Tome 5 chapitre 2

4295 Words
Je termine tout juste de raconter une énième histoire au plus petits quand Turner déboule en courant dans la salle de jeux. Turner : " Bébé, je t'ai cherché partout." Léa : " C'est Léa ici, Turner." Je crois que j'aurai beau lui répéter cent fois par jour, il continuera à me donner du bébé sur mon lieu de travail. Lui, séparé vie privée vie professionnelle, il ne sait pas faire. Je ne vois que ça pour justifier son entêtement à m'appeler comme ça ici. Dans l'intimité okay, mais dans ces locaux c'est non ! Il me répond du tac au tac Turner : " Ça va ils sont petits. Ils ne diront rien, ils s'en foutent." Je lui fais mon plus beau sourire machiavélique Léa : " Et alors...mon chou à la crème ?" Les petits en face de moi se mettent à rire, tandis que mon petit copain me sort une affreuse grimace. Pourtant, chou à la crème, je trouve ça plutôt mignon. Turner : " Okay, okay, je m'excuse, mais pitié ne m'appelle pas comme ça." Je me lève du tapis sur lequel j'étais toujours assise, puis je dépose le livre d'histoires dans la bibliothèque. Je fais signe à Shana et Marie-Beth, mes deux collègues éducatrice, de prendre la relève avec les enfants, puis je sors à la suite de Turner dans le couloir. Ce dernier s'adosse au mur derrière lui Turner : " Tu sais que ce n'est pas à toi de faire ça ?" Toujours le même sempiternel débat... Léa : " J'ai créér cet endroit pour être présente auprès des enfants et pouvoir les aider à reconstruire leurs vies, pas pour m'enfermer à longueur de journée dans un bureau à signer de la paperasse." Il souffle, j'en fais autant. À ce petit jeu, je suis très douée moi aussi. Je suis même une experte. Turner : " Tu es la directrice Léa. Tu ne peux pas te permettre de jouer par terre toute la journée avec ces gamins. Je sais que ça te tiens à cœur, mais maintenant, tu as des responsabilités." Léa : " Tu es mon adjoint Turner, et accessoirement mon petit ami, mais certainement pas mon père. Alors, à l'avenir s'il te plaît, évites de me dire ce que j'ai le droit de faire ou non." Je me retiens d'hausser le ton parce que les enfants se trouvent juste à côté, mais franchement, j'en pense pas moins. Il commence à tendre le bras pour venir me caresser la joue. Je décale vivement la tête avant qu'il n'est le temps de me toucher. Léa : " Pas au travail Turner. Ce n'est pas le moment." Turner : " Qu'est ce qu'il t'arrive ces derniers temps ? C'est jamais le moment avec toi." Je lève les yeux au ciel tout en croisant les bras sur ma poitrine. Léa : " On est au travail Turner." Turner : " Et alors ? J'ai quand même le droit à unpeu d'affection, non ?" Léa : " Ça va, tu n'es pas à plaindre non plus." Si je l'écoute, ce mec est malheureux ! Turner : " Tu me manques Léa. Quand est-ce que tu t'occuperas de moi ?" Mais qu'il est chiant quand il s'y met ! Il a de la chance que j'ai du mal à résister devant son regard couleur cappuccino et sa tignasse blonde. Faut dire ce qui est, mon mec est mignon et il est vraiment pas mal foutu. Le truc c'est que...je n'ai pas trop la tête à faire des mamours ces derniers temps. Mais bon, je pense qu'il va falloir que j'apprenne à mettre de l'eau dans mon vin si je ne veux pas qu'il me fasse une crise existentielle. Léa : " Je m'excuse, t'es content ? Pour me faire pardonner, si tu veux ce soir, je t'invite au resto." Turner : " Avec double ration de desserts ?" Je sais très bien ce qu'il entend par là... Ce mec est très porté sur le cul, moi unpeu moins maintenant, mais pour lui je fais l'effort. Si je veux que notre relation fonctionne, je dois apprendre à faire des concessions, même si ce n'est pas forcément de gaieté de cœur. Léa : " Avec tout ce que tu veux." Turner : " Ça marche." Bon, maintenant que la bombe est désamorcée, revenons à nos moutons. Je reprend Léa : " Au faites, pourquoi tu me cherchais ?" Turner : " Une femme de l'aide à l'enfance a appelé tout à l'heure. Elle voudrait que tu la rappelles rapidement. Je t'ai