez-vous raison, peut-être s’agit-il de ce prince, peut-être que non, mais que voulez-vous ? à cette époque-là je ne pouvais pas me résoudre à tuer ce petit garçon. Mais si maintenant à cause de ma compassion mon royaume est en danger, eh bien j’en assume la responsabilité ; et je suis sûr que mon royaume est assez fort pour venir à bout de ce drame ci aussi.
-Vous le dites bien mon roi, en effet
Au même moment, les bruits des chevaux se firent entendre, Karl était de retour avec ses hommes. On convoqua alors tous les membres dirigeants du royaume pour une réunion extraordinaire.
Parmi eux, le roi, le général Oscar O’Connor, les deux princes Karl et Richard, et d’autres membres du corps militaire et du corps diplomatique. On demanda un compte rendu à Karl, il se leva alors et prit la parole, il n’en avait pas beaucoup à dire
-Chers membres décisionnels du royaume tous assemblés ici, je vous salue. Nous avons tous eu vent ou été témoins de l’attaque que nous avons subi tout à l’heure, de la part d’un ennemi que nous ne connaissions pas. Toutefois, je suis sûr et certain que dans les esprits de tout un chacun, tout le monde se fait une idée de qui peut être notre ennemi actuel. A cela cher tous, je ne peux que vous répondre que voici, ce qui a été autrefois continue encore d’être aujourd’hui.
A ces mots, il jeta sur la table autour de laquelle tout le monde était assis, un bout de drapeau qu’il avait récupéré de sa descente sur les lieux de crime tout à l’heure. Tout le monde pu alors reconnaître sans l’ombre d’un doute l’emblème des Tchiskar, ce qui entraîna une consternation générale de l’assemblée
-Les Tchiskar ! Encore ces maudits ! Ca n’en finira donc jamais ? –S’écrièrent quelques membres de l’assemblée
-Mais comment cela est-il possible ? Autrefois nous avions pourtant détruit tout ce qui était de ce royaume, non ? et nous avons exterminé tout le peuple, d’où vient encore ce groupe ci qui veut déclencher de nouveau une guerre contre nous ? –demanda un autre
Le roi César prit alors la parole
-Cher assemblée écoutez moi
-Nous t’écoutons ô roi
-Autrefois, nous avons en effet exterminé les Tchiskar, mais aujourd’hui, au vu des évènements que nous avons vécu, je vous l’avoue avec beaucoup de regrets, en ces temps-là j’avais épargné le prince héritier des Tchiskar, qui n’était encore qu’un tout petit garçon de l’âge de mes fils à l’époque, je n’ai pas pu me résoudre à le tuer. Je l’ai épargné lui et quelques autres hommes et femmes du royaume, et nous les avions juste forcés à partir loin en exil. Ayant tué leur roi je pensais que la chaîne de la haine se serait arrêtée à lui, mais hélas aujourd’hui je me rends amèrement compte que je m’étais lourdement trompé. Car voilà, le petit que j’ai épargné autrefois, a aujourd’hui grandi et désire me faire la guerre, probablement pour se venger et rétablir l’honneur de son royaume.
En écoutant ces mots du roi qui semblait se culpabiliser, Karl prit la parole
-Ne vous culpabilisez aucunement père ! Une bonne action ne peut récolter du mal. Vous avez sauvé la vie à ce jeune homme autrefois, et si aujourd’hui il désire s’en prendre à vous, qu’il sache qu’il trouvera en face de lui une armée Boslov, prête à tous les exterminer cette fois ci jusqu’à la dernière goutte de sang !
Ces mots rappelaient beaucoup les mots prononcés par le roi lui-même quelques années plus tôt, tel père tel fils, Karl avait vraiment hérité de toute la fougue de guerrier sur son père.
