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1777 Words
Au moment où je m’apprêtais à m’allonger, mon téléphona vibra. C’était un numéro inconnu. J’hésitai avant de décrocher mais bon, c’était sûrement par rapport à mon affaire. -Moi : Allô ? C’était une femme qui était au bout du fil : -L’inconnue : Bonsoir Mme Cissé, excusez-moi de vous déranger si tard. Je me présente d’abord, je m’appelle Khadija. J’ai entendu dire que vous clamez votre innocence partout alors je pense qu’il serait bon que nous nous rencontrions. -Moi : Qui êtes-vous ? -Khadija : Une personne qui aide les victimes comme vous. J’ai vu beaucoup de personnes qui ont dû changer d’identité et de vie car elles étaient maltraitées et indexées à cause d’erreur ou de suspicion judiciaire. Je ne vous demande pas de me répondre immédiatement. Réfléchissez à tête reposée et rappelez-moi sur le numéro que je viens de vous envoyer par texto. Passez une bonne nuit. -Moi : Merci vous aussi. Pourquoi cette femme voulait-elle m’aider ? Elle ne me connaissait pas et pourtant, elle croit quand même à mon innocence ? Avant de donner une réponse à cette femme ; il me fallait impérativement avoir l’aval de Mohamed. Même si je doute qu’il veuille toujours me représenter après tout ce qui s’était passé lors de l’interrogatoire. Je m’endormis sans m’en rendre compte. Ma vie ressemblait à un cauchemar en ce moment. Je voulais que tout s’arrête. Qu’avais-je fait pour mériter de traverser pareille épreuve ? Je ne prends pas toujours les bonne décisions mais cela ne fait pas de moi un monstre. Avec tout le brouhaha causé par la mort de Jules, je n’avais même plus le temps de parler avec mes enfants, encore moins maintenant qu’ils étaient chez une cousine. Je ne sais pas quoi leur dire. De toute manière, ce sont des enfants. Ils ignorent ce qui se passe. Et en plus, ils sont entourés d’enfant et doivent s’amuser comme des dingues. Ça se trouve, ils m’ont même oublié. A mon réveil, l’atmosphère était assez tendu. Mon beau-frère avala rapidement sa tasse de café avant d’aller se mettre devant la TV. Ramata quant à elle, me faisait la tête. Elle n’avait toujours pas digéré toutes les choses que je lui avais cachées. Je ne pouvais pas rester toute une journée ici. Je téléphonai à Maty afin de savoir si je pouvais passer la journée chez elle mais elle me dit qu’elle était à Saly avec ses collègues. J’appelai donc mon avocat pour lui parler de la proposition qu’on m’avait faite hier soir : -Mohamed : Laisse-moi résumer : une femme que tu ne connais ni d’Adan ni d’Eve propose de t’aider à prouver que tu n’es pas une meurtrière ? Qu’est-ce qu’elle y gagne et comment compte-t-elle s’y prendre ?. -Moi : Au point où j’en suis, je n’ai plus rien à perdre Mohamed ! -Mohamed : Dans ce cas, fais-le et puis si c’est trop pour toi, bah tu pourras toujours faire machine arrière. -Moi : Oui, en effet. Merci. Je te tiendrai au courant. -Mohamed : Parfait. Merci d’avoir pris la peine de m’en parler ! -Moi : C’est moi. Mohamed, je suis navrée pour hier… -Mohamed : C’est oublié ! Une fois que je raccrochai avec lui, je cherchai le sms de Khadija afin de lui dire que j’acceptai sa proposition et que je souhaiterai la rencontrer. -Khadija : Bonjour Mme Cissé. Je ne m’attendais pas à ce que vous me rappeliez aussi tôt. -Moi : La nuit porte conseil. J’aimerez savoir comment ça va se passer si je vous donne mon accord ? -Khadija : Nous conviendrons d’un jour ensemble. Car l’émission ne se déroule que les lundis, mercredis et vendredis. Ce sera très soft, ne vous en faites pas. -Moi : L’émission vous avez dit ? je ne vous suis pas ! -Khadija : Je suis journaliste ! Nous avons une radio qui ne parle que de faits divers. Et l’avantage c’est que si des personnes savent quelque chose sur votre mari que vous vous ne savez pas, elles téléphoneront en ligne pour nous en parler. -Moi : Excusez-moi, j’ignorai qu’il s’agissait de passer à la radio. Ça change vraiment la donne. Je n’aimerai pas que le monde entier soit au courant de mon histoire avec mon mari ! je voudrai préserver sa famille. -Khadija : C’est ironique hein. je vous signale que tout le Sénégal est au courant de cette affaire ! Tout le monde sait que vous passiez votre temps à vous disputer et que vous avez menacé de mettre fin à ses jours à plusieurs reprises. Ne voulez-vous pas laver votre honneur et prouver à tout le monde que vous n’êtes pas le monstre que tous les médias dépeint à longueur de journée ? -Moi : Khadija? -Khadija : Oui? -Moi : J’ai besoin de parler, d’extérioriser. Je ne dors plus, je ne mange plus. Je suis constamment montrer du doigt. Je veux que tout cela cesse, et ce, le plus rapidement possible, mais je ne veux pas me mettre ma belle famille à dos. Tout le monde pense que mon mari était parfait et que je suis la sorcière. -Khadija : Mme Cissé, réfléchissez à nouveau et