laissé ces coordonnées sur ton bureau. Elle suspecte deux autres enfants d'avoir subis des violences et il faudrait que tu les vois." Je me retiens de lui en coller une ! Qu'est ce qu'il m'énerve quand il me fait des trucs comme ça ! Léa : " T'aurais dû commencer par là !" Je le plante sur place et pars directement m'enfermer dans mon bureau. J'attrape le papier avec les coordonnées de la femme. Madame Collins, je la connais. C'est une femme très gentille, qui bosse régulièrement avec moi, et qui m'a déjà amené un bon nombre d'enfants. Je prends mon téléphone et l'appelle sans attendre. Elle décroche dès la deuxième sonnerie Collins : " Madame Collins à l'appareil, que puis-je faire pour vous ?" Léa : " Bonjour Madame Collins, c'est Léa Cameron de l'association retour à la vie. Mon adjoint m'a dit que vous aviez tenté de me joindre. Que pouvez vous me dire sur ces enfants ?" Autant entrer dans le vif du sujet, je n'ai pas le temps pour les bonnes manières. Collins : " En effet Mademoiselle Cameron, j'ai dans mes locaux deux petits qui ont été enlever à la garde de leurs parents. La mère est une droguée, tandis que le père est un alcoolique notoire. Nous soupçonnons ce dernier de les avoir battus à plusieurs reprises sous l'effet de l'alcool, et peut être même plus vis à vis de la petite. Mais rien n'est sûr. Des examens ont été réaliser sur les deux, mais il n'y a aucune trace de violences sexuelles, seulement...leurs comportements auprès des adultes ne collent pas. Malheureusement, aucun des deux ne veut nous parler et nous raconter ce qu'il s'est réellement passé dans ce huit clos familial." Je connais ça, c'est dur d'en parler avec des adultes. Avec nos regards d'enfants, on a l'impression que les adultes nous jugent et qu'ils nous regardent de haut, ce qui est très intimidant. Léa : " Je peux passer les voir demain en début de matinée si vous voulez ?" Collins : " Ce serait parfait, Mademoiselle Cameron. Je vous attends à la première heure dans mon bureau demain matin." Léa : " Ça marche. Vous pouvez compter sur moi. À demain." Collins : " À demain Mademoiselle Cameron." Je raccroche et pose le téléphone sur mon bureau. Voilà, c'est ça ma vie maintenant... J'ai mis mon vécu et mes traumatismes d'enfance aux services des autres. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver ces enfants qui subissent, sans jamais pouvoir se défendre, la cruauté de certains adultes pervers. Je sais que tous ceux qui m'ont fait subir cet horrible calvaire, espérer très certainement me détruire, mais j'en suis sortie plus forte... Ils ont voulu me modeler à leurs convenances, je leur ai fait un énorme doigt d'honneur... Je suis Léa, je suis une survivante et je me battrai jusqu'au bout pour que tout ça n'arrive plus à quiconque ! Comme vous l'avez sans doute compris, je m'appelle Léa Cameron. Je suis la petite sœur de Samuel Cameron. Vous m'avez peu connu, mais aujourd'hui, je suis là et bien ancrée dans ma vie. J'ai maintenant 24 ans et je me porte plutôt bien. Du moins, aussi bien que les circonstances me le permettent. Depuis ma libération, j'ai repris du poil de la bête. Mes yeux gris clairs ne sont plus tristes et sans vie... Mes cheveux châtains clairs ne sont plus ternes et fourchus... Mon teint n'a plus l'aspect pâle et malade qu'il avait auparavant... Mes os ne sont plus apparent et saillant... Plus de douze ans ont passés depuis les événements qui ont fait disparaître à jamais mon âme d'enfant. J'allais bientôt avoir onze ans quand j'ai été enlevé un matin par Staniklov et ces hommes et réduite au simple statut d'esclave sexuelle pour des mecs totalement dépravés. À compter de cet âge, j'ai été louer pour quelques heures, quelques nuits, ou même des jours entiers. Une centaine d'hommes environ ont dû abusé de moi. J'ai cessé de compter très rapidement. Je subissais seulement... À la fin, je ne me débattais même plus. Je me laissai faire en espérant simplement qu'ils terminent au plus vite leur