Tome 5 chapitre 3

3048 Words
Deux semaines plutard... Aujourd'hui est le jour de mon départ pour New-York, ou de mon retour, tout dépend de quel point de vue on se place. Je ne vous dirai pas que j'y vais de gaieté de cœur parce que ce serait mentir. D'un côté, je me dis que je vais pouvoir revoir mon père... Il m'a manqué donc ouais, de ce côté là, je suis plutôt content. Je vais revoir les autres aussi... Je les ai connu très longtemps et ouais, je les apprécie aussi, aussi différent soient-ils. Mais le problème, c'est que je risque très certainement de revoir également Léa. Elle était certes ma meilleure amie il y a bien longtemps, mais au jour d'aujourd'hui une page est tournée. J'ai continué ma vie du mieux que j'ai pu sans elle et je refuse de la voir tout en sachant, qu'elle, elle a réussi à passer au dessus de tout ça, contrairement à moi. Rien que pour ça, je lui en veux ! Et puis bon soyons honnêtes, d'avoir coucher avec elle, ça a cassé quelque chose entre nous... Oh et puis merde, j'la connais, elle va encore m'étaler son bonheur à la gueule et je sais que ça va très vite me soûler ! Je risque de la voir avec son mec, et ça aussi, ça va me gonfler ! En résumé, je serai là bas en tout et pour tout deux jours, mais croyez moi, je vais prendre un malin plaisir à l'éviter. Présentement, je suis dans le bureau de mon boss à planifier avec lui toutes les tâches qui m'incombent lors de mon court séjour aux États-Unis. J'ai l'impression d'être le président tellement j'ai un planning chargé qui m'attends ! Il est au courant à votre avis Alphonso que je ne pars que deux jours ?! Non parce que là, vu la tonne de boulot que je vais avoir à abattre une fois sur place, j'ai vraiment l'impression de partir pour six mois ! Il continu encore et encore à me donner du taf... Alphonso : " Il faudrait aussi que tu te rendes au plus tôt au resto italien qui se trouve sur la cinquième avenue. Le gérant n'a jamais remboursé ce qu'il nous doit." Cette fois, je me permets de mettre le ola, j'veux bien être gentil mais faudrait voir à pas trop m'prendre pour un con non plus ! Ashter : " Pourquoi ce ne sont pas les mecs de Théo qui s'occupent de ça plutôt que moi ?! Après tout, ils vivent sur place à longueur d'année eux !" Sincèrement, est ce que j'ai l'air d'une boniche ?! Les mecs sont juste à côté, qu'ils y aillent eux mêmes ! Alphonso : " Parce que Théo gère ces propres affaires à New-York et moi je gère ici ces affaires de Sicile, mais je gère également celle de son père. Et ce resto, c'est justement un business appartenant à son père." Ashter : " Et alors, ce sont les mêmes non ? Un Fanzolini reste un Fanzolini ! On s'en fout que les prénoms soient différents !" Il lève les yeux au ciel en poussant un long soupir. J'ai toujours eu ce don avec lui. Alphonso : " Ne commence pas Ash." Ashter : " Théo a bien repris les affaires de son père non ?" Alphonso : " Tu sais très bien que Théo n'a pas voulu reprendre tout le business de son père sinon il aurait été obligé de revenir vivre ici. Il y a des choses dont il ne voulait pas s'occuper et surtout, une famille qu'il ne souhaitait pas quitter. C'est d'ailleurs pour ça que son père me l'a demandé à sa place." J'abandonne...de toute façon, c'est pas comme si j'avais vraiment l'choix ! Ashter : " Okay... Bon, y'a quoi d'autres ?" Étant donné que je sais qu'il n'en a pas encore terminé avec sa f****e liste, autant qu'il m'achève maintenant, au point ou j'en suis... Il parcoure des yeux le dossier devant lui. À mon avis, c'est juste histoire de mettre unpeu de suspense, mais en vérité il sait déjà très bien quoi me faire faire. Alphonso : " T'as rendez vous demain soir avec les frères Jam. Ils veulent une nouvelle cargaison d'armes mais Sam et Sophia n'auront pas le temps de s'en occuper avant plusieurs semaines, donc se serait bien que tu t'en charges à leurs places. Il faudra que tu prennes leurs commandes, que tu vérifies les stocks auprès du père de Dave et que tu trouves un cargo assez discret