J'ai l'air bien con assis derrière son bureau à l'écouter me raconter tout ce qu'elle attend de moi le temps de ma présence ici.
Enfin je l'écoute, c'est un bien grand mot, je suis présent dans la même pièce quoi.
Je ne sais même pas ce que je fous ici exactement...devant cette nana !
Je le redis, je ne voulais pas la revoir !
Je voulais l'éviter jusqu'à la fin de ma vie comme je l'ai si bien fait ces dernières années et au lieu de ça, je suis là, assis au beau milieu de son foutu bureau qui est le paradis du jouet !
J'vous jure que j'ai vraiment attendu la toute dernière minute pour me pointer ici.
Franchement, jusqu'au tout dernier instant, je ne voulais pas venir.
Vous l'savez, je suis de retour depuis hier.
Mon avion a atterri assez tard sur le sol américain.
Sitôt sorti de l'aéroport, j'ai récupéré la voiture qu'Alphonso s'est chargé de louer pour moi afin de faciliter mes déplacements le temps de ma présence sur place, puis j'ai roulé jusqu'à chez mon père.
Vu l'heure tardive, c'était sûr qu'il serait déjà rentré.
Avec l'âge, mon père rentre de plus en plus tôt chez lui et je vous avoue que je préfère ça.
J'aime le savoir en sécurité chez lui, plutôt que dehors à traiter des affaires mafieuse avec je ne sais qui, ou sa vie est constamment en danger.
C'est mon père, j'y tiens !
Et puis bon, tout le monde sait dans ce bas monde que l'immeuble dans lequel vit mon père appartient à Théo Fanzolini, et que c'est le lieu le mieux garder sur terre.
Aucun criminel n'est assez suicidaire pour risquer sa vie en l'attaquant.
J'vous avoue qu'en arrivant devant l'immeuble, j'ai longé les murs car tout le monde sait également que toute la famille Fanzolini, excepté les parents, vit également dans cet immeuble, Léa y compris.
Enfin du moins, elle y vivait toujours quand je suis parti cinq ans plus tôt, mais j'imagine que ça n'a pas changé et qu'elle vit toujours chez son frère.
Et bien entendu, devinez quoi !
L'appart de son frère et celui de mon père sont exactement sur le même palier !
À une époque, je ne vais pas mentir, j'étais bien content de la savoir juste là, à quelques mètres à peine, mais ça c'était avant !
Maintenant, ce n'est plus le cas...clairement plus !
Je vous passe les détails concernant les retrouvailles avec mon père.
Tout ce que je peux vous dire, c'est que lui comme moi étions très ému de nous revoir après toutes ces années, et qu'il s'est tout de même permis de m'engueuler de ne pas être revenu le voir plus tôt.
Ne croyez pas, il m'a manqué et je mourrai d'envie de le revoir, mais je ne voulais juste pas revenir ici.
Trop de souvenirs...
Trop de démons...
Trop de tout...
Bref, lui et moi nous avons discutés jusque tard dans la nuit, perso ça ne m'a pas déranger puisque comme vous le savez, j'évite le plus possible de dormir, mais mon père lui, il ne tenait plus debout, alors je n'ai pas eu le choix, j'ai dû le laisser partir se reposer.
Après son départ, j'ai tout fait pour m'occuper afin de ne pas m'endormir.
J'ai pris une très longue douche d'une heure...
J'ai consulté mes mails...
J'ai planifié la future cargaison pour les frères Jam, même si le rendez-vous n'est prévu que ce soir...
J'ai appelé unpeu partout pour trouver le paquebot qui servira au transport de cette même cargaison...
En gros, j'me suis pas mal avancé.
Et pour finir, j'ai fini ma nuit posé devant une série débile à la télé.
Le principal dans tout ça, c'est que comme convenu, je n'ai pas fermer l'œil de la nuit.
À son réveil, mon père a été plus que surpris de me retrouver déjà levé, lavé et prêt à partir.
J'ai fais genre je m'étais réveiller une heure plus tôt à cause du décalage horaire et tout le tralala, même si vous et moi le savons, ce n'est pas l'entière vérité.
Ensuite, j'ai pris tranquillement un p'tit déj avec lui avant de me décider à partir de mon côté retrouver Léa, tandis que lui partait du sien retrouver Théo et toute sa clique.