sale besogne. Faut dire ce qui est, j'avais à peine onze ans, mais j'avais déjà tout d'une quatin ! Dans mon malheur, j'ai quand même eu de la chance car j'ai été peu battu. Je n'ai jamais su pourquoi exactement ces types levaient peu la main sur moi... Je prenais des coups quand je cherchais à me débattre oui, mais des fois même en faisant ça, ils ne me frappaient pas. La seule chose qu'ils se disaient entre eux c'est : C'est rien, on se vengera avec lui plutard, c'est le deal. Je ne sais pas du tout de quoi ou de qui ils pouvaient bien parler et je vous avoue que je m'en fichais. Grâce à cette personne, j'étais unpeu épargné, et puis, j'ai bon espoir qu'ils parlaient de staniklov et que ce s****d prenait très cher par ma faute ! Ça me faisait sourire de m'imaginer cet enfoiré se prendre une raclée. Bref, j'ai vécu dans ce milieu malsain unpeu plus d'un an... Dans toute cette merde, deux lumières sont apparus dans ma vie. Mes bouées de sauvetage... Ashter et Penny... Ils étaient déjà là quand je suis arrivée. Nous avons vécu une année entière dans la même cellule. Nous étions proches, très proches. Trois enfants unis dans le malheur. On savait que l'on pourrait toujours compter les uns sur les autres. Concernant Penny, elle était notre petit rayon de soleil. Toute petite, toute mignonne, si fragile et tellement innocente. Ashter l'a pris sous son aile et la très vite considérer comme sa petite sœur. Quand elle revenait de ces interminables séances, elle se blottisait dans nos bras et pleurer jusqu'à épuisement. Je voyais Ashter serrer les dents... Quand à Ash justement, il est très vite devenu mon meilleur ami. C'était mon protecteur, mon confident, mon roc, mon pilier... Il était tout pour moi. Nous nous sommes promis l'un à l'autre de toujours tout faire pour protéger Penny de la folie de ces hommes. Je me souviens qu'un matin, staniklov en personne a débarqué dans notre cellule. C'était la toute première fois qu'il se déplaçait lui même jusqu'à notre prison. Je crois d'ailleurs, que c'est la première fois qu'Ash et Penny le voyait en vrai. Ils avaient déjà entendu parler de lui oui, car c'était le chef de ce trafic après tout, mais jamais ils n'étaient passer entre ces griffes. Staniklov les fournissait à ces clients, ou bien à ces hommes. De mon côté personnellement, j'avais déjà maintes fois eu affaire à lui. Le bonhomme préférait attendre dans son lit que ces hommes m'amène à lui, et de là, je devais m'occuper de sa petite personne sans qu'il n'est rien besoin de me demander. Malgré mes onze ans, je savais parfaitement tout ce qu'il aimait, et je crois que malgré mon aversion pour cet homme, j'étais douée. D'ailleurs, j'étais sa favorite. Pour tout vous dire, c'est même le charmant surnom qu'il m'a donné. Grâce à ce statut, il me prêtait moins souvent aux autres hommes, mais à contrario, j'atterrissais plus souvent dans son lit. Enfin voilà, comme je vous le disais, un matin il a débarqué et il m'a emmené avec lui. Arrivé dans le couloir, il m'a très vite ôté le peu de vêtements que j'avais encore sur moi. Il m'a ensuite attaché les pieds et les mains avec des chaînes, puis il m'a jeté dans le coffre d'une voiture. Je me souviens que nous avons roulés très longtemps et que j'avais très froid. Après un temps interminable dans l'inconfort du coffre, la voiture s'est enfin arrêté. J'ai dû patienter encore quelques minutes avant qu'il ne se décide à ouvrir le coffre. Devant moi, il n'y avait rien d'autre à perte de vue que de la neige. Tout était blanc et immaculé. J'étais complètement nue, j'étais transi de froid, mais je me souviens avoir sourit, parce que j'ai eu l'espoir unpeu fou, qu'il avait enfin décidé d'en finir avec moi une bonne fois pour toute. Je voyais déjà mon sang recouvrir cette étendue blanche et neigeuse. Qu'est ce que j'étais heureuse... Malheureusement, ce n'est pas du tout ce qu'il s'est passé... J'ai vu comme dans un cauchemar une espèce de bloc de béton surgir des entrailles