revenez moi ok ? En attendant vous pouvez visiter notre page YouTube et voir des extraits de nos émissions. A bientôt. -Moi : Merci beaucoup Khadija. -Khadija : De rien, bye ! J’envoyai un message à Jules pour lui dire que c’était pour passer à la radio raconter mon histoire. C’était le genre d’émission comme Teuss ou Xalass, sauf que je ne vais pas garder l’anonymat ! Je descendis en parler à ma sœur car il y a de fortes chances que j’accepte. J’en ai ras le bol d’être indexée. Ma sœur ne partageait pas du tout mon avis : -Ramata : C’est de ta vie dont tu vas parler. Tu exposes également tes enfants en es-tu consciente ? -Moi : Il ne s’agit pas de mes enfants mais de moi ! Ce ne sont pas mes enfants qui sont accusés à tort, mais moi. Ce ne sont pas eux qui sont toisés, ou montrés du doigt ! Même toi j’ai vu la manière dont tu me regardais hier alors au lieu de raconter mon histoire à la police, je veux en parler à cœur ouvert. Je ne veux plus être jugée. -Ramata : Tu es tellement bornée. On pourrait passer la journée à débattre, chacune campera sur sa décision. Tu n’as pas besoin de te justifier aux yeux du monde entier. Quoique tu dises, ça ne fera pas que les opinions changent. Cependant, comme tu es décidée, je ne peux que te souhaiter bonne chance. -Moi : Tu es trop négative Rama ! soutiens-moi, encourage moi ! Après ça t’étonne que je ne me confie jamais à toi! Je retournai m’enfermer dans ma chambre ; Ma sœur m’énerve. Elle ne me soutient jamais , tout ce que je dis elle le transforme négativement. Je rangeai mes affaires en attendant de trouver un appartement que je pourrai louer. Nous ne pouvions plus partager le même toit. Badou retourna dans la cuisine pour parler avec ma sœur : -Badou : Ramata, ta sœur a besoin d’encouragement. Elle a raison. Si faire cette émission lui fait du bien, laisse la faire. -Ramata : Je pense juste que cela ne fera qu’aggraver la situation, c’est tout. -Badou : Ta sœur est bornée. Elle en a toujours fait qu’à sa tête. Ce n’est pas aujourd’hui que ça va changer. -Ramata : Je ne la reconnais plus depuis qu’elle a commencé à fréquenter Maty. Avant, nous étions inséparables elle et moi. -Badou : Je ne ramènerai pas ce débat sur la table si j’étais toi ! C’est la meilleure amie de ta petite sœur et malgré le fait que tu ne l’aimes pas, elles sont toujours autant amies et elle ne lui a jamais rien fait qui puisse présager que ce n’est pas une fille bien. -Ramata : Ok comme tu veux. Je vais au supermarché prendre deux-trois bricoles. A tout à l’heure. -Badou : Ok à Toute. Je finis de ranger mes affaires et descendit. Badou était au salon et Ramata n’était pas encore de retour. -Moi : Badou, merci beaucoup pour tout. il est temps pour moi de partir. -Badou : Non. Ici c’est chez toi. Ecoutes Dieyna, ta sœur ne veut que ton bien. elle ne le manifeste peut-être pas comme toi tu aimerais qu’elle le fasse mais c’est le cas. Même si tu décides de camper sur ta décision, attends la stp. Ne pars pas comme ça. -Moi : Elle me croit coupable Badou. Si elle avec qui j’ai grandi me croit capable d’un acte si ignoble, alors je n’ai plus rien à faire ici. Alors que Badou essayait toujours de me convaincre de rester, on entendit la porte d’entrée s’ouvrir. Ramata était de retour. Elle nous entendirent parler alors elle vint nous trouver au salon. La première chose qu’elle remarqua, ce fut ma valise : -Ramata : Où est ce que tu vas avec ta valise ? -Moi : J’ai un collègue qui loue des appartements meublés. L’un d'eux vient de se libérer, alors je pense qu’il est temps pour moi de m’en aller ! De plus, je n’aimerai pas que tu te sentes en danger dans ta propre maison à cause de moi ! -Ramata : Quand décideras-tu de grandir enfin Dieynaba ? On se dispute et hop tu fais ta valise et tu t’en vas ? Non mais tu exagères. Je ne t’ai jamais traité d’assassin alors stp. -Moi : Tu n’en as pas eu besoin Ramata. Ton regard était assez expressif hier soir alors arrêtes de faire croire le contraire. Dans tous les cas, j’ai besoin d’être seule. Tu es trop négative et c'est la dernière chose dont j'ai besoin. -Ramata: Tu sais quoi ? Fais comme tu le sens, je ne te retiendrai pas. Tu as perdu ton mari et c’est une rude épreuve mais cela ne te donne pas le droit de traiter les gens comme tu le fais ! Je t’ai ouvert ma porte et je pense que je t’ai prouvé plus d’une fois que je suis là pour toi. Je suis ta grande sœur et j’ai parfaitement le droit de ne pas forcément approuver tous tes choix ! Si cela fait de moi une personne négative, merci. Je suis vraiment navrée que tu le prennes ainsi. Bonne chance pour la suite. -Moi : Merci. Badou m’aida à transporter ma valise jusqu’à ma voiture. Je partis sans même me retourner. Vous savez quoi ? J’irai participer à l’émission, après tout il faudrait que je commence à penser à moi!
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