Va falloir que j'pense à passer les voir un de ces quatre si je ne veux pas m'attirer les foudres de mes deux boss en rentrant en Sicile.
Donc voilà, après avoir quitter l'appart de mon père, j'ai tourné longtemps avec ma caisse dans les rues de New-York, puis finalement, j'me suis décidé vers neuf heures dix à me pointer là bas.
J'y suis arrivé environ une vingtaine de minutes plutard.
Mais depuis, je bous !
J'ai horreur de tout ce qu'elle me fait ressentir depuis que j'ai croisé son regard !
Depuis que j'l'ai revu, j'ai l'impression de ne plus être moi même.
J'la déteste maintenant j'le sais, enfin...je crois.
J'essaie désespérément de m'en convaincre en tout cas, mais plus je la regarde et plus j'me dis que je ne la déteste peut-être pas autant que je le pense.
Ouais, je regarde avec dégoût son air plus qu'épanoui quand elle me parle des gosses qu'elle a recueilli dans son association...
Ouais, je maudis cette étincelle qui a repris vie dans ces yeux gris clairs...
Mais à contrario, j'observe avec fascination la façon qu'elle a de se mordre la lèvre inférieure...
Je regarde avec admiration sa façon de se mouvoir en parlant avec ces mains...
Et je repense avec envie à la seule nuit que nous avons pu partagés elle et moi...
Cette nana me fait avoir des pensées totalement contradictoire avec mon état d'esprit.
Et ça m'énerve !
J'voudrais continuer à la détester, mais de l'avoir là devant moi, je ne suis pas sûr d'y arriver encore.
Au lieu de la haïr, comme je le fais depuis maintenant cinq ans, je suis là entrain de m'imaginer la prendre avec force sur son bureau tout en tirant méchamment sur ces longs cheveux châtains clairs et tout en lui crachant ma haine d'avoir réussi à se relever alors que moi, je continu à avoir peur de tout et à faire des putains de cauchemars les rares fois ou je parviens à trouver le sommeil.
Je déteste cette sensation !
Si vous voulez tout savoir à vrai dire, j'ai fait mon malin tout à l'heure quand elle a débarqué à l'accueil, mais rassurez vous, tout ça n'était qu'une façade.
La revoir ça m'a fait un truc.
Quoi...je ne sais pas, mais ça m'a fait quelque chose.
J'écoute à peine ce qu'elle me raconte depuis tout à l'heure.
Tout ce que j'arrive à faire, c'est regarder ces lèvres bouger comme un con.
Merde ces lèvres justement, elles ont cessés de remuer !
J'crois qu'elle attend une réponse à quelque chose qu'elle m'a dit.
Le truc, c'est que je ne sais pas du tout ce qu'elle a bien pu me raconter.
Ashter : " Pardon, tu disais ?"
Léa : " Tu n'as rien écouter à ce que je viens de te raconter pas vrai ?"
À quoi bon le nier ?
Ashter : " Pas vraiment."
Léa : " Je te disais qu'il faudrait que tu dormes ici une à deux fois par semaine.
On fait des roulements deux par deux chaque nuit."
Im.po.ssible !
Dormir ici, c'est prendre le risque que quelqu'un découvre mes peurs les plus profondes.
Je peux gérer une personne, mais certainement pas des dizaines !
Ashter : " Léa, j'viens pas pour m'occuper de tous ces gosses donc il est hors de question que je dorme ici pour les surveiller.
J'viens pour deux uniquement, les autres c'est pas mon problème."
Léa : " Et pourtant, tu n'auras pas le choix."
Elle va très vite me faire sortir de mes gonds si elle continue comme ça !
Nos retrouvailles risquent de très mal se terminer.
Ashter : " Si je l'ai !
Je m'occupe des deux et c'est tout, point barre !
Paolo m'a chargé de ces deux gamins là, personne d'autre !
T'as vu ma gueule ?!
Est ce que j'ai l'air d'être mère Thérèsa moi ?!"
Je la vois se retenir de me rire à la tronche.
Léa : " Je sais parfaitement ce que Paolo t'as demandé, mais ici tu bosses pour moi et tu dois faire ce que je te demande."
Alors elle, elle s'est senti pousser des ailes je ne vois que ça pour justifier la façon avec laquelle elle me parle !