Les membres de l’assemblée étaient en train d’acclamer la décision de Karl, et inconsciemment, au bout de plusieurs événements de cette journée, en commençant par la victoire contre son frère Richard qui lui a valu les ovations de tout le royaume, et encore ses acclamations maintenant de la part des membres du conseil ; Karl commença à développer inconsciemment l’idée qu’il était déjà l’élu du peuple ; de plus encore que c’était lui qui était à la tête de l’armée, cette idée-là se renforça encore plus en lui, cette idée selon laquelle s’il fallait choisir un successeur à son père, c’était déjà forcément lui.
Cette idée n’était alors encore qu’au stade de semence, mais plus tard s’étant enracinée, elle sera la cause de gros problèmes.
Pendant que tous les membres de l’assemblée étaient alors en train d’acclamer la décision de Karl de se lancer en guerre, le roi César O’Brien et le général Oscar O’Connor restaient sur un air de méditation.
Une voix parmi toutes se fit entendre
-Je pense que c’est une très mauvaise idée
Tout le monde tournant les regards vers celui qui avait parlé, on se rendit compte que c’était Richard qui venait de parler
-Richard ? Mais enfin que dis-tu ? –Répliqua Karl
-Je dis que je pense que c’est une très mauvaise idée d’entrer en guerre
Tout le monde restait perplexe et étonné par rapport à ce que Richard venait de dire. Et quant au roi, il reconnaissait bien là son fils l’éternel pacifiste. S’il était d’ailleurs perplexe tout ce temps c’est parce qu’il attendait justement de voir ce que Richard allait dire dans cette situation.
Eh bien voilà donc, se disait-il, les avis sont sur la table, voyons donc bien qui défendra le mieux son point de vue, de telle sorte à sortir de cette assemblée avec une décision par rapport à ce conflit.
Karl se disait à l’intérieur de lui que cette intervention de son frère était juste due à une non envie de tout simplement accepter ce que lui il disait, de la jalousie peut-être ? Fait était que pour Richard, il n’en était rien, il raisonnait juste différemment comme d’habitude, ce que son frère Karl avait du mal à comprendre
-Alors tu estimes qu’après qu’ils aient bombardés une partie de notre territoire, faisant ainsi des morts, nous ne devrions pas riposter par la force ? Et que proposes tu donc ? Je suis curieux de l’entendre –dit Karl à son frère Richard
Celui-ci se leva alors pour prendre la parole, et toute l’assemblée y compris le roi était suspendue à ses lèvres car tout le monde se demandait bien ce qu’il pourrait dire. Il dit alors
-Tout d’abord cher assemblé décisionnelle bonjour ! Je peux me faire une idée de ce que vous êtes tous en train de vous dire ici en ce moment, en commençant par mon propre frère. Vous devez être en train de vous dire « ah ! Encore Richard cet éternel pacifiste qui croit toujours trouver un moyen de résoudre les problèmes par le dialogue ! ». Je le conçois, et je l’accepte car avec le temps je m’y suis déjà habitué, que ma façon de voir les choses peut exaspérer plus d’un. Cependant, permettez-moi tout de même de vous exposer ce que je pense, et de toute façon nous sommes bien dans une assemblée, non ? Si mon point de vue n’est pas validé il ne sera tout simplement pas appliqué, alors souffrez donc s’il vous plaît, de m’écouter pour quelques minutes
Pour détendre l’atmosphère après cette introduction de Richard, car ses prises de paroles installaient toujours à chaque fois une atmosphère très sérieuse, le général Oscar O’connor fit semblant d’être en train de dormir, et simula des ronflements.
Une blague que tout le monde compris, et ainsi ils se mirent tous à rire, y compris le roi et le général Oscar O’Connor
-Ah mon fils ! Ta réputation d’homme de dialogue n’est vraiment pas usurpée. Vois comment juste avec ton introduction tu as déjà réussi à rendre l’atmosphère silencieuse, ha haha.
