Chapitre 1
La journée est tellement ennuyante. Cette poussée de chaleur, le ciel bleu et ensoleillé, les feuilles vertes qui brillent aux éclats sous les rayons de soleil. Tout ce paradis. À l'extérieur tout est comme un rêve devenu réalité.
Au fond tout est de la m****. Rien ne se passe jamais comme tu le souhaite.
Je suis là en train de regarder mon reflet sur le miroir au pied de mon lit. Je ne vois que cette cicatrice sur mon bras et les bleues sur mon visage. J'ai tellement été amochée que personne n'ose me regarder. Tous sauf une. Ma meilleure amie. J'aurai aimé la voir en ce moment lui expliquer ce qui m'arrive. Malheureusement c'est impossible. La vie que j'ai n'est pas celle dont prétends les autres.
Une pierre vient casser ma fenêtre. Je me lève en soupirant sachant que c'est les jeunes de mon âge qui habitent pas très loin d'ici pour se moquer.
Je leur est apparu sur la fenêtre, ils ont ris et sont partis sur leurs motos.
Je déteste tellement ma vie que je ne peux malheureusement pas m'en plaindre. Je me fais harceler depuis toute petite en raison de la relation de mes parents qui est très connue n'importe où. On me voyait juste comme un intermédiaire pour leur faire passer le message que ce sont des abrutis.
Je me bats pour moi-même dans ces cas là. Parfois je me défends et cela se termine par une baston, une exclusion et par la suite une énorme punition de mon père qui ne prend rien à la légère et enfin revenir à l'école et etc... Toujours la même routine tous les jours de la semaine, exceptés les weekends où ils viennent devant chez moi nous balancer des œufs pourris aux murs, casser les fenêtres ou crier nos noms sous formes d'insultes. Et je peux vous dire que ça marche. Nos voisins nous voient désormais comme des bêtes de foire.
J'ai appris au cours de ma vie qu'il faut saisir l'opportunité de ce que l'on a. Moi je n'ai rien pourtant je vis avec et cela me convient.
_Nyria! Descends tout de suite! J'aurai besoin de ton aide s'il te plaît ! Cris ma mère sûrement de la cuisine.
Je referme mes rideaux avant d'aller la rejoindre.
Elle voulait que je fasse la vaisselle pendant qu'elle prépare le dîner.
Elle vit d'abord mon visage et mon bras bandé d'un tissus blanc d'où apparaît une partie de sang.
Je l'ignore une fois de plus et commence ce qu'elle m'a ordonné de faire. Pendant qu'elle s'occupe encore dans la cuisine, je sors pour remonter dans ma chambre. En arrivant dans les escaliers je croise le regard mafieux de mon père.
Il reprends sa route vers le salon, là où personne ne peut lui donner d'ordre comme dans le reste de toute la maison.
Je remonte dans ma chambre, blessée.
Quand vous croyez ne rien avoir, n'oubliez jamais qui vous a donné vie et continue de vous garder chez lui peu importe qui tu es mais à condition de te faire tout ce qu'il souhaite.
Pour l'instant j'avais envisagé un moyen de cesser ce c*****e. Et ceux, jusqu'à la fin de notre vie.
J'ai opté pour la plus simple pour moi. Maman ne prend jamais mes projets au sérieux, par ordre de mon père.
C'est alors que j'entre dans leur chambre à eux. Il y a un matelas au sol, vieux et poussiéreux. Je le reconnais comme deux gouttes d'eau. C'est celui où... Non, je ne veux pas entrer dans ces détails. Pendant que mon père s'occupe seul devant la télévision, je fouille dans ses tiroirs. En tant qu'homme à donner des ordres concrets, il doit sûrement posséder quelque chose qui a du effrayé ma mère, cette femme forte et courageuse qui n'a peur de rien a été vaincue.
J'ai réussi à trouver un flingue, un PX49 silencieux dans une boîte à chaussures.
Je vérifie qu'il est chargé, deux balles ça suffira.
Au moment de passer à l'acte, toujours vérifier ce que l'on a. Si nos vêtements vont à l'encontre des problèmes qui mèneront à l'échec. Si votre vue n'est pas perturbée par vos cheveux ou quoi que ce soit. Ne jamais porter ce qui est bruyant sinon l'ennemi aura plus l'avantage de tes avances. Faire en sorte qu'il n'y a aucune autre victime a part celle désignée et ensuite savoir bien viser et ne jamais avoir peur de tirer. Des vies peuvent en dépendre de ce choix, je le sais, la mienne y compris.
J'accroche l'arme à ma ceinture pendant que je me recoiffe à la va-vite. Je rajuste mon jean et mon tee-shirt qui commence à coller sur ma peau à force d'avoir peur. Mais ce n'est pas un m*******x qui va m'en empecher de réaliser mes rêves.
Je n'ai voulu que ça depuis toute petite. Voire avant ma naissance, je l'ai ressenti dans tout mon être que ma vie sera un enfer et je dois y mettre fin.
Je descends les escaliers dans le seul but pour le moment de garder le silence, éviter d'éveiller les soupçons de ma mère qui pose un regard sur moi en remuant la soupe dans la marmite.
Je marche normalement, ne jamais montrer signe qu'on est stressé.
Je m'avance vers le fauteuil où il se trouve. Je ressors mon arme déjà prêt à tirer.
Je suis postée devant lui, l'arme visant de près sa cervelle.
Il eteignit la télévision et y vit mon reflet.
Il se leva précisément de sa chaise avant de se jetter sur moi. J'arrive à esquiver ses coups, en deux trois mouvements. Se faire torturer toute sa vie peut tout renforcer en soi.
Il essaie à maintes fois de me frapper à la tête, chaque fois, son poing cogne le mur.
Je lui donne un coup de pied dans dans le genou, il se flanche. Puis un deuxième sur le côté de la tête, ce qui lui vaut de tomber à la renverse sur le fauteuil et tomber avec.
Je braque de nouveau mon arme sur cet homme souffrant de douleur à mes pieds.
Ma mère sortit de la cuisine. Sa réaction n'était d'autres que de la peur en me voyant. Elle a subi bien des choses aux côtés de cet homme, je ne veux que son bien à elle aussi. Dans la vie faire des sacrifices est primordial.
Mon père me souriait. Depuis toujours, ce sourire malsain dont j'ai toujours voulu effacer de son immonde visage.
Je n'ai pas hésité une seconde... J'ai tiré entre les deux yeux.
Ma mère par la suite s'est jeté sur son corps, le suppliant à chaudes larmes de ne pas la laisser.
Puis elle pose un regard sur moi. J'étais à bout de souffle. Ce n'était pas la peur qui m'a rendu ainsi, c'était l'impatience de tuer mon père. Elle va m'en vouloir c'est sûr mais elle ne supportera pas de m'ignorer.
Elle me regarde mal, je la comprends en partie. Je savais qu'elle l'aimait malgré ce qu'il lui fait. Mais ici, maintenant c'est moi qui décide.