Je la laisse pendant cinq ans et à mon retour elle pense pouvoir me prendre de haut !
Redescend de ton nuage ma cocotte, dans cette mission, c'est moi le boss !
Ashter : " Uniquement en façade chérie, sur le papier, je fais ce que je veux."
Léa : " Évites de m'appeler de cette façon s'il te plaît, surtout sur mon lieu de travail.
Personne ne sait que nous nous connaissons ici et j'aimerai tout aussi bien que ça reste comme ça."
Elle se fout de moi ou c'est comment ?!
Ashter : " Fallait y penser avant de me prendre dans les bras devant Bipsy alors."
Léa : " Rembobine dans ta tête et refais toi la scène.
C'est toi qui m'a pris dans les bras et non l'inverse.
Et comment tu sais le prénom de mon hôtesse d'accueil d'abord ?"
Ah merde, c'est vrai que c'est moi qui est fait ça !
Pour ma défense, je ne sais pas vraiment pourquoi j'l'ai fais.
J'crois que mon cerveau a cessé de fonctionner quand elle est apparu devant moi.
Bien entendu, je me garde bien de lui dire ça.
Ashter : " Ouais peut-être, je sais plus.
Et concernant Bipsy, elle me l'a donné quand je le lui ai demandé.
C'est aussi simple que ça."
Elle secoue rapidement la tête de gauche à droite
Léa : " Bref, tu te chargeras aussi des autres enfants et c'est un ordre."
J'vais lui mettre ou j'pense son ordre, ça va pas faire un pli !
Je croise les bras sur mon torse afin de bien lui signaler qu'elle me gonfle.
Elle reprend, comme si mon état de nerf ne la gêner pas le moins du monde.
Léa : " Au faites, qui sont les deux enfants concernés par ta présence ?"
Elle s'est adoucit, du coup je prends sur moi et j'en fais autant.
Ashter : " Paolo ne te l'a pas dit ?"
Léa : " Si il l'avait fait je n'aurai pas besoin de te poser la question."
Ashter : " J'pensais que tu voulais juste vérifier si j'avais bien fait mes devoirs."
Léa : " Très drôle, très drôle...
Bon alors ?"
Ashter : " Alexandro et Louisa Sanchez.
Tu les connais ?"
Léa : " Bien sûr, je connais tous les enfants que l'on me confie.
Ils sont ici depuis deux ans.
Ils parlent très peu, voir même jamais.
Enfaîtes, ils ne se parlent qu'entre eux.
Qu'est ce que tu comptes faire ?"
Ashter : " Je ne sais pas encore, j'aviserai le moment venu.
De toute façon, celui qui m'intéresse c'est leur père."
Léa : " Qu'est ce qu'il a à voir avec la mafia ?"
Ashter : " Léouche, tu crois vraiment que je vais te révéler cette information et risquer de te mettre en danger ?"
Je vois ces joues prendre une jolie teinte rosée à l'entente de ce surnom que je n'avais plus utiliser depuis des années.
Je suis moi même surpris d'avoir sorti ça et à vrai dire, ça aussi, je ne sais pas pourquoi je l'ai fais.
Léa : " Je ne suis pas en sucre Ash et je ne suis plus une gamine.
J'ai passé l'âge d'être protéger.
Je sais me défendre."
Ashter : " Ça, je m'en doute.
La petite Léa qui avait peur de tout est devenue grande."
Léa : " C'est un reproche ?!"
Ashter : " Pourquoi, ça devrait ?"
Léa : " J'te trouve différent."
Je me retiens de lui rire au nez.
Ashter : " Pourtant moi, je suis toujours le même."
Elle fronce les sourcils tout en continuant à me fixer du regard.
Léa : " T'as quelque chose à me dire ?!"
Ashter : " Pas le moins du monde.
Tu poursuis ta vie, c'est bien."
C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à passer au dessus de mon ressentiment.
Il va falloir que ça sorte à un moment, je le sais, mais si ça pouvait éviter d'être aujourd'hui ce serait pas plus mal.
Elle pose ces coudes sur son bureau et sa tête sur ces mains.
Elle a toujours fait ça quand elle veut absolument savoir quelque chose
Léa : " Dis moi ce que tu me reproches exactement Ashter..."