pour envoyer le tout à Stockholm dans les plus brefs délais." Là, ça m'énerve vraiment ! Ashter : " Pourquoi ce ne sont pas Sam et Sophia qui gèrent ça ?! C'est toujours eux qui font affaire avec ces mecs depuis le début !" Alphonso : " Mais c'est que t'es vraiment chiant quand tu t'y mets ! Sophia va bientôt accoucher et Sam ne veux pas la lâcher jusqu'à l'accouchement. Sachant que tu venais sur place, Théo m'a demandé de te charger de ça." J'ouvre grand les yeux. Je crois que j'ai loupé une info capitale. Ashter : " Depuis quand Sophia est enceinte ???" Il se passe la main sur le visage, complètement dépassé par mon ignorance Alphonso : " Je dirai depuis huit mois et demi déjà. Tu sais que ce serai bien que tu prennes des nouvelles de tous le monde de temps en temps ? Ça t'éviterais de donner l'impression de débarquer d'une autre planète dès qu'on te dit quelque chose. Tiens, je viens tout juste de te trouver une nouvelle mission pendant que tu seras là bas... Profites en pour renouer le contact avec eux." Cette fois, c'est moi qui souffle. Ashter : " Ouais, ouais, j'y penserai." Alphonso : " Rassures moi, tu comptes rendre visite à ton père quand même ? Parce que, vois tu, j'en ai unpeu marre qu'il m'appelle en m'engueulant et en m'accusant de lui voler son fils." Je retiens un sourire Ashter : " Dis pas d'conneries, mon père ne fait pas des trucs comme ça." Si il y a bien quelqu'un qui sait parfaitement être maître de ces émotions, c'est bien mon père. Alphonso : " Tu rigoles ou quoi ? Il le fait tout le temps. D'ailleurs, ça fait combien de temps maintenant que tu ne l'as pas vu ?" J'hausse les épaules, puis je prends les tas de papiers qui s'étalent sur son bureau. Tout en les consultant je lui réponds à voix basse parce que je sais qu'il va encore gueuler Ashter : " Je sais pas, j'dirai environ cinq ans..." Alphonso : " Cinq ans ??! Mais qu'est ce que tu fous de ta vie quand j'te files des congés ?!" Je me détruit... Ashter : " Rien de spécial." Lassé et dépité, je jette les papiers sur son bureau Ashter : " Bon, autre chose ?" Alphonso : " Pas pour l'instant. Tu penses être de retour quand ?" Ashter : " Dans deux jours." Alphonso : " Seulement ? Pourquoi tu n'en profites pas que tu seras là bas pour bosser unpeu avec Théo et les autres ?" Ashter : " Parce que j'ai déjà un boulot ici et que je n'en demande pas plus." Avant même qu'il réponde quoi que ce soit, la porte du bureau s'ouvre dans mon dos. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s'agit, je reconnais sans peine cette aura. Paolo Fanzolini dégage une forte puissance rien qu'avec sa simple présence. En plus, c'est le seul qui entre sans frapper... Il vient se mettre à côté d'Alphonso, donc juste en face de moi Paolo : " Bonjour Alphonso, bonjour Ash." Alphonso : " Bonjour patron. Que nous vaux l'honneur de votre visite ?" Paolo : " Ça reste mon bureau Alphonso, si je veux venir y faire un tour, je le fais." Alphonso : " Je le sais bien patron." Même si c'est maintenant Alphonso qui dirige, Paolo restera toujours le grand patron pour nous tous ici. Les bonnes habitudes ont la dent dure comme on dit. Paolo : " Trêve de plaisanterie. Je voulais voir Ash avant son départ." Je lève un regard suspicieux vers le bonhomme. Je n'aime pas du tout sa façon de me regarder actuellement. Ça sent le coup fourré à des kilomètres à la ronde. Ashter : " Pourquoi vous vouliez me voir ?" Paolo : " J'ai une nouvelle mission pour toi et je ne veux pas que tu rentres en Sicile tant qu'elle ne sera pas réglé." Bah bien sûr, c'est pas comme si j'avais pas déjà une tonne de boulot qui m'attendais là bas ! Je me permets tout de même de poser une question qui me taraude, sait-on jamais, j'ai peut être encore louper un épisode après tout. Ashter : " Vous n'êtes pas censé être en retraite vous ?" Paolo : " Je le suis, mais ça ne m'empêche pas de toujours garder un œil sur ma famille, mon business et de protéger mes arrières." Ashter : " Et c'est quoi le rapport avec moi ?" Paolo : " Qu'est