Et tout le monde se mit encore à rire, puis Richard continua
-Il est de bonne augure que nous venions de rire, car ce qui va être dit maintenant entre dans un registre très sérieux, écoutons. Tout d’abord, c’est vrai nous avons été attaqué, par les Tchiskar parait-il…
-Parait-il ? Mais c’est un fait ! –interrompit Karl
-Fait non avéré – répliqua Richard – On sait juste qu’on a trouvé un emblème des Tchiskar, mais rien n’assure qu’il s’agit d’eux. Il peut bien s’agir de brigands voulant se mettre sous le label des Tchiskar pour faire un peu plus sensation. Ce qui m’emmène donc à mon point qui est que : Nous ne pouvons pas décider d’entrer en guerre alors que nous n’avons aucune certitude de qui est notre ennemi. D’ailleurs de plus, on ne sait même pas où les trouver à ce que je sache
-Très bien –dit Karl –ta théorie se base sur le fait que nous ne savons pas qui est notre adversaire, mais admettons que nous nous basons sur ce que nous voyons et qu’on déduise que ce soit les Tchiskar, qu’en sera-t-il ?
-Très bien, en admettant que ce soit les Tchiskar, dans ce cas-là ils nous attaquent probablement parce qu’ils veulent quelque chose
-Probablement encore du territoire comme depuis toujours –dit le Général Oscar O’Connor
-Eh bien dans ce cas –enchaîna Richard –Il peut donc y avoir moyen de trouver un arrangement de telle sorte à ne pas entrer dans un conflit. Vous savez bien comme moi ce qu’implique une guerre, beaucoup de ressources matérielles, humaines, et j’en passe. Je conçois qu’on puisse en arriver à cela mais s’il faille mettre tant de ressource en jeu, pourquoi s’il est possible, ne pouvons-nous pas d’abord chercher un moyen d’éviter cela ?
-Je vois clairement le point que tu essayes d’exposer mon fils –dit le roi –Mais tu sais j’ai déjà eu à me frottez maintes fois aux Tchiskar pour des pourparlers, et je peux t’assurer qu’ils ne sont pas du tout faciles. Si ce n’est pas qu’ils sont de mauvaise foi, ils sont exorbitants et déraisonnables dans leurs demandes
-Je comprends père mais nous devons quand mêmes essayer, on ne sait jamais, le nouveau roi pourrait être plus raisonnable que ses prédécesseurs.
Après cette discussion, se remémorant les dommages et pertes que les autres guerres dans le passé avaient occasionnés au royaume, les membres en venaient à être d’accord sur le fait que s’il et tant qu’il était possible de trouver un moyen d’éviter une guerre, alors il fallait le saisir. Un point de vue que Karl, le farouche guerrier, peinait à rejoindre.
Il prit de nouveau la parole pour s’adresser à son frère et à toute l’assemblée
-écoutez, le point de vue de mon frère semble logique, et peut-être même raisonnable, mais d’après moi il est irréaliste et nous met dans une position où nous continuerons de subir des attaques pendant que nous chercherons à pacifier. Souviens-toi Richard lorsque nous étions petits et que les enfants de la basse-cour voulaient prendre nos vêtements ; le temps et l’énergie que tu prenais pour négocier était vain car au final ils restaient toujours sur leur positions de vouloir nous dépouiller. On ne peut pas tout résoudre par le dialogue et la diplomatie. Il vient des moments ou frapper est la seule action possible. D’ailleurs, en admettant qu’il faille discuter, eh bien où les trouverons nous pour discuter ? On ne sait même pas où se trouve leur territoire, car le territoire occupé par les Tchiskar autrefois a été complètement rasé
-Pour cela, je sais à peu près comment fonctionne des peuples belliqueux. Ils viendront eux même à nous, pour cela j’en suis sûr. Et de toute façon si non, la prochaine fois qu’ils nous attaquerons nous pourrons capturer leurs hommes et leur tirer des informations.
Beaucoup de choses se sont encore dites dans cette réunion, au bout de laquelle finalement ils ne réussirent pas à se mettre d’accord sur la marche à suivre. Ils ajournèrent la réunion et la programmèrent pour une autre fois, espérant pouvoir cette fois-là trouver la solution : le dialogue ? Ou alors la guerre ?