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Jamais je n'aurai pu imaginer qu'un jour que je passerai à la radio ou même que je deviendrai tristement célèbre. Khadija m’avait très bien accueillie et briefée avant le début de l’émission. Elle avait l’air très gentille et avait réussi à enlever mon trac. -Khadija : Alors es-tu prête ? -Moi : Oui. -Khadija : Alors on va commencer : 1 2 3. C’est parti. Bonjour chers téléspectateurs et téléspectatrices, Bienvenus dans votre émission préférée « sama dère » (ma réputation). Depuis, environ un mois, la mort du médecin M. Souleymane Cissé ne cesse de défier la chronique. La police ainsi que certains journalistes pensent que c’est son épouse qui est en est l’auteur. Alors elle a tenu à nous donner sa version des faits afin de raconter le calvaire qu’elle vit depuis la mort prématurée de son époux. Mme Cissé, je vous laisse vous présenter. -Moi : Merci Khadija. Bonjour à toutes les personnes qui me suivent. Merci pour l’opportunité que tu m’as offerte. Je me nomme Dieynaba, l’épouse du docteur Souleymane CISSE. -Khadija : Dieynaba, ton mari a été assassiné, c’est bien cela ? -Moi : Oui c’est exact. -Khadija : Et c’est toi qui a découvert le corps, c’est bien cela ? -Moi : Oui. C’était l’anniversaire de ma nièce et nous étions tous censés dîner chez ma grande sœur. Il m’avait promis d’être de la partie. Je lui ai téléphoné plusieurs fois avant de me rendre chez nous. Je l’ai trouvé inconscient, allongé dans une mare de sang, sur le tapis du salon. Un couteau en plein cœur. -Khadija : Que s’est-il passé ensuite ? -Moi : J’ai automatiquement téléphoné à ma meilleure amie. J’ai des crises d’angoisse et j’avais peur face à la découverte que je venais de faire alors il fallait que je sois avec un proche. -Khadija : Pourquoi n’as-tu pas appelé la police ? -Moi : J’étais super paniquée. Je n’ai même pas pensé à cela. C’est après avoir téléphoné à ma meilleure amie que j’ai appelé les pompiers et la police. -Khadija : Je suppose que c’est pour cette raison que la police vous croit coupable ? -Moi : Oui entre autres. -Khadija : Est-il vrai que ton mari était infidèle ? Peux-tu nous en parler ? Je ne racontai pas à nouveau nos deux premières disputes, à savoir le cas de Billie ou de son ex. -Moi : Mon mari avait un séminaire à l’étranger. En l’aidant à vider ses affaires, j’ai découvert qu’une de ses chemises étaient tachées de rouge à lèvre. Je lui ai posé de nombreuses questions et tout mais il a tout bonnement nié. Quelque mois plus tard, j’ai découvert qu’il entretenait effectivement une liaison avec une étudiante en médecine en stage dans son cabinet. -Khadija : Comment l’avez-vous découvert ? -Moi : Il n’avait pas enregistré son numéro et à chaque fois, je remarquais que le même numéro appelait. J’ai donc fini par le parcœurisait et je l’ai enregistré sur mon téléphone. Je suis allée sur w******p et j’ai vu sa photo. Elle me paraissait si jeune, si dévergondée et superficielle. Son visage ne me disait rien. Mais il me fallait des réponses. Je lui ai alors téléphoné. -Khadija : Hum. Et ? Je fermai les yeux en parlant, comme à chaque fois que j’ai mal. Elle décrocha au bout de la quatrième sonnerie : -La fille : Allô ? Je n’y suis pas allée par quatre chemin : -Moi : Je n’ai pas le temps pour les salamalecs ! Je suis la femme du Dr Cissé et je suis au courant pour vous deux. -La fille : Où avez-vous eu mon numéro ? -Moi : Ce n’est pas important ! Tu es jeune et tu as toute la vie devant toi alors je te conseille de te concentrer sur tes études et de laisser mon mari tranquille ! -La fille : Votre mari est m******n et a droit à quatre femmes. Si on doit rompre, ce ne sera certainement pas pour vos beaux yeux. Vous ne connaissiez pas mon existence, mais je connaissais la vôtre. Jules m’a parlé de vous. Je suis occupée, j’ai un examen demain. Que ce soit la dernière fois que