ce que tu es pressé ! Bon, puisque tu insistes tellement je vais t'expliquer... J'ai besoin que tu enquêtes pour moi sur un homme..." Je fronce les sourcils face à sa requête Ashter : " Quel homme ?" Paolo : " Un pourri qui tente d'introduire de la drogue sur mon territoire et qui a déjà tué plusieurs personnes. Il laisse sur place des éléments plus que troublant indiquant que JE suis très certainement le responsable. Hors, à moins de souffrir d'un dédoublement de la personnalité dont j'ignore l'existence, ce n'est pas moi. Je suis peut-être vieux, mais je ne suis pas encore sénile." Ashter : " Et il est où ce mec ?" Paolo : " Quelle question, à New-York bien sûr." Ils me font drôlement chier ces deux là aujourd'hui ! Ils se sont passés le mot ou quoi ?! Ashter : " Si il est là bas, pourquoi vous ne demandez pas à votre fils ? C'est lui normalement qui se charge d'attraper les pourris sur son territoire." Paolo : " Parce que ce mec connaît mon fils et ces hommes et qu'il ne leur avouera rien si ils l'attrapent, même sous la torture. Il préférera mourir plutôt que de parler. Hors moi, j'ai besoin de ces aveux pour être disculpé de ce que l'on m'accuse. Si il meurt, on continuera à croire que je suis responsable des nombreuses vies perdus. J'ai 84 ans maintenant, j'aimerai finir ma vie à me dorer au soleil et non pas derrière les barreaux d'une prison. Et c'est là que j'ai besoin de toi... Il ne te connaît pas." Ashter : " Vous voulez que je fasse semblant de m'entendre avec lui ?" Paolo : " En gros oui. Mais il est très malin. Si tu n'y prends pas garde, il verra venir le piège à des kilomètres à la ronde et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il aura déjà disparu sans laisser aucune d'adresse. Crois moi, si ça arrive, tu ne le retrouveras pas." Ashter : " Et comment voulez vous que je m'y prennes ?" Paolo : " En passant par ces enfants." Ashter : " De quoi ces enfants ?! Je ne touche pas aux gosses moi !" Paolo : " Je le sais crétin ! J'ai juste besoin que tu te rapproches des enfants et par affiliation, tu te rapprocheras du père." Ashter : " Et comment je suis censé me rapprocher de ces gosses ?! Je postule en tant que nounou ?!" Paolo : " Non, c'est beaucoup plus simple que ça. Tu seras leur éducateur." Ashter : " Leur quoi ?!?" Paolo : " Ils ont été placés dans une association il y a deux ans parce que leur père leur cognaient dessus. Depuis, il vient chaque semaine leur rendre visite sur place. Il n'a pas le droit de les sortir du bâtiment, et il n'a pas le droit de les voir seul. Leurs rencontres se font uniquement en présence d'un éducateur de l'association. Et c'est là que toi, mon petit Ash, tu entres en scène. J'ai déjà appelé la directrice ce matin et elle est d'accord pour t'accueillir dès demain. Elle t'attend là bas à neuf heures tapantes. Le père des petits vient tous les samedis à quinze heures. Ça te laisse toute la semaine pour te mettre les petits dans la poche et ensuite le père." Ashter : " Et parce que je vais m'occuper de ces gosses vous croyez que ça incitera le père à me faire des confidences ?! C'est stupide votre truc, ça ne fonctionnera jamais." Paolo : " Fais moi confiance, je fais ce métier depuis bien plus longtemps que toi et je connais parfaitement la race humaine. Et en plus, quand il verra ta gueule il va tout de suite se douter que tu n'es pas du genre à être un mec qui est pote avec les flics. Ça lui inspirera confiance pour essayer de te faire intégrer son business." Cette fois, je fronce les sourcils Ashter : " Qu'est ce qu'elle a ma gueule ?!" Paolo : " Ne le prends pas mal mais de prime abord, tu fous les jetons." Mon second boss se permet de prendre la parole à son tour Alphonso : " Je suis d'accord." Je lance à ces deux imbéciles un regard qui les aurait tué sur place si j'avais eu des fusils chargés à la place de mes pupilles. Paolo se racle la gorge avant de reprendre Paolo : " Saches, qu'il a déjà essayé par le passé de recruter l'un des éducateurs dans ces rangs. Mais