Et quand elle dit mon prénom en entier, c'est vraiment que je la pousse à bout.
Je soutiens son regard.
Ashter : " Je n'ai rien à te dire Léa."
Léa : " Alors, arrête avec tes insinuations."
Ashter : " J'y peux rien si tu vois le mal partout."
Léa : " Tu oublies que je te connais Ash..."
Ashter : " Rectification, tu me connaissais.
Il y a bien longtemps que ce n'est plus le cas."
Léa : " À qui la faute ?!"
Ashter : " Oh alors on en est là ?
Tu veux qu'on règle nos comptes ici et maintenant ?"
Elle se renfonce sur sa chaise en soupirant.
Léa : " Non, je ne préfère pas.
Laissons le passé là où il est."
Ashter : " Et ça me va très bien comme ça."
Léa : " Parfait alors."
Ashter : " Ouais parfait."
Vu que j'en ai marre de cette conversation, je me mets à regarder partout autour de moi.
Son bureau ressemble à un magasin de jouets.
Il y en a partout !
Ashter : " Pourquoi est ce que j'ai l'impression d'être dans un magasin de jouets quand je suis assis dans cette pièce ?"
Léa : " Parce que les enfants viennent souvent me tenir compagnie dans mon bureau pendant que je bosse.
J'aime bien les avoir avec moi.
Et puis ça soulage unpeu les autres."
Ashter : " Et, pourquoi t'as ouvert ce truc au faites ?"
Léa : " Pour aider les enfants comme nous."
Ashter : " Comment ça comme nous ?"
Léa : " Qui ont subis des traumatismes.
Tous n'ont pas eu la même chance que nous."
Voilà comment avec une simple phrase, je vrille à nouveau en moins de deux !
Ashter : " Parce que tu trouves que nous on en a eu franchement ?!
Sérieux Léa, tu vis dans quel monde là ?!"
Léa : " Nous n'étions pas seuls quand nous avons été libérer.
Nous avions nos familles, mais certains des enfants ici ont directement vécu tout ça à cause des membres de leurs familles justement.
Ils n'avaient plus personne."
Je ne réponds rien, vaut mieux pas.
Elle et moi n'avons pas affronter la suite de la même façon.
Pour elle, c'est le monde des bisounours maintenant, alors que pour moi...
Elle se lève de derrière son bureau.
Je suis ces gestes du regard
Léa : " Tu viens ?
Je vais te faire visiter les lieux."
Ashter : " J'peux pas maintenant, j'ai autre chose de prévu."
Et voilà qu'elle me refait le coup du soupir exaspéré tout en se rasseyant...
Elle aimait trop me le faire celui là avant, apparemment, c'est toujours d'actualité.
J'enchaîne avant qu'elle ne recommence à me prendre la tête
Ashter : " J'te rappelle que je suis à New-York à la base pour les affaires d'Alphonso.
J'peux pas me permettre de mettre tout en stand by parce que Paolo veut que je m'occupe de ce mec.
Je sais que le gars viendra samedi, dons je m'arrangerai pour venir avant."
Léa : " Okay, donc reviens demain."
Ashter : " Quoi ?!
Mais pourquoi demain ?!
J'ai toute la semaine pour être peinard !"
Léa : " Je veux que tu passes du temps avec les enfants avant !"
Ashter : " Je ne suis pas leur nounou !"
Léa : " Non, tu es leur nouvel éducateur !
À moins que tu ne préfères que j'appelle Paolo et que je lui demande d'envoyer un autre de ces gars pour faire ce boulot ?"
Ashter : " C'est quoi le sale coup que t'es entrain de me faire là ?!"
Léa : " Ce n'est en aucun cas un sale coup, je veux juste que tu prennes cette affaire au sérieux !"
Mais c'est qu'elle m'énerve à force !
Ashter : " J'la prends au sérieux !"
Léa : " Quand je vois ton attitude, j'en ai vraiment pas l'impression."
Ashter : " Quoi, t'es dans ma tête maintenant ?!"
Nouveau soupir...
Elle sait à votre avis qu'à force de soupirer comme ça, elle n'aura bientôt plus d'oxygène dans son corps ?
Léa : " T'es vraiment insupportable !"
