J'ouvre les yeux. Où suis-je ? Ce n'est pas ma chambre. Les murs sont rouges. Les meubles sont blancs. Il y a des plantes. La pièce est tellement grande et bien décorée. Mais où est-ce qu'on m'a emmené ?
Le lit est super confortable ! Je n'ai pas envie de retirer une main dessus. Mais là n'est pas la question. Je me redresse, recherchant une autre personne à qui parler. Personne. À part qu'il y ait un autre lit à l'opposé du mien.
Je regarde mes jambes. Je porte toujours mon pyjama, un short et un débardeur. Mais sans la robe de chambre. Ma cuisse a été bandé. Je pose une main dessus. Je n'ai pas mal. Comment ça se fait?
Je descends du lit. Sans aucune douleur. Dans quelle dimension suis-je ?
La porte. Ou les deux principales. L'une près de l'autre lit et l'autre près du mien. Lequel est la sortie ?
Am-stram-gram.
Porte près de mon lit.
Je l'ouvre. Elle mène à un vaste couloir, dont chaque côté comporte douze portes en bois... Bois de rose?
Je n'y fait pas attention.
J'arrive devant une porte d'ascenseur. Je ne connais rien de cet endroit, comment je vais m'orienter? Je ferai un décompte entre temps pour savoir où le hasard me mènera.
J'appuie le bouton. Les portes s'ouvrent. J'entre. Les portes se referment.
Bon. Voyons, dans quel étage je me trouve ?
47.
Il y en a ici 53. Je ferme les yeux et appuie sur un bouton au hasard. 53. Cool. On verra ce qui va m'attendre.
Cet endroit n'a rien à avoir avec un appartement normal. En dirait une entreprise vitrée jusqu'à la moelle. Rien ne peut nous échapper depuis les fenêtres.
53!
OK. Surprise!
Les portes s'ouvrent. Cet étage aussi a un vaste couloir. Mais c'est celle au fond entre toute qui m'intéresse. Je passe le couloir en deux secondes et ouvre la porte sans frapper. À l'intérieur, je trouve un bureau, bien rangé. Plusieurs bibliothèque rempli de classeurs, portfolios. Des dossiers personnels ? J'approche une étagère et en prend un. De couleur bleu cobalt. Je l'ouvre... Minute... C'est moi...
"Nyria Harryson
Âgée de 16 ans. Née le 16 octobre 2004
Mère : Andréa Mélina.
Date de naissance: 20 Janvier 1975
Décès : 30 Mars 2020
Travail: aucun
Père: Harrys Evan
Date de naissance : 1 Juin 1966
Décès : 5 Septembre 2019
Travail: Inconnu.
Fratrie: aucun. "
Il n'y a rien d'autres que des photos de nous, dans différents lieux. Depuis ma naissance jusqu'à aujourd'hui. Attendez! Cette photo là. C'était il y a peu de temps. Je suis dans le bureau à examiner la pièce. Pourquoi la photo est ici. Dans ce classeur ?
_Quelle impolie! Ce n'est pas pour rien si je sais choisir mes employés, marmonne une voix masculine derrière moi.
Je me tourne, laissant tomber le dossier à mon propos par terre. Quelqu'un le rangera sûrement pour moi.
C'était un vieil homme, pass tant que ça. Je suppose dans les quarantaine. Il est binoclarde, portant un beau costume en bleu marine très très sombre. Des mocassins brillants et bien vernis.
À côté de lui, une femme, rousse, sans tâche de rousseur. Jolie. Jeune. Parfaite simplement.
Elle me salue de la main, son sourire aux lèvres. J'ai l'impression de l'avoir déjà vu. Elle descend son regard plus bas et un rictus se forme.
_Tu n'es pas censée bouger de ton lit avant demain, prévient-elle.
Je baisse la tête. Pourquoi je ne bougerai pas? D'abord on m'enlève de chez moi pour un lieu que je ne connais pas. Puis personnes ne prend la peine de venir me voir et m'expliquer ce qui se passe. Maintenant elle croit trouver une excuse à propos de ma blessure?! Tu rêve ma vieille.
Je relève la tête. Elle se pince le nez. Leur discussion semble si lointain. Je n'entends rien pourtant je suis à quelques mètres d'eux.
_Je vais recommencer depuis le début, débute la jeune femme. Bonjour Nyria. Je suis Silvia, et voici Mrs Lambert. On est ravi de faire ta connaissance.
Ce n'est pas tout ce que je cherche à savoir !
_Oh... Pardon... J'aurai dû m'en douter.
J'ai parlé trop haut!
Elle ajoute:
_Tu es à l'agence AS. Une organisation secrète. Je suis la vice présidente de ces lieux et voici le patron. Augustín Lambert ( se lit : Augustine). On se nomme aussi agent A02 et A01.
Et qu'est-ce que je fait ici exactement ?
Zut!!! En plus elle me rit au nez. Ils entrent et referme la porte derrière eux. Nous voilà seuls. Même si on l'était déjà.