de la terre, puis une porte s'ouvrir afin de m'emmener unpeu plus en enfer. Après que Staniklov m'est méchamment poussé à l'intérieur, les portes se sont refermés, nous engloutissant. Staniklov a appuyé sur un bouton, puis l'ascenseur a amorcé sa longue descente. C'est à ce moment là que j'ai réalisé que mon enfer était très loin d'être terminé. Au contraire, il prenait une toute nouvelle dimension... Dorénavant j'étais totalement seule...sans Penny et sans Ashter. Dans cet endroit caché très loin sous terre, je suis devenue le jouet de tous ces hommes. J'ai subis les assauts d'hommes armés jusqu'aux dents, frustré de n'avoir personne à tuer... J'ai subis les assauts des nombreux hommes en blouses blanches, qui lassé de jouer avec leurs fioles et leurs seringues, préférer venir jouer avec une poupée complètement disloquée... J'ai subis les assauts de tous ces hommes de passage, qui venaient pour leurs cargaisons mais qui en profiter en même temps pour se soulager auprès de la quatin de Staniklov... Pour dire les choses clairement et vulgairement, j'étais devenu leur p**e à tous. Très peu sont ceux qui ont refusés d'abuser de moi et qui ne m'ont jamais toucher. En vérité, ils se comptent sur les doigts d'une seule main. C'était ma nouvelle vie...mon enfer sous terre. J'y suis resté quelques mois jusqu'à ma délivrance... Sophia et Abby Fanzolini ont été enlever par Staniklov ce qui a entraîné ma libération. Revoir mon frère, après tous ces mois passés loin de lui, a véritablement été le plus beau jour de ma vie. Je ne pensais même plus au fait que je l'avais vu tuer notre père quelques années plus tôt. Je l'admets, je lui en ai voulu quand il a fait ça, ne comprenant pas son geste à cette époque, mais tout a été définitivement oublier quand il est arrivé et qu'il m'a sauvé. Après la fin de ma captivité, j'ai appris que Penny et Ashter avaient également été libérer. Cette fois, ce fut sans aucun doute le deuxième plus beau jour de ma vie. Je savais qu'ils étaient tous les deux sauf, c'était tout ce qui m'importer. Tous les trois, nous nous sommes rapidement revus. Nous avons éclatés en sanglots dans les bras les uns des autres. Puis, Ashter et moi avons repris notre amitié là ou nous l'avions laissés. Penny quand à elle, s'est rapproché de Killian. Lui au moins, ne lui rappelait pas son passé, alors que nous quand elle nous regardait, on lui rappelait forcément tous ces mauvais souvenirs. Mon frère et sa femme ont également beaucoup été là pour moi eux aussi. Ils ont été exceptionnels. Eux, comme tous les autres. Sachez que j'ai non seulement retrouvé mon frère et Ashter, mais j'ai également été naturellement intégré au clan Fanzolini. Maintenant tous ces gens, aussi différent soient-ils, sont ma famille... Ne pensez pas que tout a été rose pour autant et que j'ai tout oublier une fois libérée. J'ai eu de gros moments de très bas, comme des très très très bas... En vérité, j'ai eu énormément de mal à passer au dessus de tout ça et à me relever. La seule personne réellement au courant de mon mal être, c'était Ashter. Devant les autres, je disais que tout aller bien. Avec les années qui ont passés, j'ai grandis et j'ai commencé à accumuler les conneries... Pour commencer, je me suis mise à coucher avec tout et n'importe qui. Je pouvais coucher avec deux mecs au court d'une seule nuit. Je sais, sachant mon passé c'est plutôt étrange, mais bizarrement pour moi, ça me sembler normal. Je crois que d'avoir connu ça très jeune, et surtout très souvent, m'a conditionné sans que je ne le veuilles vraiment. Mes rapports étaient tous violents, mais encore une fois, c'était la seule chose que je connaissais. En même temps que j'écartais les cuisses à tout va, je suis devenu boulimique, puis anorexique. Mon corps me dégoûtait ! Je ne me supportais plus du tout. J'ai donc commencé à pratiquer l'auto mutilation sur le haut de mes cuisses pour que ça passe inaperçu auprès de ma famille. Plus je me faisais