Le coeur a ses raisons...

1864 Words
Une semaine plus tard… Cela fait quelques jours que je suis plongée corps et âme dans la fabrication d’un nouveau parfum avec mon équipe. Je me suis mise tellement à fond là-dessus que l’épisode avec le fameux Ethan m’est sorti de la tête. Enfin… pas totalement, mais je n’y pense presque plus, c’est déjà ça. Après, je vous vois venir avec vos réflexions selon lesquelles je suis potentiellement amoureuse. Écoutez, je ne sais pas aimer et je ne crois pas au coup de foudre. Pour moi, il n’y a que le sexe qui est authentique et encore pour ça, il faut dénicher le bon partenaire. Les sentiments et tout ça, je ne préfère pas m’y attarder, donc… enlevez de votre esprit cette pensée. D’ailleurs, pensez ce que vous voulez ! Cela m’est égal. Pour être toutefois franche, au départ, je trouvais Ethan attirant, mais je me suis très vite méfiée. Je ne peux pas comprendre comment une personne peut avoir des idées aussi sordides au point de s’incruster dans mes locaux et me mater en train de me faire s***r par mon assistante. J’avoue être très ouverte d’esprit, mais cela va au-delà de mes cordes, car c’est un parfait inconnu. Il me met mal à l’aise avec son regard perçant, son rire sordide et ses manières. De plus, je ne sais rien de ses réelles intentions à part ce qu’il m’a dit. C’est peut-être un malade mental qui prend les femmes qui lui plaisent pour ses choses et je n’ai aucune envie de me mettre dans cette position. Et non, je n’essaie pas de trouver des excuses, mais j’expose les faits ! D’ailleurs, j’ai pris les mesures nécessaires afin de renforcer la sécurité d’immeuble de ma société. Il n’est pas question qu’un autre fou, démarque et se faufile en douce çà et là. Je n’ai pas voulu partager l’histoire avec Olivier, mais ce n’est pas l’envie qui me manquait. De toute façon, ce n’est pas une très bonne idée vu qu’il s’agit de quelqu’un qu’il connait personnellement. Après… moins j’y accorde d’importance et plus vite cela passera aux oubliettes et c’est exactement ce que j’ai fait ces derniers jours. C’est ainsi que les heures puis les jours sont passés, de façon monotone. Vêtue de ma blouse blanche, mains gantées, lunettes de protection… aahh ! même dans cet ensemble, je me sentais très sexy et attirante. C’est tout à fait le cas, je n’y pense pas autrement. Observant le bécher que j’ai en main, je le porte à mon nez plusieurs fois, pendant quelques secondes. - J’ai l’impression qu’il manque quelque chose. - Plus d’huiles essentielles ? Du macérat huileux peut-être ? me demanda Harold, notre plus jeune stagiaire. - Non, je ne pense pas. - Pour moi il est parfait !, reprit-il en souriant. - Oui... mais pas vraiment assez à mon goût. Je sais que j’en fais un peu trop parfois, mais nos clients s’attendent à chaque fois à quelque chose d’unique, de différent. On doit parvenir à chaque fois, arriver à satisfaire ces exigences et même au-delà. Je me tourne vers le responsable de l’équipe un, qui refermait un flacon. - Owen ? Arrêtons-nous là pour aujourd’hui. Je vais continuer à réfléchir, afin de voir si une idée me vient. Prenez votre journée. Dis aux autres qu’ils peuvent rester chez eux les deux prochains jours. On se retrouve Jeudi ! nous avons travaillé sans relâche et même le week-end dernier. Chacun a besoin d’un temps de repos. - Très bien, madame, merci, répondit-il, un immense sourire aux lèvres. L’une des plus grandes leçons que j’ai apprises en business, c’est qu’il ne faut pas hésiter à considérer les besoins de ses employés parce que quoi qu’il en soit, s’ils se sentent lésés et mal traités, ils n’auront aucune hésitation à vous faire des coups bas. Après, cela ne veut aucunement dire qu’un bon traitement garanti une dévotion et une loyauté sans faille de tous. Ainsi, je quittai le labo avec le reste de l’équipe et me rendis dans une pièce où j’ai ramené quelques affaires afin de me changer après les expérimentations. Elle me servait de reposoir la plupart du temps. Je l’avais fait aménager et rembourrée afin qu’aucun bruit ne puisse en sortir. C’était mon isoloir en d’autres termes. J’en profitai donc pour prendre une bonne douche. Le contact de l’eau sur ma peau caramélisée était tellement apaisant… Oui, il faisait très chaud en ce moment et j’avais bronzé malgré moi. Pas que je sois tout le temps sous ce soleil ardent, mais ma peau est extrêmement fragile. Je prenais donc mon bain et soudain, j’entendis un bruit puis je sentis deux mains dans mon dos. Je sursautai sur le moment et me retournai pour l’embrasser. Il répondit aussitôt. Torse nu, le pantalon qu’il portait se mouilla en quelques secondes. - Tu devrais l’enlever…, lui dis-je, le souffle court. - Petite coquine ! Il arrêta de me caresser les tétons pour se débarrasser du pantalon et de la petite culotte qu’il portait en dessous. Aussitôt fait, il me souleva et me plaqua contre le mur en carreaux avant de me pénétrer d’un coup. - Tu m’as manqué…, me susurra-t-il à l’oreille en allant et venant en moi. - Pas à moi. Je ne manque pas de prétendants. Même si… ça fait du bien, là, maintenant. Ma réponse le fit éclater de rire puis il s’enfonça brutalement en moi. - Tu sais que je n’aime pas te savoir dans le lit d’autres hommes. - Je ne