_Un de nos recrues avaient pour mission de te ramener ici une fois sa mission accomplie. Depuis ta naissance, ta vie était traquée. Tu étais donc menacée à vie. L'assassin de tes parents sont jusqu'à aujourd'hui inconnu mais on détient déjà des preuves pour le trouver.
_En clair, on peut aussi t'aider à préparer ta vengeance, tu en raffole, murmure l'autre.
_Ne l'écoute pas, il a tendance à être malveillant avec les nouveaux recrus. Il faut que je te change ton bandage. Veux-tu bien me suivre?
Je n'ai pas le temps de lui répondre qu'elle me prend la main et m'emmene à la même chambre que tout à l'heure.
_L'agent Lewis était l'un de vos recrus? Demandais-je alors qu'elle me met un autre bandage.
_L'agent B15.90? Ow je vois. Il a donc utilisé un faux nom. En réalité il s'appelle Brandon Swarth. Il a commencé il y a seulement trois ans, au même âge que toi mais il a bien fait sa part du gâteau.
_Vous travaillez avec la police alors?
_En quelques sortes. On engage aussi de forts combattants. C'est à choix multiples. Il y a des espions comme Brandon, des militaires, qui occupent la 22 et 23 ème étage et bien d'autres.
_Vous dites que je travaille pour vous maintenant. Mais qu'est-ce qui me prouve ça ? Et où est ma tante ? Pourquoi ne pas m'avoir laissé chez moi et venir me chercher ensuite ?
Elle finit son travail et s'assied en tailleur sur le lit.
_Ta tante était au courant de ce complot. Elle-même a ordonné à l'agent " Lewis" de te prendre sous son aile. Évidemment le chef a demandé à ce qu'on te ramène au QG. Tu n'y vois rien de mal j'espère ?
_Non sauf du fait qu'au moins vous auriez pu laisser quelqu'un dans cette pièce pour que je ne mette pas en colère le chef.
Elle sourit timidement.
_Excuse-moi mais on ignorait à quel moment tu allais te réveiller. Par contre, j'aimerai savoir. Ta cuisse te fait mal?
_Non.
_D'accord... Dans ce cas... J'enverrai quelqu'un pour te prendre vers l'après-midi. Le chef aimerait voir tes capacités dans le travail et ainsi te donner la place qui te convient dans les différents groupes de l'agence. Il y a une salle de bain derrière la porte là bas. Et tu vois cette veilleuse près de ton lit? (J'acquiesce) Tu appuie sur le bouton marche arrêt pour trouver ta nouvelle garde robe.Le bouton vert sert à l'allumer et l'éteindre. Il y aura tout ce que tu voudras. Prends tout ton temps ! Je dois y aller.
_Merci Silvia...
_Derrien. Repose-toi pendant ce temps.
Le silence. Je haie ce silence. Cela me rappelle ma solitude. Me rappelle encore une fois que je suis seule....
J'ai mis assez de temps pour fouiller la chambre avant l'arrivée de cette inconnue. Fraîchement adorable, visage innocent, en dirait une enfant de quatre ans.
Elle me sourit, va près du chevet et active le bouton du dressing dont Silvia m'a parlé.
Je ne dis rien en retour et je pars me changer.
Quoi de mieux qu'être bien confortable dans ses habits. Un Boyfriend noir avec un débardeur blanc. Les cheveux en queue de cheval. Des Baskets les plus normales.
L'adolescente ne me dit toujours rien. Elle me guide juste vers l'ascenseur. Appuyant sur le bouton "29" avant
Une jeune fille, aux cheveux châtains, aux cils longs. Un rouge à lèvres mat. Un maquillage léger. Les talons hauts qui font du bruit à chaque pas. Un joli costume qui lui va à merveille. La poitrine bombée. Je dirai, elle est parfaite cette fille.
Bip. On arrive à l'étage 29 avec mes pensées librement entendu, par moi-même.
Les portes s'ouvrent. Il y a une immense salle. Dont plusieurs matériels de sports sur tous les murs. Au milieu des sacs de boxe.
Au fond de la salle, il y a Silvia bien entendu, Le chef, Lambert si je ne m'a***e et Lewis.
On avance ensemble, encore dans un profond silence.
Silvia me sourit comme à son habitude ces quelques heures.
Lambert lui est toujours froid et glacial. Ce type n'est pas net.
_Ah, vous voilà ! Merci Karine. Tu peux retourner dans ta chambre, ordonne gentiment Lambert étonnamment.
_Papa! S'écrie Karine les joues rouges et gonflées. J'aimerai que vous évitez d'utiliser ce prénom ici.
_Tu es après tout chez toi, je ne vois pas le souci. Ou est-ce l'agent B15.90 qui te perturbe ?
_Non... Marmonne-t-elle en roulant les yeux.
Je vois que quelqu'un est tombée amoureuse. Lewis croit savoir à quoi je pense car il me sourit avec insistance mais je ne me résigne toujours pas à faire de même.
Karine sort par le même acenseur. Les bruits de ses talons qui déterminent bien sa direction.
Le silence envahi la pièce faisant écho sur la mélodie du vent qui s'y parcourt.
Je vois...