vous m’appelez, est-ce bien clair ? -Moi : Je n’en revenais pas. En plus elle appelait mon mari « Jules » comme moi je le faisais. -Khadija : Mais qu’espérais-tu en lui téléphonant ? -Moi : Qu’elle mettrait un terme à leur relation. -Khadija : Comment ça s’est passé avec Jules maintenant que tu venais de découvrir qu’il avait une maitresse ? -Moi : J’étais en colère ! je lui en voulais terriblement. Au début, je m’étais dit que je ferai comme si de rien n’était, mais il m’a énervée, une fois de plus. -Khadija : Tu veux bien nous raconter stp? J’inspirai avant de reprendre ma respiration et de revivre cette satanée journée à nouveau : -Jules : Mon amour, tu sais que tu es la femme de ma vie ? Cela m’a mise hors de moi, parce qu’il mentait. -Moi : Si je suis la femme de ma vie, pourquoi me trompes-tu avec ta stagiaire ? Il me regarda puis sourit : -Jules : Te tromper avec ma stagiaire ? c’est contre mon éthique et tu le sais. -Moi : Quel éthique ? Je lui ai parlé et elle maintient qu’elle est bien ta maitresse. -Jules : C’est complément faux. En plus de quelle stagiaire parles-tu ? Je m’empressai de lui montrer la photo de cette jeune fille dont j’ignorais toujours le nom. Vous auriez dû la voir avec son air vulgaire. On voyait nettement qu’elle n’avait pas froid aux yeux. Jules fixa la photo puis me dit : -Jules : Bineta, je l’aide pour sa soutenance rien de plus. Je peux savoir où as -tu eu son numéro ? -Moi : Cela n’a pas d’importance. -Jules : Si je comprends bien tu lui as parlé ? -Moi : Oui. Il fallait que je sache… -Jules : Et pourquoi n’es-tu pas venu directement me poser la question au lieu de te rabaisser en lui téléphonant ? -Moi : Pour la simple et unique raison que tu m’aurais tout simplement menti comme toujours. -Jules : Il n’y a rien entre elle et moi, je te le jure Dieynaba. Tu es la seule que j’aime. Arrête d’en douter stp. -Moi : Est-ce que tu peux arrêter de mentir deux minutes ? Elle m’a confirmée que vous sortiez ensemble. -Jules : C’est fou comme tu es naïve. Je parie que c’était juste pour t’embêter. Elle est très taquine. -Moi : Ok puisque c’est comme ça, organise une rencontre et on verra si tu maintiens ton baratin ou non. -Jules : Tu veux me faire passer pour un loser aux yeux de ma stagiaire ou quoi ? Il n’en est pas question. Ta jalousie va finir par te tuer Dieynaba. Je n’en peux plus de tes scènes de jalousie ! on dirait que tu n’aimes pas la paix. Tu cherches constamment la guerre ! -Khadija : Il avait l’air vraiment convaincant, peut-être que la fille t’avait tout simplement menti afin de vous séparer. -Moi : Souleymane excellait dans le retournement de situation. Il était doué pour constamment créer le doute dans ma tête. Je me demandais à chaque fois si ce n’était pas ELLE qui m’avait raconté des bobards. Comme il savait que j’avais des doutes, il évitait de rentrer trop tard, ou de décrocher des appels à n’importe quelle heure. Il me couvrait de cadeaux, de petites attentions etc. Ce n’était pas parce qu’il regrettait, non c’était uniquement pour mieux masquer son jeu. Je sais que je n’aurai jamais dû en arriver là, mais il fallait que j’aie réponse à toutes mes interrogations alors j’ai décidé de le suivre. C’était un mercredi soir. Nous étions censés sortir ensemble mais il me téléphona pour me dire qu’il avait une urgence. Et bien sûr, je n’y croyais pas un mot. Je me rendis à l’hôpital. Je restai garer au niveau du parking pendant trente minutes au moins avant qu’il ne se décide à sortir. Il était seul. Pendant un court instant, je commençais à regretter le fait de vouloir le suivre mais bon, je le fis quand même. Il fit un long trajet avant de s’arrêter devant un restaurant très cher dont la spécialité était les fruits de mer. C’est là que nous étions censés dîner ce soir. Il resta dans sa voiture jusqu’à ce qu’un taxi arrive. Il descendit de sa voiture, alla vers la vitre avant