suis pourtant pas à toi et je fais ce que je veux. Je n’appartiens à personne. - A moi, si... Un peu. - Nullement. Je ne serai jamais à personne et encore moins à toi, claquai-je. Il me culbuta encore plus violemment. C’était bon de titiller ainsi sa colère. Je savais que ça le rendait furieux que je lui dise aussi clairement les choses, mais je n’en avais cure. Ce n’était pas dans ma nature de bercer les gens d’illusions, juste pour qu’ils soient confortés dans leurs utopies. La réalité, la vie, n’avaient rien de féerique. Ses caresses m’enivraient toutefois. Plus il me possédait et plus, j'en voulais, mais pas dans le sens où il ne s’agissait que de plaisir. Il y avait en moi cette rage que j’avais du mal à cerner. C’’était comme si j’essayais de me punir de quelque chose que je ne me rappelais pas avoir fait. - Frappe-moi ! - Tu es sûre ? - Vas-y. Il leva la main et la rabattit violemment sur mes fesses à plusieurs reprises. J’aurais dû avoir mal, mais au lieu de ça, j’avais l’esprit ailleurs. Notre moment ne dura pas tant que ça et je pris à peine mon pied... Il savait bien ce dont j’avais besoin et n’hésitait pas à me l’offrir, mais cette fois-ci, j’avais eu du mal à faire le vide. Par ailleurs, l’une des choses que je détestais chez lui, c'était son caractère possessif. Il refusait de se mettre dans le crane que je n’appartenais à personne et encore moins à lui qui était de surcroit marié. Lorsqu’il se retira de moi, laissant mon entrejambe dégoulinant de sa semence, il me fixa longuement comme s’il voulait me faire un reproche. L’ignorant complètement, j’ouvris le robinet et l’eau se remit à jaillir. C’était tellement bon… - Sage. - Hum ? - J’ai l’intention de divorcer. Cela me fit rire. - Qu’est-ce qu’il y a de drole ? me demanda-t-il l’air vexé. - Pourquoi veux-tu quitter Samantha ? - Nous ne nous comprenons plus et j’ai l'impression d’étouffer dans cette relation. Elle le sait bien et je crois que c’est la meilleure décision qu’on puisse prendre pour notre bien à tous les deux. - Est-elle d’accord avec cela ? - Elle ne le conçoit pas totalement de la même façon. Pour elle, nous pouvons encore nous rattraper. - Pourquoi tu ne l’écoutes pas ? - Tu le sais bien. - Et toi, tu sais bien que je ne cautionne pas cette folie. Je t’ai répété plus d’une fois que je ne me mettrai jamais avec toi alors si c’est pour moi que tu veux foutre ta vie de couple en l’air, tu ferais mieux d’y réfléchir mieux. Cela n’en vaut vraiment pas la peine, Olivier. Son visage se décomposa lentement puis il fit d’un air résigné : - Hummm… Je pris mon bain comme si de rien n’était, quittai la douche et pendant que je m’apprêtais, je le vis sortir à son tour. - Pourquoi ne veux-tu pas accepter mon amour, Sage ? Je pourrai te rendre tellement heureuse… - Parce que tu ne m’aimes pas. Tu es juste obsédé par moi ou plutôt par mon corps. De plus, je suis bien heureuse toute seule. Je n’ai pas besoin de quelqu’un pour le faire. Arrête surtout de raconter des inepties et réconcilie-toi avec ta femme. Vous avez deux enfants qui n’ont nullement besoin de drames. Que nous baisions deux, trois fois en passant est une chose, mais ne pense pas que cela ira plus loin. Et si je me rends compte que tout ceci empiète sur notre relation professionnelle, je me verrai obligée de te demander de rendre ta démission. Ne quitte pas Samantha pour une broutille. - Je suis désolé Sage, mais ma décision est prise. - Fais le si tu y tiens et si tu veux, mais ne pense pas un seul instant que cela pourrait changer quoi que ce soit entre nous. Je suis fatiguée et cette discussion commence par me donner des maux de tête. Je m’en vais chez moi maintenant et tâches de m’écouter au lieu de faire des bêtises. *** Au volant de ma voiture, je commençai à me sentir mal tout à coup. Je n’arrivais pas à savoir exactement le pourquoi mais une profonde tristesse s’éprit de moi. Par le plus grand des hasards, lorsque j’arrivai chez moi ma mère m’y attendait. - Maman ?! m’exclamai-je l’air surpris. - Hi Sage! How are you, my little candy? J’affichai un faible sourire. - Tu es là depuis ? Pourquoi ne pas m’avoir appelé ? Je serai vite venue. - Oh non, je ne me suis pas ennuyée. Te connaissant, je savais bien que ta cuisinière ne serait pas là alors, je l’ai appelé. Elle est venue aussitôt et m’a fait de bo ns petits plats. D’ailleurs, il en reste pour toi dans le réfrigérateur. - Merci. C’est assez bizarre toute cette attention, tout d’un coup. Elle se mit à rire. Sephora était une très belle femme. J’ai pris certains traits de son visage et surement de sa personnalité. Je dirai qu’à mes yeux, c’est la plus belle femme avant moi. Même si nous n’avions pas une relation mère-fille exceptionnelle, je l’aimais beaucoup. Elle n’avait pas l’habitude de parler d’elle ni de ses sentiments. De ce qu’elle avait vécu avant ma naissance. Elle ne disait jamais si elle était heureuse, si son mode de vie était celui qu’elle avait toujours voulu et j’avoue que jamais toutes ces questions n’avaient vraiment eu de l’importance à mes yeux. Pourtant, ce soir-là, je voulais qu’on soit beaucoup plus proches, qu’on puisse se confier l’une à l’autre… j’avais besoin de ma Mère.
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