mal, plus j'étais satisfaite. Personne n'en a jamais rien su. Je sais ce que vous vous demandez... Comment est-ce possible qu'aucun des mecs avec qui j'ai couché n'est pu se rendre compte de ces marques ? C'est bien simple, avec eux j'allais directement à l'essentiel. Je descendais le pantalon du mec, je le branlais quelques minutes et hop, il m'écartait ma culotte et me pilonné avec force encore toute habillée. Je n'étais pas heureuse à l'époque, je le sais maintenant, même si j'ai longtemps cru le contraire, mais c'est la seule façon que j'ai trouvé sur le moment pour me prouver que j'étais en vie. Si je souffrais, c'est que j'étais toujours vivante, non ? Rassurez vous, aujourd'hui tout va mieux. Seules les cicatrices toujours apparentes sur mes cuisses, me montrent qu'à une époque, j'étais au fond du trou. Le premier déclencheur de la fin de mes années de débauche se passa lors d'une soirée... Il faut savoir qu'à cette époque, Ash et moi étions de toutes les soirées dépravés sans exception. N'en déplaise à mon frère et n'en déplaise à son père. On s'en foutait, on faisait ce qu'on voulait sans jamais s'occuper des conséquences, tant qu'on était ensemble, c'était tout ce qui compter... Lors d'une justement, Ash s'est pointé avec un sachet de coke. Je l'ai vu en prendre et commencer à planer. Il riait, il s'amusait, ce qu'il faisait très rarement, j'ai donc voulu essayer moi aussi. J'en ai pris et quasiment aussitôt j'ai atteint un état de béatitude qui m'a transcendé. Lors de cette même soirée, nous avons enchaînés les rails de coke, mélangé à de très nombreux verres d'alcool. En vérité, je ne me rappelle que peu de choses de cette soirée à vrai dire... Juste d'Ash entrain de me baizé sauvagement contre le mur d'une chambre d'hôtel. Nous portions chacun toujours nos vêtements, mais ça ne nous a pas empêcher de prendre notre pied comme jamais. Le problème c'est que nous venions de passer une limite que nous n'aurions jamais dû franchir. Je l'ai regretté, et vu ce qu'il s'est passé le lendemain, j'ai compris que lui aussi. En effet, quand je me suis réveillée au petit matin, Ash n'était plus là. Seul un mot me restait de lui. Il a repris ces esprits avant moi et il a pris la seule décision qui s'imposer à lui... Cette nuit là, il est parti pour ne plus jamais revenir. Je n'ai plus jamais eu de ces nouvelles, et je n'ai plus jamais entendu le son de sa voix. Je vous mentirai si je vous disais qu'il ne me manque pas. Il me manque à chaque secondes qui passe, mais pour son bien, j'ai décidé de respecter son choix. Nous avons chacun nos démons, et pour lui, je fais parti des siens. Quand il est parti sans se retourner, j'ai commencé à sombrer de plus belle. Le truc, c'est que ma fierté mal placé m'interdisait de demander des nouvelles de mon meilleur ami à son père. Après tout, si le mec était parti sans rien me dire c'est qu'il souhaitait refaire sa vie quelque part, et surtout, sans que j'en fasse parti. Plus je pensais à lui et plus j'avais besoin de lui. Ash avait toujours été là... Même si j'ai longtemps été au plus mal, il est le seul qui m'empêcher de sombrer totalement. Depuis notre captivité, il a toujours été ma raison de vivre, mon meilleur ami, mon pilier, alors quand il n'a plus été là du jour au lendemain, tout s'est effondré pour moi tel un château de cartes. Deux mois après son départ, ne pouvant plus supporter son absence et le vide qu'il avait créé malgré lui dans ma vie, j'ai pris un couteau et je me suis ouverte les veines. Quand j'ai ouvert les yeux, trois jours plutard, j'étais dans une chambre d'hôpital avec les poignets bandés et mon frère qui me serrer très fort la main. Il pleurait, ce qui a terminé de m'achever. Il était mal à cause de moi et de toutes mes conneries ! Entre deux sanglots, il m'a révélé qu'il s'en voulait de ne pas avoir vu à quel point j'étais mal. Il m'a dit qu'il s'en voulait d'avoir mis autant de temps à me retrouver à l'époque de mon enlèvement. Il m'a