ce dernier n'étant pas intéressé, il a décliné l'offre. Et figures toi que comme par hasard, l'educateur s'est jeté du haut du toit d'un immeuble à peine trois jours plutard." Ashter : " Parce que c'est un pro des meurtres déguisés en plus ???" Paolo : " C'est même sa marque de fabrique. Il est régulièrement recruté dans le milieu pour aider certains récalcitrant à mettre fin à leurs jours." Ashter : " Et comment ça se fait que tout vous tombe sur le dos ?" Paolo : " Parce que bizarrement, depuis trois mois, ce sont mes hommes qui décident l'un après l'autre d'en finir avec leurs vies. Il n'y a pas besoin d'avoir fait de grandes études pour établir le lien entre eux tous, aussi bien pour moi, que pour les flics. Et si il parvient à se débarrasser de tous mes hommes, plus rien ne pourra l'empêcher de faire main basse sur mon pays et découler sa drogue." Ashter : " Et pourquoi je n'ai pas été au courant de tout ça avant aujourd'hui ?" Paolo : " Tu l'es maintenant, c'est tout ce qui compte non ?" Alors lui, il se fout de ma gueule ! Ashter : " Et si il s'en prend à moi, tout le monde s'en fout ?!" C'est vrai quoi ! J'ai peut-être une vie de merde et j'ai déjà très souvent penser à en finir, mais c'est pas pour autant que j'étais sérieux ! Paolo : " Vu ton passé, il t'en faut plus pour t'abattre. Alors, tu marches ou pas ?" Je marmonne Ashter : " C'est pas comme si j'avais vraiment l'choix." Paolo : " Si je t'écoutes, j'ai l'impression d'être un bourreau. Bref, je crois bien t'avoir tout dit. Je t'es déjà envoyé sur ta boîte mail toutes les infos que j'ai sur ce type. Tu pourras les lire dans l'avion, ou même avant, fais comme bon te semble comme d'habitude." Il se déplace et repart vers la porte. Avant qu'il ne sorte je lui demande Ashter : " Au faites, c'est quelle association ?" Il s'arrête, tourne la tête et me fait un mince sourire Paolo : " T'as de la chance, c'est justement celle qu'à ouverte ta petite copine." J'ai peur de comprendre... Ashter : " Quelle copine ?" Paolo : " La belle sœur de ma petite fille...Léa. Tu vois, je te l'avais bien dit, ça reste en famille." Et juste comme ça, il sort. C'est pas vrai ! Moi qui m'évertue à l'éviter depuis cinq longues années et voilà qu'on me jette en plein dans la gueule du loup ! Pourtant, je suis sûr d'avoir dit tout à l'heure que je ne voulais pas la revoir. Certes, je me l'ai dis à moi même mais ce n'est pas l'important, l'important c'est que j'ai dis que je ne voulais pas la revoir ! Mon boss me fait revenir sur terre Alphonso : " Ça va ?" Ashter : " Ouais, c'est une mission comme une autre." Je me lève de sur mon siège Ashter : " Bon, si tu n'as plus besoin de moi, j'vais y aller. Mon avion part dans deux heures." Alphonso : " C'est bon tu peux disposer." Je quitte à mon tour le bureau, puis la villa. Je monte dans la voiture qu'Alphonso a mis à ma disposition afin de me conduire à l'aéroport. Je constate que derrière le volant se trouve Giovanni Ashter : " T'as pris du galon récemment ? De surveillant d'entrée t'es passé à chauffeur ?" Giovanni : " T'es toujours aussi charmant." Ashter : " Tu me connais bien." Je sors mon ordi portable, l'ouvre, l'allume et vais directement sur ma boîte mail sécurisé. J'ouvre l'email reçu par Paolo. Le truc fait dix pages, super, je suis ravi ! Sur le trajet jusqu'à l'aéroport, Giovanni tente de me faire la conversation, mais je l'écoute à peine. Trop occupé à lire ce qui défile sous mes yeux. Malgré moi, mes pensées s'égarent vers Léa. Comment elle va réagir de me revoir débarquer comme ça ? Nous ne sommes plus rien l'un pour l'autre depuis longtemps, je l'sais, mais de savoir que je vais très bientôt la revoir, ça m'fait quelque chose. Même si je lui en veux d'avoir réussi là ou moi je continu d'échouer, je ne peux pas nier qu'elle compte toujours pour moi. Je sens que mon retour à New-York va m'attirer plus de problèmes qu'autre chose, et franchement, je suis très loin d'avoir hâte...
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