Tout pour t'avoir.

1436 Words
Il me fallait mettre tout cela au clair. Je soupirai. - Ethan… je ne sais pas si c’est réellement ton prénom, mais je te le redemande et cette fois-ci, j'attends d’avoir une explication claire et précise. Saches qu’une chose que je déteste parmi tant d’autres, c’est qu’on me fasse perdre mon temps, car il est très précieux à mes yeux. - Je l’imagine. - Alors dit moi concrètement à quoi rime tout ceci, car le discours selon lequel tu veux t’associer à ma société, je n’y ai pas cru un seul instant. - Pourquoi es-tu venu dans ce cas ? me demanda-t-il un petit sourire aux lèvres. Très certainement, il avait senti qu’il me faisait de l’effet. Il en jouait ! - Que veux-tu ? - Toi. - Sa réponse était spontanée. Aucune note d’hésitation. Son regard était perçant. Presqu’intimidant. Je risque de le répéter plusieurs fois, mais croyez-moi, je ne me laissais pas déstabiliser aussi facilement. Que les rôles soient inversés en cet instant me mettait dans des états que je peinais à comprendre. Ethan se pencha vers moi. J'ai crû bêtement qu’il allait m’embrasser, mais non. Il se contenta de replacer une mèche qui s’était échappée de mon plaquage. Je ne pus m’empêcher de frissonner. Il ne manquait plus que ça ! - Je t’explique donc, vu que tu insistes. Je suis Ethan Quenum. Ingénieur en informatique et propriétaire d’une boite d’importation de logiciels informatiques. Cela fait six mois que je te suis sur tous les réseaux. La première fois que j’ai vu l’une de tes photos sur le net, je me suis littéralement mis à baver. - C’est dégoutant ! m’offusquai-je. Il éclata de rire. - Je plaisantais. - Très mauvais gout ! Tu ferais mieux de te concentrer sur l’informatique. Il rit encore. - Bref, plus sérieusement, j’ai été attiré par ta beauté et je suis le genre d’homme qui ne recule devant rien lorsqu’il veut quelque chose. Je me suis donc mis à t’observer, de loin bien sûr. J’ai découvert pas mal de choses te concernant, notamment, le charme irrésistible qui fait mettre à tes pieds n’importe quel humain. Cela a attiré ma curiosité. Je ne suis pas un saint, je te le confie. J’ai autant que toi cette fougue des plaisirs charnels et c’est toi que je veux. - Tu me prends pour une vulgaire marchandise ? - Bien sûr que non. Je t’estime plus que tu ne le crois. Je te désire et je ne vais pas me cacher de le dire. Tu es entièrement toi et c’est l’une des choses qui me poussent inexorablement vers toi. - Tu ne me connais pas. Je ne pense pas que ce soit très éthique de te baser sur des suppositions. - Ce n’est pas le cas. J’ai pris le temps d’en apprendre sur toi. Une personne sensée se serait levée, aurait pris ses clics et ses claques et serait partie, mais j’étais toujours là, comme scotchée à ce maudit fauteuil. D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi je prenais du plaisir à écouter ses paroles. Tout le monde sait que la plupart des hommes sont prêts à vous servir des discours des plus mielleux lorsqu’ils cherchent à obtenir les faveurs d’une femme et cet Ethan machin truc, n’en faisait sûrement pas exception. Pourtant j’étais toujours là et je l’écoutais. Déjà, il reprenait : - Ce matin… lorsque tu t’es laissé enflammer par ton assistante… - Pardon ? - Je vous ai vu ! Mes joues virèrent immédiatement au rouge. Tellement de questions me passèrent au même moment par la tête. Comment avait-il pu ? - Comment ça tu nous as vus ? - Je vous ai vu, c’est tout. - Comment as-tu fait ? Tu n’étais nullement censé être là en ce moment précis. - Cela te dérange ? - Evidemment que oui ! explosai-je. Qui t’a laissé monter jusqu’à mes locaux ? - Ne te met pas dans cet état. - Et comment ? Non seulement tu m’espionnes sur les réseaux, mais de là à pénétrer mes locaux, c’est inadmissible ! J’avoue, j’étais furax. Tout ça allait beaucoup trop loin. - Calme-toi, s’il te plait. Je n’avais pas l’intention de te mettre en