annoncé qu'il s'en voulait de m'avoir laisser seule quand j'ai eu tant besoin de lui. Et pour conclure, il m'a avoué qu'il s'en voulait d'avoir tuer notre père, et que c'était de sa faute si Staniklov était rentré dans nos vies. Mais moi, je n'étais pas du tout d'accord avec lui ! Pour moi, il a toujours été le meilleur grand frère de tous les temps. Je ne pouvais pas accepter tous ces reproches qu'il se faisait à lui même. Il n'était en rien responsable ! J'ai fais moi même mes propres choix. Ils étaient, certes, loin d'êtres bons, mais c'était surtout les miens ! En tout cas, d'avoir entendu mon frère se reprochait toutes ces choses qui n'étaient absolument pas de sa faute, ça m'a mis du plomb dans l'aile. J'ai décidé de redresser la tête et je me suis relevé en me jurant à moi même que tout ça ne se reproduirait plus jamais. Il me fallait juste trouver un nouveau but dans ma vie, une nouvelle raison de vivre, Ashter n'étant plus là. J'ai retroussé mes manches et j'ai été me faire soigner de toutes mes addictions. Plus d'alcool, plus de sexes, plus de mutilations. J'ai également réappris à me nourrir. Fini mes conflits avec la nourriture, la bouffe c'est la vie ! Je voyais une psy, qui m'a d'ailleurs beaucoup aidé, deux fois par semaine. Tous ces problèmes, mis bout à bout, ont pris trois ans avant d'être résolus...avant qu'enfin, je ne me libère de mes démons. Désormais rétabli, j'étais enfin prête à affronter le monde et à aider les autres. Je me suis trouvé un nouveau but... Aider tous ceux qui, comme nous, ont subis des abus et qui ne sont pas en âge de se défendre. J'ai créer mon association à laquelle j'ai donné le nom de, retour à la vie, et qui prend en charge les enfants victimes de violences et d'abus sexuels. Théo a trouvé le bâtiment adapté à mon activité, puis ils ont tous insistés pour se cotiser afin de me l'offrir. Ce qui est à moi maintenant, est unpeu à eux tous. À ce jour, nous accueillons dans ces locaux une trentaine d'enfants avec tous un passé très lourd. Certains sont orphelins tandis que d'autres ont encore leurs familles, mais ont été retirer de leurs gardes. Je travaille quotidiennement avec cinq éducatrices spécialisés, trois animateurs, quatre psychologues, deux infirmières et mon adjoint, Turner. Comme vous l'avez compris, ce fameux Turner, c'est mon copain. Je l'ai recruté quand j'ai ouvert l'association. Nous avons été amis pendant un an avant de devenir amants. Nous sommes donc ensemble depuis bientôt un an. Est-ce l'homme de ma vie ? Je ne sais pas, je ne me projette pas, je ne veux pas. Je vis au jour le jour. De temps à autre, je repense à Ash. Je me demande ce qu'il devient ? Est-il heureux ? Je sais qu'il bosse en Sicile, au cœur de la mafia. C'est la seule info que j'ai voulu savoir, pour le reste ça ne me regarde pas. J'ai espoir de le revoir un jour ou l'autre, mais encore une fois, si il ne le souhaite pas je n'insisterai pas. Voilà, vous savez tout. On frappe à la porte de mon bureau Léa : " Oui ?" La porte s'ouvre sur Abby Fanzolini en personne. Je me lève, contourne mon bureau et viens directement l'embrasser sur la joue Abby : " Je ne te dérange pas ?" Léa : " Jamais. Qu'est ce que tu fais là ?" Abby : " Je n'étais pas très loin, je me suis dis que je pouvais venir t'aider unpeu aujourd'hui." Léa : " Théo est au courant ?" Abby : " Oui, mais au cas ou tu l'aurai oublié, Fanzolini est mon mari, pas mon père." Je souris Léa : " C'est marrant, j'ai dis presque la même chose tout à l'heure à Turner." Abby : " Ces hommes sont pénibles." Léa : " Tu es venue toute seule ?" Abby : " Tu te doutes bien que non. J'ai un garde du corps qui me suit comme mon ombre." Je reconnais bien là Théo Fanzolini... Léa : " Je me disais bien aussi." Abby : " Bon on y va ? J'ai hâte de voir ces petits bouts." Nous quittons sans attendre mon bureau et partons rejoindre mes toutes nouvelles, et nombreuses, raisons de vivre...
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD