IXLe jeudi suivant, dans l’après-midi, Manon monta à la forêt de Courbarols, en compagnie de Thérèse et de son frère Joseph, un garçon de dix-huit ans, paisible et tenace, volontiers taciturne, que Mlle Flore comparait aux grands bœufs qui ruminent en regardant toutes choses d’un air tranquille. La vieille demoiselle avait refusé d’être de la promenade. Ses jambes, déclarait-elle, lui refusaient le service sur une route telle que celle du château. Mais elle avait confié sans hésitation sa pupille aux jeunes Clomart, accoutumés à faire fréquemment ce trajet. Manon, vive et rieuse, montait d’un pas allègre, en dépit de la chaleur brûlante de cet après-midi. Elle pensait à la noire forêt, qu’elle allait enfin connaître. Tout ce qui était mystère, légende, l’attirait vivement. Parfois, elle