Karine... Karine Lambert donc... Fille de Augustín Lambert. Je crois savoir où était bien là ressemblance entre eux. Le visage terne qui ne veut rien demander.
_Bon, Nyria, j'espère que tu es prête ?
J'hausse un sourcil. Prête pour?
Elle demande à Lewis de s'avancer devant moi. Il écarte les jambes, plie les genoux. Balance ses bras avant de se positionner correctement comme au combat. Son sourire provoquateur ne me donne pas envie de l'approcher plus que la distance qui nous sépare.
_Tu vas essayer de battre l'agent B15.90. On aimerait bien voir tes capacités.
_Ne t'inquiète pas, je n'irai pas fort du premier coup, murmure Lewis accompagné d'un clin d'œil.
Je ne bougeait pas. Je voulais qu'il me frappe. Il s'étonna que je ne bougeai pas. Il s'avança tête baissée. J'ai eu le réflexe. Je l'esquive.
_Humm... Pas mal pour une débutante, commente Lambert en se prenant le menton.
Je baisse la tête. Zut, mes lacets se sont détachés ! Je pose un genoux à terre pour le refaire. Un corps s'envole au dessus du mien. Se renverse à plat ventre.
Mon visage ne peut s'empêcher de faire une grimace. C'est comme si c'était moi qui avait reçu la douleur de Lewis.
J'attache vite fait mes lacets. Je me relève. Lewis fait de même et reprend sa position initiale.
_Je crois que je t'ai beaucoup sous-estimé. Je vais y aller plus fort maintenant.
Et alors? Ce n'était qu'un coup de chance.
En deux secondes, il arrive à me prendre à son jeu.
Un bras m'etreignant le cou, une main retenant les deux poignets derrière mon dos.
_Et maintenant ?
Je lui écrase les pieds. Il me lâche en grognant. Ce que je déteste. Qu'on me touche. Surtout un inconnu qui me surveille depuis peu. Alors je me défends.
Je l'attrape le bras et le tire pour le donner un coup de coude.
Il grogne encore une fois. Je le tire vers moi. Il titube pour venir devant moi. Je le prend de la même manière qu'il m'ait bloqué.
_Je t'interdis de me toucher! Si tu ne veux pas que je te casse quelque chose, tu vas abandonner et tout de suite!
_O...ok... Je... J'abandonne... Lâche-moi.
J'obéis. Il se laisse tomber par terre.
Silvia pose une main sur mon épaule.
_Essaie de te reprendre. Ton prochain adversaire sera moins exigent que lui.
J'ai compris aussitôt qu'elle parlait de Lambert. Ce dernier retirant sa veste bien repassée.
_Je suis prête.
_Tu... Tu es sûre ? Ta blessure ne te fait pas mal?
_Non...
Elle recule. Me laissant face au chef. Il retire ses lunettes et les jettent comme si c'étaient des objets dans valeur. Et sa vue il compte l'utiliser avec quoi?
Il courant vers moi, les points fermés. J'esquive le premier coup qu'il tente de me donner au ventre. Je me penche en me tournant vers la gauche. Le bon côté, il n'a pas ralenti la cadence en arrivant devant moi. J'en profite de cet occasion pour le donner un coup dans le dos. Il ne tombe pas par terre et se relève vite, en essuyant le contour des lèvres avec la manche de sa chemise.
Reprise.
Il recommence le même coup, au visage cette fois.
J'arrive à faire un pont en arrière. Et faire d'un salto arrière. Mes pieds heurtent son visage.
Je reprends la même place. Ma jambe me laissa tomber. Ça me brûle.
Ça a dû se rouvrir. Du sang s'échappe depuis l'épais tissu du jean. Mais rien ne m'arrêtera.
Je relève la tête. Il était devant moi. Visage crispé et en colère.
Je me protège en cachant mon visage avec mes avants-bras.
Il cesse ses coups. Je lui en donne une au visage. Il l'esquive.
Tant que mon point est parti près de son oreille, je la dirige suivant son mouvement. J'ai réussi à lui tordre le cou. Enfin j'espère pas.
Je l'attrape ensuite par les cheveux, le fit rencontrer le sol. Mais avant, offrir une bonne leçon comme à Lewis.
Il murmura, ça suffit, froidement comme son regard.
Il se relève, nettoyant chaque parcelle de sa tenue salie.
_Tu seras parfaite, déclare-t-il avec un léger sourire. Mais il y a un souci.
Silvia fronça les sourcils. Il ajouta:
_Elle est parfaite dans toutes les domaines. J'ignore encore l'informatique mais militaire, espionne, guerrière, tout lui convient. Je crois me perdre. Elle est trop douée.
Il me dévisage avant de soupirer.
_Ramène-la dans sa chambre et soigne sa blessure, elle s'est rouverte.
_Nyria, je t'avais dit de faire attention, réprimande Silvia.
_Non, ce n'est pas sa faute. J'ai vu son insistance pour ce combat. Même si tu l'avais arrêté elle t'aurai désobéi.
_Très bien. Tu me feras ton résumé en temps voulu. Nyria, tu es capable de marcher j'espère ?
J'hoche la tête simplement. La douleur je ne la sens pas entièrement.