colère. Je… écoute, je ne suis pas le genre d’homme que tu penses. Je ne suis guère ici pour te faire du chantage, je ne suis pas un taré ou quoi que ce soit d’autres. Je suis sincère quand je dis que tu m’attires beaucoup et tout ce que je veux, c’est toi. - Tout ça pour du sexe ?, m'écriai-je, au point qu'une ou deux personnes aux tables voisines tournèrent la tête vers nous, surprises. Ethan lui paraissait tout à fait calme. On n’aurait même pas dit que la situation le gênait. - Tu sais quoi ? repris-je. Ça suffit, j’en ai assez entendu et j’ai du mal à comprendre ce qui est en train de se passer ici. C’était une erreur d’être venue. Je pris mon sac et tentai de me lever, mais il m’arrêta en disant : - Tu es accro aux plaisirs charnels et moi, je veux d’une nymphomane comme toi parce qu’on est pareil. Je saurai te combler à chaque fois que tu le voudras. Je n’appartiendrai qu’à toi. Il n’y a aucun piège, juste ma sincérité et je t’assure que je ne suis pas près d’abandonner, peu importe ce qui adviendra, peu importe le temps que ça prendra. Je te demande juste de ne pas me juger sur le coup et de m’écouter. Je restai un moment immobile puis je me rassis. Il fallait que je me reprenne. Ce n’était pas dans mes habitudes d’avoir ce genre de réaction, voyons ! Je restais toujours maîtresse de mes émotions. Pourquoi… lui… il parvenait à me faire sortir de mes gonds. - Merci, dit-il en me voyant reposer mon sac. Olivier... - Que vient-il faire dans cette discussion ? - C’est une connaissance de longue date et… - Et ? - C’est grâce à lui que je suis rentré, mais je ne voudrais pas lui créer de problèmes. J’ai pris son PASSE sans qu’il ne le sache, la veille lorsqu’on s’est rencontré après le boulot. De base, je voulais juste te voir de prêt parce que je ne te suivais que sur les réseaux et je venais juste de rentrer du Bénin. - Du Bénin ? - Oui, j’y ai une société. Ma mère est à moitié Béninoise en passant. J’ai des filiales au Bénin et au Nigeria. La structure mère est implantée ici. - Je vois. - Je suis rentré en douce dans ton bureau et je me délectais de tes photos accrochées au mur lorsque je t’ai entendu rentrer. Je me suis caché. Ensuite, Sarah est rentrée et… tu connais aussi bien que moi la suite. Je n’ai pas pu m’empêcher d’être excité en te voyant jouir sous ses caresses et cette fois-ci, c’était vraiment pour de vrai. Ce n’était pas dans mon sommeil comme je l’ai tant de fois, rêvé. J’aurais cependant bien aimé être à sa place en ce moment précis. Après, il m’a fallu trouver cette excuse pour avoir un rendez-vous avec toi et te dire toute la vérité sur notre rencontre. J’étais simplement bouche bée. Son franc-parler me choquait un peu alors que c’était mon quotidien à chaque fois que j’abordais quelqu’un à mettre sous ma couette. Je crois que cela me dérangeait parce que d’habitude, c'était moi le chasseur et non la proie. Je pris cependant un ton neutre et lui demandai : - Donc si je récapitule, tu as volé la carte de mon DRH pour avoir accès à mes locaux. Tu as infiltré mon bureau et tu m’as épié à mon insu avant d’inventer une histoire pour m’inviter ici. Sais-tu au moins que je peux porter plainte, là, tout de suite ? - Tu n’as pas de preuves ! se moqua-t-il. Et puis je suis sûr que tu ne le feras pas. Un sourire au coin des lèvres, je sortis mon téléphone et le fis écouter une partie de tout ce qu’il venait de dire. Lentement, je vis son visage se décomposer et son sourire mourir au même rythme. - Je ne sais pas qui tu es et encore moins ce que tu me veux, mais tâches de te tenir loin de moi et de ne surtout pas me chercher car tu ignores ce dont je suis réellement capable. Salut ! Cette fois-ci, je me levai pour de bon et quittai le restaurant sans même avoir touché à mon verre de vin. J’avais la gorge nouée, l’esprit embrouillé et le cœur battant. Que m’arrivait-il ?
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