Je lui sors mon plus faux sourire qui soit
Ashter : " Je te retourne le compliment."
Léa : " Écoute Ash, si toi et moi n'y mettons pas du nôtre, on y arrivera jamais.
Pour que notre collaboration forcée se passe bien, il faut qu'on oubli tout ce qui a pu se passer entre nous par le passé."
Ashter : " Ça fait déjà un bail que j'ai oublié toutes ces conneries moi !"
Honteux mensonge...
Pas un jour ne passe sans que je ne repense à notre amitié et à la raison qui a nous fait nous rencontrer.
Léa : " Très bien, alors on est tous les deux d'accord pour une fois."
Ashter : " Exactement."
Alors qu'elle allait me dire je ne sais quoi, la porte de son bureau s'ouvre dans mon dos.
Je la vois poser les yeux sur la personne à la porte
Léa : " Turner, je suis en rendez vous."
Turner ????
C'est pas le nom du mec dont mon père m'a parlé la dernière fois au téléphone ça ?!?
Turner : " Désolé bébé, mais j'ai des papiers à te faire signer."
Bébé ????
Oh p****n, si c'est bien son mec !
Je jubile intérieurement quand je la vois lever les yeux au ciel à l'entente de ce surnom débile et qui ne convient pas du tout à une femme comme Léa.
Léa : " Turner !
On est au travail !"
Turner : " Désolé, c'est l'habitude."
J'entends le mec entrer définitivement dans le bureau.
Il se pointe à côté de moi.
Pas l'choix, j'vais devoir faire un effort pour être sympa.
Je me lève afin de le saluer convenablement.
Je suis surpris de trouver en face de moi un mec avec une tête de moins que moi.
Des cheveux très blonds alors que les miens sont noirs.
Des yeux bleus alors que les miens sont gris foncés.
Quelques muscles ici et là, mais pas autant que moi.
En gros, mon exact opposé.
On ne pouvait pas faire plus différent l'un de l'autre.
Il tend sa main et serre la mienne, je serre la sienne en retour.
Même sa poigne n'est pas imposante.
Je suis sûr qu'avec juste une pression je pourrai lui briser les doigts.
Turner : " Turner Stevens, je suis l'adjoint de Léa."
Je jette un rapide coup d'œil à mon amie d'enfance.
Sérieux même son mec respire la joie de vivre !
Encore un truc qui montre qu'elle a réussi à surmonter tout ça !
Je sais, plutôt que de me morfondre, je devrai être content pour elle, mais c'est plus fort que moi, je n'y arrive pas !
Je répond à l'autre demeuré qui me regarde toujours en souriant avec son bonheur qui déborde de chaque pores de sa peau.
Ashter : " Ashter Varconi, le nouvel éducateur.
Je commence demain."
Et voilà, il a fallu que je me retrouve avec la tête de cet abruti devant moi pour que j'abdique !
Je la vois sourire du coin de l'œil.
Elle sait que je viens de me trahir tout seul.
Il lâche enfin ma main, puis contourne le bureau et vient se placer à côté de Léa.
Il se penche légèrement sur le bureau en posant tout un tas de papiers devant elle, et au passage, il se permet de replacer l'une de ces mèches derrière son oreille.
Je me retiens de dégainer mon flingue.
Je n'ai jamais supporter que quelqu'un la touche !
J'ai toujours tout fait pour la protéger et là, de voir un mec la toucher, ça réveille ce côté que je pensais avoir enfoui tout au fond de moi.
Je croyais sincèrement en avoir fini avec ce besoin de protection que j'éprouvais envers elle, mais je me rends compte qu'en vérité, c'est toujours bien ancré en moi.
Les mauvaises habitudes ont la dent dure...
Je préfère me casser avant que mes émotions ne prennent le dessus et que je ne puisse plus me contrôler.
Ashter : " Bon, je vais y aller."
Elle me regarde avec son air innocente
Léa : " Tu t'en vas déjà ?"
Ashter : " Ouais, j'ai des choses à faire."
Léa : " Très bien.
Alors à demain huit heures ?
Et sois à l'heure."
Ashter : " Ouais ouais."
Et juste comme ça, je quitte son bureau, puis le bâtiment.
J'en suis sûr maintenant, cette mission va être la plus dur que j'ai pu faire depuis très longtemps...