de ce dernier comme pour payer le taximan puis ouvrit la portière arrière ; Sa stagiaire en sortit doucement. Ils s’embrassèrent sur la bouche sans gêne. A cet instant précis, je voulus descendre de ma voiture et les tuer tous les deux. Je suis restée là jusqu’à ce qu’ils en sortent. Mon mari la déposa chez elle avant de rentrer. Je ne me préoccupai même pas du fait qu’il était probable qu’il me devance à la maison. Je ne sentais plus mon corps. La douleur était si intense qu’elle me paralysa tous les membres. Cette fille était si jeune. Je me demandai s’il était conscient que sortir avec sa stagiaire pourrait lui coûter sa profession voire son droit d’exercer ? Jules arriva à la maison avant moi. C’était prévisible car je roulais à deux à l’heure. J’avais essayé de joindre Maty sans succès. J’étais paniquée. Je me garai, affaiblie puis descendit de ma voiture. Jules m’attendait au salon. Il était environ minuit trente quand je franchis le seuil de la porte. -Jules : Où étais-tu Dieynaba ? -Moi : Qu’est-ce que cela peut te faire ? -Jules : Je suis ton mari alors revois ta manière de me parler et réponds moi ! -Moi : Tu veux vraiment savoir ? -Jules : Puisque je t’ai posé la question ! -Moi : Je suis restée devant le restaurant « Frutti di mare » jusqu’à ce que vous finissiez de manger ta stagiaire et toi puis je vous ai suivi pendant que tu la déposais devant chez elle et ensuite, comme toi, je suis rentrée. -Jules : Tu deviens parano hein. C’est la seule explication. J’étais à l’hôpital en train de sauver une vie Dieyna. Je n’ai même pas mangé. J’attendais de rentrer. -Moi : Tu es un menteur doublé d’un sociopathe Souleymane. Je t’ai dit que j’ai vu de mes propres yeux et tu te permets de nier ! Tu sais quoi ? je suis fatiguée. Je vais me coucher. Je dors dans la chambre d’amis pour éviter de commettre l’irréparable. -Jules : Non toi tu sais quoi ? Demain matin j’appellerai ma stagiaire et je lui demanderai s’il y a quelque chose entre elle et moi, en mettant le haut-parleur. Tu as tellement fini par te convaincre qu’il se passe quelque chose entre Bineta et moi que tu ne vois que ça. J’étais au bureau chérie. Je te le jure. Je ne répondis même pas. Si quelqu’un était venu me rapporter qu’il avait vu mon mari, j’aurai pu le croire mais je l’ai vu de mes propres yeux, c’était bien réel ! Je me sentais mal. J’avais de fortes palpitations. Je me changeai une fois dans ma chambre puis alla me coucher dans la chambre d’ami. Maty avait essayé de me joindre alors je la rappelai : -Maty : Ma chérie désolée d’avoir manqué ton appel. J’étais aller présenter des condoléances à un collègue qui a perdu sa mère. -Moi : Pas grave. -Maty : Tu as une petite voix, qué passa ? -Moi : Je suis épuisée Tima ; Je pense que je vais demander le divorce. -Maty : Le divorce tu dis ? Raconte-moi ce qui ne va pas ? -Moi : J’ai suivi Jules et mes soupçons étaient bien fondés. Il sort avec cette Bineta. J’entendis Maty respirer fort. Elle ne dit rien pendant un long moment. Marre de n’entendre que son souffle, je lui dis : -Moi : Maty tu es là ? -Maty : Oui ma chérie. Excuse moi, j’avais fait tomber mon téléphone. Je ne sais pas quoi te dire ! Je suis juste sous le choc. Jules est si parfait… -Moi : Parfait dis-tu ? Il est très loin de l’être. Bon je te laisse ! J’ai des maux de tête, faut que je dorme. -Maty : Ok ma belle. Je te call demain. Bonne nuit. je ne sais pas quoi te dire. Je suis sincèrement désolée ma chérie. -Moi : Dieu est grand ! J’avala deux dolipranes avant de m’affaler, les larmes aux yeux. Faute avouée est à moitié pardonnée n’est-ce pas ? S’il avait avoué, j’aurai pu laisser passer ça. Il voulait me rendre dingue, c’est certain. J’ai les ai vu de mes propres yeux. Personne n’est venu me le raconter et il veut me faire croire que ma jalousie maladive m’a joué des tours.
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